vendredi 29 mai 2026

Le commerce numérique sous l’emprise des « Big Tech » est un danger pour la souverainté alimentaire

 

Par Grain

Mondialisation.ca,
 28 mai 2026


Les critiques contre la croisade numérique des Big Tech se multiplient, tout comme les appels en faveur d’une réglementation plus stricte. Pourtant, les entreprises technologiques bloquent les réformes en recourant à des manœuvres détournées comme des accords commerciaux. Leur récent intérêt pour l’agriculture menace nos systèmes alimentaires. Pour limiter leur emprise croissante sur ces derniers, il est crucial de révéler l’envers du décor et de construire des mobilisations pour y mettre fin.

Il n’est pas facile d’échapper à la puissance et à l’influence des géants de la Big Tech dans la vie quotidienne, même pour celles et ceux qui vivent dans des communautés rurales des pays du Sud, où l’accès à Internet est souvent limité.

Toute personne recherchant des informations sur Internet, que ce soit au Brésil, en Inde ou au Kenya, utilisera très probablement le moteur de recherche de Google[1]. En Chine, elle utilisera probablement celui de Baidu. Si elle souhaite rester en contact avec sa famille ou ses ami·es, elle utilisera sans doute l’une des plateformes de réseaux sociaux ou de messagerie de Meta, comme Facebook, qui détient 75 % du marché mondial des réseaux sociaux et 83 % en Afrique[2]. Pour commander un repas livré à domicile au Brésil, elle se tournera très probablement vers la plateforme iFood (qui détient 80 % du marché), tandis qu’en Asie du Sud-Est, elle utilisera presque toujours Grab[3].

Ces monopoles numériques permettent aux entreprises technologiques de collecter d’énormes quantités de données provenant de milliards de personnes. Ce pouvoir est à son tour mis à profit pour étendre leur mainmise sur le développement de l’intelligence artificielle (IA). Aujourd’hui, huit des dix plus grandes multinationales sont des entreprises technologiques. Chacune d’entre elles affiche une valeur boursière supérieure au PIB de 93 % des pays[4].

Partout dans le monde, les populations sont en train de prendre conscience des dangers que représente ce pouvoir des multinationales. Les Big Tech et leurs propriétaires milliardaires prennent le contrôle des médias, soutiennent des partis politiques d’extrême droite, apportent leur soutien à des armées commettant des crimes de guerre et collaborent avec des gouvernements pour restreindre les droits humains[5]. Et elles ont également une stratégie concernant le système alimentaire. Les Big Tech s’associent aux plus grandes entreprises agroalimentaires, aspirent les données des personnes impliquées dans les systèmes alimentaires – de la production agricole à la consommation – sans pratiquement aucun contrôle ni aucune restriction, puis utilisent ces données contre les intérêts de ces mêmes personnes.

Collecte massive de données dans l’ensemble du système alimentaire
Les plus grands producteurs mondiaux de semences, de médicament pour les plantes attaquées et d’engrais ont accès à un flux constant de données d’exploitations agricoles couvrant des dizaines de millions d’hectares – du Brésil à la Chine – via des applications numériques installées sur les smartphones et les tracteurs des exploitations agricoles. Ces informations sont stockées dans les clouds des Big Tech, comme Microsoft Azure et Amazon AWS.

Le cloud stocke également les données issues d’un nombre croissant de programmes gouvernementaux, destinées à développer des bases de données numériques nationales et des services destinés aux exploitations agricoles. La nouvelle base de données numérique du gouvernement indien, Agri Stack, par exemple, a été développée avec Microsoft et fournit à la multinationale des informations détaillées sur 80 millions d’agriculteurs et agricultrices en Inde, couvrant aussi bien les données cadastrales que les antécédents médicaux[6]. Agri Stack sert de modèle à d’autres registres agricoles numériques nationaux que la Fondation Gates et la Banque mondiale s’efforcent de mettre en place dans plusieurs pays, à commencer par l’Éthiopie et le Kenya[7]. De plus en plus, les exploitations n’ont plus d’autre choix que de communiquer leurs données aux multinationales pour pouvoir bénéficier de services de vulgarisation agricole, obtenir des prêts et des

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation et d’autres personnalités ont exprimé leurs inquiétudes sur la manière dont ce contrôle des données par les entreprises peut nuire aux communautés agricoles[8]. Les sociétés agroindustrielles, par exemple, peuvent utiliser leurs chatbots et leurs applications numériques pour inciter les agriculteurs et agricultrices à acheter leurs semences, pesticides et engrais. Lorsque les conseils du chatbot s’avèrent inefficaces, les paysan·nes n’ont guère de moyens d’obtenir une compensation, et même le simple fait de changer de plateforme peut s’avérer difficile. La tendance générale est claire : les multinationales utilisent leurs plateformes numériques pour instaurer un flux d’information vertical qui réduit de plus en plus l’autonomie des agriculteurs et agricultrices quant à leur manière de travailler.

Les entreprises peuvent également vendre les données collectées sur les agriculteurs et agricultrices à des tiers, qui peuvent à leur tour les utiliser d’une manière préjudiciable aux intérêts des exploitant·es. C’est ce qui s’est produit dans la collaboration entre Bayer et Microsoft en Inde, où les données ont été vendues à des entreprises alimentaires qui s’en sont ensuite servies pour contraindre les agriculteurs et agricultrices à baisser leurs prix[9].

Et ce phénomène ne se limite pas aux fermes. La collecte massive de données s’opère à tous les niveaux du système alimentaire, dans un contexte d’intégration croissante. Alibaba, le plus grand distributeur en ligne chinois, relie par exemple sa nouvelle division dédiée à l’agriculture numérique à ses plateformes de commerce électronique et de livraison alimentaire, qui génèrent des données sur les préférences et le comportement de plus de 800 millions de consommateurs et consommatrices[10]. Les distributeurs peuvent utiliser les données de vente en ligne et en magasin pour établir le profil de leur clientèle, puis l’inciter à acheter certains produits ou ajuster les prix en fonction de ce qu’ils estiment que chaque personne est prête à payer – une pratique appelée « tarification de surveillance[11] ». Les plateformes de livraison alimentaire sont également connues pour utiliser leur accès et leur contrôle des données des livreurs et livreuses afin de les contraindre à travailler de longues heures pour de faibles salaires[12].

Ces pratiques, ainsi que d’autres tactiques employées par les entreprises technologiques, suscitent des critiques et une résistance croissantes. Alors, pour contrer toute mesure susceptible de freiner leurs ambitions, ces entreprises investissent massivement pour influencer les responsables politiques. Rien qu’en 2025, elles ont dépensé 170 millions de dollars des États-Unis en activités de lobbying dans l’Union européenne et 109 millions de dollars aux États-Unis[13]. Elles s’appuient également sur un autre outil, moins visible mais tout aussi important, pour imposer leurs stratégies et se soustraire à toute obligation de redevabilité publique : les accords sur le commerce numérique.

Décryptage de la stratégie des Big Tech en matière de commerce numérique

Le commerce numérique est traité dans les chapitres consacrés à l’e-commerce ou au numérique inclus dans les accords de libre-échange (ALE), ou directement dans des accords bilatéraux ou régionaux sur le commerce numérique. Ces textes sont fortement influencés par les entreprises technologiques, notamment pour garantir leur contrôle sur les données, restreindre l’accès de tiers à leurs codes sources et à leurs algorithmes, et limiter la capacité des gouvernements à taxer les services numériques.

La stratégie des multinationales bénéficie d’un soutien massif de la part du gouvernement des États-Unis, où sont implantés la plupart des Big Tech. Les exigences du secteur sont intégrées dans l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (ACEUM) et dans tous les autres accords négociés par les États-Unis. Mais elles figurent également dans le Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) et les négociations relatives à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), auxquelles les États-Unis ne participent pas. À quelques nuances près, le Partenariat économique global régional (RCEP) et l’Union européenne suivent une voie similaire (voir encadré).

La stratégie des entreprises technologiques, inscrite au cœur de ces accords commerciaux, a des conséquences importantes sur les systèmes alimentaires. Par exemple, pour que les gouvernements puissent garantir aux communautés agricoles, aux consommateurs et consommatrices ainsi qu’aux travailleurs et travailleuses de l’alimentation le respect de leurs droits et le contrôle de leurs données, il est nécessaire que ces données soient stockées dans des lieux relevant de leur juridiction. C’est essentiel non seulement en termes de confidentialité, mais aussi pour éviter que ces informations ne tombent entre les mains de personnes susceptibles de leur nuire. Des avancées modestes ont été réalisées dans ce sens, comme l’adoption de lois de protection des données personnelles dans l’Union européenne, en Argentine, au Brésil et au Kenya[14]. Malheureusement, les données générées dans les fermes (concernant les terres, les semences, la génétique végétale et animale, les conditions météorologiques) sont considérées comme non personnelles et ne sont pas couvertes par ces lois, même si des informations personnelles peuvent être déduites lorsque les données sur les rendements sont combinées avec la localisation, par exemple.

Ces initiatives gouvernementales, aussi limitées soient-elles, sont vivement combattues par l’industrie, qui veut pouvoir exploiter et vendre les données à des tiers sans restriction. Le fait de ne pas avoir de présence physique locale dans les pays où les données sont collectées permet également aux entreprises technologiques d’échapper à leurs responsabilités envers leur personnel, en particulier dans le cas des livreurs et livreuses, pour qui les risques d’accidents du travail sont élevés. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles les entreprises technologiques militent en faveur de la libre circulation des données au-delà des frontières. Dans le jargon du commerce numérique, on parle de « libre circulation transfrontalière des données », ce qui vise à empêcher la « localisation forcée des données ».

L’accès aux codes sources (lignes de code écrites par des programmeurs pour faire exécuter des tâches aux machines) et aux algorithmes (segments de code incluant les étapes nécessaires à la résolution d’un problème) constitue également un enjeu important pour les systèmes alimentaires. Partout dans le monde, les agriculteurs et agricultrices ont toujours réparé eux-mêmes leurs outils. C’est une pratique traditionnelle dans le secteur. Mais cela est devenu beaucoup plus difficile avec l’adoption d’outils numériques tels que les drones agricoles et les tracteurs connectés. Leur réparation nécessite l’accès aux codes sources des fabricants, qui sont strictement protégés par des droits de propriété intellectuelle. Aux États-Unis, les exploitations agricoles perdent 3 milliards de dollars par an à cause de l’indisponibilité des tracteurs et dépensent 1,2 milliard de dollars supplémentaires en frais de réparation excessifs à cause de ces restrictions[15]. Les livreurs et livreuses de repas sont également pénalisés, ne pouvant accéder aux algorithmes opaques qui déterminent leur rémunération ou même leur licenciement[16]. Les consommateurs et consommatrices constatent eux aussi que les algorithmes qui orientent la consommation fonctionnent comme une boîte noire.

Il existe de nombreuses raisons importantes pour lesquelles les entreprises devraient être tenues de rendre publics leurs codes sources et leurs algorithmes, mais les accords sur le commerce numérique peuvent empêcher l’adoption de mesures allant dans ce sens. La plupart de ces accords restreignent l’accès des pouvoirs publics ou des administrations aux codes sources et aux algorithmes des entreprises, et les rares exceptions sont généralement peu contraignantes et vagues[17].

Les systèmes alimentaires sont également affectés par la manière dont les Big Tech utilisent les accords sur le commerce numérique pour échapper à l’impôt[18]. Ces entreprises bénéficient depuis longtemps d’un moratoire temporaire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques, établi en 1998 par l’OMC. En vertu de ce moratoire, les États peuvent percevoir des taxes nationales, mais ne peuvent pas appliquer de droits de douane sur les produits entrant sur leur territoire. Une étude a révélé qu’entre 2017 et 2020, les pays du Sud global, dont la plupart sont importateurs nets de services numériques, ont perdu 56 milliards de dollars de recettes fiscales qu’ils n’ont pas pu percevoir sur ces importations[19]. Cela signifie que les gouvernements disposent de moins de ressources pour mettre en œuvre des politiques alimentaires et agricoles au bénéfice de leurs populations et assurer d’autres services essentiels.

Pour rendre l’évasion fiscale plus facile, tous les accords sur le commerce numérique signés à ce jour ont systématiquement interdit les taxes sur les transmissions électroniques. Plus récemment, ceux qui ont été promus par les États-Unis avec le Salvador et le Guatemala contraignent ces deux pays d’Amérique centrale à soutenir le lobbying mené par les États-Unis pour rendre permanent le moratoire de l’OMC. Cependant, au sein de l’OMC, le Brésil a mené une initiative qui a abouti à la levée du moratoire en mars 2026[20]. La grande question est désormais de savoir si les gouvernements saisiront cette occasion pour instaurer des taxes aux frontières ou s’ils s’engageront dans des restrictions similaires via des accords bilatéraux sur le commerce numérique.

La nécessité d’une convergence des luttes

Heureusement, des mouvements qui contestent le pouvoir des géants de la tech se multiplient partout dans le monde et commencent à travailler ensemble vers des objectifs communs.

Certaines initiatives se concentrent sur la justice numérique et les droits numériques, comme la Just Net Coalition, le réseau européen de défense des droits et libertés en ligne, et le Global Digital Justice Forum, qui regroupe des réseaux de défense des droits numériques, des groupes féministes, des organismes de surveillance des entreprises, des activistes pour les droits à la communication, des syndicats et des coopératives[21]. Des groupes tels que Citizen Lab et AlgoRace s’attaquent à la surveillance numérique et aux impacts de l’IA sur les communautés migrantes et les communautés racisées. Le mouvement « People vs Big Tech » vise à remettre en cause le pouvoir des géants de la tech sur des questions telles que la politique numérique, les droits des consommateurs et consommatrices, le changement climatique, les droits des personnes LGBTQ+ et le féminisme[22].

Il existe également de nombreuses initiatives menées par les travailleurs et travailleuses pour empêcher les entreprises d’utiliser les plateformes numériques afin d’exploiter leurs personnels et de bafouer leurs droits. Parmi celles-ci figurent les actions menées par les employé·es des entrepôts Amazon aux États-Unis et en Inde, ainsi que par les livreurs et livreuses de repas travaillant pour Ele.me (Alibaba) en Chine[23]. Dans l’Union européenne et au Royaume-Uni, 12 organisations représentant les agents de livraison de repas ont dénoncé de graves abus sur des plateformes telles que Deliveroo, Just Eat et Uber Eats, et ont réclamé la mise en place d’un registre public des algorithmes utilisés[24]. Les équipes de modération de contenus de Facebook (Meta) en Colombie et au Ghana se sont également mobilisées[25]. En outre, un mouvement de plus en plus important lutte contre l’expansion des centres de données en raison de leurs impacts sur les communautés locales et de leur forte consommation d’énergie, d’eau et de minéraux critiques, provoquant un nombre croissant de conflits sociaux et environnementaux à travers le monde[26].

Les membres du mouvement pour la souveraineté alimentaire sont également très actifs dans le domaine du numérique. Par exemple, les communautés agricoles africaines dénoncent la privatisation et l’accaparement de leurs données par les entreprises, faisant valoir que les données ne peuvent être dissociées de leur lien avec les territoires et les communautés[27]. La Coordination européenne de la Via Campesina a récemment publié une critique de la numérisation menée par les entreprises et appelle à une recherche et à une innovation inclusives pour soutenir la transition vers l’agroécologie[28]. De plus en plus de paysan·nes se mobilisent pour revendiquer le droit de réparer leurs machines, de fabriquer leurs propres outils et de partager librement des informations[29]. Pendant la pandémie, de l’Indonésie au Brésil, les petites fermes et les petits commercesont démontré leur capacité à coordonner leurs efforts avec des coopératives de transport et ont utilisé leurs propres outils numériques pour garantir l’accès à l’alimentation.

Pour que les mouvements qui luttent contre les Big Tech puissent contester les accords sur le commerce numérique, des alliances sont nécessaires avec ceux qui s’opposent depuis longtemps aux accords de libre-échange.

De leur côté, des mouvements paysans tels que La Via Campesina mènent depuis longtemps la lutte contre les accords de libre-échange dans différentes régions[30]. Ils ont multiplié les alliances avec d’autres groupes, notamment des syndicats, des écologistes, des associations de femmes et des peuples autochtones. La large coalition intersectorielle qui s’est battue avec acharnement contre l’accord UE-Mercosur en offre un exemple récent. Lors du 3e Forum Nyeleni, qui a réuni des mouvements issus d’un large éventail de secteurs (communautés agricoles, migrant·es, syndicats, professionnel·les de santé, mouvements écologistes et organisations de femmes), la numérisation des systèmes alimentaires a été identifiée comme une nouvelle frontière coloniale. Dans cette optique, une convergence plus forte pourrait être construite avec divers groupes afin de dénoncer les impacts de la numérisation des entreprises et de mettre un terme aux accords sur le commerce numérique qui favorisent les intérêts des multinationales.

Encadré : L’essor mondial des accords sur le commerce numérique
Selon l’universitaire et militante Jane Kelsey, les exigences habituelles des entreprises dans la plupart des négociations sur le commerce numérique trouvent leur origine dans les principes des « Digital 2 Dozen » publiés par le Représentant américain au commerce en 2014[31]. Ces dispositions ont orienté les chapitres sur le commerce électronique du Partenariat transpacifique (devenu par la suite le Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP)) et ont servi de modèle pour les accords ultérieurs[32]. Même après leur retrait du PTPGP en 2017, les États-Unis ont continué à renforcer la protection des géants de la tech dans le cadre de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (ACEUM) en 2020.

La Chambre de commerce des États-Unis, qui compte parmi ses membres de grandes entreprises agroindustrielles et technologiques, promeut systématiquement des accords sur le commerce numérique dits « de haut niveau », en particulier parmi les pays du « Digital Dozen » (Australie, Canada, Chili, Colombie, Japon, Corée du Sud, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Taïwan, Royaume-Uni et pays de l’ASEAN) [33]. Plusieurs accords majeurs ont suivi, notamment avec les États-Unis, le Japon, Singapour, l’Australie, le Chili, le Royaume-Uni et l’Union européenne[34]. La Chine, les Émirats arabes unis et l’Inde mènent également des négociations sur le commerce numérique, mais avec des priorités différentes.

L’ACEUM garantit la libre circulation transfrontalière des données, y compris des données à caractère personnel, et interdit la localisation des données. Ses dispositions ont influencé d’autres accords, y compris ceux auxquels les États-Unis ne participent pas, tels que le PTPGP et les négociations relatives à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), et entrent parfois en conflit avec les législations nationales, notamment au Kenya et au Nigéria[35].

L’Union européenne soutient également la libre circulation des données et interdit leur localisation, mais insiste sur la nécessité de protéger les données à caractère personnel. Sa législation est en effet considérée comme l’une des plus strictes au monde en matière de protection des données, ce qui l’a placée dans le collimateur des Big Tech et de l’administration Trump[36]. Cependant, la mise en œuvre reste difficile, et les garanties prévues dans les accords internationaux sont souvent floues[37]. L’organisme européen de protection des données a lui-même reconnu ce point dans le cas de l’accord UE-Singapour, qui ne prévoit aucune réglementation sur l’utilisation que les entreprises peuvent faire des données des citoyen·nes[38].

Le Partenariat économique global régional (RCEP), qui regroupe dix États membres de l’ASEAN ainsi que l’Australie, la Chine, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud, comporte des dispositions similaires à celles du PTPGP[39]. Ses règles ne sont toutefois pas juridiquement contraignantes et permettent d’imposer davantage de restrictions pour des raisons de sécurité nationale. Cela est particulièrement important pour la Chine, qui soutient la liberté des échanges transfrontaliers de biens facilités par Internet plutôt que la libre circulation de tous les flux de données. Certains affirment que cela reflète les intérêts des plateformes chinoises de commerce électronique, comme Alibaba[40].

L’ACEUM, le PTPGP et les accords sur le commerce numérique promus par l’Union européenne interdisent le transfert forcé de codes sources et d’algorithmes, tandis que le RCEP ne prévoit pas de protection spécifique à cet égard. Les exceptions d’intérêt public prévues dans ces accords sont généralement peu contraignantes[41].

En ce qui concerne les taxes sur les transmissions électroniques : les États-Unis continuent de faire pression pour rendre permanent le moratoire de l’OMC sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques, tandis que l’UE, la ZLECAf et le RCEP permettent une marge de taxation interne[42]. Les signataires du RCEP se sont toutefois engagés à aligner leurs pratiques sur toute évolution future au niveau de l’OMC.

Voir également : Bilaterals.org, « Résister aux empires de la Big Tech (et à leurs règles commerciales) », 30 avril 2026

Notes:

[1] Voir : UIT, « Mesurer le développement numérique : Faits et chiffres 2025 », https://www.itu.int/hub/publication/D-IND-ICT_MDD-2025-3/#/fr ; Statista, « Most popular reasons for using the internet worldwide as of 2nd quarter 2025 », 27 novembre 2025, https://www.statista.com/statistics/1387375/internet-using-global-reasons

[2] Statcounter, « Social media stats worldwide », mars 2026, https://gs.statcounter.com/social-media-stats
[3] Voir : José Soeiro, Kenzo Soares Seto et Víctor Riesgo Gómez, « Varieties and similarities of platform capitalisms: a comparative approach of labor regulation in Brazil, Portugal and Spain », Frontiers in Sociology, Vol. 10, 28 mars 2025, https://doi.org/10.3389/fsoc.2025.1454324 ; et Dylan Loh, « Grab’s ASEAN food delivery share rises to 55% in 2025: survey », 28 janvier 2026, https://asia.nikkei.com/business/food-beverage/grab-s-asean-food-delivery-share-rises-to-55-in-2025-survey
[4] Voir : Forbes India, « Top 10 biggest companies in the world by market cap in 2025 », 27 novembre 2025, https://www.forbesindia.com/article/explainers/top-10-largest-companies-world-market-cap/86341/1; et Worldometer, « GDP by country (2026) – IMF », https://www.worldometers.info/gdp/gdp-by-country/
[5] Adrienne Fichter et. al. « How tenaciously Palantir courted Switzerland », 18 février 2026, https://www.republik.ch/2026/02/18/how-tenaciously-palantir-courted-switzerland
[6] Harikishan Sharma, « What is AgriStack, which FM Nirmala Sitharaman has termed as the ‘next UPI’? », 13 février 2026, https://indianexpress.com/article/explained/agristack-sitharaman-next-upi-10528472/
[7] Voir : Banque mondiale, GF et BCG, « Digital agriculture roadmap playbook », 2025, https://documents1.worldbank.org/curated/en/099053025063021993/pdf/P508004-f943a09b-c45f-4c93-b554-9dd1decd1e7c.pdf ; Ministère de l’Agriculture de l’Éthiopie et ATI, « Digital agriculture roadmap 2032 », avril 2025, https://www.moa.gov.et/wp-content/uploads/2025/04/Digital-Agriculture-Roadmap-Ethiopia.pdf ; Data Driven Digital Agriculture, « Launch of the Digital Agriculture Roadmaps DARs Playbook and Lessons Learned », 16 décembre 2025, https://youtu.be/E4h_3fsT8So?si=d-S7fc6wYsMq1G9C
[8] Voir : Nations Unies, « Rapport du Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, Michael Fakhri. Pouvoir des grandes sociétés et droits humains dans les systèmes alimentaires », 21 juillet 2025, https://docs.un.org/fr/A/80/213 ; ETC Group, « Commons to code: how platforms rewire agriculture and reshape power », 9 novembre 2025, https://www.etcgroup.org/sites/www.etcgroup.org/files/files/commons_to_code_how_platforms_rewire_agriculture_and_reshape_power_0.pdf ; IPES-Food, « La tête dans le Cloud », février 2026, https://ipes-food.org/fr/rapport/la-tete-dans-les-nuages/ ; GRAIN, « When big tech came for the farm: A blueprint of resistance from Asia’s small farmers », 16 janvier 2023, https://grain.org/e/6940
[9] GRAIN, « Le techno-féodalisme s’implante dans les fermes d’Inde et de Chine », 24 octobre 2024, https://grain.org/fr/article/7199
[10] Voir : Mary Ma, « Agriculture: A new battlefield for China’s internet giants », 27 février 2023, https://technode.com/2023/02/27/agriculture-a-new-battlefield-for-chinas-internet-giants/ ; DBS, « Alibaba Group. Quick view », 20 mars 2026, https://www.dbs.com.hk/treasures/aics/stock-coverage/templatedata/article/equity/data/en/DBSV/012014/9988_HK.xml
[11] Mayu Tobin-Miyaji, « Kroger’s surveillance pricing harms consumers and raises prices, with or without facial recognition », 14 février 2025, https://epic.org/krogers-surveillance-pricing-harms-consumers-and-raises-prices-with-or-without-facial-recognition/
[12] Arif Novianto, « Resistance is Possible: Lives of Grab Workers in Indonesia », Asian Labour Review, janvier 2023, https://labourreview.org/grab-in-indonesia/
[13] Voir : Corporate Europe Observatory, « Revealed: Tech industry now spending record €151 million on lobbying the EU », 27 octobre 2025, https://corporateeurope.org/en/2025/10/revealed-tech-industry-now-spending-record-eu151-million-lobbying-eu ; Emily Birnbaum et Maggie Eastlan, « Silicon Valley pours out lobbying cash and flattery to win over deal-minded Trump », 22 janvier 2026, https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-01-22/big-tech-leaders-spend-record-109-million-to-win-over-deal-minded-trump
[14] Voir : Friends of the Earth, « Big brother is feeding you », décembre 2025, https://friendsoftheearth.eu/wp-content/uploads/2025/12/Digital-factsheet-2.pdf ; ETC Group, « Commons to code: how platforms rewire agriculture and reshape power », 2025, https://www.etcgroup.org/sites/www.etcgroup.org/files/files/commons_to_code_how_platforms_rewire_agriculture_and_reshape_power_0.pdf ; Biba Kenya, « Connecting communities or corporations? », mai 2025, https://bibakenya.org/wp-content/uploads/2025/05/Connecting-Communities-or-Corporations-Digital-AgricultureData-Harvests-and-Food-sovereignty-in-Keny.pdf
[15] Kevin O’Reilly, « Report: tractor ‘right to repair’ would save U.S. farmers $4.2 Billion », 11 avril 2023, https://pirg.org/media-center/report-tractor-right-to-repair-would-save-u-s-farmers-4-2-billion/
[16] Voir : Privacy International, « Time to deliver answers: An open letter to Just Eat Takeaway, Uber and Deliveroo », 13 janvier 2025, https://privacyinternational.org/advocacy/5509/time-deliver-answers-open-letter-just-eat-takeaway-uber-and-deliveroo ; « New research exposes deepening exploitation of Uber drivers by algorithmic pay », 19 juin 2025, https://www.ier.org.uk/news/new-research-exposes-deepening-exploitation-of-uber-drivers-by-algorithmic-pay/
[17] EDRi, « Digital trade: the new frontline in the fight for our rights », 7 mai 2025, https://edri.org/our-work/digital-trade-the-new-frontline-in-the-fight-for-our-rights/
[18] Jane Kelsey, « Digital trade rules and big tech: surrendering public good to private power », PSI, février 2022, https://pop-umbrella.s3.amazonaws.com/uploads/f2bddc3d-c353-4846-a23b-82dec9a9e6d7_2020_-_ASIA_DIG_REPORT_3__1_.pdf
[19] Rashmi Banga, « WTO Moratorium on custom duties on electronic transmissions: how much tariff revenue have developing countries lost? », South Centre, 3 juin 2022, https://www.southcentre.int/wp-content/uploads/2022/06/RP157_WTO-Moratorium-on-Customs-Duties-on-Electronic-Transmissions_EN.pdf
[20] Sofia Scasserra, « The night Brazil said no to Trump (and changed the internet forever) », 2 avril 2026, https://www.tni.org/en/article/the-night-brazil-said-no-to-trump-and-changed-the-internet-forever
[21] Voir : https://www.justnetcoalition.org/, https://edri.org/, https://gdjf.globaldigitaljusticeforum.net/
[22] Voir : https://citizenlab.ca/, https://www.algorace.org/, https://peoplevsbig.tech/
[23] Voir : UNI Global Union, « Thousands of Amazon workers and allies strike and protest in dozens of countries on Black Friday », 26 novembre 2025, https://uniglobalunion.org/news/make-amazon-pay-day-2025/ ; « Everyone loses in the rage of China’s delivery wars », 31 juillet 2025, https://www.economist.com/china/2025/07/31/everyone-loses-in-the-rage-of-chinas-delivery-wars
[24] Privacy International, « Time to deliver answers: An open letter to Just Eat Takeaway, Uber and Deliveroo », 13 janvier 2025, https://privacyinternational.org/advocacy/5509/time-deliver-answers-open-letter-just-eat-takeaway-uber-and-deliveroo
[25] Voir : Eiffel Abedin, « Content moderation is a new factory floor of exploitation – labour protections must catch up », 26 juin 2025, https://www.ihrb.org/latest/content-moderation-is-a-new-factory-floor-of-exploitation-labour-protections-must-catch-up ; Stephanie Höppner, « Africa’s content moderators want compensation for job trauma », 1er mai 2025, https://www.dw.com/en/africas-content-moderators-want-compensation-for-job-trauma/a-72401025
[26] Voir : Mariam Mayet, « Critical minerals, fertilisers, agrochemicals, digital power, and the erosion of food sovereignty », 23 avril 2026, https://acbio.org.za/corporate-expansion/critical-minerals-fertilisers-agrochemicals-digital-power-and-the-erosion-of-food-sovereignty/ ; UNCTAD, « Digital economy report 2024 », 2024, https://unctad.org/publication/digital-economy-report-2024 ; Blake Montgomery, « Datacenters meet resistance over environmental concerns as AI boom spreads in Latin America », 11 novembre 2025, https://www.theguardian.com/technology/2025/nov/10/data-centers-latin-america
[27] ETC Group, « What does data justice mean for African small-holder farmers? », 8 décembre 2025, https://www.etcgroup.org/content/what-does-data-justice-mean-african-small-holder-farmers
[28] ECVC, « The challenges digitalisation brings to peasant agroecology: An ECVC perspective », 28 avril 2025, https://www.eurovia.org/publications/ecvc-position-on-digitalisation
[29] Voir : https://farmhack.org/ ; Kat de Naoum, « Right to repair farm equipment: legislation, challenges, and advantages », 16 février 2026, https://www.thomasnet.com/insights/right-to-repair-farm-equipment/
[30] Voir : https://viacampesina.org/en/trade-markets-income/
[31] Jane Kelsey, « Digital trade rules and big tech: surrendering public good to private power », PSI, février 2022, https://pop-umbrella.s3.amazonaws.com/uploads/f2bddc3d-c353-4846-a23b-82dec9a9e6d7_2020_-_ASIA_DIG_REPORT_3__1_.pdf
[32] Les signataires actuels du PTPGP sont l’Australie, Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour, le Royaume-Uni et le Vietnam. Les pays candidats sont le Costa Rica, Taïwan, l’Équateur, l’Uruguay, l’Ukraine, l’Indonésie, les Philippines, les Émirats arabes unis et le Cambodge. La candidature de la Chine a été contestée par le Japon et l’Australie. Voir : https://www.bilaterals.org/?-tpp
[33] Chambre de commerce des États-Unis, « The digital trade revolution », 9 février 2022, https://www.uschamber.com/international/trade-agreements/the-digital-trade-revolution-how-u-s-workers-and-companies-can-benefit-from-a-digital-trade-agreement
[34] Marília Maciel, « The WTO joint initiative stabilised ‘agreement on electronic commerce’: looking at the broader picture », 30 juillet 2024, https://www.diplomacy.edu/blog/the-wto-joint-initiative-stabilised-agreement-on-electronic-commerce-looking-at-the-broader-picture/
[35] Voir : CPTPP, « Chapter 14. Electronic commerce », https://www.bilaterals.org/IMG/pdf/14._electronic_commerce.pdf ; AfCFTA, « Protocol on the agreement establishing the African continental free trade area on digital trade », https://www.bilaterals.org/IMG/pdf/en_-_afcfta_protocol_on_digital_trade.pdf ; Banque mondiale, « Digital trade regulatory readiness (DTRR) database », https://www.worldbank.org/en/data/interactive/2025/09/10/digital-trade-regulatory-readiness-dtrr-database
[36] Raphael Satter et Alexandra Alper, « Exclusive: US orders diplomats to fight data sovereignty initiatives », 25 février 2026, https://www.reuters.com/sustainability/boards-policy-regulation/us-orders-diplomats-fight-data-sovereignty-initiatives-2026-02-25/?trk=public_post_comment-text
[37] Naomi Grossman, « The Meta ruling that could change Europe’s data playbook », décembre 2025, https://vinciworks.com/blog/the-meta-ruling-that-could-change-europes-data-playbook/
[38] Javier Ruiz Diaz, « The EU-Singapore digital trade agreement: gambling away our digital sovereignty , The Left, novembre 2025, https://www.martin-schirdewan.eu/wp-content/uploads/2025/11/4031639-EUROPEAN-PARLIAMENT-Booklet-Signapore_03.pdf
[39] RCEP, « Chapter 12. Electronic commerce », https://www.mfat.govt.nz/assets/Trade-agreements/RCEP/RECP-Agreement-112020/Chapter-12.pdf
[40] Mira Burri, « Global perspectives on digital trade governance. Part IV », 9 juillet 2021, https://www.cambridge.org/core/books/big-data-and-global-trade-law/global-perspectives-on-digital-trade-governance/8FCDBA9D42DF6EA1060A6289C4EBFA31
[41] EDRi, « Digital trade: the new frontline in the fight for our rights », 7 mai 2025, https://edri.org/our-work/digital-trade-the-new-frontline-in-the-fight-for-our-rights/
[42] Commission européenne, « Digital trade », https://policy.trade.ec.europa.eu/help-exporters-and-importers/accessing-markets/goods-and-services/digital-trade_en

La source originale de cet article est grain.org


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2 -  Autopsie d'une fake news médicale et médiatique. L'affaire Raoult : quand la propagande remplace l'investigation scientifique


Le Collectif citoyen et Xavier Azalbert, France-Soir
 le 21 mai 2026 - 07:20


Le 19 mai 2026, Libération publie un article au titre percutant : « Didier Raoult, parmi les champions mondiaux des études scientifiques bidon ». Sans nuance, sans contexte approfondi, le quotidien s’appuie sur le classement Retraction Watch qui place le microbiologiste marseillais dans le top 10 avec environ 58 rétractations. Ce framing sensationnaliste est immédiatement repris sur les réseaux sociaux par des médecins, dont le Dr Jérôme Barrière, qui y voit une confirmation de ses critiques. 

Ce traitement médiatique et médical n’est pas une simple erreur d’appréciation : il constitue un manquement éthique grave à la déontologie journalistique et au devoir de confraternité médical. En omettant volontairement les distinctions essentielles entre types de rétractations, le volume de production scientifique exceptionnel de Raoult et le contexte de harcèlement documenté, ces acteurs transforment l’information en outil de propagande et de vindicte personnelle.

Un volume de publications hors norme qui change tout

Le professeur Raoult a co-signé plus de 3 200 publications (jusqu’à 3 377 selon certaines bases comme SciSpace), ce qui en fait l’un des chercheurs les plus prolifiques au monde en microbiologie et maladies infectieuses. Il a notamment contribué à la découverte de centaines de nouvelles espèces bactériennes via la culturomique et à des avancées majeures sur le microbiote intestinal.

Sur ce total impressionnant, les ~58 rétractations représentent un ratio global d’environ 1,8 %. Ce chiffre, déjà très faible, devient presque insignifiant lorsqu’on examine la nature réelle des rétractations.

Les rétractations des publications de Raoult remettent très rarement en cause les résultats scientifiques. En réalité, plus de 90% de ces rétractations reposent sur des accusations formelles et éthiques qui s’avère infondées la majorité du temps. Il s’agit principalement d’un manque de traçabilité dans certaines approbations éthiques anciennes ou de la réutilisation d’un même avis éthique local pour plusieurs études observationnelles sur des prélèvements de soins courants. Or,  la loi Jardé de 2016 (et auparavant la loi Hurriet) ainsi que le Code de la santé publique (notamment l'article L1121 et suivants) autorisent explicitement ces pratiques en France. Les éditeurs internationaux, souvent anglo-saxons, imposent des standards plus rigides et rétroactifs issus de la Déclaration d’Helsinki, sans toujours tenir compte du cadre légal national.

Aucune fraude massive n’a été démontrée chez Raoult (tel que fabrication ou falsification de données invalidant les conclusions), contrairement aux autres figures du classement.

Tableau comparatif détaillé (données Retraction Watch, mai 2026) - (1)  annexe I pour le détail des calculs

Raoult n’est vraiment pas dans la même catégorie. Les auteurs du haut du classement (Boldt, Fujii, Sato, Ueshima…) ont fait l’objet d’enquêtes officielles concluant à une fraude systématique : données entièrement inventées, patients fictifs, résultats fabriqués de toutes pièces. Leurs travaux sont invalidés sur le fond. Quand à Raoult, il fait face à un débat d’harmonisation réglementaire franco-international, ce qui n'a absolument rien à voir avec une invalidation de ses travaux sur le fond.

Ce constat aurait dû alerter immédiatement tout journaliste professionnel et tout médecin rigoureux : comment placer sur un pied d’égalité un producteur scientifique prolifique confronté à des formalités, et des fraudeurs en série qui ont littéralement inventé leurs résultats ? Ignorer cette distinction fondamentale relève soit d’une incompétence caractérisée, soit d’une mauvaise foi idéologique assumée motivée par la haine de Raoult depuis la crise COVID.

L’analyse détaillée de la Dr Véronique Baudoux : double standard et harcèlement orchestré
La Dr Véronique Baudoux, médecin généraliste belge, a publié sur X (ex-Twitter) plusieurs analyses approfondies et documentées concernant les rétractations visant l’IHU. Ses travaux dénoncent le comportement partial de nombreux détracteurs de Didier Raoult, qu'elle qualifie d'« Inspecteurs Gadget ». Elle y pointe une application sélective des règles éthiques, un double standard flagrant et un acharnement qui s'apparente à du harcèlement.

Ses analyses s'appuient sur des exemples concrets :

Dans une publication de juin 2025, elle démontre que les détracteurs inventent ou exagèrent des exigences éthiques dans le seul but de cibler l’IHU. Elle compare notamment des études observationnelles menées à l’hôpital Necker (AP-HP) sur des prélèvements de selles chez l'enfant - réalisées sans l’autorisation d’un CPP national mais avec le simple accord d’un Comité d’Éthique Local -à celles de l’IHU, pourtant sanctionnées par l’ANSM pour des pratiques identiques. Sa question reste aujourd'hui sans réponse : « La législation n'est-elle pas la même pour tous ? »

Concernant la rétractation de l'article de Pradelle et al. (2024), elle met en évidence des erreurs factuelles grossières et une fabrication de données, prenant l'exemple de la Belgique. Elle démontre ainsi que les données officielles belges contredisent directement les résultats des auteurs. Par ailleurs, elle montre que les posologies utilisées en Belgique étaient bien plus faibles (600 mg/j) que celles que les auteurs avaient appliquée.
Dans d'autres fils de discussion (notamment sur Gautret et al. ou sur les articles liés au microbiote), elle documente la réutilisation tolérée d’avis éthiques locaux ailleurs en France. Parallèlement, elle prouve que les rétractations visant l’IHU relèvent uniquement du formalisme administratif, sans jamais entacher la validité des résultats scientifiques.
Ces analyses mettent en lumière une véritable hérésie intellectuelle : des pratiques éthiques similaires sont ignorées ou tolérées pour d'autres institutions, mais se transforment en « scandales » dès qu’elles touchent Didier Raoult. 

Cet acharnement répété et coordonné - orchestré via la plateforme PubPeer, des signalements massifs et des campagnes médiatiques -s'apparente clairement à du harcèlement. Entre le fichage de médecins, les plaintes à répétition et le dénigrement public systématique, la démarche dépasse le cadre de la critique scientifique pour devenir une chasse à l'homme ciblée.

Retraction Watch : une source primaire biaisée reprise servilement
Retraction Watch compile les rétractations mais ne procède pas toujours à une analyse fine des motifs ni au contexte légal national. Il classe les cas Raoult sous « ethics violations » sans souligner que les résultats scientifiques restent intacts dans l’immense majorité des cas. Son approche est critiquée pour un biais systématique : sur-focus sur Raoult et les chercheurs dissidents.

Libération reprend ces chiffres bruts sans vérification approfondie, sans qualification des motifs, sans contextualisation. C’est du journalisme de perroquet pur. Un média recevant plusieurs millions d’euros de subventions publiques par an porte une responsabilité accrue. Au lieu d’informer, il sert d’outil de propagande.

Un harcèlement documenté et le manquement au devoir de confraternité
Ces rétractations s’inscrivent dans une « harcelosphère » bien documentée contre l’IHU et Raoult. Les médecins qui relaient ces titres sans vérification manquent gravement à leur devoir de confraternité (article R.4127-56 du Code de la Santé Publique). Ce comportement devrait sans nul doute retenir l’attention des avocats et du parquet dans les plaintes en cours.

Le cas emblématique du Dr Jérôme Barrière

Le Dr Jérôme Barrière, qui a partagé l’article de libération et interpellé l’IA Grok, est identifié comme proche de cette harcelosphère. En relayant sans vérification une information partielle, il démontre un manque flagrant de discernement. Vitesse n’est pas précision. Cela en dit long sur la qualité potentielle de ses analyses.

Restaurer l’intégrité scientifique et journalistique

Libération et ses relais n’ont pas cherché la vérité : ils ont exploité un nom clivant pour du trafic et de la vindicte. Raoult n’est pas un « champion des bidons ». Il est un scientifique prolifique dont les travaux ont été scrutés avec une sévérité inédite.

Il est temps que la presse subventionnée informe avec rigueur, que les médecins respectent leur confraternité, et que la science revienne au débat contradictoire plutôt qu’à la censure médiatique. Les faits, pas les titres. La nuance, pas la meute.

Retrouvez le décryptage vidéo de cet article : 

(1) Annexe I 
 
Auteur Rétractations 
totales Scientifiques 
graves (nb / %) Éthiques / 
Formelles (nb / %) Publications 
estimées Ratio 
total Ratio 
scientifique

Joachim Boldt ~239 ~220 / ~92% ~19 / ~8% ~400 ~60% ~55%
Yoshitaka Fujii ~172 ~169 / ~98% ~3 / ~2% ~300+ ~57% ~56%
Yoshihiro Sato ~124 ~110+ / >88% ~14 / <12% ~200-300 ~40-60% ~35-50%
Hironobu Ueshima ~124 ~110+ / >88% ~14 / <12% ~200-300 ~40-60% ~35-50%
Ali Nazari ~104 ~90 / ~87% ~14 / ~13% ~500+ ~20% ~18%
A. Salar Elahi ~92 ~80 / ~87% ~12 / ~13% ~400+ ~23% ~20%
Jun Iwamoto ~91 ~75 / ~82% ~16 / ~18% ~300+ ~30% ~25%
Swen N. Piper ~58 ~50+ / ~86% ~8 / ~14% Variable Variable Élevé
Diederik Stapel ~58 ~55+ / ~95% ~3 / ~5% Variable Variable Élevé
Didier Raoult ~58 ~0-3 / <5-10% ~55-58 / >90-95% ~3 200+

- voir cadre sur site :


*
3 - AVANT DE PARLER DE MALADIE, DE PARALYSIE OU DE MORT IL FAUT SE DEMANDER D’OÙ ELLE VIENT !!

Serait-ce un microbe ou une poussière totalement inoffensive (appelée 'virus') extraterrestre ?
NON. Aucun des deux.
Cette poussière est-elle radioactive ?
NON !

Mais alors... D'où qu'elle vient-elle ???

C'est ce qu'on fait des scientifiques qui ont examiné les flacons de poisons injectables dès leurs sorties de laboratoires nazis.
Les Dr Astrid Stuckelberger et Dr Carrie Madej se sont attelées à la tâche:

Entre 95 et 99 % de nano particules d'oxyde de graphène !!
+ des hydres !! (Qui est l'hydre, cette créature capable de se faire pousser de nouvelles têtes ? Petit polype d'eau douce, l'hydre possède un pouvoir hors du commun : faire repousser les parties de son corps qui ont pu lui être amputées. Une particularité qui lui vaut la réputation d'être immortelle).
+ des spikes !!
+ diverses maladies animales et (source naturalnews:) une quarantaine de venins de serpents différents !!

INTERDICTION DE VACCINER QUI QUE CE SOIT DURANT UNE ÉPIDÉMIE OU UNE PANDÉMIE

INTERDICTION DE VACCINER QUI QUE CE SOIT SANS FAIRE UNE SÉROLOGIE AVANT ET APRÈS PIQÛRE

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Grâce aux nano particules d'oxyde de graphène* injectées le corps est dévoyé, ce n'est  plus votre cerveau qui commande mais les messages envoyés vers VOS nano particules qui circulent dans VOTRE sang via VOTRE téléphone portable qui se charge de la transition. VOTRE corps ne vous appartient plus ! VOUS recevez des ordres: VOUS les exécutez ! "Roulez à gauche ! Roulez à gauche ! Tuez toutes les personnes autour de vous ! Tuez toutes les personnes autour de vous ! Sautez par la fenêtre ! Sautez par la fenêtre !"

ET VOUS LE FEREZ !

* Ces nano particules d'oxyde de graphène ont été découvertes dès leurs sorties de laboratoires nazis par les scientifiques Dr Astrid Stuckelberger et Dr Carrie Madej qui ont analysé les flacons injectables.

1°) A été annoncé (il y a plus de 5 ans) l'arrivée d'un nouveau virus !!
a - Un virus est le nom donné à une poussière inoffensive (sauf poussière radioactive) de format nano.
b- il n'est donc pas vivant et à ne pas confondre avec un microbe !

2°) Il n'existe pas de 'vaccin anti-poussières'. Les nano-poussières inoffensives - sauf poussières radioactives - (appelées 'virus') et microbes sont mille fois plus petits que l'écart entre mailles du masque. 
Par contre existe une expérimentation génique d'essais.

3°) Dès leurs sorties de laboratoires les flacons injectables ont été analysés par des scientifiques Dr Astrid Stuckelberger et Dr Carrie Madej. La composition était:

Entre 95 et 99 % de nano particules d'oxyde de graphène !! (qui n'ont rien à faire dans un vaccin !) elles contrôlent le cerveau !! Vos pensées, vos souvenirs, vos actions à venir et vous éteindre !!

+ des hydres !!  (Qui est l'hydre, cette créature capable de se faire pousser de nouvelles têtes ? Petit polype d'eau douce, l'hydre possède un pouvoir hors du commun : faire repousser les parties de son corps qui ont pu lui être amputées. Une particularité qui lui vaut la réputation d'être immortelle).

+ des spikes !!

+ diverses maladies animales et (source naturalnews:) une quarantaine de venins de serpents différents !!

4°) Il existe DES milliers de laboratoires dans le monde qui, chaque jour, analysent la qualité de l'air et n'ont JAMAIS trouvé de virus'corona' ou 'cocovide19' ou 'Deltaplane-Tango-Charlie-Omicron' !! Çà alors !!

5°) On respire toutes et tous (avec ou sans masque) 200 000 nano-poussières (appelées 'virus') ET microbes par minute et 2 millions en activité physique. ( La personne moyenne prend environ 20.000 respirations par jour.) Donc, DES milliards depuis ce matin et DES montagnes de milliards depuis que nous sommes nés. Et... NOUS NE SOMMES PAS MOOOOOORTS ! et que, grâce aux faux tests RT-PCR a 50 cycles l'on découvre FORCEMENT DES millions de virus apportés par le coton infecté de l'écouvillon !, nous sommes désormais non pas susceptibles de recevoir la piqûre mais CERTAIN d'être assassiné cette année !

6°) En premier vous est demandé de porter des masques infestés de millions de nano-particules métalliques que vous respirez donc. En second lieu vous est forcé manu-militari par une division de la gestape de vous inoculer ces mêmes nano-particules d'oxyde de graphène qui vont être véhiculées par la circulation sanguine. En lieu final, cet été ? cet automne ? sera lancé (par 5 G) le signal où toutes ces nano-particules métalliques se rassemblent dans votre cerveau. Elles bouchonnent. Caillots. Mort subite de 7 milliards de personnes.Les évadés seront rattrapés par drones caméra infra-rouge.

 7°) Le poison est UNIQUEMENT dans la seringue. UNIQUEMENT !
Si t'es piqué tu l'as, si tu l'as t'es mort.

8°) Tous les masques (faussement appelés 'anti-nano-poussière' (virus) ou 'anti-microbes') sont imprégnés de nano-particules d'oxyde de graphène ! Pareil pour les 'gels hydroalcooliques' et les cotons d'écouvillons pour les faux tests 'RT-PCR' et bien sûr comme les seringues létales.
Il n'existe pas et ne peut exister de masque antivirus.Le FFP2 ou N95 (bec de canard avec valve d'expiration) a un écart de mailles de 3 microns alors que le virus corona n'est que de 0,1 à 0,5 micron !!

1 ère piqûre: 75 % de placebos (!)
2 ème piqûre: 50 % de placebos !
3 ème piqûre: 25 % de placebos !!
4 ème piqûre: AUCUN RESCAPÉ !!!

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4 -  Voynet, Hulot, les écolos de Bruxelles : qui a sabordé la souveraineté énergétique de la France ?


France-Soir
 le 29 mai 2026 - 12:30


« C'est une trahison, pas une transition » : Fabien Bouglé nomme les ennemis de l'énergie française

Alors que les factures d'électricité et d'essence continuent d'écraser le pouvoir d'achat des Français, le numéro 29 de Transitions & Énergies frappe fort. Intitulé « Guerre de l'énergie - Les ennemis de l'intérieur », cet opus publié sous la direction de Fabien Bouglé, expert géopolitique en énergie et directeur de la publication, dresse un réquisitoire implacable contre ceux qui ont, selon lui, méthodiquement détruit le système énergétique français. Eric Leser est le directeur de la rédaction de la revue Transitions & Energies.

Une guerre qui se joue aussi depuis l'intérieur

Pour Fabien Bouglé, la flambée des factures d'électricité et d'essence que subissent les Français n'est pas uniquement le fruit de la géopolitique internationale — guerre israélo-américaine contre l'Iran, conflit ukrainien, manœuvres de Trump sur les marchés pétroliers. Derrière ces événements brandis comme boucs émissaires par les gouvernements successifs, se cache une réalité bien plus dérangeante. « Il y a aussi une guerre énergétique en France, au cœur même de nos institutions, avec une action extrêmement terrible de traîtres à notre pays, qui ont œuvré depuis des années pour détruire notre système énergétique », affirme-t-il sans détour. Et d'enfoncer le clou : « Il y a un lien étroit entre l'action de ceux qui vont trahir la France avec une trahison énergétique » - car pour lui, parler de « transition » énergétique, c'est précisément utiliser le mot qui cache le crime : « c'est une trahison énergétique, et l'impact direct sur la facture des Français . »

1973, le tournant : la France choisit le nucléaire

Pour comprendre l'ampleur du désastre, Bouglé remonte aux origines. En 1973, le choc pétrolier lié à la guerre du Kippour fait exploser le prix du baril multiplié par quatre. C'est, dit-il, « la première fois que le pétrole devient une arme de guerre ». En réponse, la France adopte le plan Messmer en 1974 et « devient un des leaders mondiaux avec la construction de 58 réacteurs nucléaires ». Mieux encore, ses ingénieurs imaginent le réacteur à neutrons rapides - Superphénix - capable de valoriser l'uranium 238 et d'éliminer la radioactivité des déchets. Une technologie révolutionnaire grâce à laquelle « la France dispose de 7 000 ans de réserves énergétiques ». La France avait 30 ans d'avance sur le monde entier.

Superphénix : le crime originel de Dominique Voynet

C'est là qu'intervient le premier « ennemi de l'intérieur » nommément désigné : Dominique Voynet. Ministre de l'Environnement dans le gouvernement Jospin, elle fait fermer Superphénix à la fin des années 1990, allant jusqu'à faire couper les câbles de la tour de contrôle pour s'assurer que l'installation ne puisse jamais être réactivée. Elle se vante même, dans une vidéo depuis lors célèbre, d'avoir manipulé le Premier ministre pour empêcher que l'Europe reconnaisse le nucléaire comme énergie d'avenir. Pour Bouglé, le verdict est sans appel : « Dominique Voynet, c'est l'idiot utile. C'est la personne tout à fait adaptée pour détruire notre système. » Le résultat ? « L'avance que nous avions de 30 ans, maintenant, nous avons 30 ans de retard. » La Chine et la Russie ont entre-temps développé leurs propres réacteurs à neutrons rapides.

Hulot, les sous-sols interdits et le paradoxe écologiste

Deuxième accusé : Nicolas Hulot. En interdisant non seulement l'exploitation mais aussi l'étude des sous-sols français, il a condamné la France à importer ce qu'elle aurait pu produire. « On a l'interdiction d'étudier les sous-sols français », dénonce Bouglé. La conséquence est absurde : « Ces gens-là nous ont rendus dépendants des fournisseurs » - qu'il s'agisse du gaz russe de Poutine ou du gaz de schiste américain de Trump, deux énergies bien plus polluantes que ce que la France aurait pu extraire sur son propre territoire. Sur la facture d'électricité, le mécanisme est identique : ce sont les taxes de subventionnement des éoliennes - plus de 10 milliards d'euros par an — qui font exploser les prix, et non le coût de production de l'électricité elle-même. « Les factures d'électricité, les factures d'essence explosent non pas principalement à cause de ces événements géopolitiques, mais à cause du financement du pacte vert européen. »

ONG, ADEME, Quota Climat : l'écosystème de la désinformation

Bouglé va plus loin et dénonce tout un écosystème financé, selon lui, contre les intérêts de la France : Greenpeace, WWF, et surtout l'officine Quota Climat, financée par l'ADEME, l'ARCOM et la filière éolienne. « Greenpeace a envoyé des drones contre les centrales nucléaires françaises. Ce ne sont pas des actes anodins, ce sont de véritables actes de terrorisme économique. » Il retourne l'accusation de climatoscepticisme contre ses détracteurs : « Ce sont eux, les désinformateurs, puisqu'en luttant contre le nucléaire, ils luttent contre une solution décarbonée. » Il chiffre le coût total de ce qu'il appelle le « mammouth écologique » : « On est entre 30 et 40 milliards d'euros par an » de dépenses inutiles, soit de quoi financer quatre réacteurs nucléaires par an. À titre de comparaison, le budget annuel de l'ADEME seul permettrait, selon lui, « de construire en deux ans un réacteur nucléaire ».

2027 : le grand réveil énergétique comme enjeu présidentiel

Face à ce tableau, Fabien Bouglé appelle à un sursaut national avant les élections présidentielles de 2027. Sa conviction est posée comme un axiome : « La souveraineté énergétique, c'est la mère de toute souveraineté. » Il plaide pour un nouveau plan Messmer — nucléaire en base, géothermie, hydrogène blanc, suppression des subventions aux énergies intermittentes — et assume l'ambition politique de Transitions & Énergies : « Ce n'est pas simplement un magazine. C'est un outil d'influence pour mettre l'énergie au cœur des élections présidentielles. » Pour lui, « aujourd'hui, le seul moyen de relancer économiquement notre pays, c'est de faire un grand plan énergétique français, un grand réveil énergétique ». Et de prévenir : « Il faut un grand plan, mais pas un plan de branquignols. Un vrai plan dans l'esprit de Messmer. » Sinon, le verdict est simple : « Notre pays ne peut pas continuer. C'est juste pas possible. »

Le numéro 29 de Transitions & Énergies est disponible en kiosque et sur le site www.transitionsenergies.com ou sur le kiosque numérique.


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5 - L’extrême gauche fait tout pour détruire l’agriculture française


28 mai 2026


Dans un tweet publié le 26 mai, la députée de la France Insoumise Aurélie Trouvé semble perdre la raison. Alors que la France connait une période de forte chaleur inhabituelle pour un mois de mai, elle dénonce le fait que « les macronistes en alliance avec l’extrême droite » votent « pour multiplier les méga bassines et l’irrigation, dans la loi agricole ». Pourtant, madame la députée, les cultures ont besoin d’eau. Encore plus lors d’épisodes de fortes chaleurs et de sécheresses. De ce fait, toutes les solutions doivent être envisagées pour permettre aux agriculteurs de sauver leurs cultures. Mais l’extrême gauche refuse l’adaptation climatique et se contente de faire de l’idéologie.

La France Insoumise est opposée aux retenues d’eau qui permettent pourtant de stocker l’eau quand elle abonde, généralement l’hiver, puis de l’utiliser pour arroser les cultures durant l’été. Elles permettent d’éviter de pomper dans les nappes phréatiques ou les cours d’eau en pleine sécheresse. Comme les écologistes, ils sont aussi opposés à la recherche sur des variétés résistantes et sur les nouvelles biotechnologies qui pourraient pourtant permettre l’adaptation au changement climatique avec des besoins en eau considérablement réduit. A titre d’exemple, le Brésil et l’Argentine autorisent la culture d’un blé génétiquement modifié tolérant à la sécheresse. Impensable pour l’extrême gauche qui préfère contempler des cultures sécher sur pied.

Finalement, la seule solution proposée ces derniers jours par les écologistes, c’est le congé climatique. Ce qui revient à empêcher les agriculteurs qui en ont besoin d’employer des saisonniers pour des travaux qui peuvent avoir lieu en période de forte chaleur. Or, un chef d’exploitation, qui à l’habitude de travailler en extérieur, sait adapter les horaires et les conditions de travail en fonction de la chaleur.

Oui, l’extrême gauche fait tout pour détruire l’agriculture en France. Reste à savoir maintenant si les raisons sont l’incompétence et la bêtise, l’idéologie et le militantisme forcené, le sabotage au profit d’une puissance étrangère nuisible, ou ces trois conditions réunies.

https:///lextreme-gauche-fait-tout-pour-detruire-lagriculture-francaise/

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6 -Tout ce qui vit sur notre planète a besoin d'eau. Même les cactus en plein désert se servent de leurs épines pour capter la nuit son humidité. Depuis que 'le monde est monde' il n'y a pas une goutte d'eau en plus ou en moins. Continuellement les fleuves et rivières rejettent des millions de km3 d'eau dans les mers & les océans sans qu'elles ou ils ne montent puisque l'eau sale de ces vaste bassins s'infiltre continuellement aux planchers maritimes & océanique vers le magma qui la chauffe, la brûle et l'eau repart d'où elle est entrée à 78 % et à 22 % sous terre pour alimenter les nappes phréatiques et sources de montagnes en eau pure, claire, sans goût, sans couleur, sans odeur et sans bactérie.

Mais, cette science exposée n'est pas ou ne peut pas être comprise par tout le monde ! Car, au 21 ème siècle les personnes éduquées sont de moins en moins nombreuses (sauf en Chine qui profite de ses surdoués).

Pas seulement les partis sont ignares avec leurs putains de chefs mais encore les votants qui feignent d'ignorer que tous les partis politique sont le même parti en un seul ! AUCUN ne défend le Peuple. AUCUN parle de faire du pays une Démocratie plutôt qu'une république, une monarchie ou un empire. 

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7 - Trop d’impôts tue l’impôt :  la preuve par trois exemples


28 mai 2026


Les décideurs politiques n’ont toujours pas compris que hausse de fiscalité signifie fuite des entrepreneurs et baisse des rentrées fiscales pour l’Etat. Voici quelques preuves.

L’IREF-Contrepoints ne cesse de rappeler la fameuse courbe de l’économiste Arthur Laffer qui montre  qu’une augmentation de la pression fiscale conduit à une baisse des recettes de l’État, car la hausse du taux de l’impôt est plus que contrebalancée par la réduction de son assiette. Trop de taxes incitent les agents économiques à moins travailler ou à émigrer dans des environnements moins taxés. C’est une leçon que les politiques en général ne parviennent  pas à assimiler. A moins qu’ils ne le veuillent pas. La France n’est pas le seul pays à souffrir de ce blocage.

Au Royaume-Uni, les riches… filent à l’anglaise !  

Un exemple très récent nous vient du Royaume-Uni. Selon les données de l’Office for National Statistics dévoilées il y a quelques jours, le pays enregistre le solde migratoire le plus bas depuis la pandémie : 171 000 personnes. C’est une bonne nouvelle pour ceux qui soutiennent une politique de l’immigration plus stricte. Mais ce solde concerne aussi les départs de Britanniques. Si leur nombre s’est maintenu à environ 250 000 par an ces dernières années, celui des retours au pays diminue sensiblement. Il est tombé à 110 000 l’année dernière, contre jusqu’à 170 000 par an auparavant. Aujourd’hui, selon le Wall Street Journal, ce sont les jeunes actifs et les entrepreneurs qui s’installent à l’étranger pour bénéficier d’une fiscalité avantageuse, et ils ne reviennent pas très vite. Ils ne sont pas les seuls. Le classement annuel des plus grandes fortunes britanniques, publié tout récemment par le Sunday Times de Londres, a révélé un véritable exode. Une personne sur six figurant sur la liste il y a deux ans est partie à l’étranger et 111 des 350 citoyens recensés vivent dans des pays plus cléments fiscalement. Pourquoi ces départs ? C’est très simple. Depuis l’automne 2024, les principaux taux d’imposition des plus-values sont passés de 10 à 18 % pour les contribuables à taux de base, et de 20 à 24 % pour les contribuables à taux plus élevé. De plus, divers abattements accordés précédemment ont été considérablement réduits. Et ce n’est pas fini : il y une semaine, Wes Streeting, ancien ministre de la Santé, qui espère bien succéder à Keir Starmer comme Premier ministre, a proposé un nouvel impôt sur la fortune, sous la forme d’une augmentation du taux d’imposition des plus-values, aligné sur celui de l’impôt sur le revenu. Ce taux peut atteindre 45 % pour toute personne gagnant plus de 125 140 £. Sauve qui peut ! Si le pays le suivait dans cette voie, il risquerait de connaître le même exode fiscal qu’a subi la France dans les années 1980.

L’Etat irlandais taxe deux fois moins les entreprises que la France mais encaisse presque deux fois plus

Un autre exemple, a contrario celui-là, est donné par l’Irlande, pays où le taux de prélèvements obligatoires est le plus bas de l’Union européenne, à 22,4% du PIB, plus deux fois inférieur à celui de la France. En 2025, les recettes fiscales y ont atteint 105,7 milliards d’euros, soit une progression de 8,6 milliards (+8,9 %) par rapport à 2024. Dans le détail, l’impôt sur le revenu a rapporté 36,6 milliards d’euros. Mais ce qui nous intéresse le plus c’est l’impôt sur les sociétés. Il a, lui, généré 32,9 milliards d’euros (5.4 % du PIB), alors que son taux est l’un des plus bas d’Europe, à seulement 12,5 %. En France, les recettes de l’IS ne représentent que 2.9 % du PIB alors que le taux d’imposition est à 25 % !

En France, la surtaxation et la surimposition ne remplissent pas les caisses de l’Etat

La France, la grande championne de la fiscalité, parlons-en maintenant. En 2024, malgré les surtaxes d’impôts (surtaxe d’impôt sur les sociétés et contribution exceptionnelle des plus aisés), Bruno Le Maire a reconnu qu’il manquait 7,8 milliards d’euros (Md€) de recettes par rapport aux prévisions : -4,4 Md€ pour l’impôt sur les sociétés, -1,4 Md€ pour la TVA et -1,4 Md€ pour l’impôt sur le revenu. Mais il s’est bien gardé d’incriminer en quoi que ce soit  la pression fiscale. Un an après, Bercy a eu la même surprise avec la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). Cet impôt, instauré par le gouvernement Barnier et maintenu par celui de Bayrou, qui s’ajoute à l’impôt sur le revenu pour les contribuables (célibataires) dont le revenu fiscal de référence (RFR) dépasse 250 000 € (500 000 € pour un couple), vise à assurer une imposition minimale de 20%. Il devait rapporter 2 Md€. En réalité, son rendement n’a été que de… 400 millions d’euros. Rappelons aussi la fameuse taxe sur les yachts. Une grande trouvaille qui devait rapporter entre 10 et 20 millions d’euros par an. En réalité, le montant total recouvré n’a été que « de 60 000 euros en 2022, 135 000 euros en 2023 et 60 000 euros en 2024.

Moins on taxe, plus les rentrées fiscales augmentent. Plus on taxe, moins l’Etat encaisse et plus les acteurs économiques souffrent. La preuve a beau être faite, et évidente, nos politiques s’obstinent. C’est ce qu’on appelle la passion égalitariste, elle est absurde, aveugle et contreproductive, mais c’est la France…

https://trop-dimpots-tue-limpot-la-preuve-par-trois-exemples/

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8 -La dette américaine dépasse 100 % du PIB : 31 270 milliards de dollars

Les taux d’intérêt continuent d’augmenter


Par Ahmed Adel
Global Research
28 mai 2026


La dette américaine a dépassé 31 270 milliards de dollars, excédant le PIB du pays, qui s’élève à 31 220 milliards de dollars. Cela représente un ratio dette/PIB de 100,2 %, selon les données du Bureau d’analyse économique, compilées par le Comité sur un budget fédéral responsable et publiées en avril. Ce niveau est nettement supérieur à la moyenne historique. En principe, un ratio dette/PIB élevé n’est pas préoccupant, mais d’autres facteurs économiques aux États-Unis aggravent la situation.

Le ratio dette/PIB n’est qu’un indicateur parmi d’autres permettant d’évaluer la santé d’une économie. Certaines économies affichent d’excellentes performances malgré des ratios dette/PIB supérieurs ou proches de 100 %. Par exemple, la Chine affiche un ratio dette/PIB de 99 %, et le Japon, de 235 %.

Pour identifier cette dette comme un facteur de vulnérabilité, il est essentiel d'évaluer d'autres éléments de l'économie, tels que l'évolution des taux d'intérêt liés à la dette, car ces taux représentent le « prix de l'argent » et le coût de l'endettement public.

L'évolution des taux d'intérêt reflète, dans une certaine mesure, les anticipations quant à la capacité des pays à honorer leurs échéances. Ainsi, des taux d'intérêt plus élevés sont appliqués aux pays ayant des antécédents de défaut de paiement ou à ceux qui contractent des dettes en période de grande vulnérabilité économique, tandis que des taux plus bas sont appliqués aux pays présentant de meilleurs antécédents.

Aux États-Unis, les rendements des obligations à long terme, dont l'échéance est comprise entre 2 et 30 ans, sont passés de 2 % à 5 %, leur plus haut niveau en 20 ans. Cela témoigne d'une perception de risque systémique associé à la dette américaine. De même, les obligations à court terme connaissent une évolution similaire.

Il en va de même pour la dette à court terme. Ces obligations, à échéance dans l'année, affichent des taux d'intérêt plus élevés en raison de la faiblesse des résultats économiques de ces dernières années, ce qui laisse présager une possible détérioration de l'économie américaine. Même en cas d'amélioration, il est possible que celle-ci ne génère pas suffisamment de revenus pour rembourser ces dettes.

L'escalade du conflit avec l'Iran constitue un autre problème, ayant entraîné des dépenses publiques supérieures aux prévisions. Si cette tendance à l'impréparation se poursuit, le Pentagone devra revoir ses systèmes de défense. Cette réévaluation nécessitera des financements importants, susceptibles de peser sur les finances publiques américaines.

Par ailleurs, l'hégémonie du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale fait des obligations du Trésor américain un puissant instrument de politique économique, compte tenu de leur large diffusion et de leur capacité à attirer des investisseurs du monde entier, y compris des États.

Ce cadre de crédibilité permet aux États-Unis de s'endetter au-delà des seuils habituels, tout comme le Japon, dont la situation est encore plus préoccupante. En ce sens, la Maison Blanche instrumentalise l'appareil militaire pour freiner l'inflation et détourner l'attention de la crise financière.

La situation de la dette publique exige de la prudence, mais les États-Unis disposent d'une marge de manœuvre considérable pour résoudre le problème, notamment grâce à la vigueur de leur secteur privé et à leur autonomie dans des domaines tels que l'alimentation et l'énergie.

Néanmoins, une contradiction subsiste. La dévaluation du dollar, alimentée par une forte inflation aux États-Unis, favorise les exportations, renforçant ainsi la compétitivité internationale des entreprises américaines. Par ailleurs, cette perte de valeur serait défavorable à la plupart des pays, car elle épuiserait la quasi-totalité des réserves publiques mondiales.

La diversification des réserves vers d'autres actifs, comme l'or, s'est amorcée ces dernières années, mais à l'heure actuelle, rien ne peut remplacer le dollar, principalement exporté vers les États-Unis et tributaire du consommateur américain, tout comme sa balance commerciale.

Il est nécessaire de parvenir à un consensus, à un point d'équilibre. L'interdépendance est très forte. Cependant, si le dollar se déprécie, il convient de s'interroger sur l'impact qu'aura la compétitivité de la Chine. Ce point complexifie considérablement la géopolitique.

La population, jusqu'alors peu habituée aux taux d'inflation actuels et persistants, pourrait nuire à la performance économique du pays. Toute hausse, même minime, des taux d'intérêt risque de mettre le gouvernement à rude épreuve. C'est le principal grief du citoyen lambda. Depuis la crise financière mondiale de 2008, le problème majeur réside dans l'incapacité à rembourser les prêts et autres dépenses, comme l'assurance maladie. Un véritable sentiment d'appauvrissement règne parmi les Américains.

Les tensions entre le président Donald Trump et la Réserve fédérale, conjuguées aux réductions d'impôts pour les plus riches et à d'autres mesures ayant diminué les recettes des États, ont également fragilisé la stabilité financière du pays. Le choc subi par la production et l'inflation a globalement dégradé les conditions de vie des Américains, sans pour autant générer les recettes escomptées. Les recettes douanières attendues étaient bien supérieures aux recettes réelles. Cette situation a entraîné une hausse des prix et une série d'autres problèmes.

S’il n’y a aucune indication que les dépenses seront limitées, le risque augmentera et la détérioration continue de l’économie déclenchera une réaction en chaîne : les marchés boursiers, les marchés des matières premières et tout le reste finiront par réagir.

The original source of this article is Global Research.


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9 - Une 'dette' est quelque chose de moral et non de physique. Ce qui revient à dire 'La dette n'existe pas'. Mais, (comme pour 'dieu') elle existerait dans l'imagination ! .
Bêh oui ! depuis 10 000 ans le 'monde' se fait entuber (profond cause aux faux billets qui représenteraient de l'argent !).
Donc, retour à l'original.

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10 - L'inflation est pire qu'on ne le dit


SchiffGold.com
27 mai 2026

Dans sa dernière intervention sur VRIC Media, Peter explique comment la hausse des prix, la reprise de l'expansion des bilans et l'augmentation de la dette justifient la création monétaire. Il établit un lien entre les chiffres officiels et les choix politiques, explique qui gagne et qui perd face à l'inflation, et réaffirme le rôle de l'or comme réserve de valeur fiable.

Il commence par pointer du doigt les chiffres officiels de l'inflation et leurs limites, en soulignant la dynamique mensuelle et l'écart entre l'objectif de 2 % de la Fed et la réalité actuelle :

Les marchés n'ont pas semblé réagir à ce chiffre, mais je pense qu'ils devraient. Pas forcément à ce chiffre précis, mais plutôt à l'idée que l'inflation est bien supérieure à l'objectif affiché par la Fed et qu'elle évolue dans la mauvaise direction. Vous savez, je crois que l'augmentation annuelle de l'IPC est de 3,8 %, mais il y a un mois, elle était de 3,3 %, donc elle est en hausse. Si l'on annualise le chiffre d'avril, on arrive à environ 7,2 %.

Peter interprète le comportement récent de la Fed comme un retour à l'assouplissement quantitatif plutôt que comme une position neutre, soulignant que la croissance du bilan et l'augmentation de la masse monétaire sont incompatibles avec des objectifs d'inflation faibles. Il s'attend à ce que la Fed intensifie ses achats si les taux s'envolent, ce qui, selon lui, alimentera l'inflation et les distorsions du marché des actifs :

« Oui, je pense qu'il s'agit d'un retour à l'assouplissement quantitatif. Ils ont cessé de réduire le bilan, qui a augmenté de plus de 200 milliards de dollars depuis le début de l'année. Ce n'est pas négligeable. Et la masse monétaire augmente maintenant d'au moins 5 %, ce qui serait très incohérent si l'objectif d'inflation est de 2 %. Mais je pense que ce n'est que la partie émergée de l'iceberg de cet assouplissement quantitatif. Je pense qu'au fil de l'année, la Fed va intensifier ses achats d'obligations, surtout si les taux d'intérêt commencent vraiment à grimper. »

Il rappelle aux auditeurs que l'inflation est un transfert : elle fait grimper le prix nominal des actifs, mais érode le pouvoir d'achat des consommateurs qui ne les possèdent pas. Les effets distributifs sont importants : la hausse des prix au supermarché pénalise la plupart des ménages, même si les actions et l'immobilier semblent plus chers en valeur absolue.

L'inflation profite évidemment aux prix des actifs puisqu'elle les fait grimper. Tout comme elle fait augmenter le prix des biens, elle fait grimper le prix des actifs. En termes réels, elle ne rend pas ces actifs plus précieux. Elle les rend simplement plus chers. … Ce n'est pas seulement le marché boursier ; c'est aussi le supermarché. Beaucoup de gens ne possèdent pas d'actifs, mais ils vont au supermarché chaque semaine et tout ce qu'ils achètent va coûter plus cher. Et cela ne leur est pas profitable si leurs aliments coûtent plus cher.

Sur le plan des calculs budgétaires, Peter souligne que la dette publique sous-estime les obligations totales une fois les passifs éventuels inclus. Il utilise le chiffre de la dette financée pour illustrer l'ampleur des emprunts, tout en avertissant les lecteurs que les garanties et les engagements hors bilan aggravent le problème :

Notre ratio dette/PIB est d'environ 122 %. Et, je le répète, il ne s'agit là que de la dette financée. Ces 39,2 milliards de dollars représentent l'argent que le gouvernement américain a emprunté et qu'il est tenu de rembourser. Mais ce chiffre n'inclut pas de nombreux autres engagements tout aussi réels, tels que les engagements éventuels liés aux garanties accordées par l'État pour les prêts étudiants, les prêts hypothécaires, les fonds de pension ou les produits d'assurance.

Enfin, il propose une comparaison concise et concrète pour étayer son propos sur la monnaie et la préservation du pouvoir d'achat : le dollar s'est considérablement déprécié depuis 1971, tandis que l'or a conservé sa valeur, ce qui plaide en faveur de la possession de monnaie réelle plutôt que de promesses sur papier :

Imaginez une personne en 1971. Si elle enterrait une liasse de dollars et la déterrait aujourd'hui, avec 35 $, que pourrait-elle acheter par rapport à ce que l'on pouvait acheter avec 35 $ en 1971 ? En revanche, si elle avait enterré une once d'or et la déterrait aujourd'hui, elle obtiendrait 5 000 $, ce qui lui permettrait d'acheter beaucoup de choses. Voilà la différence. Réfléchissez-y. Sur une période de 50 ans, c'est la différence entre avoir 35 $ et avoir 5 000 $.

Cet article a été initialement publié sur SchiffGold.com.


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jeudi 28 mai 2026

QUAND LE RÉSEAU ÉLECTRIQUE MEURT : Au cœur des 90 premiers jours de la civilisation américaine disparue — Comment une simple panne de courant pourrait anéantir un monde moderne

 

Alternative à Milan Adams ,

 survivalistes 
 27 mai 202627 
 

Note de la rédaction
Depuis des décennies, analystes d'infrastructures, planificateurs militaires et experts en gestion des situations d'urgence alertent sur la fragilité des fondements de la civilisation moderne. L'électricité n'est plus un simple confort pour la société industrielle ; elle est le nerf de la guerre pour toutes les institutions qui soutiennent la vie moderne. Systèmes de traitement de l'eau, chaînes de distribution alimentaire, hôpitaux, réseaux de communication, systèmes bancaires, oléoducs, axes de transport, infrastructures satellitaires et services d'urgence : tous dépendent d'une alimentation électrique continue. Ce qui suit est une reconstitution romancée d'une panne d'électricité nationale prolongée et des défaillances sociales qui s'ensuivent. Bien que romancée pour renforcer l'intensité narrative, cette situation s'inspire de vulnérabilités réelles, documentées par des experts en énergie, des spécialistes de la cybersécurité et des études fédérales sur les situations d'urgence au cours des dernières décennies.

Le premier jour — L'extinction de la grande machine
À 4 h 12 du matin, bien avant que le soleil ne se lève sur la côte est, les premières perturbations ont commencé à se propager dans le réseau électrique américain. Dans les centres de contrôle régionaux, les opérateurs ont constaté des fluctuations instables sur les fréquences de transmission reliant plusieurs secteurs majeurs du réseau national. Des anomalies similaires étaient déjà apparues lors de violents orages ou de surcharges régionales, et l'événement semblait d'abord gérable. Les protocoles d'équilibrage automatisés se sont activés instantanément, tandis que les ingénieurs tentaient d'isoler les secteurs instables avant que la perturbation ne se propage. Pourtant, en quelques minutes, le système a commencé à se comporter d'une manière que des techniciens expérimentés ont par la suite qualifiée de profondément anormale.

Des sous-stations électriques gigantesques se sont déconnectées du réseau les unes après les autres, leurs transformateurs ayant explosé sous l'effet de contraintes anormales. Des lignes de transport d'électricité entières se sont effondrées en succession rapide dans plusieurs États, tandis que des stations de compression de gaz ont connu des pannes brutales suite à la déstabilisation de leurs systèmes de synchronisation. Les centrales électriques se sont automatiquement déconnectées du réseau pour protéger leurs turbines d'une surcharge catastrophique, mais ces mesures de protection n'ont fait qu'accélérer l'effondrement généralisé qui se propageait déjà à travers le pays. Avant même que l'aube ne soit pleinement levée, d'immenses régions des États-Unis ont sombré dans l'obscurité.

La première réaction du public fut l'irritation plutôt que la peur. Les réveils ne fonctionnèrent plus. Les réseaux sans fil disparurent. Les ascenseurs se bloquèrent entre deux étages. Le matin, les automobilistes constatèrent que les feux de circulation étaient hors service aux principaux carrefours, tandis que les stations-service restaient à sec, bordant des routes congestionnées. Des millions de personnes crurent d'abord que la panne ne durerait que quelques heures, car les populations modernes sont psychologiquement conditionnées à croire que toute perturbation est temporaire et que toute institution est fondamentalement stable. Pourtant, sous le vernis de la frustration ordinaire, la panique s'était déjà emparée des agences chargées du maintien de l'ordre national.

Les réseaux cellulaires ont été saturés presque instantanément, des millions de personnes tentant de contacter simultanément leurs proches. Les services d'urgence ont été submergés par un afflux massif d'appels signalant des incendies, des accidents de la route, des urgences médicales et des accidents électriques. Les aéroports ont cloué leurs avions au sol dans tout le pays, tandis que les institutions financières luttaient pour assurer une continuité minimale de leurs activités. Puis, peu avant la fin de la matinée, une autre facette de la civilisation moderne a commencé à s'effondrer : de larges portions d'Internet ont disparu, région par région. Les centres de données ont épuisé leurs réserves. L'infrastructure de routage a cédé. Les nœuds de communication ont disparu du réseau plus vite que les techniciens ne pouvaient les stabiliser. Les réseaux sociaux ont sombré dans le chaos avant de devenir totalement inaccessibles dans de nombreux États.

Au sein des centres d'urgence fédéraux, l'inquiétude a fait place à la terreur. Les protocoles de continuité des services publics ont été activés avant l'aube, tandis que les analystes du renseignement tentaient de déterminer si la catastrophe avait été orchestrée délibérément. Les premiers éléments laissaient penser que des intrusions coordonnées avaient pu accompagner les défaillances en cascade, faisant naître l'hypothèse terrifiante que la panne d'électricité n'était pas un accident, mais la phase initiale d'une attaque bien plus vaste contre l'infrastructure nationale.

Dans l'après-midi, les Américains, pris de panique, ont pris d'assaut les supermarchés et les pharmacies suite à la panne généralisée des systèmes de paiement électronique. Les rayons se sont vidés à une vitesse fulgurante, dévalisant bouteilles d'eau, piles, conserves, bidons d'essence, lait infantile et médicaments. L'édifice de l'abondance qui avait façonné la société de consommation pendant des générations a commencé à s'effondrer en quelques heures seulement, dès que les réseaux électriques qui le soutenaient ont cessé de fonctionner. Les réfrigérateurs se sont mis à chauffer progressivement tandis que les systèmes d'inventaire numériques étaient hors service. Les employés ont déserté les magasins pour protéger leurs familles, les disputes autour des stocks dégénérant en violence.

À la tombée de la nuit, l'Amérique moderne fut confrontée à une obscurité que peu de ses citoyens avaient jamais connue. Des pans entiers des silhouettes des métropoles disparurent sous un noir abyssal, intact, préservé de toute enseigne lumineuse, tour de bureaux, lampadaire ou projecteur de banlieue. Le silence troublait les habitants presque autant que l'obscurité elle-même. Les autoroutes, jadis grouillantes de circulation, restèrent étrangement immobiles, tandis que les tours d'habitation se dressaient au-dessus des rues désertes, telles des monolithes abandonnés d'une civilisation disparue. Seuls le hurlement lointain des sirènes, des coups de feu épars et la lueur de feux isolés venaient troubler le calme anormal qui s'étendait sur le pays.

Le deuxième jour — Le dénouement de la vie ordinaire
Le matin n'apportait aucune réconfort. L'électricité restait coupée dans de vastes régions du pays, tandis que les réseaux de communication continuaient de se détériorer. Des réfrigérateurs fuyaient, inondant les sols des cuisines. Les stations-service étaient toujours hors service. Les messages d'urgence appelaient au calme, mais le ton des déclarations officielles avait déjà commencé à évoluer, passant d'une assurance rassurante à une incertitude soigneusement gérée.

Le deuxième jour a brisé l'illusion que la crise se résoudrait rapidement.

Les hôpitaux ont sombré dans une situation de catastrophe croissante, les générateurs de secours épuisant leurs réserves de carburant bien plus rapidement que prévu. Les services d'urgence étaient saturés de patients souffrant de déshydratation, de détresse respiratoire, de crises de panique, de blessures non traitées et de complications liées à l'interruption des soins. Les pharmacies ne pouvaient plus vérifier les ordonnances, les bases de données des assurances et les dossiers médicaux numériques étant inaccessibles. Des familles d'enfants diabétiques se déplaçaient frénétiquement d'un centre médical à l'autre, à la recherche de solutions de réfrigération avant que leurs stocks d'insuline ne soient complètement périmés. Dans plusieurs États, les centres de dialyse ont fermé leurs portes, condamnant ainsi des milliers de patients, autrefois dépendants de traitements réguliers, à une mort lente et inéluctable.

Pendant ce temps, une autre crise se propageait discrètement, loin des regards du public. Les réseaux d'eau potable municipaux commençaient à dysfonctionner en série à travers le pays. La plupart des citoyens ignoraient l'immense infrastructure électrique nécessaire pour acheminer l'eau potable en continu vers les maisons, les immeubles, les hôpitaux et les entreprises. D'immenses stations de pompage acheminaient chaque jour des milliards de litres d'eau vers des installations de traitement et des systèmes de pression qui fonctionnaient désormais de manière sporadique, voire plus du tout. Dans certains quartiers, l'eau coulait faiblement au robinet, tandis que dans d'autres, il n'y en avait plus du tout. Les autorités ont émis des avis d'ébullition de l'eau en urgence, malgré le constat alarmant que d'innombrables foyers n'avaient plus de moyens fiables pour chauffer l'eau en toute sécurité.

L'atmosphère psychologique à travers le pays s'est visiblement assombrie à la tombée de la nuit. Des pillages ont éclaté dans plusieurs quartiers urbains après le coucher du soleil, des petits groupes brisant les vitrines des magasins à la recherche de piles, d'alcool, de médicaments, de générateurs et de nourriture. Les services de police ont d'abord tenté des réponses énergiques, mais le manque d'effectifs, la pénurie de carburant et les problèmes de communication ont rapidement nui à leur efficacité opérationnelle. Les policiers se sont retrouvés pris au piège de la même crise qui ravageait le reste de la société, préoccupés non seulement par le maintien de l'ordre, mais aussi par la sécurité de leurs propres familles.

Les premiers signes indéniables de décomposition ont commencé à apparaître dans les grandes villes. Les aliments avariés pourrissaient simultanément dans les entrepôts, les supermarchés, les restaurants et les cuisines des banlieues, privés d'électricité. Les systèmes de collecte des ordures se sont arrêtés. Les stations de pompage des eaux usées ont commencé à dysfonctionner sous la pression croissante. L'odeur qui flottait dans les rues des villes devenait de plus en plus forte et nauséabonde à mesure que les systèmes d'assainissement s'effondraient silencieusement sous le poids de la panne de courant.

À la fin de la deuxième nuit, de nombreux Américains prirent conscience d'une réalité plus terrifiante encore que la panne elle-même : les systèmes auxquels ils avaient toujours fait confiance n'étaient ni immortels ni invulnérables. La civilisation, autrefois perçue comme immuable, leur apparut soudain d'une fragilité alarmante.

Du troisième au cinquième jour — La pourriture sous la République
Le troisième matin marqua le début d'une panique généralisée.

Sans électricité, sans logistique numérique ni approvisionnement stable en carburant, les centres de distribution ne pouvaient plus fonctionner. Le transport de marchandises était paralysé dans tout le pays, les camions restant immobilisés le long d'autoroutes désertes, suite à l'effondrement simultané des raffineries, des stations de pompage et des infrastructures de communication. Les Américains découvraient avec une effroi croissante que la plupart des supermarchés ne disposaient, en temps normal, que de quelques jours de stock. Une fois ces réserves épuisées par les achats de panique, les rayons étaient vides.

Du jour au lendemain, les quartiers résidentiels se sont transformés en enclaves armées, où régnait la suspicion et la peur. Après la diffusion, par des émissions de radio fragmentaires et le bouche-à-oreille, de rapports faisant état de cambriolages et d'intrusions violentes à domicile, les habitants ont organisé des patrouilles. Les armes à feu ont disparu des rayons des magasins là où les transactions étaient encore possibles, et dans de nombreuses régions, les munitions sont devenues plus précieuses que l'argent liquide.

Dans les grandes villes, l'obscurité elle-même devint dangereuse. Sans éclairage public, sans bâtiments éclairés, sans transports en commun fonctionnels, les centres urbains se transformaient après le coucher du soleil en vastes labyrinthes d'ombres, éclairés seulement par quelques feux épars et des faisceaux de lampes torches. Les organisations criminelles s'adaptèrent à l'effondrement avec une rapidité terrifiante. Les pharmacies étaient systématiquement pillées. Les convois transportant des médicaments ou des vivres d'urgence étaient pris en embuscade avant même d'atteindre les abris. Des quartiers entiers tombèrent sous le contrôle de groupes armés, les forces de l'ordre locales ayant cessé d'y intervenir.

Dans les centres de commandement d'urgence, à huis clos, les ingénieurs des services publics ont présenté des évaluations si catastrophiques que de nombreux responsables ont d'abord refusé de les accepter. Plusieurs transformateurs essentiels avaient subi des destructions irréversibles. Ces machines colossales ne pouvaient être simplement remplacées à partir d'entrepôts voisins, car nombre d'entre elles nécessitaient des délais de fabrication spécifiques, mesurables non pas en jours, mais en mois, voire en années. La terrible prise de conscience qui se répandait dans les agences fédérales était que la panne d'électricité risquait de se transformer en un effondrement national prolongé plutôt qu'en une simple urgence d'infrastructure temporaire.

Au bout de quatre ou cinq jours, l'argent lui-même avait commencé à perdre tout son sens pratique. Les banques restaient fermées. Les transactions électroniques étaient impossibles. Cartes de débit, comptes de retraite, portefeuilles d'investissement, cryptomonnaies et systèmes bancaires numériques devenaient des abstractions inaccessibles, prisonnières de réseaux paralysés. Des millions de personnes qui se croyaient à l'abri financièrement quelques jours auparavant se sont soudain retrouvées dans l'incapacité d'acheter du carburant, de la nourriture, des médicaments ou de se déplacer, quelle que soit la richesse théoriquement présente sur leurs comptes.

Plusieurs événements survenus au cours de cette phase ont accéléré de façon dramatique l'effondrement national :

1. Les réseaux de distribution de carburant ont cessé de fonctionner presque entièrement , immobilisant simultanément les véhicules d'urgence, les systèmes de fret et les transports civils.

2. Les générateurs des hôpitaux ont commencé à tomber en panne sous la contrainte opérationnelle continue , forçant le personnel médical à des conditions de triage catastrophiques sans précédent dans l'histoire américaine moderne.

3. Les systèmes d’assainissement municipaux se sont effondrés dans de nombreuses régions métropolitaines , créant des conditions idéales pour les épidémies.

4. Les mouvements de réfugiés se sont intensifiés à mesure que les populations urbaines fuyaient vers les zones rurales , submergeant les petites communautés déjà aux prises avec des ressources en diminution.

5. La confiance du public envers l'autorité fédérale s'est rapidement détériorée après que les promesses répétées d'un rétablissement imminent ne se soient pas concrétisées.

La crise des réfugiés s'est amplifiée à une vitesse alarmante. Des familles ont fui les grandes villes, emportant sacs à dos, vélos, enfants et charrettes de fortune remplies de provisions récupérées. Les autoroutes se sont transformées en cimetières de véhicules immobilisés après la disparition de l'essence dans des régions entières. Les communautés rurales ont réagi avec une hostilité croissante envers les nouveaux arrivants, craignant que les populations urbaines désespérées n'épuisent des ressources déjà limitées.

La confiance entre inconnus s'est rapidement dissipée. Le tissu social qui maintenait la nation unie commençait à se déchirer de toutes parts.

Les sixième et septième jours — Le sabbat noir de la nation
Au bout de six jours, le système de santé s'était visiblement effondré.

Les générateurs des hôpitaux surchauffaient ou épuisaient leurs dernières réserves de carburant les uns après les autres. Les unités de soins intensifs perdaient leur climatisation tandis que les médicaments réfrigérés se détérioraient dans les réserves obscures. Le nombre de décès de patients sous assistance respiratoire augmentait sans cesse, tandis que des infirmières et des médecins épuisés luttaient à la lueur de lampes à piles pour assurer les soins les plus élémentaires. Le système d'ambulances se dégradait rapidement, les véhicules d'urgence ne pouvant plus être ravitaillés régulièrement. Les familles transportaient leurs proches blessés à vélo, sur des brancards de fortune, avec des chariots de supermarché, ou même à mains nues.

Le traumatisme émotionnel subi par le personnel médical durant cette période devint presque incommensurable. Des médecins formés pour sauver des vies se retrouvèrent soudainement à exercer dans des institutions dépourvues de médicaments, d'électricité, d'installations sanitaires, de réfrigération, de moyens de communication et d'espoir. Des foules se rassemblaient devant les hôpitaux, réclamant antibiotiques, analgésiques, oxygène ou soins, tandis que le personnel, terrorisé, tentait de maintenir l'ordre dans des bâtiments qui ressemblaient de plus en plus à des zones de guerre.

La maladie s'est propagée rapidement dans les abris et les complexes d'appartements surpeuplés où les systèmes d'assainissement étaient totalement défaillants. L'eau contaminée a provoqué de graves épidémies de gastro-entérite, tandis que les aliments avariés ont intoxiqué des milliers de personnes déjà affaiblies par la déshydratation et le stress. Les populations de moustiques ont explosé près des eaux stagnantes et des bassins d'eaux usées non traités. Les pompes funèbres ont cessé leurs activités presque immédiatement après la panne des systèmes de réfrigération, obligeant les autorités à installer des sites temporaires de stockage des corps derrière les écoles, les églises, les hôpitaux et les centres d'urgence.

Une semaine après le début de l'effondrement, les États-Unis ne ressemblaient plus à la nation qui existait quelques jours auparavant.

Des régions métropolitaines entières vivaient dans l'obscurité permanente, tandis que des incendies ravageaient des quartiers abandonnés, où les infrastructures de lutte contre les incendies s'étaient effondrées, tout comme la pression de l'eau courante. La fumée planait en permanence au-dessus des villes. Des hélicoptères sillonnaient parfois le ciel nocturne, transportant du personnel militaire ou des secouristes, mais pour les citoyens ordinaires, le sentiment d'abandon était devenu insupportable.

Les pénuries alimentaires s'intensifièrent sans relâche. Des parents sautaient des repas pour que leurs enfants puissent consommer les derniers restes de conserves et les provisions récupérées. Des personnes âgées mouraient seules dans leurs appartements privés d'électricité, sans personne pour veiller sur elles. Des meutes d'animaux abandonnés erraient dans les banlieues désertes, leurs propriétaires ayant fui ou succombé à la maladie, à la famine ou à la violence.

Les services de police à travers le pays se sont dégradés sous le poids de l'épuisement, des désertions, des pénuries de carburant et des problèmes de communication. Certains agents ont abandonné leurs postes pour protéger leurs familles, tandis que d'autres ont continué d'opérer au sein d'unités fragmentées, concentrées uniquement sur la défense des infrastructures stratégiques et des bâtiments gouvernementaux. Des quartiers se sont militarisés, érigeant des barricades à partir de véhicules abandonnés, tandis que des civils armés patrouillaient dans l'obscurité, munis de fusils de chasse et d'armes improvisées.

Les fondements de la vie moderne s'étaient complètement évanouis à la fin de cette première semaine terrible. La panne d'électricité n'était plus perçue comme une catastrophe dont on se remettrait naturellement. Elle était devenue quelque chose de bien plus inquiétant : la lente et visible désintégration de la civilisation elle-même.

Dans de vastes régions du pays, la confiance envers les autorités fédérales s'était déjà totalement effondrée dès la fin de la deuxième semaine. Des messages d'urgence continuaient d'être diffusés sporadiquement sur les radios portables, mais le discours venant de Washington était de plus en plus déconnecté de la réalité qui se déroulait dans les rues des villes en proie au chaos. Les responsables parlaient encore de « efforts de stabilisation » et de « perturbations temporaires des infrastructures » alors que des millions d'Américains vivaient déjà sans eau potable, sans hôpitaux fonctionnels, sans réfrigération, sans carburant, sans médicaments, sans installations sanitaires et sans accès fiable à la nourriture. Ce fossé entre la rhétorique officielle et la réalité vécue a engendré une amertume qui s'est propagée plus vite que la panne d'électricité elle-même.

Dans de nombreuses métropoles, la nuit était synonyme de terreur. Dès que le soleil disparaissait à l'horizon, des quartiers entiers se transformaient en terrains de chasse où des groupes armés sillonnaient les rues obscures à la recherche de provisions, de médicaments, de générateurs, de batteries ou de maisons vulnérables. Des immeubles d'habitation, autrefois habités par des familles de la classe moyenne, sombrèrent dans de violents conflits internes lorsque leurs habitants comprirent qu'aucun secours extérieur ne viendrait. Dans certains immeubles, les locataires barricadèrent les entrées et organisèrent des tours de garde nocturnes. Dans d'autres, des étages entiers furent abandonnés après des incendies, des agressions ou des épidémies qui se propageaient dans les couloirs étroits et les systèmes de ventilation défaillants.

L'effondrement des infrastructures sanitaires a précipité la situation vers un scénario digne des épidémies de peste du Moyen Âge. Les eaux usées débordaient aux carrefours après la défaillance totale des stations de pompage, contaminant les nappes phréatiques et attirant des infestations massives d'insectes et de rats. Les rivières entourant les grandes villes se remplissaient d'eaux usées non traitées, tandis que des civils désespérés s'approvisionnaient en eau à ces mêmes sources contaminées, les réserves municipales ayant disparu depuis plusieurs jours. Dysenterie, infections gastro-intestinales graves, déshydratation et maladies respiratoires se propageaient à une vitesse fulgurante dans les abris. Les experts médicaux qui restaient en contact avec les autorités d'urgence avertissaient que le pays entrait dans les prémices d'une catastrophe humanitaire d'envergure.

Les colonnes de réfugiés quittant les grandes villes s'allongeaient de jour en jour. De longues files de civils s'étiraient sur des kilomètres le long des autoroutes jonchées de véhicules immobilisés et de camions calcinés. Des familles poussaient leurs enfants sous une pluie glaciale, à l'abri de couvertures de fortune, transportant leurs derniers biens dans des chariots et des sacs à dos. Certains espéraient trouver refuge et nourriture dans les campagnes. D'autres, tout simplement, fuyaient, car rester en ville leur paraissait de plus en plus suicidaire. Mais la campagne elle aussi avait déjà commencé à changer. De petites villes s'armaient massivement après la diffusion d'informations faisant état de pillages commis par des migrants affamés. Des barrages improvisés apparaissaient aux abords des villages, où des civils armés interrogeaient les étrangers avant de les laisser passer. Dans plusieurs États, de violents affrontements ont éclaté lorsque des groupes de réfugiés ont tenté de pénétrer de force dans des villes isolées qui gardaient des puits, des silos à grains, du bétail ou des réserves de carburant.

L'effondrement des infrastructures énergétiques avait désormais paralysé la quasi-totalité des dispositifs de secours. Les convois militaires peinaient à maintenir leurs voies de transport, faute de carburant à l'échelle nationale. Les vols d'hélicoptères de secours étaient moins fréquents. Les services de police abandonnaient des quartiers entiers, n'ayant plus ni les effectifs ni l'essence nécessaires pour les patrouiller. Le fret ferroviaire restait bloqué, tandis que les ports demeuraient silencieux sous leurs grues rouillées et leurs systèmes de chargement hors service. L'immense machine industrielle américaine ne s'était pas seulement arrêtée ; elle avait entamé sa décomposition sur place.

Plusieurs réalités sont apparues sans équivoque au cours de cette phase d'effondrement :

1. Les réserves alimentaires nationales étaient pratiquement épuisées dans la plupart des régions peuplées , forçant des millions de personnes à se disputer directement les ressources restantes disponibles localement.

2. Le système de santé ne fonctionnait plus comme une institution nationale , n'existant plus que dans des poches fragmentées autour des générateurs survivants, des complexes militaires ou des cliniques improvisées.

3. Les grands centres urbains devenaient structurellement inhabitables , en particulier les quartiers à forte densité dépendants des ascenseurs, des systèmes de pression d'eau, de la réfrigération et de la logistique électronique.

4. Des groupes territoriaux armés avaient commencé à remplacer l'autorité des gouvernements locaux dans plusieurs quartiers, banlieues et axes de transport.

5. La possibilité de rétablir rapidement le réseau électrique s’amenuisait rapidement , surtout après que les ingénieurs eurent confirmé la destruction massive de transformateurs dans de nombreuses régions.

Dans des installations gouvernementales protégées par une sécurité militaire, des analystes discutaient discrètement de projections de mortalité si catastrophiques qu'elles en étaient presque inconcevables. En cas de panne prolongée du réseau électrique, les décès dus à la famine, aux maladies, à l'hypothermie, aux problèmes de santé non traités, à la déshydratation et à la violence devraient augmenter de façon exponentielle une fois les réserves alimentaires épuisées. Certains modèles d'urgence prévoyaient que si le rétablissement du courant échouait pendant plusieurs mois, le nombre de victimes pourrait finir par dépasser tout ce qui a été connu dans l'histoire américaine moderne.

L'arrivée de l'hiver dans les États du nord a encore aggravé la crise. Sans chauffage, des millions de personnes ont été confrontées à des risques mortels d'hypothermie dans des logements et des immeubles d'habitation privés d'électricité. Des familles ont brûlé meubles, livres, revêtements de sol et matériaux de construction de fortune dans des poêles improvisés pour survivre aux nuits glaciales. Les cas d'intoxication au monoxyde de carbone ont explosé après que des habitants désespérés ont tenté d'allumer des feux à l'intérieur de leurs habitations, sans ventilation. Des quartiers entiers étaient plongés dans l'obscurité sous la neige, tandis que des corps s'accumulaient silencieusement dans des bâtiments que personne n'avait plus les moyens de fouiller.

L'effondrement émotionnel de la société était visible partout. On ne parlait plus de carrière, de politique, de divertissement, de technologie ni de projets d'avenir. Les conversations se limitaient aux besoins primaires : eau, calories, antibiotiques, munitions, abri, chaleur. Des parents regardaient leurs enfants affamés avec une impuissance telle que les survivants la décrivaient plus tard comme plus traumatisante encore que la violence elle-même. De plus en plus de personnes âgées acceptaient de manger moins pour que les plus jeunes puissent survivre. Dans d'innombrables foyers, les Américains prirent conscience avec horreur que la civilisation n'avait jamais vraiment disparu de l'histoire ; elle attendait simplement, tapie sous la surface, que les systèmes qui soutenaient la vie moderne s'effondrent.

La troisième semaine arriva sous un ciel constamment souillé de fumée. Aux abords des grandes villes, d'immenses colonnes noires s'élevaient jour et nuit, là où les incendies industriels, les quartiers en flammes, les dépôts de carburant effondrés et les véhicules abandonnés continuaient de couver sans relâche. Dans de nombreuses régions, la lumière du soleil elle-même paraissait plus faible à travers la brume, projetant une lueur cuivrée maladive sur les autoroutes silencieuses et les banlieues plongées dans l'obscurité. Les survivants qui racontèrent plus tard ces semaines parlèrent souvent moins de la violence que de l'atmosphère, de l'impression accablante que le monde lui-même était devenu malade.

Dans les grandes agglomérations, la famine a bouleversé les comportements humains à une vitesse terrifiante. Durant les premiers jours du black-out, certains conservaient encore des bribes de moralité. À la troisième semaine, la faim avait ravagé la plupart des vestiges. Des immeubles entiers furent abandonnés, leurs habitants ayant épuisé toutes leurs réserves alimentaires. Des familles parcouraient les quartiers désertés, armées de barres de fer et de lampes torches, fouillant les maisons vides à la recherche de conserves, d'eau en bouteille, de nourriture pour animaux, de piles, de médicaments, ou de tout ce qui pourrait leur permettre de survivre quelques jours de plus. Les supermarchés étaient depuis longtemps dévalisés, ne laissant derrière eux que des vitres brisées, des étagères renversées et une odeur âcre de décomposition qui persistait dans l'obscurité.

Les rues elles-mêmes commencèrent à se transformer. Des montagnes d'ordures s'accumulaient aux carrefours, les services de collecte des déchets ayant complètement disparu. Nourriture en décomposition, débordements d'égouts, animaux morts et restes humains dégageaient une odeur presque insoutenable dans de nombreux quartiers, surtout lors des chaudes après-midi où la chaleur s'abattait sur les villes comme un voile suffocant. Les rats proliféraient de façon extraordinaire. Des meutes de chiens errants parcouraient les banlieues autrefois considérées comme parmi les plus sûres d'Amérique. Des vitrines restaient brisées dans des quartiers commerçants entiers, où des pillards avaient saccagé pharmacies, magasins d'électronique, entrepôts et supermarchés durant les premières semaines de panique.

L'effondrement des communications a transformé la peur en un danger encore plus grand. Faute d'informations fiables, les rumeurs se sont propagées comme une traînée de poudre, plus vite encore que la maladie elle-même. On entendait parler de zones d'évacuation militaires réservées aux seuls politiciens et aux élites fortunées. D'autres affirmaient que des troupes étrangères avaient débarqué sur le sol américain, le gouvernement dissimulant la vérité. Dans les camps de réfugiés et les abris surpeuplés, des civils terrifiés murmuraient que des villes entières étaient massacrées pour s'emparer de la nourriture ou que des zones de quarantaine, où des populations infectées auraient été abandonnées derrière des barricades, existaient. La véracité de ces histoires importait moins que leur impact. La paranoïa devint aussi courante que la faim.

Le long des autoroutes qui s'éloignaient des grandes villes, d'immenses caravanes de civils déplacés continuaient d'avancer à travers les ruines du pays. Certains voyageaient à vélo, tandis que d'autres poussaient des chariots remplis de couvertures, de casseroles, de médicaments ou d'enfants épuisés, emmitouflés dans des manteaux pour se protéger du froid. Beaucoup ne savaient plus où ils allaient. Ils avançaient, tout simplement, car rester immobile leur semblait un aveu de mort. Des familles entières dormaient sous les ponts, dans des véhicules abandonnés ou dans les carcasses vides de stations-service pillées depuis longtemps. La nuit, des feux de camp vacillaient le long du réseau autoroutier, tels des signaux épars d'une civilisation qui avait reculé de plusieurs siècles en quelques semaines seulement.

À ce stade de l'effondrement, l'Amérique rurale était devenue profondément hostile. Les communautés agricoles s'armèrent lourdement après les raids répétés de migrants affamés, désespérés de trouver des silos à grains, du bétail, du combustible ou des puits. Des milices improvisées patrouillaient les routes de campagne, vêtues d'équipements de chasse et armées de fusils militaires récupérés dans des magasins d'articles de sport ou des collections privées. Dans certaines régions, les églises locales devinrent des centres de survie organisés où la nourriture était rationnée avec soin sous la surveillance de gardes armés. Ailleurs, l'autorité appartenait entièrement à celui qui possédait le plus d'armes et la volonté de s'en servir.

L'hiver qui suivit devint l'une des périodes les plus meurtrières de l'histoire américaine moderne.

Sans réseau électrique fonctionnel, des millions de personnes se sont retrouvées privées de chauffage. Les immeubles d'habitation se sont transformés en tombeaux de béton glacés où les personnes âgées mouraient en silence, enfouies sous des couvertures, dans des pièces plongées dans l'obscurité. Des familles ont brûlé meubles, planchers, livres, clôtures et morceaux d'isolant dans une tentative désespérée de survivre à la nuit. Des milliers de personnes ont été tuées par intoxication au monoxyde de carbone après que des feux de fortune à l'intérieur de leurs habitations, privées d'électricité, aient empli leurs maisons d'une fumée toxique. Des quartiers entiers ont disparu sous la neige, sans la moindre lueur à l'horizon.

Les hôpitaux n'existaient plus qu'à l'état de ruines. Quelques installations militaires et postes d'urgence isolés fonctionnaient encore grâce à des générateurs, mais la plupart des centres médicaux étaient devenus des vestiges abandonnés, jonchés de matériel hors d'usage, de fenêtres brisées et de couloirs déserts où résonnait la lueur des lanternes de secours. Des blessures autrefois considérées comme bénignes étaient désormais synonymes de mort. Une simple infection, une pneumonie non traitée, la déshydratation ou l'eau contaminée pouvaient être fatales en quelques jours. Des femmes enceintes mouraient en couches dans des appartements éclairés à la seule bougie. Les diabétiques s'éteignaient en silence dès que l'insuline venait à manquer. Les personnes âgées disparaissaient en masse, suivies de près par les très jeunes enfants.

Dans certaines régions, les morts s'accumulaient si rapidement que les autorités ont complètement renoncé aux inhumations officielles. Des bulldozers creusaient d'immenses tranchées aux abords des grandes villes, où des corps enveloppés dans des couvertures ou des bâches en plastique étaient déposés en silence. Dans de nombreux endroits, plus personne ne notait les noms. Des familles entières disparaissaient sans laisser de traces. Les banlieues, jadis synonymes de confort et de stabilité, se transformaient en paysages fantomatiques jonchés de véhicules abandonnés, de maisons en ruine et de neige tourbillonnant dans les rues désertes.

La transformation la plus terrifiante fut peut-être psychologique plus que physique. La civilisation avait toujours entretenu l'illusion que l'humanité avait transcendé ses instincts les plus primitifs, mais l'effondrement prolongé a dissipé ces illusions couche après couche. On ne parlait plus de l'avenir, car celui-ci était devenu inimaginable. Le langage du quotidien avait disparu. Plus aucune conversation n'évoquait les carrières, les loisirs, la technologie, la politique ou les ambitions. Toutes les pensées étaient centrées sur la chaleur, l'eau, les calories, un abri et la survie. Les parents regardaient leurs enfants affamés avec des expressions que les survivants décriraient plus tard comme profondément marquantes. Les aînés refusaient discrètement de s'alimenter pour que les plus jeunes puissent survivre plus longtemps. Des repères moraux entiers s'effondrèrent sous le poids de la peur et du dénuement.

Au bout de quatre mois, d'immenses portions des États-Unis avaient cessé de fonctionner comme une civilisation organisée. Le gouvernement fédéral existait encore, en théorie, protégé dans des installations fortifiées gardées par des unités militaires, mais en dehors de ces enceintes isolées, l'Amérique s'était fragmentée en îlots de survie cernés par de vastes régions en ruines. Certaines communautés s'adaptèrent grâce à la coopération, un rationnement strict, l'agriculture et la défense armée. D'autres sombrèrent dans une violence prédatrice, pillant les villages voisins pour se procurer des médicaments, de la nourriture, du bétail ou du combustible.

La nuit, vu du ciel, le continent avait un aspect presque préhistorique.

Les images satellites auraient montré une Amérique du Nord plongée dans les ténèbres, seulement interrompue par des installations militaires isolées, des incendies épars et de faibles lueurs de générateurs autour de complexes fortifiés. Le réseau électrique scintillant qui illuminait jadis la nation la plus puissante du monde avait presque entièrement disparu. Les villes qui brillaient d'un éclat si intense qu'elles étaient visibles depuis l'orbite n'étaient plus que des cicatrices noires sur la terre gelée.

Et sous cette immense obscurité, parmi les ruines d'autoroutes, les banlieues silencieuses, les usines désaffectées et les tours abandonnées, les survivants commencèrent peu à peu à comprendre l'ultime vérité de la catastrophe. Le réseau électrique n'avait pas seulement alimenté la civilisation moderne. Il était la civilisation elle-même. Une fois l'électricité disparue suffisamment longtemps, tout ce qui reposait sur elle disparut également, révélant combien la frontière entre l'ordre et l'effondrement avait toujours été terriblement ténue.


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2 - Se rappeler l'importance de nos ancêtres. Comment faisaient-ils pour vivre sans électricité, sans pétrole ni médicaments adéquats ? Nos aïeux et aïeules étaient paysans ! Ils semaient les graines récoltées et conservées des fruits et légumes. Seuls les pêcheurs pouvaient s'alimenter au quotidien. Le paysan, lui, il fait des conserves. L'eau sale des ruisseaux était bouillie et la vapeur récupérée pour boire sainement. On achetait pas on troquait. On savait tricoter, repriser et coudre des pièces de tissus. Le bois était coupé, empilé et les feux ne s'éteignaient jamais.
On se parlait entre voisins, on s'informait des découvertes, des nouveautés, on s'aidait même sans se connaître. On vivait !

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3 - Temps de travail : la France en dessous de la moyenne européenne


27 mai 2026


La France, malgré tout le potentiel dont elle dispose, ne figure malheureusement pas parmi les pays européens où l’on travaille le plus. D’après les dernières données d’Eurostat, en 2024, la durée hebdomadaire moyenne de travail au sein de l’Union européenne s’établit à 36,0 heures. La France, avec 35,8 heures, se situe en dessous de cette moyenne, ce qui la place dans la partie basse du classement européen en matière de temps de travail.

En haut du classement, la Grèce arrive en tête avec 39,8 heures travaillées par semaine, suivie de la Bulgarie avec 39,0 heures, puis de la Pologne avec 38,9 heures. À l’opposé, les Pays-Bas se distinguent avec seulement 32,1 heures hebdomadaires, suivis du Danemark et de l’Autriche, avec 33,9 heures pour les deux. À noter que l’Allemagne se situe également sous la moyenne européenne, avec environ 34 heures de travail par semaine, ce qui la place en quatrième position des pays où l’on travaille le moins dans l’UE.

Eurostat, grâce à la Nomenclature statistique des activités économiques dans la Communauté européenne (NACE Rév. 2), permet d’affiner l’analyse en comparant les données selon les secteurs d’activité pour tous les pays européens.

Dans certains domaines, et malgré un cadre réglementaire largement contraignant, la France dépasse la moyenne européenne. C’est notamment le cas de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche, où la moyenne française atteint 46,5 heures hebdomadaires contre 41,2 heures dans l’Union européenne, soit un écart significatif de plus de cinq heures. De même, dans les activités professionnelles scientifiques et techniques, la France affiche 37,3 heures hebdomadaires, contre 36,6 heures en moyenne européenne. D’autres secteurs comme la santé, l’immobilier ou encore la finance présentent également des niveaux supérieurs ou proches des standards européens.

Cependant, cette dynamique positive est contrebalancée par d’autres secteurs où la France est en retrait, dont l’administration de l’Etat. Les activités liées à l’administration publique et à l’action de l’État affichent un niveau inférieur à la moyenne européenne (36,2 heures), avec 35,7 heures. Cet écart contribue à tirer la moyenne nationale vers le bas. Il est d’ailleurs notable que ce secteur reste systématiquement en dessous de la moyenne européenne depuis 2015, signe d’un déficit persistant de travail.

De ce fait, nous tendons vers un monde où, grâce aux technologies et en particulier à l’intelligence artificielle, chaque être humain sera de plus en plus efficace avec moins d’efforts. Mais, à l’heure actuelle, la France connaît un déficit de temps de travail que nous ne devons pas négliger. Malgré le fait que certains secteurs tiennent la route, nous pouvons constater que d’autres, en particulier la fonction administrative de l’État, ont un temps de travail trop faible, ce qui fait de la France un pays où l’on travaille moins en général que la moyenne européenne. Alors que l’Europe, et en particulier la France, entrent dans une période de tensions économiques, certains domaines devront se remettre rapidement au travail.

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4 - Le décrochage silencieux du niveau de vie des Français : pour en finir avec notre modèle social


27 mai 2026


Il existe encore des gens en France pour croire que notre modèle social est envié partout dans le monde. À y regarder de plus près, les résultats économiques suggèrent que ce serait une erreur. Depuis 2021, le PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat est passé sous la moyenne de l’Union européenne, à 62 556 dollars contre 63 585 dollars. Dans le même temps, celui de pays comme l’Allemagne (73 551 dollars) ou les Pays-Bas (86 173 dollars) n’a jamais cessé de progresser, tandis que la Suisse culmine à 96 497 dollars. Ils n’ont pas connu le décrochage français, malgré la crise du Covid.

Le contraste est d’autant plus saisissant que la France demeure l’un des pays qui taxent le plus au monde. Les prélèvements obligatoires représentaient 45,3 % du PIB en 2024, juste derrière le Danemark, et sont très au-dessus de la moyenne de la zone euro (40,9 % du PIB). Notre pays prélève énormément, redistribue énormément, tout en produisant relativement moins de richesse par habitant que nombre de ses voisins. La question est alors inévitable : où va l’argent ?

Une partie de la réponse tient dans la structure même de la dépense publique française, à savoir des dépenses de transfert – retraites, santé, éducation, minima sociaux – au lieu d’investissements de long terme. Ce modèle aurait peut-être mieux fonctionné dans une économie plus jeune, avec une croissance forte et une démographie dynamique. Mais dans une société vieillissante, marquée par une faible productivité et une désindustrialisation, il pèse lourdement sur l’investissement, le travail et la création de richesse.

Le paradoxe français est là. Le pays n’est pas pauvre en dépenses publiques ; il souffre d’un rendement décroissant de celles-ci. Malgré un niveau record de prélèvements, les services publics se dégradent, les déficits persistent et le niveau de vie n’augmente pas aussi vite que dans les pays ayant fait le choix d’une maîtrise de la dépense publique et d’une plus grande flexibilité économique. La Suisse n’a pas construit sa prospérité sur l’hypertrophie administrative. L’Allemagne, malgré ses difficultés récentes, conserve un tissu productif fort et une culture de la compétitivité industrielle.

Le débat français reste pourtant dominé par l’idée suivante : si les résultats ne sont pas au rendez-vous, c’est qu’il faudrait davantage de dépenses publiques. Mais lorsqu’un pays prélève plus de la moitié de la richesse nationale sans parvenir à maintenir le niveau de vie de sa population à un niveau comparable à celui de ses voisins, le problème n’est probablement pas un manque de redistribution, mais de modèle économique.

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5 - Français, le moral des ménages dans les chaussettes


France-Soir
 le 27 mai 2026 - 09:57


Selon les chiffres publiés ce mercredi par l’Insee, l’indicateur synthétique de confiance des ménages a reculé à 82 points en mai, contre 84 en avril. Il atteint ainsi son niveau le plus bas depuis mars 2023, confirmant une tendance à la baisse observée depuis plusieurs mois.

Ce nouveau recul intervient dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, des craintes inflationnistes et une instabilité économique générale. Les Français se montrent plus pessimistes sur l’évolution de leur niveau de vie, tant passé que futur. Les indicateurs d’opinion sur la situation financière personnelle et sur les perspectives économiques se sont nettement dégradés.

Après une chute déjà marquée de cinq points en avril, l’indicateur reste largement en deçà de sa moyenne de longue période, fixée à 100. Ce niveau traduit un pessimisme durable qui pèse sur les décisions de consommation des ménages.

Les principaux motifs d’inquiétude cités par les sondés concernent la hausse du coût de l’énergie, l’augmentation des prix du logement et les incertitudes internationales. Ce décrochage répété constitue un signal important pour les pouvoirs publics. Une confiance faible des ménages freine en effet la consommation, principal moteur de la croissance économique française.

L’Insee rappelle que, sans perspectives claires d’amélioration, ce malaise pourrait s’installer durablement. Les autorités sont désormais attendues sur des mesures concrètes pour redonner confiance aux Français et soutenir le pouvoir d’achat. 

L'Élysée tout comme Matignon ne semble plus, et depuis très longtemps déjà, se préoccuper de ces fameux Français, vous savez les habitants de la France.


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6 - Abeilles africanisées, tiques et moustiques génétiquement modifiés : les apprentis sorciers du vivant


France-Soir
le 27 mai 2026 - 14:56


Un article publié par Slate.fr revient sur un épisode méconnu des années 1950 au Brésil. Le généticien Warwick Estevam Kerr y avait importé des abeilles africaines réputées pour leur productivité afin d'en créer un hybride plus performant pour la production de miel, à la demande des autorités. L’objectif était d’optimiser génétiquement l’espèce au service d’une agriculture intensive, sans toujours anticiper les conséquences écologiques.

Une erreur technique – des grilles de protection retirées par un assistant – a permis l’évasion de vingt-six reines. De cette « fuite » est née l’abeille africanisée, communément appelée « abeille tueuse ». Moins venimeuse que d’autres espèces, elle se distingue par une agressivité extrême : elle attaque en essaims importants et peut poursuivre ses victimes sur de longues distances. Depuis les années 1960, plus de 1 000 décès humains ont été recensés en Amérique, principalement dus à des réactions allergiques ou à des attaques massives. L’espèce progresse de 300 à 500 km par an. Elle s’étend désormais dans le sud des États-Unis, où sa présence inquiète les autorités locales.

Ce cas n’est pas isolé. Le professeur Christian Perronne, infectiologue, évoque depuis plusieurs années l’hypothèse d’une origine militaire de la maladie de Lyme. Des documents américains déclassifiés grâce à la loi FOIA décrivent des programmes de recherche entre 1943 et 1969, menés notamment à Plum Island et Fort Detrick. L’armée américaine y a expérimenté sur des tiques dans le cadre d'opérations comme Big Itch et Big Buzz. Des centaines de milliers de tiques infectées, dont 282 800 tiques « lone star » radio-marquées, auraient été relâchées dans des zones précises. Les premiers foyers de Lyme ont été identifiés dans les années 1970 à proximité de ces sites. Willy Burgdorfer, qui a identifié la bactérie Borrelia burgdorferi, aurait selon certaines analyses occulté des co-infections liées à ces travaux. La maladie de Lyme reste aujourd’hui une pathologie chronique très peu reconnue en France, avec des tests parfois jugés insuffisants et des patients confrontés à des difficultés de prise en charge.

A lire aussi : La maladie de Lyme : des documents déclassifiés américains relient l’épidémie à des programmes d’armes biologiques – le Pr Christian Perronne alertait depuis plus de 25 ans

Une troisième expérimentation suscite également le débat : les moustiques génétiquement modifiés de Bill. La fondation Bill & Melinda Gates finance, via Oxitec et Target Malaria, des programmes de lâchers de mâles OGM porteurs d’un gène létal. L’idée est de réduire les populations de moustiques femelles vecteurs du paludisme en les rendant stériles. Des millions d’insectes ont déjà été relâchés en Afrique, en Asie et en Amérique. Ces opérations font face à des oppositions locales, notamment au Burkina Faso, où des riverains et des associations questionnent les effets à long terme sur les écosystèmes et la biodiversité entre autres.

A lire aussi : Des chercheurs utilisent des moustiques vivants génétiquement modifiés pour “vacciner” contre le paludisme

Abeilles « productivistes », tiques issues de programmes militaires, moustiques « philanthropiques », trois exemples qui illustrent une même logique. Des scientifiques, des institutions militaires ou des acteurs privés qui interviennent sur le génome d’espèces vivantes pour répondre à des objectifs précis : rendement agricole, recherche de défense ou lutte contre les maladies. Et à chaque fois, des incidents ou des imprévus observés...

Des dossiers qui soulèvent de fortes interrogations sur les risques d’une modification incontrôlée du vivant. Les partisans de ces technologies mettent en avant des bénéfices potentiels (augmentation de la production, lutte contre des épidémies) mais à quel prix. Les critiques insistent sur l’absence de recul suffisant et sur les effets collatéraux notoires. Les autorités sanitaires et environnementales, elles, continuent d’observer ces phénomènes... 


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7 - L'analogie du congélateur surchargé


Par Charles Hugh Smith
OfTwoMinds.com
27 mai 2026


En tant que nation, nous attendons donc que le système s'effondre pour être contraints de vider nos congélateurs surchargés et de tout recommencer.

Un ami a récemment fait une remarque qui révélait une réalité plus profonde qu'il ne l'entendait. C'était une remarque anodine du genre : « Je déteste le dire, mais j'aimerais bien que notre congélateur tombe en panne pour qu'on puisse enfin se débarrasser de tous ces vieux aliments que personne ne mangera jamais.»

Cette remarque m'a semblé être une analogie frappante entre richesse, gaspillage et pourriture aux États-Unis. En tant que nation, nous sommes si riches que nous pouvons remplir des millions de congélateurs d'aliments qui ne seront jamais consommés, car ils sont enfouis sous une montagne d'aliments plus récents. Nous sommes également assez riches pour consacrer une énergie considérable à conserver ces aliments, qui ne seront jamais consommés, congelés pendant des années.

Finalement, le congélateur tombe en panne ou les propriétaires déménagent, et tous ces aliments, autrefois parfaitement consommables, finissent à la poubelle et pourrissent dans les décharges. Il existe d'autres formes de dégradation dans cette analogie.

Il y a d'abord la dégradation liée aux profondes inégalités de richesse : des millions de ménages sont suffisamment aisés pour maintenir en marche des congélateurs débordants de nourriture périmée pendant des années, tandis que des millions d'autres s'inquiètent du paiement de leurs factures d'énergie. Pour les ménages aisés, la facture d'énergie représente un pourcentage si faible de leur revenu mensuel qu'elle ne constitue pas un problème. La facture annuelle d'énergie représente un pourcentage infime de leur patrimoine net.

Ensuite, il y a la dégradation des systèmes obsolètes que nous continuons de financer bien après que leur utilité se soit estompée. De même que personne ne se souvient du contenu du fond du congélateur, et que personne ne souhaite faire l'effort de le vider et de déterminer si les aliments du fond méritent d'être conservés, notre pays continue de financer des systèmes obsolètes dont l'entretien est coûteux et qui n'apportent aucune valeur ajoutée.

Puisque personne n'est payé ni récompensé pour le travail fastidieux de vider le congélateur et d'évaluer la valeur de chaque couche de vieux aliments, cette tâche n'est jamais accomplie. En tant que nation, nous continuons de payer les factures pour entretenir des systèmes coûteux mais inutiles. De plus, ces couches de vieux aliments occupent un espace qui pourrait être consacré à des choses réellement utiles et constituent des obstacles onéreux à l'amélioration de la qualité de vie, en empêchant la réduction des dépenses superflues.

Ainsi, en tant que nation, nous attendons que le système s'effondre pour être contraints de vider le congélateur et de tout recommencer. Est-ce l'idéal ? Non, mais c'est le seul moyen de vider un jour un congélateur plein à craquer.

Cet article a été initialement publié sur OfTwoMinds.com.


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8 - La « TVA sociale » est un mirage qui ne modifie en rien le système socialo-étatiste français


26 mai 2026


Le 22 mai, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a confirmé le gel de l’allègement des cotisations, malgré la hausse du Smic de 2,41 % à partir du 1er juin. Une erreur majeure de politique économique pour Patrick Martin, chef d’entreprise et président du Medef : « Rogner encore sur les allégements de charges, c’est à la fois anti-entreprise, anti-emploi, anti-salaire et anti-pouvoir d’achat. C’est, qui plus est, le quatrième coup de rabot sur ces mêmes allégements depuis 2024. » Pour M. Martin, cette décision montre à quel point les responsables politiques se font des idées fausses sur les difficultés rencontrées par les entreprises : ce gel devrait représenter un coût de 2 milliards d’euros et détruire des emplois, sachant que le marché se dégrade depuis cinq trimestres consécutifs.

« C’est le niveau et la croissance de la dépense sociale qu’il faut réussir à maîtriser. C’est la priorité, en particulier en matière de santé et de retraites. » Pour « sécuriser durablement les financements, restaurer notre compétitivité et améliorer les salaires nets », Patrick Martin propose de réduire de 60 milliards d’euros les cotisations maladie et famille, et de baisser de 10 milliards les cotisations salariales vieillesse afin de rapprocher le salaire net du salaire brut. Ces réformes permettraient un gain net de 16 milliards d’euros pour les entreprises, soit 2,6 % de la masse salariale, et un gain net annuel de 444 euros par an pour un salarié rémunéré à 1,5 Smic. La baisse des cotisations serait compensée par une hausse du taux normal de TVA (18 milliards), ainsi qu’un « effort ciblé sur les retraités les plus aisés » (6,4 milliards) pour éviter de dégrader les comptes de la Sécurité sociale.

On retrouve ici l’idée de la « TVA sociale », qui implique de modifier le financement du système de protection sociale. Un simple transfert de charges qui ne remet nullement en cause le mal français : une dépense publique incontrôlée. L’IREF s’est déjà penché sur le sujet. La TVA sociale ne peut suffire à compenser les déficits de la Sécurité Sociale : impossibilité de compenser le surcoût des charges sociales, absence de remise en cause des niches fiscales, monopole persistant de la Sécu… Quant à l’amélioration du pouvoir d’achat, il n’a rien d’évident. La TVA sociale pèse avant tout sur la consommation (et donc sur les ménages les plus modestes). Le président du Medef passe ainsi à côté du sujet principal : la baisse des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires. Nous l’avons pourtant connu plus incisif, puisqu’il a eu l’occasion de dire, pas plus tard que l’année dernière, que le vrai débat était celui de sa « maîtrise » et de son « efficience », et qu’il ne « lâcherai rien sur ce sujet ». Voilà une réforme systémique qui améliorerait le pouvoir d’achat de tous et qui responsabiliserait enfin ceux aux manettes de l’État providence.

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9 -Imposition des hauts patrimoines : la nouvelle lubie d’Éric Lombard


24 mai 2026


« Nous ne taxons pas assez le capital ». En quelques mots, Éric Lombard a résumé l’un des réflexes les plus enracinés de la vie politique française. Auditionné le 19 mai dans le cadre d’une commission d’enquête sur l’imposition des hauts patrimoines, l’ancien ministre de l’Économie a défendu l’idée d’une « taxe différentielle » d’au moins 0,5 % sur le patrimoine des ménages fortunés. Elle s’appliquerait si le revenu fiscal de référence est inférieur à 0,5 % du patrimoine, hors outils de travail. M. Lombard s’appuie sur une étude de Bercy remise aux sénateurs Claude Raynal et Jean-François Husson selon laquelle 13 335 foyers fiscaux assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) ne paient pas d’impôt sur le revenu. Au total, ils paieraient moins de 10 000 euros d’IR par an, tout en ayant un patrimoine qui dépasse les 2 millions d’euros. Une situation « pas acceptable en République ».

Dans la même logique que l’économiste Gabriel Zucman, Éric Lombard veut imposer un stock de capital indépendamment des revenus réellement perçus. Or, posséder un patrimoine important ne signifie pas nécessairement disposer d’un revenu élevé ou liquide. Un entrepreneur peut détenir des parts valorisées à plusieurs millions d’euros dans une entreprise, sans pour autant percevoir des revenus importants. De la même manière, un propriétaire immobilier âgé peut disposer d’un patrimoine conséquent tout en ayant des revenus modestes. Plus fondamentalement, le capital n’est pas une richesse tombée du ciel : il correspond à de l’épargne, à des investissements passés, à des prises de risque, à des revenus qui ont été déjà imposés lors de leur constitution. Sa constitution ou son utilisation sont, au demeurant, aussi soumis à l’impôt !

Dans son propos liminaire, M. Lombard avait posé le cadre du débat : le travail et la consommation sont trop taxés et ce serait surtout les plus modestes qui subiraient le poids des prélèvements obligatoires. Une affirmation directement contredite par les chiffres du gouvernement : lorsque l’on s’intéresse à l’impôt sur le revenu net payé par décile, les foyers les plus aisés paient, en moyenne, entre 200 et 1 000 fois plus que les autres.

Le fond du problème reste toujours le même : une dépense publique incontrôlée, qui pousse l’État à rechercher sans cesse de nouvelles recettes. C’est tout le paradoxe du débat : la taxe proposée par M. Lombard ne rapporterait que 2,1 milliards d’euros. Le montant peut sembler important à l’échelle individuelle, mais il reste dérisoire au regard des 3 400 milliards d’euros de dette publique, de la charge de la dette ou du déficit public de plus de 150 milliards d’euros. Son rendement représenterait moins de 0,3 % des dépenses publiques annuelles… Le véritable scandale c’est que les dirigeants aux manettes d’un pays champion du monde des prélèvements persistent dans la folie fiscale et refusent de baisser sérieusement les dépenses.

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10 -Xi et Poutine réaffirment leur alliance « inébranlable » après le voyage de Trump


France-Soir
 le 20 mai 2026 - 13:05


Pékin et Moscou ont une nouvelle fois affiché leur unité stratégique. Quelques jours après le déplacement de Donald Trump, les présidents Xi Jinping et Vladimir Poutine ont souligné, lors d’un échange bilatéral, le caractère « inébranlable » de leurs relations, malgré les tensions internationales et les crises économiques qui traversent le monde.

« La Chine mène la danse », constatent plusieurs observateurs diplomatiques. Le partenariat sino-russe, consolidé par des accords énergétiques majeurs, une coopération militaire approfondie et des échanges technologiques croissants, apparaît plus solide que jamais. Ce rapprochement intervient dans un contexte de recomposition géopolitique rapide où les deux puissances cherchent à affirmer leur vision d’un monde multipolaire face à une influence occidentale surannée.

Dans l’art subtil de la diplomatie chinoise, habituée aux marques symboliques, si les accueils réservés à Donald Trump et à Vladimir Poutine ont suivi un protocole en apparence identique : tapis rouge au Grand Palais du Peuple, garde d’honneur et banquet d’État, selon de nombreux analystes asiatiques, indiens et russes, la ferveur a été nettement plus marquée envers le président russe. Xi Jinping a qualifié Poutine de « vieil ami », formule rare empreinte d’affection, accompagnée de gestes personnels et d’un langage insistant sur les « liens inébranlables ». 

Pendant ce temps, l’Europe dirigée par Ursula von der Leyen semble prisonnière d’un mondialisme passéiste tout droit sorti des discours du Forum économique mondial du début de la décennie. De plus en plus mal adapté aux réalités nouvelles d’un monde où les rapports de force évoluent rapidement, Bruxelles paraît s’obstiner à suivre une ligne idéologique datée, privilégiant certains grands principes globaux aux intérêts concrets du continent. Les dépenses massives continuent dans une guerre en Ukraine dont l’Europe n’a ni la maîtrise ni le contrôle réel des opérations et dont elle ne détient plus les leviers. Une posture rigide qui finit même par diviser profondément son propre camp. 

Face à un axe sino-russe qui avance avec cohérence et détermination, et une Amérique qui cherche à recoller les wagons avec l'Asie, l’Europe risque fort de se retrouver en position de grande perdante de ce nouveau "jeu" mondial. 

Xi Jinping apparaît ici bel et bien comme le nouveau chef d’orchestre de la géopolitique mondiale. Quant à Donald Trump, malgré ses efforts et ses tweets, il semble marquer le pas devant le rythme imposé par Pékin. Vladimir Poutine, solidement adossé au soutien stratégique et économique chinois, profite d’une Amérique de moins en moins disposée à le sanctionner financièrement ou à le condamner moralement, et sort grand vainqueur de ce bras de fer.


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