France-Soir
le 13 juin 2026 - 14:20
Le lanceur d'alerte américain et producteur du documentaire An Inconvenient Study était de passage à Paris, dernière étape d'une tournée européenne qui l'a mené en Pologne et en Italie. Il a accordé un entretien exclusif à Xavier Azalbert pour France Soir.
C'est un homme en mission qui débarque dans la capitale française. Del Bigtree, producteur exécutif et animateur du show indépendant The High Wire, sillonne l'Europe pour diffuser son dernier documentaire, An Inconvenient Study — une enquête au long cours sur une étude vaccinale jamais publiée, dont l'histoire remonte à 2016. Avec déjà plus de 130 millions de vues à travers le monde, le film suscite autant d'enthousiasme dans les milieux critiques de la politique sanitaire que d'hostilité dans les cercles officiels
Une étude enterrée, dix ans d'obstination
Tout commence lors d'un dîner avec le responsable des maladies infectieuses d'un grand hôpital américain. Del Bigtree lui lance un défi : comparer la santé des enfants vaccinés à celle des enfants non-vaccinés. L'étude est finalement réalisée en 2020 — et aussitôt mise au placard. Bigtree raconte avoir tendu un piège au chercheur lors d'un nouveau dîner en 2022, caméra cachée à l'appui. La raison du silence du scientifique ? Ses propres mots : “ if I publish this, it'll be the end of my career. I would be finished. »
C'est le sénateur Ron Johnson qui débloquera la situation en publiant l'étude sur le site officiel du Sénat américain, ouvrant la voie au documentaire. Pour Bigtree, cette affaire illustre une dérive profonde du monde scientifique : « La science est devenue une religion. La religion enlève les références des gens. La religion traite les gens d'hérétiques. »
Documentaire Une étude qui dérange en VF
« C'était préparé à l'avance »
Longtemps réticent à l'idée d'un complot organisé autour de la pandémie de Covid-19, Del Bigtree a changé de position au cours de cette tournée. Les témoignages recueillis auprès de médecins italiens, polonais, français et américains l'ont convaincu : les ressemblances entre les réponses sanitaires de chaque pays ne relèvent pas du hasard.
Del Bigtree à Paris : « Cette pandémie était scriptée depuis le début »
Parmi les éléments qui l'ont conduit à cette conclusion : la rémunération plus élevée accordée aux diagnostics Covid par rapport à la grippe dans pratiquement tous les pays, ainsi que la mise à l'écart quasi-simultanée des médecins — dont le Pr Didier Raoult en France — qui proposaient des traitements alternatifs. Pour Bigtree, l'objectif final était l'instauration d'un passeport vaccinal permanent : « Je n'aurais pas pu monter dans un avion, prendre un taxi, aller travailler sans prouver que j'avais tous mes vaccins. »
L'immunité naturelle sacrifiée sur l'autel du profit
Sur le fond scientifique, le producteur américain s'attaque à ce qu'il considère comme le mensonge fondateur des programmes vaccinaux modernes : la destruction progressive de l'immunité collective naturelle.
« La seule chose que le programme vaccinal a faite, c'est éradiquer la véritable immunité collective. »
Il appuie son propos sur un chiffre alarmant : « Nous sommes passés de 12 % de maladies chroniques dans les années 1980 à 54 % de maladies chroniques aujourd'hui. » Une évolution qu'il qualifie de « plus grand déclin de la santé humaine jamais enregistré ».
La France, terrain de résistance
Xavier Azalbert a partagé avec son invité les résultats d'une étude de marché réalisée par France Soir auprès d'un échantillon représentatif de Français : 77 % des personnes interrogées ont refusé la dernière campagne de vaccination Covid, et 60 à 62 % attribuent leur défiance non aux réseaux sociaux, mais aux responsables gouvernementaux eux-mêmes. Une donnée qui a visiblement réjoui Bigtree.
Il y voit la confirmation que le plan a partiellement échoué : « 30 % du monde les a confrontés » , dit-il, estimant que ce chiffre dépasse ce que les promoteurs du programme vaccinal anticipaient.
Résumé du documentaire Une étude qui dérange
Un appel à l'histoire
Pour conclure l'entretien, Del Bigtree a livré un message d'une tonalité résolument historique au public de France Soir, invitant chacun à prendre conscience de la singularité du moment :
« Ceux d'entre nous qui sont vivants, nous écrivons actuellement les pages de ce livre d'histoire. »
Le documentaire An Inconvenient Study est accessible gratuitement sur aninconvenientstudy.com.
Entretien réalisé à Paris par Xavier Azalbert, directeur de la rédaction de France Soir — juin 2026.
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2 - La crise alimentaire cachée aux États-Unis et la peur de la confiscation
Milan Adams
12 juin 2026
Ce qui paraissait autrefois impossible fait désormais l'objet de débats de plus en plus vifs. Dans un monde de plus en plus marqué par les pénuries, les crises et l'expansion des pouvoirs d'urgence, certains craignent que la prochaine bataille pour le contrôle ne porte pas sur l'argent ou l'énergie, mais sur quelque chose de bien plus essentiel : la nourriture elle-même.
Pendant des générations, les gens ont compris une chose que la société moderne a peu à peu oubliée : la véritable richesse n’avait que peu à voir avec les chiffres affichés sur les écrans d’ordinateur ou les promesses imprimées sur le papier. La vraie sécurité était tangible. Elle pouvait être empilée sur des étagères, enfouie sous la terre, conservée dans des bocaux, suspendue dans des fumoirs ou se promener dans un pâturage clôturé. Les familles qui avaient survécu aux guerres, aux crises économiques, aux sécheresses dévastatrices et à des décennies d’incertitude savaient que la nourriture elle-même représentait la liberté. Ce n’était pas simplement un produit acheté au supermarché. C’était une assurance contre le chaos, une protection contre la faim, et peut-être la seule forme de richesse qui conservait sa valeur quand tout le reste s’effondrait. Bien avant que les camions frigorifiques et les vastes réseaux de distribution ne deviennent l’épine dorsale de la civilisation moderne, les gens dépendaient de leurs jardins, de leur bétail, de leurs vergers et de leurs savoir-faire pour survivre. Ils semaient des graines car les générations précédentes leur avaient appris que les temps difficiles n’étaient jamais aussi loin que la plupart des gens l’imaginaient.
La Grande Dépression a laissé des cicatrices qui sont restées visibles longtemps après la reprise économique. Les familles qui ont traversé ces années difficiles se souvenaient des files d'attente pour le pain et des voisins qui perdaient tout. Nombre d'entre elles jurèrent de ne plus jamais dépendre entièrement de systèmes qui les échappaient. On retrouvait cette même mentalité chez ceux qui avaient vécu le rationnement en temps de guerre. Ils savaient que les gouvernements, aussi puissants soient-ils, ne pouvaient pas toujours garantir l'abondance. Par conséquent, les caves, les conserves de légumes, les arbres fruitiers, les poules, les lapins et les fumoirs devinrent des pratiques courantes. Aucune de ces pratiques n'était considérée comme inhabituelle ou extrême. Elles représentaient le bon sens, transmis de génération en génération, d'une manière qui avait appris à survivre dans l'adversité plutôt que par facilité.
Au fil des décennies, la prospérité a transformé les mentalités. Les supermarchés se sont développés, les réseaux de transport sont devenus plus efficaces et le commerce mondial a créé l'illusion que les pénuries appartenaient désormais au passé. Des générations entières ont grandi en croyant que les rayons des supermarchés seraient toujours pleins et que les chaînes d'approvisionnement étaient aussi immuables que le sol sous leurs pieds. Rares étaient ceux qui s'interrogeaient sur la dépendance de la civilisation moderne envers des systèmes si vastes et interconnectés que même des perturbations mineures pouvaient avoir des conséquences s'étendant sur des milliers de kilomètres. La prévoyance s'est peu à peu associée au pessimisme. Ceux qui stockaient des vivres en réserve ou qui consacraient du temps à cultiver leurs propres récoltes étaient souvent considérés comme excentriques ou paranoïaques. Pourtant, l'histoire a maintes fois démontré que les sociétés ont tendance à redécouvrir un savoir oublié seulement après que des crises les aient forcées à se souvenir de ce que les générations précédentes savaient déjà.
La crise financière de 2008 a brutalement rappelé à quel point la stabilité elle-même pouvait disparaître avec une rapidité effrayante. Des millions de personnes ont vu leurs économies s'évaporer, leurs maisons disparaître et leurs carrières de toute une vie s'effondrer du jour au lendemain. Dans les années qui ont suivi, l'intérêt pour l'autosuffisance a discrètement refait surface. L'élevage de poules en milieu urbain s'est répandu, les semences anciennes ont retrouvé leur popularité et les communautés d'agriculteurs se sont rapidement développées à travers le pays. De plus en plus de familles ont commencé à se poser des questions que leurs grands-parents auraient jugées tout à fait normales. Quelle quantité de nourriture un ménage doit-il stocker ? Que se passerait-il si les réseaux de transport subissaient des perturbations majeures ? À quel point la civilisation moderne est-elle devenue vulnérable après des décennies de substitution de la production locale par des systèmes de distribution centralisés privilégiant l'efficacité à la résilience ?
À peu près au même moment, les agences fédérales et étatiques s'intéressaient de plus en plus à la sécurité alimentaire. Les explications officielles semblaient tout à fait raisonnables. Les maladies émergentes, l'instabilité climatique, la croissance démographique et les tensions internationales représentaient autant de préoccupations légitimes susceptibles d'affecter l'agriculture. Les décideurs politiques affirmaient que des systèmes de surveillance renforcés et une meilleure coordination entre les agences étaient essentiels pour maintenir la stabilité lors de futures situations d'urgence. La plupart des Américains acceptaient ces arguments sans hésitation, car le discours entourant ces politiques paraissait pragmatique et rassurant. Protéger les chaînes d'approvisionnement, prévenir les épidémies et garantir la résilience semblaient être des objectifs responsables plutôt que des sources d'inquiétude. Néanmoins, certains observateurs commencèrent à remarquer que l'histoire avait souvent démontré comment les pouvoirs extraordinaires conférés en période d'incertitude avaient tendance à s'étendre bien au-delà de leur objectif initial.
Les réglementations étatiques concernant la volaille et le bétail ont suscité un intérêt particulier chez les chercheurs et les défenseurs de la préparation aux situations d'urgence. La Caroline du Nord est devenue un exemple fréquemment cité, car les exigences d'enregistrement s'appliquaient même aux propriétaires d'une seule poule. Le Wisconsin a mis en place des programmes d'enregistrement des exploitations d'élevage, tandis que des politiques similaires ont vu le jour au Michigan et en Indiana. Les responsables ont toujours affirmé que ces mesures visaient à lutter contre les maladies et à protéger les filières agricoles. Les partisans ont fait valoir que des registres exhaustifs permettaient aux autorités de réagir rapidement en cas d'épidémie. Les détracteurs, quant à eux, se sont interrogés sur la pertinence d'appliquer le même niveau de contrôle aux grandes exploitations commerciales abritant des milliers de têtes de bétail aux petites fermes familiales isolées et aux élevages de quelques animaux seulement.
Le registre auquel personne n'a prêté attention
Prises individuellement, aucune de ces réglementations ne paraissait particulièrement alarmante. La plupart des citoyens les ignoraient totalement, et ceux qui en avaient connaissance les considéraient généralement comme de simples contraintes bureaucratiques. Pourtant, les chercheurs qui suivaient de près la politique agricole ont commencé à observer des tendances plus générales qu'il était difficile d'ignorer. Les obligations d'enregistrement ne se limitaient plus aux immenses exploitations industrielles chargées de l'approvisionnement alimentaire national. Elles semblaient au contraire s'étendre progressivement, touchant les petits producteurs et même les familles ordinaires exploitant de modestes fermes. Les volailles de basse-cour, les vergers, les élevages de lapins et de chèvres, ainsi que les jardins privés, se sont retrouvés de plus en plus inclus dans des systèmes initialement justifiés comme des mesures de protection contre les maladies et les ruptures d'approvisionnement. Pour les critiques, ces évolutions indiquaient que les autorités s'intéressaient à la création d'un système bien plus global que la simple prévention des maladies.
De leur point de vue, un contrôle efficace avait toujours reposé sur l'information. Les gouvernements ne pouvaient coordonner des ressources qu'ils ne pouvaient identifier, et aucun système d'intervention d'urgence ne pouvait fonctionner efficacement sans registres et inventaires précis. L'argument était logique, mais il soulevait aussi des questions délicates quant à l'utilisation qui pourrait être faite de telles informations en cas de circonstances exceptionnelles. L'histoire a fourni de nombreux exemples démontrant que les pouvoirs établis dans un but précis se transformaient souvent en tout autre chose face à des crises graves. En temps de guerre, les gouvernements s'étaient maintes fois arrogé le contrôle des industries, des systèmes de transport et des ressources stratégiques. Le rationnement est devenu la norme. Les priorités de production ont été modifiées. Les droits de propriété privée sont fréquemment passés au second plan par rapport à ce que les autorités considéraient comme l'intérêt national. Les citoyens acceptaient généralement ces mesures car leur survie même semblait en jeu.
Les attentats du 11 septembre 2001 avaient déjà démontré à quel point l'opinion publique pouvait se transformer radicalement sous l'effet de la peur. Des politiques qui auraient suscité une vive opposition en temps normal sont soudainement devenues acceptables, présentées comme des garanties nécessaires face à des menaces exceptionnelles. Des bureaucraties entières se sont développées, les systèmes de surveillance se sont perfectionnés et les pouvoirs d'urgence ont évolué d'une manière que peu d'Américains auraient pu prédire dix ans auparavant. De nombreux chercheurs ont par la suite observé que les sociétés possédaient une capacité extraordinaire à normaliser les mesures exceptionnelles dès lors que celles-ci étaient associées à la sécurité. Il n'était donc pas difficile de comprendre pourquoi certains chercheurs pensaient que des principes similaires pourraient un jour s'appliquer à l'alimentation, d'autant plus que les préoccupations concernant les chaînes d'approvisionnement et l'instabilité mondiale prenaient une importance croissante.
Lors de la signature du décret présidentiel 13603 en 2012, peu d'Américains s'y sont intéressés. La plupart des articles le présentaient comme une simple mise à jour des ressources de défense nationale. Ses partisans affirmaient qu'il ne faisait que moderniser des pouvoirs existants datant de plusieurs décennies et soutenaient qu'une telle planification relevait du bon sens plutôt que d'une quelconque intention malveillante. Ses détracteurs, quant à eux, avaient une vision différente. Ils soulignaient que l'importance des pouvoirs d'urgence dépendait rarement de leur explication en temps de paix, mais plutôt de leur interprétation en cas de dégradation de la situation. Les ressources alimentaires relevant du ministère de l'Agriculture, si les partisans insistaient sur le caractère administratif de ces dispositions, les sceptiques mettaient en garde contre le fait que l'histoire montrait régulièrement comment une nécessité temporaire pouvait se transformer en politique permanente.
Plusieurs préoccupations majeures sont apparues à maintes reprises au sein des communautés de préparation et des cercles de recherche indépendants :
• L’extension progressive des systèmes d’enregistrement au-delà des grands producteurs commerciaux, jusqu’aux exploitations familiales et aux fermes de loisirs.
• La tendance croissante à décrire l’agriculture et l’approvisionnement alimentaire comme des composantes de la sécurité nationale plutôt que comme une propriété purement privée.
• Le précédent historique démontre que les situations d’urgence graves transforment souvent des droits auparavant considérés comme intouchables en privilèges soumis aux priorités gouvernementales.
Au milieu des années 2020, les événements mondiaux ont semblé renforcer ces inquiétudes. Perturbations des chaînes d'approvisionnement, inflation, tensions géopolitiques, pénuries de main-d'œuvre et phénomènes météorologiques extrêmes ont mis en lumière des vulnérabilités que de nombreux experts dénonçaient depuis des années. Des images de rayons vides, autrefois inimaginables, sont soudainement apparues sur les écrans de télévision du monde entier. Les produits de première nécessité sont devenus difficiles à obtenir dans certaines régions, les réseaux de transport ont subi une pression sans précédent et les gouvernements ont commencé à discuter avec une urgence croissante des réserves stratégiques et de la préparation aux situations d'urgence. Les organisations internationales ont alerté sur la diminution des ressources en eau, la croissance démographique et la possibilité que la variabilité climatique affecte la production agricole à une échelle inédite depuis des générations. Dans ce contexte, la notion d'alimentation comme enjeu de sécurité nationale s'est progressivement imposée aux décideurs politiques, même si des voix critiques ont souligné que, historiquement, les situations d'urgence avaient souvent favorisé l'extension des pouvoirs.
Selon des rumeurs qui circulèrent plus tard dans les milieux de la préparation aux situations d'urgence, une série d'exercices classifiés, menés au début des années 2030, auraient exploré des scénarios de sécheresses prolongées, de cyberattaques contre les infrastructures de transport, de défaillances en cascade des chaînes d'approvisionnement et de pertes de récoltes simultanées affectant plusieurs régions. L'existence même de tels plans d'urgence n'avait rien de surprenant. Les gouvernements s'étaient toujours préparés aux pires scénarios. Ce qui attira l'attention des chercheurs indépendants, ce furent les bribes de langage qui auraient refait surface des années plus tard, grâce à des fonctionnaires retraités et des documents divulgués. Dissimulés parmi la terminologie technique, on trouvait des références à des concepts tels que la priorisation des ressources , les cadres d'acquisition d'urgence et les systèmes de distribution stratégiques. Aucune de ces expressions n'impliquait nécessairement de sombres intentions, mais pour ceux qui avaient passé des décennies à étudier l'extension des pouvoirs d'urgence au fil de l'histoire, elles sonnaient étrangement familières.
Certains observateurs ont relevé trois développements qui semblaient particulièrement inquiétants :
• La création de bases de données de plus en plus détaillées, capables d’identifier les producteurs de toutes tailles.
• La classification croissante des ressources alimentaires comme infrastructure critique.
• L’hypothèse selon laquelle les crises futures pourraient justifier des mesures extraordinaires considérées comme inacceptables en temps normal.
La plupart des Américains, cependant, restaient concentrés sur leur vie quotidienne. Les élections se sont succédé. Le sport a fait la une des journaux. Les polémiques sur les réseaux sociaux ont captivé l'attention du public, tandis que les scandales de célébrités ont alimenté d'interminables débats. Rares étaient ceux qui se souciaient des obscures réglementations agricoles ou des décrets présidentiels dissimulés sous des milliers de pages de jargon juridique. L'immense majorité pensait que la civilisation moderne avait surmonté les pénuries et les difficultés endurées par les générations précédentes. Après tout, les supermarchés restaient ouverts, les camions continuaient d'arriver et le système de production et de distribution semblait fonctionner aussi bien qu'auparavant.
Ce que presque personne n'avait anticipé, c'est que les événements de la décennie suivante allaient révéler la fragilité de cette hypothèse. Les avertissements, autrefois considérés comme de simples spéculations, allaient refaire surface dans des circonstances imprévues. Dès l'été 2032, des rumeurs provenant de plusieurs États de l'Ouest allaient raviver des craintes longtemps contenues. Des communautés agricoles entières allaient se retrouver confrontées à des rumeurs d'inspections, de déclarations d'état d'urgence et à un réseau d'autorités en pleine expansion, déterminé à contrôler chaque boisseau de grain, chaque tête de bétail et chaque hectare cultivable. Ces histoires paraissaient incroyables au premier abord, de simples rumeurs comme il en est de ces qui se propagent lorsque l'incertitude gagne du terrain parmi les populations effrayées. Mais en quelques mois, même les plus sceptiques allaient commencer à remarquer que quelque chose d'inhabituel se tramait en coulisses et que le discours sur la préparation laissait peu à peu place à une inquiétude bien plus vive.
Les rumeurs qui ont circulé durant l'été 2032 ont d'abord été balayées d'un revers de main, considérées comme le fruit de la peur, de la désinformation et de la tendance des périodes d'incertitude à engendrer des histoires extraordinaires. Rares étaient ceux, hors des zones rurales, à prêter attention aux informations faisant état d'inspections inhabituelles et de directives agricoles d'urgence dans des régions déjà aux prises avec la sécheresse et une forte baisse des rendements. Les médias ont privilégié l'instabilité économique, la volatilité croissante des prix de l'énergie et les tensions internationales qui semblaient s'aggraver de mois en mois. Parallèlement, au sein des communautés agricoles et des groupes de préparation aux situations d'urgence, des discussions autrefois marginales ont commencé à attirer l'attention de personnes qui n'avaient jamais remis en question la résilience du système. Des témoignages provenant de comtés isolés faisaient état d'inventaires détaillés effectués par les autorités, de demandes d'estimations de production actualisées et d'un incitation à la coopération en prévision de mesures de gestion des ressources décrites comme temporaires. Officiellement, les autorités affirmaient que ces efforts étaient indispensables pour prévenir les pénuries et maintenir la stabilité. En privé, cependant, la méfiance commença à se répandre parmi ceux qui avaient consacré leur vie à produire de la nourriture et qui avaient de plus en plus le sentiment d'être considérés moins comme des citoyens indépendants que comme des rouages d'une machine plus vaste.
Début 2033, la grave sécheresse qui touchait de nombreuses régions agricoles était devenue impossible à ignorer. Les réservoirs atteignirent des niveaux alarmants, les restrictions d'irrigation s'intensifièrent et les mauvaises récoltes dans plusieurs États forcèrent les gouvernements à envisager des mesures qui, quelques années auparavant, auraient été politiquement impensables. Les réserves de céréales commencèrent à diminuer, les coûts de transport s'envolèrent et les supermarchés de certaines métropoles connurent des pénuries intermittentes, provoquant des vagues d'achats de panique. Les images de rayons vides dominèrent à nouveau les chaînes de télévision, mais cette fois, les perturbations semblaient bien plus persistantes que lors des crises précédentes. Les autorités tentèrent de rassurer la population en insistant sur le fait que les plans d'urgence fonctionnaient comme prévu, mais la confiance avait déjà commencé à s'éroder. Des citoyens qui avaient passé des années à négliger la préparation aux situations d'urgence se retrouvèrent soudain à acheter des générateurs, à stocker de la nourriture et à redécouvrir des savoir-faire que les générations précédentes n'avaient jamais abandonnés.
Pour les agriculteurs et les petits producteurs, la situation était cependant de plus en plus différente. Les exploitants agricoles de grande envergure entretenaient souvent des relations directes avec les agences d'État et les organisations agricoles, ce qui leur permettait d'accéder à des informations inaccessibles au grand public. Les petits producteurs, dépourvus de tels contacts, devaient se fier aux rumeurs, aux réseaux locaux et à des rapports fragmentaires qui dressaient un tableau de plus en plus inquiétant. Des histoires ont fait état d'accords d'urgence incitant les producteurs à privilégier l'approvisionnement régional aux contrats privés. Des éleveurs ont rapporté avoir reçu des questionnaires demandant des informations détaillées sur la taille de leurs troupeaux et leurs capacités de production. D'autres ont affirmé que les inspecteurs s'intéressaient de près aux installations de stockage et aux réserves à long terme. Bien qu'aucun élément ne suggère de confiscations généralisées, beaucoup sentaient que l'atmosphère avait changé. Des termes comme « coopération » et « respect volontaire des règles » revenaient sans cesse dans les communiqués officiels, mais sous cette apparente normalité se dessinait une compréhension tacite de la gravité croissante de la situation.
Les historiens compareraient plus tard l'atmosphère de ces années-là à des périodes antérieures marquées par le rationnement et la pénurie. Lors des deux guerres mondiales, les citoyens avaient accepté des mesures exceptionnelles car la survie exigeait des sacrifices que peu auraient tolérés en temps normal. Les gouvernements avaient exercé des pouvoirs autrefois considérés comme temporaires et les populations s'étaient adaptées avec une rapidité remarquable. L'histoire a montré que la peur et la nécessité modifiaient souvent la frontière entre les droits individuels et les priorités collectives. Ce qui distinguait la crise du début des années 2030, selon certains analystes, était la quantité sans précédent d'informations à la disposition des autorités. Jamais auparavant les bases de données n'avaient été aussi complètes, l'imagerie satellitaire aussi précise et les archives numériques aussi vastes. Des secteurs entiers de l'agriculture étaient désormais interconnectés grâce à des systèmes capables de surveiller la production avec une précision extraordinaire. Pour ceux qui, depuis des décennies, mettaient en garde contre l'expansion progressive de la surveillance, ces évolutions semblaient confirmer des craintes longtemps jugées exagérées.
À l'hiver 2033, les rumeurs concernant des quotas non officiels et des accords d'approvisionnement d'urgence s'étaient suffisamment répandues pour attirer l'attention des journalistes d'investigation. La plupart des médias traditionnels ont évité le sujet, qualifiant ces allégations de spéculations. Pourtant, des chercheurs indépendants ont continué de mettre au jour des documents suggérant que les plans d'urgence avaient été considérablement renforcés au cours des années précédentes. Certains fonctionnaires retraités ont ouvertement reconnu que les gouvernements avaient toujours mis en œuvre des stratégies pour sécuriser les ressources lors de situations d'urgence nationale. Ces aveux n'avaient rien de surprenant en soi, mais ils ont alimenté une anxiété croissante au sein de communautés déjà confrontées à l'incertitude. Dans de nombreuses zones rurales, la confiance entre les citoyens et les institutions s'est rapidement dégradée. Les agriculteurs, qui considéraient autrefois les agences gouvernementales comme des partenaires, les regardaient de plus en plus avec méfiance, tandis que les autorités étaient exaspérées par ce qu'elles percevaient comme une désinformation dangereuse se propageant au sein des réseaux de préparation.
Le retour discret des savoirs ancestraux de survie
Alors que l'incertitude s'intensifiait, un phénomène remarquable se produisit à travers le pays. Des savoir-faire presque disparus de la vie moderne connurent une discrète renaissance. Des personnes n'ayant jamais cultivé de jardin se mirent soudain à étudier les caractéristiques des sols et la conservation des semences. Des familles redécouvrirent les techniques de mise en conserve, de déshydratation, de fumage et de fermentation qui avaient permis aux générations précédentes de survivre dans les périodes difficiles. L'intérêt pour les semences anciennes explosa et les livres sur l'autosuffisance se vendirent comme jamais depuis des décennies. Les magasins de fournitures rurales enregistrèrent une demande sans précédent pour l'alimentation animale, les arbres fruitiers, les outils à main et les systèmes de filtration d'eau. Ce mouvement n'était pas uniquement motivé par la peur. Pour beaucoup, il représentait un désir de retrouver un sentiment d'indépendance que la vie moderne avait peu à peu érodé. Pourtant, parmi les agriculteurs expérimentés, une attitude plus prudente prévalait. Ceux qui avaient passé des années à se préparer comprenaient que l'autosuffisance impliquait bien plus que l'accumulation de provisions. Le savoir lui-même constituait la ressource la plus précieuse, car les compétences ne pouvaient être confisquées et l'expérience ne pouvait être saisie.
Les générations plus âgées se souvenaient souvent des récits transmis par leurs grands-parents qui avaient survécu aux crises économiques, aux guerres et aux pénuries. Elles se rappelaient des leçons qui, autrefois, semblaient dépassées, mais qui paraissaient désormais plus pertinentes que jamais. Un principe revenait sans cesse dans ces récits : ne jamais attirer l’attention inutilement. Les familles qui survivaient aux périodes de disette ne le devaient souvent pas à des ressources extraordinaires, mais à leur compréhension de l’importance de la discrétion. Dans les moments difficiles, l’envie et le désespoir pouvaient transformer les voisins en informateurs et les inconnus en prédateurs. De tout temps, ceux qui affichaient ouvertement leur abondance sont devenus des cibles, que la menace vienne de criminels, de foules en colère ou d’autorités agissant en vertu de pouvoirs d’urgence. Ces leçons, jadis considérées comme des vestiges d’une autre époque, ont retrouvé toute leur importance à mesure que l’incertitude se répandait dans le pays.
De nombreux partisans de la préparation aux situations d'urgence ont souligné que le secret avait toujours constitué un élément essentiel de la survie. Il n'y avait guère d'avantage à divulguer l'étendue de ses réserves alimentaires ou à discuter de ses plans de stockage à long terme avec des connaissances dont la situation pourrait un jour devenir critique. Les personnes ayant déjà adopté une méthode d'autosuffisance conseillaient souvent aux nouveaux arrivants de maintenir une apparence de normalité et de ne pas attirer l'attention sur leurs capacités. Avoir un jardin visible depuis la route était une chose, mais les discussions détaillées concernant les provisions stockées, les systèmes de secours et les ressources cachées étaient considérées comme des risques inutiles. L'histoire a fourni d'innombrables exemples démontrant que l'information elle-même pouvait devenir dangereuse lorsque la pénurie transformait des gens ordinaires en concurrents luttant pour leur survie.
La connaissance des plantes sauvages comestibles a connu un regain d'intérêt. Les générations précédentes savaient identifier des espèces largement ignorées par la société moderne. Pissenlits, chicorée, pourpier, épinards sauvages, myrtilles et bien d'autres plantes possédaient des vertus nutritives oubliées par beaucoup. Ce qui, pour un œil non averti, ressemblait à de la mauvaise herbe poussant dans des champs abandonnés, constituait souvent une source de nourriture capable de nourrir des familles durant les périodes difficiles. Les cueilleurs expérimentés connaissaient les cycles saisonniers, les méthodes de préparation et les subtiles distinctions entre les plantes utiles et les plantes dangereuses. Ce savoir exigeait patience et expérience, mais son importance est devenue de plus en plus évidente à mesure que les préoccupations liées à la sécurité alimentaire s'intensifiaient. Certains agriculteurs favorisaient délibérément la croissance naturelle des espèces sauvages comestibles sur leurs terres, créant ainsi des paysages d'apparence ordinaire, tout en produisant discrètement des quantités remarquables de nourriture.
Cette même philosophie s'appliquait aux vergers et aux cultures pérennes. Les vergers traditionnels conservaient leur valeur, mais de nombreux propriétaires terriens, soucieux de leur survie, privilégiaient des approches moins conventionnelles. Noix, pommiers, poiriers, pruniers et autres espèces productives pouvaient être disséminés dans les bosquets et les paysages naturels, où ils se fondaient harmonieusement dans la végétation environnante. Pour un observateur non averti, ces zones semblaient vierges et sans intérêt particulier. Seuls ceux qui connaissaient bien le territoire comprenaient que, sous cette apparence sauvage, se cachaient des systèmes soigneusement cultivés, capables de produire des aliments année après année avec un minimum d'entretien. Des pratiques similaires avaient été employées tout au long de l'histoire par des populations contraintes de survivre à des périodes d'occupation, de guerre et d'effondrement social. La nature elle-même offrait un camouflage plus efficace que les clôtures ou les écluses.
L'élevage posait des défis plus importants. Poulets, canards, chèvres et autres animaux de grande taille étaient difficiles à dissimuler, mais l'élevage en plein air offrait des avantages inaccessibles aux élevages intensifs. Les animaux habitués à parcourir de vastes étendues étaient difficiles à recenser précisément, et les agriculteurs expérimentés savaient que des inventaires rigides reflétaient rarement la réalité. Les tempêtes, les prédateurs, les maladies et les variations naturelles avaient toujours rendu les chiffres exacts difficiles à obtenir. Ces réalités mettaient à rude épreuve les systèmes bureaucratiques qui privilégiaient des registres précis et des résultats prévisibles. Pour de nombreuses familles rurales, la flexibilité est devenue un aspect essentiel de la préparation. Elles comprenaient que la résilience dépendait souvent moins de l'efficacité que de la diversité et de l'adaptabilité.
Au fil de la décennie, alors que le climat autour de la sécurité alimentaire se tendait de plus en plus, une vérité s'est imposée avec une clarté saisissante. La civilisation moderne avait engendré une abondance extraordinaire, mais cette abondance reposait sur des systèmes fragiles, vulnérables aux perturbations. Les pratiques ancestrales, imposées par la nécessité aux générations précédentes, réapparaissaient peu à peu, non par désir de souffrance, mais parce que l'incertitude elle-même obligeait la société à se souvenir d'enseignements presque oubliés. Ces enseignements avaient survécu aux guerres mondiales, aux crises économiques et à d'innombrables catastrophes locales, transmis discrètement de génération en génération par des individus qui comprenaient que la frontière entre prospérité et pénurie était souvent bien plus ténue que la plupart ne voulaient l'admettre.
- voir cadre sur site -
Région (Scénario fictif) Risque relatif de saisie de denrées alimentaires par le gouvernement Principaux facteurs augmentant le risque
Vallée centrale de Californie Très élevé Sécheresse, production agricole à grande échelle, restrictions d'eau
Panhandle du Texas Haut Production céréalière, élevage bovin, plateformes de transport
Ceinture de maïs du Midwest Haut Importance stratégique des cultures et dépendance de l'approvisionnement national
Nord-Ouest Pacifique Modéré Densité de population plus faible et agriculture diversifiée
Régions des Appalaches Faible à modéré Des fermes dispersées et un terrain difficile
Communautés des montagnes Rocheuses Faible Lieux isolés et densité de production plus faible
Zones rurales du Sud profond Modéré Concentration de volailles et de bétail
Région des Grands Lacs Haut Ressources en eau douce et infrastructures agricoles
Sud-ouest désertique Très élevé Pénuries d'eau graves et contrôles d'urgence des ressources
régions forestières nordiques reculées Faible Accessibilité limitée et production décentralisée
Au milieu de l'année 2035, l'atmosphère dans une grande partie du pays avait changé d'une manière qui aurait semblé presque inimaginable dix ans plus tôt. Cette transformation ne s'était pas produite soudainement, ni par des annonces fracassantes ou des scènes dignes d'un roman dystopique. Elle avait émergé lentement, presque imperceptiblement, à travers une succession de crises qui, prises individuellement, paraissaient gérables, mais qui, collectivement, avaient engendré un climat bien plus inquiétant. Des années de récoltes irrégulières, d'événements climatiques extrêmes, d'instabilité économique prolongée et de chaînes d'approvisionnement de plus en plus tendues avaient progressivement érodé la confiance que la population accordait autrefois aux institutions et aux systèmes qu'elle tenait pour acquis. Ce qui effrayait nombre d'observateurs, ce n'était pas tant l'existence des pénuries en elles-mêmes, car elles s'étaient déjà produites, mais plutôt la prise de conscience que chaque perturbation semblait laisser des traces indélébiles. Les mesures d'urgence temporaires avaient une curieuse tendance à perdurer au-delà des situations d'urgence qui les justifiaient, tandis que les programmes introduits comme solutions exceptionnelles s'intégraient discrètement au quotidien. Le discours tenu lors de ces événements restait rassurant, mais derrière les déclarations officielles et les conférences de presse soigneusement orchestrées, la méfiance s'était profondément enracinée chez des millions de citoyens ordinaires.
Dans les communautés rurales, les rumeurs se multipliaient. Certaines évoquaient des inspections inhabituelles. D'autres décrivaient des accords d'urgence que les producteurs auraient signés sous la contrainte, en échange de rations de carburant ou d'un accès aux produits de première nécessité. Nombre de ces récits ne purent jamais être vérifiés, et les rumeurs se propageaient souvent plus vite que les faits. Pourtant, la multiplication des histoires provenant de différentes régions créa un climat où l'incertitude devint presque aussi destructrice que la réalité. Dans les cafés, les magasins d'alimentation animale et les marchés locaux, des conversations autrefois jugées absurdes commencèrent à susciter une vive inquiétude. Les agriculteurs âgés, qui avaient consacré leur vie à la terre, avouaient n'avoir jamais vu une telle angoisse. Ils se souvenaient des récessions, des sécheresses, et même des troubles des décennies précédentes, mais ce qui les troublait le plus, c'était le sentiment croissant que les gens ordinaires ne faisaient plus confiance aux systèmes qui avaient régi leur vie depuis des générations.
Au sein des communautés de préparation aux situations d'urgence, les discussions se sont de plus en plus concentrées sur l'histoire. Les chercheurs ont réexaminé des exemples du XXe siècle et des siècles suivants, analysant comment les sociétés en situation de crise avaient réagi à maintes reprises face à la rareté. Ils ont étudié le rationnement en temps de guerre, les réquisitions agricoles et les mécanismes par lesquels les gouvernements avaient historiquement réorienté les ressources lors de crises nationales. Certains ont conclu que l'histoire révélait une constante : les crises graves modifiaient les priorités, et les priorités modifiaient souvent les définitions. Les droits qui semblaient absolus en période d'abondance devenaient conditionnels en temps de nécessité. La propriété elle-même acquérait de nouvelles significations lorsque la survie entrait en jeu. De telles observations n'impliquaient pas nécessairement une intention malveillante, mais elles renforçaient la crainte que des circonstances exceptionnelles puissent remodeler les sociétés d'une manière imprévue. Certains auteurs ont qualifié ce phénomène d' « élasticité de la liberté ». , arguant que les droits disparaissaient rarement du jour au lendemain, mais se contractaient plutôt progressivement sous la pression de la peur, de l'incertitude et du désespoir collectif.
(« D’ici 2036, selon des rumeurs qui allaient par la suite alimenter d’interminables débats parmi les chercheurs indépendants, certaines évaluations internes auraient conclu que la production alimentaire décentralisée représentait à la fois une force et une vulnérabilité. Les partisans considéraient la production locale comme essentielle à la résilience. Les détracteurs craignaient que les autorités ne perçoivent de plus en plus les producteurs indépendants comme des ressources à gérer plutôt que comme des citoyens exerçant des droits traditionnels. Il reste impossible de déterminer avec certitude si ces récits reflétaient la réalité ou simplement les angoisses de l’époque, mais la persistance de ces histoires a révélé à quel point la confiance s’était profondément dégradée. »)
Ce qui a changé le plus radicalement durant ces années, ce ne sont ni les lois ni les politiques, mais les comportements humains. Les voisins qui, autrefois, partageaient leurs outils et s'entraidaient pendant la saison des récoltes, sont devenus de plus en plus réticents à parler de leur situation. On a appris à se confier moins. Ceux qui détenaient le savoir le faisaient rarement savoir. Les familles qui avaient passé des années à se constituer discrètement des réserves alimentaires évitaient souvent d'aborder la question des provisions, conscientes du pouvoir extraordinaire de la pénurie pour transformer les perceptions. L'envie et le désespoir ont accompagné chaque grande crise de l'histoire, et les personnes expérimentées savaient que le danger se manifeste rarement à l'avance. Parfois, il se présente sous la forme de voleurs. Parfois, il surgit de voisins apeurés cherchant un coupable. Parfois, il se déguise en autorité temporaire exercée au nom de la nécessité. L'histoire nous offre des exemples de chacun de ces cas.
Face à l'incertitude croissante, de nombreuses communautés ont redécouvert des coutumes que les générations précédentes pratiquaient presque instinctivement. Les échanges de semences se sont généralisés. Les familles troquaient conserves, viandes séchées et remèdes maison. Des savoirs autrefois considérés comme obsolètes ont acquis une nouvelle importance. Les enfants ont appris à identifier les plantes comestibles et les herbes médicinales. On plantait des arbres fruitiers non pour l'esthétique, mais pour la survie. Le savoir-faire a remplacé le confort, et la patience, l'efficacité. Dans certaines régions, d'anciennes fermes abandonnées ont lentement repris vie après des décennies de négligence. Des champs restés en friche depuis la fin du XXe siècle ont de nouveau produit des récoltes. Des puits oubliés ont été remis en état. Des caves à légumes ont rouvert leurs portes. Des fumoirs, devenus de simples vestiges décoratifs, ont retrouvé leur fonction première. C'était comme si les difficultés de la décennie avaient réveillé des souvenirs que la civilisation elle-même avait tenté d'enfouir sous des couches de technologie et de confort.
(«Certaines rumeurs apparues vers 2037 ont suscité une vive controverse. Des témoignages anonymes affirmaient que plusieurs communautés de régions reculées avaient délibérément adopté ce que certains observateurs qualifiaient d’«agriculture fantôme», une pratique consistant en des vergers dispersés, des jardins cachés et de petites unités de production conçues pour se fondre naturellement dans le paysage. Les partisans insistaient sur le fait que ces mesures ne représentaient rien de plus qu’une précaution judicieuse contre le vol et l’instabilité. Les détracteurs, quant à eux, rejetaient ces récits comme des élucubrations paranoïaques. Pourtant, des relevés aériens effectués des années plus tard auraient révélé des concentrations inhabituelles d’arbres fruitiers et d’espèces alimentaires vivaces poussant dans des régions auparavant considérées comme non développées. Ces découvertes ont alimenté les spéculations selon lesquelles des réseaux entiers de systèmes alimentaires clandestins avaient discrètement émergé durant les années les plus sombres de l’incertitude.»
En 2038, les vols de denrées alimentaires avaient fortement augmenté dans plusieurs régions. Les forces de l'ordre, déjà surchargées par des pressions socio-économiques plus générales, peinaient à réagir efficacement. Des groupes organisés ciblaient les entrepôts, les élevages et les voies de transport. Dans certaines zones, des communautés ont renoué avec des pratiques tombées en désuétude depuis des générations. Des systèmes de surveillance de voisinage ont été mis en place. L'information circulait par les réseaux locaux plutôt que par les voies officielles. La confiance est devenue plus précieuse que l'argent, et la réputation a retrouvé toute son importance, une importance inédite pour de nombreuses jeunes générations. Les sociologues qui ont étudié cette période ont par la suite observé que la pénurie avait engendré deux réactions très différentes. Certains sont devenus plus égoïstes et craintifs. D'autres ont redécouvert la coopération et l'entraide. La nature humaine, comme toujours, s'est révélée capable de produire aussi bien ses instincts les plus sombres que ses plus grandes forces.
Plusieurs ouvrages controversés, publiés à la fin des années 2030, affirmaient que la société moderne était devenue dangereusement dépendante de systèmes centralisés dont l'efficacité masquait une profonde fragilité. Leurs auteurs soutenaient que le confort avait engendré la complaisance et que les générations ayant grandi dans l'abondance avaient oublié des leçons autrefois considérées comme essentielles à la survie. Ces livres ont attiré des millions de lecteurs, notamment après que de nouvelles perturbations du commerce international ont renforcé les inquiétudes quant à la stabilité à long terme. Les critiques accusaient les auteurs d'exploiter la peur, tandis que leurs partisans arguaient qu'ils ne faisaient que raviver des connaissances que les générations précédentes considéraient comme allant de soi. Quelle que soit l'opinion, un fait devenait de plus en plus difficile à nier : l'idée que la prospérité était permanente avait subi un préjudice irréversible.
(« Parmi les récits les plus troublants qui nous soient parvenus de cette époque figurent ceux décrivant les soi-disant « Inventaires d'été » de 2039. Selon des témoignages non officiels apparus bien plus tard, les évaluations d'urgence temporaires auraient largement dépassé leur portée initiale, amenant certaines communautés à croire que les autorités s'intéressaient non seulement à la production commerciale, mais aussi à la capacité globale des citoyens eux-mêmes. Aucune preuve concluante n'a jamais été apportée à l'appui de ces affirmations, et les archives officielles sont restées incomplètes. Néanmoins, les rumeurs ont survécu, se transmettant discrètement de génération en génération, et s'intégrant au folklore étrange né d'une époque marquée autant par l'incertitude que par les épreuves. »)
À l'aube des années 2040, le pays avait changé d'une manière que peu auraient pu prédire. Non par une révolution ou une catastrophe, mais par une accumulation progressive d'événements qui ont modifié la perception de la sécurité, de la propriété et de l'indépendance. La plus grande leçon tirée de ces années n'était pas que les gouvernements étaient intrinsèquement bienveillants ou malveillants, ni que les institutions devaient être considérées comme dignes de confiance aveuglément ou d'une crainte automatique. Il s'agissait plutôt de comprendre que la résilience avait toujours reposé sur la capacité des citoyens à conserver les compétences et les connaissances nécessaires pour traverser les périodes difficiles sans se soumettre entièrement à des circonstances qui les dépassaient. Les familles qui avaient préservé leurs traditions, maintenu leurs aptitudes pratiques et valorisé l'autonomie ont découvert que la préparation n'était ni une idéologie ni une prise de position politique. C'était simplement la continuation d'une sagesse que d'innombrables générations avaient déjà comprise.
Bien des années après la fin des pires années, les survivants âgés évoquaient souvent une étrange ironie. L'humanité avait atteint des sommets technologiques extraordinaires, bâti des systèmes d'une complexité stupéfiante et créé une abondance inimaginable pour les siècles précédents. Pourtant, lorsque l'incertitude s'est finalement abattue sur eux, les gens se sont retrouvés à redécouvrir des vérités que leurs ancêtres n'avaient jamais oubliées. Ils se souvenaient de l'importance des jardins. Ils se souvenaient de l'importance du savoir. Ils se souvenaient de l'importance des communautés. Surtout, ils se souvenaient que la liberté elle-même avait toujours été indissociable de la capacité de subvenir aux besoins de sa famille en cas d'incertitude. Tout le reste, disaient-ils, n'était que passager.
Et c'est peut-être là la leçon la plus troublante que nous aient léguée ces décennies. Ce n'était ni la peur de la confiscation, ni les rumeurs qui prospéraient dans l'ombre, ni même les innombrables histoires dont la vérité resterait à jamais incertaine. C'était la prise de conscience que la civilisation avait toujours reposé sur des présupposés si familiers que rares étaient ceux qui s'arrêtaient pour les remettre en question. Tant que les rayons des magasins étaient remplis et que la prospérité semblait sans fin, ces présupposés paraissaient immuables. Pourtant, l'histoire avait maintes fois démontré que cette permanence n'était souvent qu'une illusion, et que sous le confort de la vie moderne subsistaient les mêmes réalités ancestrales qui avaient régi l'humanité depuis la nuit des temps. Ces réalités n'avaient jamais disparu. Elles avaient simplement été oubliées, attendant patiemment, tapies dans l'ombre, que les circonstances obligent à les raviver.
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3 - Primo, les pénuries au 21 ème siècle sont comme toujours organisées par les partis communistes présents dans chaque pays. Les socialistes soutiennent cette dégénérescence dépopulationnelle. Cette absence de liberté dans le Peuple prend tout son sens dans le prix des articles appliqués dans chaque grande surface: c'est l'arnaque ! c'est l'escroquerie dans tous les rayons, la volerie à chaque article ! Salades (laitues, scaroles ou frisées) achetées 10 centimes au paysans, œufs achetés 7 centimes pièce aux paysans, à quel prix aux supermarchés de la honte ?
Alors qu'avec le progrès sont apparues les machines, les robots et les ordinateurs qui travaillent gratis 24/24 h sont proposées de la merde en boite ! des poules et poulets d'élevages en cage de 30 cm, bruyant 24/24 h ! Les partis politique au pouvoir c'est pareil ! c'est de la merde en boite bruyante !
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4 - L'IA : un frein au régressionment ou une accélération ?
Charles Hugh Smith
10 juin 2026
Il est peut-être temps d'admettre que le battage médiatique autour de l'IA n'est que propagande intéressée, et que nous vivons en réalité dans une dystopie digne de Philip K. Dick.
Imaginez l'ampleur et les conséquences du fossé grandissant entre ces titres. D'un côté, nous sommes submergés d'articles proclamant l'immense valeur générée par l'IA et la promesse d'une valeur future dépassant l'entendement. Mais si l'on met de côté les promesses de science-fiction d'une IA découvrant des médicaments miracles capables de guérir toutes les maladies, et que l'on se concentre sur les usages réels de l'IA, on constate qu'ils se résument à deux choses : 1) augmenter le chiffre d'affaires des entreprises et 2) augmenter leurs profits en réduisant les coûts.
C'est tout. Il n'y a rien d'autre que des titres racoleurs destinés à créer l'illusion, par la propagande, de progrès extraordinaires imminents.
Mais dans la réalité, l'IA se concentre uniquement sur l'augmentation des profits des entreprises grâce à la rationalisation des processus et à l'accroissement de la productivité. Des centaines d'articles traitent de ce sujet : « Comment l'IA transforme les processus et redéfinit les emplois » (mitsloan.mit.edu).
En résumé : les entreprises se ruent sur l'IA pour gonfler leurs revenus en extrayant des ressources plutôt qu'en créant de la valeur, et pour augmenter leurs profits en réduisant drastiquement les salaires et les coûts. Ceci est illustré par des titres comme celui-ci :
Pourquoi les consommateurs américains sont-ils si en colère ? Ce n'est pas seulement une question de prix élevés. (theguardian.com)
D'abord, son vétérinaire habituel, désormais intégré à une chaîne nationale, lui a facturé 500 $ de trop pour le détartrage de son chien et n'a pas procédé au remboursement promis. Ensuite, son supermarché a fait la promotion d'un coupon sur son application qui n'a pas été appliqué en caisse, ce qui lui a coûté 30 $ et un déplacement supplémentaire au magasin. Finalement, sa compagnie d'assurance maladie a refusé de prendre en charge la facture dentaire de son fils, d'un montant de 1 100 $, alors qu'on lui avait assuré qu'elle serait remboursée à 50 %, malgré de longues négociations.
« C'est comme jouer à un jeu de taupe », a déclaré cette mère de deux enfants. « On en finit avec un problème, et voilà qu'un autre surgit.»
« On a l'impression d'être en guerre contre les consommateurs », a déclaré Sally Greenberg, directrice générale de la Ligue nationale des consommateurs, une association de défense des consommateurs vieille de 125 ans. « Les ménages sont submergés par un véritable tsunami de frais, de coûts cachés et de pièges », a-t-elle déclaré.
Peter Fader, professeur de marketing à la Wharton School, a ajouté : « Non seulement le service est déplorable, mais les consommateurs commencent à comprendre que nombre de données et de technologies de pointe sont utilisées à leur détriment. »
Il ne s'agit pas du récit idyllique des entreprises « créant de la valeur », mais de la triste réalité : des entreprises augmentent leurs profits en contrôlant les marchés pour en extraire toujours plus de revenus, tout en réduisant la valeur. Dans mon livre *Investir dans la révolution*, j'explique qu'une fois que les entreprises éliminent la véritable concurrence par le biais de monopoles, de cartels ou de la mainmise sur la réglementation (trompeusement appelée « forces du marché »), elles se transforment en structures totalitaires privatisées qui manipulent les consommateurs afin de les exploiter et de maximiser les profits, sans aucune réaction de leur part ni de celle d'un État contrôlé par le plus offrant. Ce totalitarisme privatisé est rendu possible par le détournement d'une infime partie des milliards de profits vers les initiés.
La réduction incessante de la valeur et l'expansion des technologies de collecte de données visent à maximiser les profits extractifs. Ce phénomène porte un nom : l'anti-progrès. La baisse de la qualité et de la valeur, conjuguée à la hausse des coûts et à la réduction des alternatives (c'est-à-dire la disparition de la véritable concurrence), n'est pas du progrès, même si les entreprises qui s'enrichissent grâce à l'anti-progrès le présentent sans cesse comme tel pour maximiser leurs profits par tous les moyens.
La rationalisation des processus et l'augmentation de la productivité ne visent pas à améliorer la qualité de vie de la population ni à servir l'intérêt général ; leur seul objectif est d'utiliser l'IA pour maximiser les profits par l'extraction de ressources. La différence entre un État totalitaire (absence de concurrence) et des monopoles et cartels totalitaires (absence de concurrence) réside dans la différence entre l'extraction privée et l'extraction étatique.
Aux États-Unis, nous subissons le pire des deux mondes : un État extractif qui finance et soutient des entreprises privées extractives. Posez-vous une question honnête – oui, c'est difficile dans un système qui encourage l'artifice et la tromperie intéressée : qu'a réellement fait l'IA pour améliorer la vie dans le monde réel en termes de qualité et de coût ?
Même ce qui est vanté… Il s'avère que l'IA est extractive et déformante, un véritable contre-progrès. Que l'IA soit devenue notre meilleure amie n'est pas un progrès, pas plus que l'impossibilité fondamentale de se fier aux « réponses » de l'IA.
Le problème fondamental ne réside pas seulement dans l'illusion du « progrès » servant à masquer une extraction abusive ; c'est que l'IA est trompeuse par nature, car elle présente implicitement une distribution de probabilité comme un fait, une vérité, un jugement, une pensée ou une compréhension, alors qu'elle ne peut en aucun cas être quoi que ce soit de tout cela.
Cet article l'explique clairement et succinctement :
L'IA et l'intelligence humaine sont radicalement différentes – voici pourquoi. (scientificamerican.com)
Le problème plus profond est que le modèle ne peut pas savoir quand il « hallucine », car il ne le peut pas.
L'IA et l'intelligence humaine sont radicalement différentes – voici pourquoi. (scientificamerican.com)
Le problème de fond est que le modèle ne peut savoir quand il « hallucine », car il est incapable de représenter la vérité. Il ne peut ni former de croyances, ni les modifier, ni confronter ses résultats à la réalité. Il ne peut distinguer une affirmation fiable d'une affirmation non fiable, sauf par analogie avec des schémas linguistiques antérieurs. En bref, il est incapable d'accomplir la fonction fondamentale du jugement.
Ces systèmes sont déjà utilisés dans des contextes où il est nécessaire de distinguer la plausibilité de la vérité, comme en droit, en médecine et en psychologie. Un modèle peut générer un paragraphe qui ressemble à un diagnostic, une analyse juridique ou un argument moral. Mais le son n'est pas le fond. La simulation n'est pas l'objet simulé.
Ce sont des moteurs d'automatisation linguistique, non des moteurs de compréhension. Ils excellent dans la rédaction, la synthèse, la recombinaison et l'exploration d'idées. Mais lorsque nous leur demandons de juger, nous redéfinissons involontairement le jugement, le faisant passer d'une relation entre un esprit et le monde à une relation entre une consigne et une distribution de probabilité.
N'oubliez pas que la fluidité n'est pas synonyme de perspicacité, et l'éloquence ne témoigne pas de la compréhension.
Voici quelques exemples parmi tant d'autres où l'IA engendre un frein au progrès sur de multiples fronts, notamment l'exploitation abusive :
Aux États-Unis, la vigilance constante dont doit faire preuve le citoyen lambda pour éviter de se faire arnaquer a un coût en soi – un coût que la plupart des analyses de la tarification dynamique ignorent. (Tim Wu)
Le débat entre les baby-boomers et la génération Z se résume, à mon avis, à une seule chose : l'Amérique de l'époque des baby-boomers privilégiait les familles et les travailleurs américains. L'Amérique de la génération Z, elle, privilégie absolument tout le reste.
Il nous faut un nouveau cadre réglementaire pour encadrer l'IA et prévenir l'effondrement des institutions. Explications.
L'écart record entre les profits des entreprises et les salaires : la part du travail dans la production économique vient d'atteindre un niveau historiquement bas, tandis que la part des profits frôle un record. Cela explique en partie le pessimisme ambiant chez les consommateurs. (wsj.com)
« Ce n'est jamais assez » : les jeunes Américains peinent à se constituer une indépendance financière face à l'explosion du coût de la vie. Un marché du travail difficile et la hausse des prix rendent l'entrée dans la vie adulte plus compliquée pour les jeunes.
Enfin, posons-nous la question suivante : comment distinguer une bonne IA d'une mauvaise ? (ft.com)
Réponse courte : c'est impossible, et l'écart entre les deux se creuse à une vitesse alarmante.
C'est ce que nous constatons dans toutes les entreprises avec lesquelles nous collaborons. Essayez de justifier une dépense de 100 000 $ en jetons alors que seulement 18 000 $ sont investis dans une fonctionnalité stable. Des données très intéressantes, recueillies auprès de 2 444 entreprises, révèlent que 82 % des jetons sont dépensés pour corriger des bugs générés par l'IA, effectuer des retouches et accélérer les processus de validation.
Veuillez noter ce qui manque à cette liste de préoccupations liées à l'IA : « L'IA améliore ma qualité de vie, réduit la complexité et les coûts, et élimine les gaspillages et l'exploitation par les entreprises à un rythme si effréné que je souhaiterais qu'elle ralentisse ces progrès considérables pour que je puisse reprendre mon souffle.»
- voir tableau sur site -
L'IA inverse-t-elle le recul du progrès ou l'accélère-t-elle ? La réponse est qu'elle accélère le recul du progrès dans tous les aspects de l'économie, de la société et de la culture. Il est peut-être temps d'admettre que le battage médiatique autour de l'IA n'est qu'une propagande intéressée, et que nous vivons en réalité dans une dystopie à la Philip K. Dick où l'on nous répète sans cesse que l'IA guérira un jour les maladies qu'elle crée, alors qu'elle en génère toujours plus à un rythme toujours plus soutenu.
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5 - LIA est un programme non-conçu pour imaginer, ni pour répondre à des questions insidieuses ("Avez-vous vu dieu ?", "Qu'est-ce que le covid ?", etc, etc). Cette machine biaisée, corrompue est une pute qui sert le client comme son maquereau, il ne faut pas lui en demander plus, sinon elle aurait découverte comment stopper des drones avec un radar ou comment contrôle t-on un pays quand on est intelligent !
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6 - Vous avez dit souveraineté numérique : L’UE va-t-elle adhérer à la Pax Silica US ?
Daniel Godet pour France-Soir
le 11 juin 2026 - 14:30
Polytechnique qui en définitive n’utilisera pas Microsoft (1er juin) ; le Parlement Européen qui va remplacer Google par Qwant (3 juin) ; Mistral qui fait merveille et n’a pas encore été racheté par un ‘grand’ : un parfum de souveraineté numérique se répandrait-il en Union Européenne ?
Mais ce parfum ne semble pas devoir tenir longtemps : l’UE prévoirait d’adhérer à la Pax Silica US.
De quoi s’agit-il ? D’une « initiative phare du département d'État étatsunien sur l’IA et la sécurité de la supply chain pour progresser sur un nouveau consensus de sécurité économique entre alliés et partenaires », lancée mi-décembre 2025. Du charabia, non ? Lisons ce qu’en dit au début de la Pax Silica Declaration (cf. infra, sources) Jacob Helberg, Under Secretary for Economic Affairs au Département d'État, ancien de Palantir (Palantir, le créateur du soft vedette utilisé de plus en plus par les gouvernements occidentaux pour la cyber-intelligence, la surveillance des populations et l’intégration de données militaires ; son Manifeste en 22 points publié en avril mérite d’être lu) et concepteur de cette initiative : « Si le XXᵉ siècle a été fondé sur le pétrole et l’acier, le XXIᵉ le sera sur le calcul et les minéraux qui l’alimentent. Cette déclaration historique salue un nouveau consensus de sécurité économique garantissant que les partenaires alignés construiront le système AI de demain – de l’énergie et des minéraux critiques jusqu’à la fabrication avancée et aux modèles ».
Toujours pas très clair ? Arnaud Bertrand a explicité le 4 juin sur son Substack ce qu’il en est réellement : comme son nom l’indique, c’est une démarche impériale des USA, à laquelle les alliés des USA sont invités à adhérer (sign up), à aligner leurs chaines d’approvisionnement sur celles des USA, à ne pas travailler avec la Chine, et en contrepartie ces alliés ont le droit d’accès à l’écosystème technologique US.
Arnaud Bertrand souligne combien l’initiative est à tout le moins ambiguë :
-L’initiative a un relent de post-colonialisme, poussé d’ailleurs jusqu’au bout de cette logique dans le projet d’une concession aux Philippines sur 1600 hectares, dédiée à l’AI, avec un statut extraterritorial. Le projet a été finalement rejeté le 18 mai par le gouvernement philippin.
-Le sous-secrétaire revendique un caractère ‘capitaliste’ pour l’initiative. Capitaliste, une initiative interétatique où les États désignent les fournisseurs à utiliser (les états-uniens ainsi que le néerlandais ASML pour les machines de lithographie) et à ne pas utiliser (les chinois) ? A minima, un capitalisme anti-concurrentiel avec le but d’entraver les alternatives et de concentrer les carnets de commandes vers l’écosystème IA US ! N’est-ce pas plutôt un moyen de réduire le risque d’une explosion de la bulle de l’AI aux USA (valorisation des acteurs ; volume d’investissements en data centers et dettes associées), menacée par la concurrence chinoise qui combine bas coûts (90% de moins), open source (à la différence des systèmes issus des USA), performances de plus en plus équivalentes, et totale indépendance technologique ?
- Sam Altman, le patron d’OpenAI, a déclaré qu’à l’avenir l’IA serait une utility, comme l’eau ou l’électricité, facturée à la consommation (AI as a service - AIAAS) : il a fort mal été reçu par la communauté étasunienne de l’AI qui préfère se voir comme un cartel pour maintenir une suprématie US dans l’AI. Pourtant la consommation n’est-elle pas déjà largement la base de facturation de l’AI ?
Bref, qui peut bien se sentir attiré par Pax Silica ? Les ‘clients’ habituels des USA : pays anglosaxons (Royaume-Uni, Australie), proches alliés d’Asie (Corée du Sud, Japon, Taïwan (hôte de TSMC, le fabricant des puces conçues par Nvidia), Philippines, Israël, Émirats arabes unis), et de façon plus surprenante, Qatar, Inde, Singapour et en UE, outre les Pays-Bas (pays d’origine de ASML, composante clef de l’écosystème US) la Grèce, la Suède et la Finlande.
L’Union Européenne était jusqu’ici ‘observatrice’ : Arnaud Bertrand indique qu’elle est proche de sign up, et ainsi de faire adhérer tous les États membres en bloc. Vous vous dites alors, « Non, pas possible, l’UE se dit souveraine, elle ne peut pas se mettre en position de vassale des USA sur l’AI comme elle l’est déjà sur trop de sujets. » Et bien si… Les baffes reçues tous les jours des USA, c’est décidément un plaisir pour l’UE : elle en redemanderait. En l’espèce, l’argument mis en avant par les fonctionnaires de Bruxelles, ce serait qu’il y a déjà plusieurs États membres qui ont adhéré : mieux vaudrait donc les suivre que de risquer de se positionner en ordre dispersé.
Gag : le jour de son adhésion présumée à Pax Silica, l’UE devait selon Euronews « annoncer un paquet de mesures pour ‘booster’ sa souveraineté technologique ». De fait, la Commission européenne a publié le 3 juin son projet de paquet législatif sur la souveraineté technologique (Tech Sovereignty Package). Il comprend quatre volets : - une proposition de règlement sur les semi-conducteurs (Chips Act 2.0) ; - une proposition de règlement sur le développement du cloud et de l’intelligence artificielle (Cloud and AI Development Act) ; - une stratégie européenne pour les logiciels libres (Open Source Strategy) ; - une feuille de route stratégique sur la numérisation et l’intelligence artificielle dans le secteur de l’énergie. Prochaines étapes : la négociation du paquet avec le Parlement européen et le Conseil de l’UE ; un appel d’offres en juillet pour de ‘gigafabriques’ d’IA dans l’Union.
À ce jour, toujours pas de concrétisation d’une adhésion de l’UE à Pax Silica…Y aurait-il une résistance parmi les États membres ? Y a-t-il un début de consensus que la souveraineté technologique sur les semi-conducteurs, le cloud et l’AI sont difficiles à concilier avec l’adhésion à Pax Silica ? Ou que le patronage US n’est pas la garantie d’obtenir de la Chine les minéraux critiques pour la filière ? Ou bien attend-on un meilleur moment pour discrètement adhérer, par exemple en plein été ?
En tout cas, il ne semble pas que l’alternative chinoise soit considérée par le paquet de la Commission Européenne malgré son avantage de coût à performance équivalente et son caractère open source. Pourtant, l’avantage de coûts serait une source de compétitivité économique et réduirait l’investissement nécessaire en nouvelle capacité de production électrique, et l’open source sur modèles AI contribuerait à une plus grande souveraineté des applications AI au sein de l‘UE.
Début de réponse peut-être dans l’appel d’offre de gigafabriques AI qu’a annoncé pour juillet prochain la Commission.
SOURCES
12 décembre 2025 déclaration Pax Silica - United States Department of State
18 avril 2026 Manifeste Palantir sur X : "Because we get asked a lot. The Technological Republic, in brief. 1. Silicon Valley owes a moral debt to the country that made its rise possible. The engineering elite of Silicon Valley has an affirmative obligation to participate in the defense of the nation. 2. We must rebel" / X
4 juin Arnaud Bertrand https://open.substack.com/pub/arnaudbertrand/p/the-pax-silica-con?r=22olsm&utm_medium=ios
19 mai Philippines rejects special US status for planned Luzon industrial hub – Asia News Network
1er juin The EU is set to join US-led chip alliance 'Pax Silica' to counter China's AI race | Euronews
3 juin Renforcer la souveraineté technologique de l’Europe - Commission européenne
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7 - Le prix du pétrole n’explose pas et Trump ne sait toujours pas ce qu’il veut faire de l’Iran
12 juin 2026
Le pétrole a chuté de 4 % vendredi suite aux regains d’espoir de paix entre l’Iran et les Etats-Unis, même si les propos de Donald Trump en ce sens méritent d’être suivis avec prudence ; selon un décompte de médias américains, il a déjà fait ce genre de promesse à 38 reprises au cours des deux derniers mois. Le cours du baril évoluait aux alentours de 84 $ (159 litres soir 0,52 $ le litre). Même avant ces développements, il se situait à un niveau étonnamment bas sur un marché amputé du cinquième de son offre suite à la fermeture par Téhéran du détroit d’Ormuz. Sans doute qu’une partie substantielle des 20 millions de barils par jour dont le marché est ainsi privé théoriquement transite quand même discrètement le long du rivage du sultanat d’Oman.
Au demeurant, l’espoir d’un accord de paix doit être pris avec d’autant plus de circonspection que l’accord cadre fuitant de Téhéran ressemble à une étrange capitulation de Washington ; l’Iran, non seulement, conserverait le droit d’enrichir de l’uranium, mais conserverait son stock d’uranium de qualité quasi-militaire, le contrôle du détroit d’Ormuz, avec droit de péage, en violation du droit coutumier international, une catastrophe pour les monarchies du Golfe et les pays importateurs, et obtiendrait… la levée de toutes les sanctions contre lui ainsi que des réparations et dommages de guerre de 300 milliards de dollars. On voit mal, sauf coup de démence à la Maison-Blanche, un président américain se faire humilier ainsi.
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8 - Elon Musk est le premier homme dont le patrimoine dépasserait 1 000 milliards de dollars
12 juin 2026
Space X, la firme spécialisée dans le spatial d’Elon Musk, a opéré vendredi une opération sans précédent à la Bourse de New York ; elle a levé 75 milliards de dollars, soit le triple du précédent record réalisé par Saudi Aramco en 2019. Bien en ligne avec ses ambitions… cosmiques, puisque Space X envisage d’installer des data center dans l’espace et de contribuer à la colonisation de Mars. Ce qui n’a pas forcément grand sens, puisqu’installer un milieu propice à la vie sur une planète dépourvue d’atmosphère et où la température tourne autour de -60 ° C absorberait des ressources correspondant vraisemblablement à des siècles de PIB mondial, mais à la limite peu importe. Comme l’avoue Elon Musk, il vend du rêve et cela illustre le dynamisme de ces entrepreneurs florissant aux Etats-Unis là où l’Europe semble engluée dans l’hyper-régulation.
Elon Musk, qui serait le premier homme dont le patrimoine dépasserait mille milliards de dollars suite à cette opération valorisant Space X à 1700 milliards de dollars, mène d’ailleurs des opérations d’une audace spectaculaire, et réussies, comme l’illustrent le décollage et le retour d’une fusée tous les trois jours, là où Arianespace en lance une ou deux par an… Il a aussi constitué le réseau de satellites Starlink. Pendant ce temps, Bruxelles réfléchit aux moyens de contrôler plus étroitement ce qui se dit sur les réseaux sociaux et installe un agenda Vert qui va ruiner l’industrie agro-alimentaire européenne…
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9 - Entouré de vrais scientifiques une entreprise progresse, en France c'est le contraire ! de faux scientifiques, de faux professeurs et de faux docteurs font la une à la télé, radio et journaux pour venter les piqûres mortelles covid !
C'est tous les jours que su Internet l'intelligence est censurée.
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10 - Matthieu Pigasse, le millionnaire rouge contre le « système capitaliste à bout de souffle »
11 juin 2026
Chantre de la gauche « radicale », l’homme d’affaires sera-t-il candidat à la prochaine élection présidentielle ?
On se souvient de celui qui était surnommé le « milliardaire rouge », Jean-Baptiste Doumeng, un homme d’affaires encarté au PCF. Le qualificatif doit-il s’appliquer au très médiatique Matthieu Pigasse, en dépit du fait qu’il ne soit pas communiste et que, semble-t-il, il ne soit pas (encore ?) milliardaire ? Les articles se sont multipliés au sujet d’une hypothétique candidature à l’élection présidentielle de 2027 de l’ancien énarque et banquier, dirigeant du groupe Combat Média. Car notre homme d’affaires est à gauche, très à gauche, et il mène une bataille médiatique contre le « fascisme » qui nous guette.
Le 10 juin sur RTL, il a (mollement) démenti, langue de bois à l’appui, sa candidature, tout en affirmant que, « candidat à aider », il soutiendrait chaudement celui qui unirait toutes les gauches, LFI incluse, mais que… « si la solution devait passer par (lui) », il serait « prêt », autrement dit il se sacrifierait en acceptant à contrecœur d’entrer à l’Elysée. Il en a profité pour appeler à une gauche, « crue », « radicale » et unie puisque manifestement la fréquentation des néocommunistes de LFI ne l’empêche pas de dormir, bien au contraire.
Il a une nouvelle fois déclaré qu’il défendait un programme de « partage des richesses », lieu commun de la gauche qui oublie, selon l’exclamation de Raymond Poincaré, qu’il faut les créer avant de les partager… Nicolas Lecaussin l’avait déjà renvoyé à ses chères études en rappelant que si l’homme d’affaires voulait partager sa fortune, libre à lui, mais qu’il n’avait aucune légitimité à exiger le partage des richesses d’autrui…
Matthieu Pigasse a également déclaré que, devant « un système capitaliste à bout de souffle », il défendait la lutte contre « l’austérité » -terme qui, sous la langue d’un homme de gauche français, signifie que le budget doit croître encore plus chaque année- et le « refus des inégalités », qui exploseraient -étant rappelé que, bien au contraire, après impôts et en tenant compte des prestations sociales, la France est un des pays les plus égalitaristes qui soient-.
Ajoutons qu’il vient de décrocher le contrat de restructuration de la dette vénézuélienne (Le Figaro, 6 juin 2026), un pays qu’il connaît bien, lui qui a osé déclarer sur RTL que Hugo Chavez avait été « élu démocratiquement » en son temps… Avec pareils propos, on en vient à se demander s’il ne serait pas un candidat très représentatif de l’ensemble des nuances de la gauche « radicale », d’autant plus lorsque l’on se souvient qu’il avait plaidé devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public en faveur d’une « taxe Zucman »… pour financer l’audiovisuel public (Challenges, 2 avril 2026) !
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