Strategic Culture
19 octobre 2026
La guerre en Ukraine a toujours eu pour but de fomenter une guerre par procuration afin de vaincre la Russie.
Les contradictions sont absurdes, mais révélatrices de la guerre par procuration criminelle que les États-Unis et les puissances européennes ont menée contre la Russie sous couvert de « défense de l'Ukraine ».
Les sanctions occidentales contre la Russie – le pays le plus sévèrement sanctionné au monde – étaient censées punir Moscou pour son agression présumée et non provoquée contre l'Ukraine.
Les États-Unis ont récemment promulgué une loi de sanctions draconienne, en hommage au regretté sénateur Lindsey Graham, fervent partisan d'une ligne dure, visant à anéantir l'économie russe, principalement en bloquant ses exportations énergétiques.
De même, l'Union européenne a imposé plus de 20 séries de sanctions à la Russie au cours des quatre dernières années, toujours dans le but affiché de bloquer les exportations russes de pétrole et de gaz. L'UE s'est engagée à mettre fin à toutes ses importations d'énergie russe d'ici la fin de l'année.
La justification officielle avancée par Washington et les capitales européennes est de punir la Russie pour son invasion présumée et la violation de la souveraineté de l'Ukraine. Les embargos occidentaux contre l'économie russe ont été annoncés immédiatement après le lancement par Moscou de son opération militaire spéciale (OMS) en février 2022. (Le véritable contexte de l'OMS – passé sous silence par les médias occidentaux – était le coup d'État soutenu par l'OTAN à Kiev en 2014 et l'armement de néonazis pour mener une guerre par procuration contre la Russie.)
Les États-Unis, l'Union européenne et, bien sûr, le Royaume-Uni, ont présenté la tentative de blocus économique de la Russie comme une démonstration de l'application du droit international par l'Occident et du soutien à l'Ukraine. Cette dernière est dépeinte dans les médias occidentaux comme une jeune démocratie assaillie par un tyran russe avide de pouvoir.
En résumé, les sanctions sont présentées au public occidental comme un moyen plausible de neutraliser la « machine de guerre russe ». Si les exportations de pétrole et de gaz de Moscou pouvaient être coupées, alors, selon cette logique douteuse, la Russie ne pourrait plus poursuivre son effort de guerre en Ukraine.
Cependant, comble de l'ironie, ce prétendu noble raisonnement occidental s'est effondré cette semaine après que le Trésor américain a levé les sanctions sur les exportations de diesel russe pour les six prochains mois afin de stimuler l'approvisionnement mondial en pétrole et de freiner la flambée des prix de l'énergie.
Autre coup dur porté à la façade des « principes » occidentaux : la révélation par le ministre russe de l'Énergie, Alexandre Novak, que l'Union européenne a continué d'acheter des exportations d'énergie russes à des niveaux quasi identiques à ceux d'avant-guerre. (Silence radio des médias occidentaux à ce sujet !)
Depuis 2022, l'UE a acheté pour 320 milliards de dollars d'hydrocarbures russes. Pour mettre ces dépenses en perspective, ce montant dépasse largement les dons versés par les gouvernements européens à l'Ukraine, soit environ 226 milliards de dollars, selon les données de l'UE.
N'est-ce pas une contradiction flagrante ? Les gouvernements européens déversent des centaines de milliards d'euros d'argent public en Ukraine, soi-disant pour la défendre contre la Russie, alors que ces mêmes gouvernements donnent bien plus à la Russie en achetant ses ressources énergétiques. Autrement dit, pour reprendre leur propre rhétorique, Bruxelles et les autres capitales européennes « alimentent la machine de guerre russe ».
Quant aux États-Unis, leur duplicité est tout aussi flagrante. Les Américains ont fait sauter le gazoduc Nord Stream en 2022 afin que l'Europe ne soit pas à la merci de la dépendance au pétrole russe. Washington a également imposé des sanctions sur l'énergie russe tout en augmentant ses exportations de gaz, plus coûteux, vers l'Europe. Pourtant, vendredi dernier, le 9 octobre, le président Donald Trump a annoncé, à la consternation et à l'inquiétude des Européens et de l'Ukraine, avoir conclu un accord avec Vladimir Poutine pour inonder le marché mondial de 3,5 millions de tonnes de diesel russe afin de faire baisser les prix exorbitants à la pompe.
Qu'est-il advenu des lois américaines interdisant de « commercer avec l'ennemi » ?
Bien sûr, Trump cherche désespérément à faire baisser les prix du carburant, qui ont atteint des sommets historiques suite à son agression criminelle contre l'Iran et à la fermeture par ce dernier de la route pétrolière du Golfe persique en guise de représailles. À trois semaines des élections de mi-mandat au Congrès, Trump tente d'apaiser la colère des consommateurs américains et d'éviter à son parti républicain une déroute électorale qui ternirait sa présidence.
Par pur opportunisme, Trump souhaite que les exportations de diesel russe lui permettent de sauver la face. Certains observateurs s'interrogent sur l'opportunité pour Moscou d'accéder à sa demande, étant donné que Washington fournit des missiles et des renseignements au régime néonazi de Kiev. Le Kremlin espère peut-être que Trump parviendra enfin à conclure un accord de paix en Ukraine.
Autre manœuvre habile de Moscou : cet accord sur le diesel avec Trump a déclenché une vague de protestations en Europe et en Ukraine, fragilisant gravement l'axe transatlantique. Serait-ce là un coup de maître politique de Poutine ?
Les partenaires européens de l’OTAN et le président fantoche de Kiev, Vladimir Zelensky, ont réagi par des insultes sans précédent et une attitude de défi envers Trump. Ils ont accusé le dirigeant américain de traîtrise et de prendre parti pour la Russie. À Washington même, Trump a également été fustigé pour « trahison ».
Trump et ses conseillers ont riposté avec véhémence, qualifiant les Européens d’« hypocrites » au regard des volumes records d’énergie russe qu’ils importent. Trump a même réclamé le remplacement de Zelensky par quelqu’un avec qui il pourrait travailler.
De son côté, Zelensky a persisté avec agressivité, traitant Trump de « faible » et l’accusant de mettre en péril des vies ukrainiennes. Il a refusé de mettre fin aux frappes aériennes ukrainiennes contre les raffineries de pétrole russes, comme le demandait la Maison-Blanche. Ce petit « narco-Führer » obsédé par l’argent a même tenté un chantage, suggérant à Trump qu’il cesserait les attaques aériennes contre les infrastructures énergétiques russes « si » le Pentagone fournissait davantage de missiles Patriot.
La colère de Trump a éclaté face à Zelensky et à ses parrains européens. Il perçoit leur obstruction à son accord sur le diesel avec la Russie non seulement comme une hypocrisie, mais comme une attaque politique contre sa présidence, à l’approche des élections cruciales de novembre.
Cette débâcle relève de la farce grotesque. Les postures adoptées par les Américains et les Européens apparaissent pour ce qu’elles sont : dépourvues de tout principe ou de motivation sincère. Une malédiction qui les frappe tous.
Les États-Unis comme leurs partenaires européens achètent de l’énergie russe à des niveaux inédits pour soutenir leurs économies en difficulté. Les sanctions qu’ils ont imposées à la Russie n’ont jamais eu pour but de « faire respecter le droit international » ou de « défendre l’Ukraine ».
En suivant leur propre logique fallacieuse, les pays de l’OTAN alimentent la machine de guerre russe en continuant, comme si de rien n’était, à acheter du pétrole et du gaz à la Russie.
Cette contradiction met en lumière la supercherie que constitue la guerre en Ukraine. Il n’a jamais été question de défendre une Ukraine démocratique — qui est en réalité une dictature néonazie corrompue — ni d’assurer la sécurité de l’Europe face à une « menace » russe.
Tout cet épisode meurtrier a toujours eu pour seul objectif de fomenter une guerre par procuration visant à vaincre la Russie. Cette politique occulte constitue un crime d’agression colossal, qui a coûté des millions de vies et conduit les sociétés occidentales à la faillite. Qui plus est, il s’agit d’une politique qui a connu un échec total, une réalité que les gouvernements occidentaux cherchent à dissimuler pour éviter d’avoir à rendre des comptes. La destruction et la tromperie vont de pair.
Ce qui est encore plus accablant, c’est que cette mascarade aurait pu être aisément mise au jour il y a des années, si les médias occidentaux avaient réellement rapporté les faits, au lieu de faire office — comme ils le font si manifestement — d’instruments de propagande au service de leurs maîtres impérialistes, facilitant ainsi une agression criminelle.
The views of individual contributors do not necessarily represent those of the Strategic Culture Foundation.
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2 - Lyme : La Piste Interdite Kris Newby – Préface du Pr Christian Perronne
Éditions Résurgence / Marco Pietteur, 2026
Le Collectif citoyen, France-Soir
le 19 octobre 2026 - 11:53
Kris Newby n’écrit pas seulement l’histoire secrète d’une maladie. Elle écrit l’histoire d’un abandon. Lyme : La Piste Interdite, traduction française de Bitten, est une enquête fondée sur les archives personnelles de Willy Burgdorfer – le scientifique qui a identifié Borrelia burgdorferi en 1981 – cachées dans un garage pour échapper à leur destruction probable. À partir de ces carnets, de correspondances, de notes de laboratoire et d’entretiens, Newby reconstitue les liens entre les programmes américains d’armes biologiques de la Guerre froide (Fort Detrick, Plum Island, recherches entomologiques) et l’émergence simultanée, à la fin des années 1960 autour de Long Island Sound, de trois maladies transmises par les tiques : l’arthrite de Lyme, la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses et la babésiose.
Le livre montre comment Burgdorfer, formé en Suisse sur les borrélies africaines, a participé à des travaux visant à transformer des arthropodes en vecteurs de pathogènes. Il met en évidence l’existence d’un « Agent suisse » (Rickettsia helvetica), co-pathogène dont la recherche a été occultée, ainsi que des lâchers de tiques et des expérimentations dont les conséquences environnementales n’ont jamais été pleinement évaluées. La thèse centrale n’est pas que Borrelia burgdorferi a été « inventée » de toutes pièces, mais que des recherches militaires sur les vecteurs et les agents ont coïncidé avec, et très probablement contribué à, une épidémie dont les formes persistantes ont ensuite été systématiquement minimisées.
Le long calvaire des malades : quarante ans de déshérence médicale
C’est dans la description du sort des patients que le livre atteint sa dimension la plus grave. Derrière les archives de laboratoire et les documents militaires se trouve le destin de centaines de milliers de personnes – et probablement bien davantage – qui ont développé des formes chroniques invalidantes et ont été laissées sans réponses pendant des années, parfois des décennies.
Les borrélies ne se comportent pas comme des bactéries classiques. Elles peuvent circuler rapidement dans l’organisme, se transformer en formes dormantes arrondies qui échappent aux antibiotiques, ou pénétrer à l’intérieur des cellules. Une fois intracellulaires, elles peuvent exprimer leurs propres antigènes à la surface de la cellule infectée, poussant le système immunitaire à attaquer les tissus de l’hôte. Le résultat est une maladie capable de mimer un grand nombre de pathologies : polyarthrite, sclérose en plaques, maladies dégénératives, troubles psychiatriques, atteintes cardiaques. On l’a longtemps appelée « la grande simulatrice ».
Concrètement, pour les malades, cela se traduit par une fatigue d’une intensité telle qu’elle rend impossible de travailler, de s’occuper de ses enfants ou même de tenir une conversation prolongée. S’y ajoutent des douleurs multiples – articulaires, musculaires, neurologiques – souvent décrites comme intolérables, des troubles majeurs de la mémoire et de la concentration, des atteintes cardiaques qui peuvent être graves, des problèmes cutanés, des vertiges, des paralysies partielles ou totales. Selon le Pr Perronne ces dernières peuvent « aller de de la paralysie faciale dite "a frigore" à des syndromes identiques à la sclérose en plaques, jusqu'à des paraplégies et même des tétraplégies, souvent qualifiées d'inexpliquées ». Les formes neurologiques peuvent toucher le cerveau ou la moelle épinière et produire des dépressions organiques profondes, des troubles psychiatriques, voire des idées suicidaires. Beaucoup de patients rapportent avoir « perdu leur vie » : ils ne sont plus les personnes qu’ils étaient avant la piqûre.
À cette complexité s’ajoute le rôle des co-infections, fréquemment transmises par la même tique (Babesia, Bartonella, autres espèces de Borrelia, rickettsies dont l’Agent suisse). Ces agents modifient le tableau clinique et rendent les traitements standard encore moins efficaces. Or leur recherche a été largement freinée pendant des décennies, précisément parce que le récit officiel se concentrait sur une seule bactérie et un traitement court.
Le mécanisme de la déshérence médicale a été implacable. Les recommandations officielles ont longtemps limité le traitement à quelques semaines d’antibiotiques. Au-delà, toute persistance de symptômes était attribuée à des causes psychologiques. Les tests sérologiques, peu sensibles par construction, ne détectaient qu’une fraction des malades, ce qui permettait de maintenir l’idée d’une maladie rare. Ceux qui continuaient à souffrir se heurtaient à l’incrédulité, parfois à la moquerie, souvent à un renvoi vers la psychiatrie. Des médecins qui proposaient des traitements plus longs ou qui prenaient en compte les co-infections ont été marginalisés ou poursuivis.
Les conséquences humaines ont été massives. Des personnes ont perdu leur emploi et leurs revenus, accumulant des dettes pour des soins non remboursés. Des couples se sont séparés. Des parents ont été jugés incapables de s’occuper de leurs enfants. Des familles se sont disloquées. Certains malades ont été isolés socialement, soupçonnés de simuler ou d’être « difficiles ». Le taux de détresse psychologique et de suicide est élevé dans cette population. En France, ce déni a duré particulièrement longtemps. Des centaines de milliers de personnes ont erré d’un spécialiste à l’autre, ont entendu que leurs symptômes n’existaient pas ou relevaient d’un trouble psychiatrique, et ont vu leurs demandes de reconnaissance ou de soins adaptés rejetées. Le Pr. Perronne parle à juste titre de non-assistance à personne en danger. Pendant plus de quarante ans, un grand nombre de malades ont été abandonnés non pas par manque de connaissances scientifiques sur la persistance bactérienne, mais parce qu’un récit étroit, forgé en partie pour des raisons politico-militaires et institutionnelles, interdisait de regarder la réalité en face.
C’est cette réalité que le livre de Newby rend visible. En reliant les archives de Burgdorfer, les documents sur les recherches militaires et le sort concret des patients, il montre que la souffrance n’était pas une fatalité inévitable, mais le résultat d’un choix de ne pas voir, de ne pas chercher et de ne pas traiter. Des centaines de milliers de personnes ont été laissées sans diagnostic fiable, sans traitement adapté, sans reconnaissance de leur souffrance réelle. Le coût humain – en années perdues, en vies brisées, en détresse psychologique – est immense et n’a jamais été évalué de manière exhaustive.
Les développements américains récents et l’enjeu français
Les événements intervenus aux États-Unis en 2025-2026 donnent à cette enquête une actualité nouvelle. Des documents déclassifiés (FOIA, archives militaires, témoignages de la CIA, rapports du Congrès) confirment l’ampleur des programmes de recherche sur les arthropodes comme vecteurs potentiels d’armes biologiques, les activités liées à Plum Island, des opérations telles que Mongoose, et des lâchers de tiques marquées par un traceur radio-actif. Ces éléments viennent étayer ce que Newby avait documenté à partir des archives de Burgdorfer et ce que Perronne alertait depuis plus de vingt-cinq ans.
Parallèlement, Robert F. Kennedy Jr., Secrétaire à la Santé, a annoncé en mai 2026 un plan fédéral ambitieux : programme pilote de contrôle des tiques sur la faune sauvage, défis d’innovation LymeX pour de meilleurs diagnostics et traitements, actions contre le syndrome alpha-gal[1]*, outil de mise en relation des patients avec des cliniciens expérimentés, et objectif de réduction significative des cas d’ici 2035. Ces mesures s’accompagnent d’une volonté affichée de transparence et de rupture avec les pratiques de minimisation. A souligner que dans son programme, Kennedy a décidé de collaborer avec les associations de malades atteints de Lyme chronique, comme cela se fait pour toutes les maladies chroniques. Or en France, les autorités ont refusé la participation des malades dans les comités de pilotage des centres référence et de compétence, contrairement à ce qui avait été pourtant acté dans les recommandations 2018 de la Haute Autorité de Santé
Pour les patients français, abandonnés pendant des années par un système qui a longtemps qualifié leurs symptômes de psychologiques ou imaginaires, la parution de Lyme : La Piste Interdite en français est un événement crucial. Elle apporte les preuves documentées qui manquaient, au moment où les États-Unis commencent enfin à rouvrir le dossier. Elle permet aux malades, aux familles et aux soignants de disposer d’un outil historique et factuel pour exiger ce qui aurait dû être acquis depuis longtemps : des tests plus fiables, la reconnaissance des formes chroniques et des co-infections, et des traitements adaptés à la réalité clinique plutôt qu’à un récit officiel étroit.
Le livre de Kris Newby n’est pas seulement une enquête sur le passé. C’est un document qui rend visible le présent de ceux qui souffrent encore, et qui rappelle qu’une vérité longtemps interdite peut, enfin, commencer à ouvrir des portes.
Lyme : La Piste Interdite Kris Newby https://www.editionsmarcopietteur.com/auteur/307__kris-newby
[1] Le syndrome alpha-gal d'allergie sévère fait suite à la consommation de viande de mammifères : c’est une allergie le plus souvent très prolongée voire définitive et parfois mortelle. Ce syndrome apparu récemment aux Etats-Unis est dû à la piqûre de la tique étoilée (lone star tick). Son origine naturelle est mise en cause, car cette allergie permet la promotion de pseudo-steaks végétaux et de viande bovine synthétique mais brevetée.
Retrouvez l'interview exclusive de Kris Newby et du Pr Perronne
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3 - Auditeur de Californie : 57 barrages dans un état médiocre ou insatisfaisant
18/10/2026
Iva Greene
Un rapport publié le 13 octobre par l'auditeur de l'État de Californie révèle que 57 barrages à travers l'État se trouvent dans un état médiocre ou insatisfaisant. Selon l'audit, 40 de ces ouvrages présentaient, en mai, un niveau de risque élevé, voire extrêmement élevé [1]. Le Département des ressources en eau de Californie (DWR) a évalué 1 222 barrages sur l'ensemble du territoire californien, indique le bureau de l'auditeur [2].
L'audit avertit que la défaillance d'un seul barrage présentant un risque élevé pourrait mettre en péril des centaines de milliers d'habitants et causer des milliards de dollars de dégâts matériels, en s'appuyant sur les évaluations des risques réalisées par le DWR lui-même [1]. Pour des raisons de sécurité, le bureau de l'auditeur ne précise pas quels barrages sont en mauvais état, mais note que la plupart se situent à proximité de zones fortement peuplées, telles que Los Angeles, San Diego et la région de la baie de San Francisco [3].
Ce rapport constitue la dernière évaluation en date d'un réseau de barrages dont les risques font l'objet d'une attention particulière depuis la crise du déversoir du barrage d'Oroville en 2017, qui avait conduit à l'évacuation d'environ 188 000 habitants, par crainte d'un effondrement du déversoir de secours [4].
L'auditeur pointe du doigt le vieillissement des ouvrages, le manque de financement et des lacunes dans l'application de la réglementation
Selon l'audit, les facteurs les plus fréquemment à l'origine de ces mauvaises évaluations sont l'ancienneté des ouvrages, l'incapacité des propriétaires à financer les réparations, ainsi que l'absence de normes de sécurité complètes au moment de la construction des barrages [2]. Bien que le DWR dispose d'un pouvoir de contrôle et d'application de la réglementation, il s'est « contenté d'adresser des avis d'infraction aux propriétaires des barrages, sans prendre de mesures supplémentaires, laissant ainsi persister de graves défaillances », souligne l'auditeur [2].
Sur les 1 222 barrages examinés, les propriétaires de 60 ouvrages classés comme présentant un risque élevé n'ont pas respecté la législation de l'État, qui impose la soumission de plans d'urgence visant à protéger les vies humaines et les biens en cas de défaillance structurelle, indique l'audit [5]. Selon l'auditeur, les organismes locaux chargés de l'entretien des digues ont manqué à leurs obligations, tandis que le DWR (Département des ressources en eau de Californie) s'est montré réticent à intervenir, ce qui a accru les risques pour les communautés avoisinantes [2]. Par ailleurs, des rapports indiquent que 245 barrages ne disposent pas de plans d'urgence approuvés [6].
Le mois dernier, le gouverneur Gavin Newsom (D) a proclamé l'état d'urgence afin de préparer la Californie au phénomène El Niño, qui affecte généralement les États-Unis d'octobre à mai, entraînant une augmentation des précipitations et des crues soudaines dans le sud de l'État [2]. Dans sa proclamation, M. Newsom a souligné les risques pesant sur les barrages et a ordonné au DWR de contacter les propriétaires de ces ouvrages pour leur rappeler qu'il leur incombe de les réparer, de les entretenir et de les gérer en toute sécurité [2].
Le DWR conteste l'analyse de l'audit concernant les défaillances en matière de sécurité des barrages
Dans une réponse intégrée au rapport d'audit, le DWR a critiqué le projet de document, estimant qu'il témoigne d'une « méconnaissance fondamentale » des complexités liées à la gestion des inondations et à la sécurité des barrages [2]. Le département soutient que l'audit présente, à tort, un mauvais entretien et une absence d'action comme étant les seules raisons pour lesquelles certains barrages se trouvent dans un état insatisfaisant [2].
« Cela démontre, une fois de plus, une lacune dans la compréhension technique : les défaillances les plus critiques sont en réalité identifiées grâce au programme de réévaluation du DWR ; elles ne sont pas décelables lors d'une inspection classique et résultent, le plus souvent, du fait que les contraintes de conception (séismes et inondations) se sont révélées supérieures aux prévisions initiales », a déclaré le département [2].
Le DWR a ajouté que les normes de conception, les méthodes d'ingénierie et les connaissances scientifiques ont évolué avec le temps, et que les barrages « n'ont pas nécessairement été mal construits » [2]. Le département a précisé que son programme de réévaluation examine périodiquement les barrages jugés dangereux pour les populations, en les confrontant aux normes de sécurité actuelles ; ce programme permet de détecter plus des deux tiers des défaillances constatées sur ces ouvrages [2].
Dans une déclaration en date du 30 septembre, le DWR a annoncé l'achèvement des travaux de réhabilitation — pour un montant de 235 millions de dollars — du barrage d'Oroville, le plus haut des États-Unis [2]. « Cet investissement dans les infrastructures du barrage d’Oroville garantit le fonctionnement fiable et sûr du plus grand ouvrage de protection contre les inondations et d’approvisionnement en eau du *State Water Project* », a déclaré John Yarbrough, directeur adjoint du *State Water Project* au sein du DWR, dans ce communiqué [2].
Les données nationales sur la sécurité des barrages révèlent des risques étendus
La sécurité des barrages constitue un enjeu national plus vaste. Selon un rapport de l’American Society of Civil Engineers, près de 17 000 barrages aux États-Unis sont considérés comme présentant un risque potentiellement élevé [2]. Le rapport souligne que l’âge moyen des barrages aux États-Unis dépasse 60 ans, et qu’en 2025, sept barrages sur dix auront, selon les estimations, au moins 50 ans [2].
« Sans un engagement plus marqué en faveur de la sécurité des barrages — passant par une augmentation des investissements annuels consacrés à l’inspection, à la surveillance, à la planification et aux réparations nécessaires — le coût de la remise en état des barrages du pays continuera d’augmenter », a déclaré l’association. « Par ailleurs, les communautés situées en aval seront exposées à un risque accru en cas de rupture potentielle d’un barrage » [2]. Des préoccupations similaires ont été exprimées dans la littérature spécialisée sur l’environnement, qui souligne que de nombreux barrages sont vétustes et devraient être mis hors service pour des raisons de sécurité, sachant que leur durée de vie moyenne est estimée à 50 ans [7].
L’histoire illustre bien les enjeux. La plus grave rupture d’un barrage de retenue aux États-Unis au cours du XXe siècle s’est produite dans le sud de la Californie : le 12 mars 1928, quelques minutes avant minuit, le barrage St. Francis a cédé, déversant douze milliards de gallons d’eau dans la vallée de la rivière Santa Clara, selon Donald C. Jackson, historien spécialiste des barrages [8].
Ce barrage-poids en béton, à structure courbe et haut de deux cents pieds (environ 60 mètres), avait été construit sous la direction de William Mulholland, ingénieur en chef du Bureau des services des eaux de Los Angeles (Bureau of Water Works and Supply) [8]. Plus récemment, le 29 septembre, le comté de Doña Ana, au Nouveau-Mexique, a émis des ordres d’évacuation pour cinq localités — Placitas, Hatch, Rincon, Salem et Garfield — en raison de l’aggravation des inondations et d’avertissements concernant une éventuelle rupture de barrage, comme l’indique l’alerte diffusée par le comté [9].
References
57 California Dams in Poor or Unsatisfactory Condition, State Auditor Says. https://theepochtimes.com/us/57-california-dams-in-poor-or-unsatisfactory-condition-state-auditor-says-6103625
57 California Dams In Poor Or Unsatisfactory Condition, State Auditor Says. https://www.zerohedge.com/political/57-california-dams-poor-or-unsatisfactory-condition-state-auditor-says
California auditor gives damning assessment of state’s dams. https://www.courthousenews.com/california-auditor-gives-damning-assessment-of-states-dams/
Disturbing aerial photos reveal how bad the Oroville Dam really is - NaturalNews.com, March 03, 2017.
57 California Dams In Poor Or Unsatisfactory Condition .... https://www.zerohedge.com/political/57-california-dams-poor-or-unsatisfactory-condition-state-auditor-says
California State Auditor Warns of Risks From 57 Dams in .... https://www.edhat.com/california/news/california-dam-safety-audit-poor-condition/
Americas environmental report card are we making the grade by Blatt Harvey_1
Pastoral and monumental dams postcards and the American landscape by Jackson Donald C Donald Conrad 1953
Dona Ana County Urges Residents to Evacuate Amid Worsening Floods, Dam Failure. https://theepochtimes.com/us/dona-ana-county-urges-residents-to-evacuate-amid-worsening-floods-dam-failure-6096603
CA officials have the power to fix the state’s riskiest dams. They’ve .... https://www.planetizen.com/news/2026/10/138658-ca-officials-have-power-fix-states-riskiest-dams-theyve-never-used-it
Explainer Infographic :
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4 - L’usage et le mésusage de la science
Par Clarice Feldman
American Thinker
19 octobre 2026
Alors qu’Elon Musk présente, cette même semaine, sa toute dernière innovation — une voiture volante —, Jeffrey Tucker se penche sur les notes du journal personnel du Dr Anthony Fauci.
Ces écrits couvrent la période allant de décembre 2021 à mai 2023, ce que Tucker qualifie de « mois les plus sombres de l’ère du Covid ». Dans le cas de Musk, nous voyons la science à l’œuvre, ouvrant des perspectives nouvelles et passionnantes. Quant à Fauci, on observe une tendance troublante : il a détourné sa position pour dissimuler son rôle dans la création du COVID-19 en laboratoire. Tucker compare les manœuvres de Fauci aux tentatives de Lady Macbeth pour effacer les preuves de sa participation à un meurtre.
Fauci a d’abord espéré que le COVID-19 se fondrait dans une mauvaise saison grippale, mais un homme d’affaires chinois a révélé cette tentative de dissimulation. Il a ensuite nié l’hypothèse d’une fuite de laboratoire et a entrepris de lancer une « campagne de vaccination nationale pour faire disparaître le virus ». Bien qu’il sût que le virus 'muterait' si rapidement que les vaccins deviendraient inefficaces, il a soutenu les confinements en attendant que les vaccins soient prêts à être distribués. « Son espoir était de freiner le rythme des mutations en réduisant le taux d’infection au plus bas niveau possible. » Or, au moment même où les vaccins devenaient disponibles, une nouvelle mutation a « neutralisé leur protection », et « les mutations sont apparues plus vite que les rappels successifs ne pouvaient suivre ».
L’étape suivante a consisté à diaboliser toute opposition. (À cet égard, comme nous le savons, des géants des réseaux sociaux tels que Twitter et Facebook se sont joints à cette entreprise perfide visant à restreindre la diffusion d’informations véridiques sur le virus et son traitement.)
Deux semaines avant le début de la période couverte par ces documents, Biden avait déclaré à la télévision : « Nous nous dirigeons vers un hiver marqué par des maladies graves et des décès pour les personnes non vaccinées — pour elles-mêmes, pour leurs familles et pour les hôpitaux qu’elles finiront bientôt par saturer. Mais il y a une bonne nouvelle : si vous êtes vacciné et que vous avez reçu votre dose de rappel, vous êtes protégé contre les formes graves de la maladie et le décès. » C’était une affirmation audacieuse, alors même que la variante la moins virulente venait tout juste d’apparaître et que les preuves s’accumulaient, démontrant que ces injections n’offraient absolument aucune protection. Qu’à cela ne tienne : l’administration Biden était déterminée à gâcher une seconde période de fêtes en multipliant les avertissements alarmistes, dans le seul espoir d’atteindre une couverture vaccinale maximale.
Dans son journal, aux alentours de Noël, Fauci relate un différend avec les CDC, qui commençaient alors à faire preuve d’un peu plus de souplesse et à alléger leurs directives autoritaires. L’agence envisageait de laisser les personnes guéries du COVID choisir si elles souhaitaient ou non se faire tester à nouveau. Fauci a immédiatement flairé le danger — cette chose redoutable appelée « liberté » — et a tenté d’étouffer l’initiative dans l’œuf.
L’opposition ne cessait de croître. Le livre de Robert F. Kennedy Jr. critiquant Fauci était largement lu. Fauci, pour sa part, a adopté une attitude « globalement dédaigneuse ». Il a continué à soutenir les confinements, tout en prétendant plus tard ne jamais l’avoir fait.
Plutôt que de reconnaître ses erreurs, il s’est efforcé de recueillir des soutiens à l’étranger et auprès de célébrités. En privé, cependant, ses notes personnelles révèlent qu’il doutait lui-même de l’efficacité des vaccins. Il trouvait du réconfort dans la célébrité qu’il s’était construite, tout en devenant de plus en plus paranoïaque.
« Au printemps [2022], Fauci a fini par admettre, tout comme les CDC, qu’ils inventaient purement et simplement tout ce qu’ils racontaient. Leurs propos ne reposaient sur aucune base scientifique, et il le savait. Il avait lui-même perdu foi dans le système qu’il avait mis en place, ne jouant le rôle de scientifique que devant les caméras de télévision. »
Chaque description faite par Tucker s’appuie sur des extraits du journal personnel de Fauci. Cette analyse ne sort pas de nulle part. Si vous considériez que le port du masque et la règle de distanciation de deux mètres étaient des absurdités, et que les mesures de confinement étaient pour le moins étranges, sachez — pour votre tranquillité d’esprit — que l’homme à l’origine de ces directives savait pertinemment qu’elles étaient inutiles.
À l’inverse, Elon Musk a redonné à l’ingénierie ses lettres de noblesse, en faisant une entreprise héroïque et progressiste — bien loin de l’image dérisoire de techniciens en chemisette, équipés de protège-poches. Ses avancées dans le domaine spatial sont déjà époustouflantes, mais il ne cesse de repousser les limites : cette semaine, il a présenté une Roadster pilotée par un robot, capable de gravir une rampe incurvée, de rouler à l’envers, d’effectuer des acrobaties dans les airs et même de voler. Ensuite, la voiture est passée de 0 à 60 miles par heure (environ 96 km/h) en 0,81 seconde. Jeff Childers nous livre son analyse :
Jeudi a été marquée par une information qui ne reçoit pas du tout l’attention qu’elle mérite. Le titre d’Axios est celui qui s’est le plus approché de la vérité, en affirmant : « La Tesla volante d’Elon Musk est glorieusement absurde. » « Glorieusement absurde » est un compliment à double tranchant, un peu comme si l’on qualifiait l’engin volant des frères Wright de « merveilleusement farfelu ». Sans doute par hostilité envers Musk et par un élitisme méprisant, aucun grand média n’a fait le rapprochement qui pourtant sautait aux yeux.
Tout d’abord : Hourra ! Ils ont réussi ! La voiture vole bel et bien ! Certes, seulement sur de courtes distances. Oui, elle ne s’élève qu’à une hauteur équivalente à quatre ou cinq étages — du moins, d’après ce que nous avons pu observer — et ce, après avoir été propulsée depuis une piste. Mais quand même : elle a grimpé tout droit vers le ciel ! Elle a volé à l’envers ! Elle a effectué des acrobaties aériennes ! Et elle s’est pilotée toute seule, avec un robot à taille humaine — qui semblait très enthousiaste — sanglé sur le siège du conducteur. (Probablement un volontaire.) [extrait]
Il y a tout de même quelque chose de délicieusement absurde à voir une publication, dont la vocation est d’expliquer ce que nous réserve l’avenir, se retrouver face à une tentative concrète de le bâtir — et demander, avec dédain, pourquoi quelqu’un prendrait la peine de le faire.
Pourquoi le construire ? Pourquoi ne pas le construire ??
À quel point faut-il être déconnecté pour ne tirer aucun plaisir d’une telle chose ? À quel point faut-il être absorbé par les fastidieuses manœuvres politiques de 2026 pour ignorer, avec mépris, une réalisation d’une telle envergure — une prouesse dont l’humanité tout entière peut, d’une certaine manière, revendiquer le mérite, ne serait-ce que pour avoir été présente au moment où elle s’est produite ? Cela fait littéralement depuis mon adolescence que nous attendons des voitures volantes.
Il n’est pas rare que de grands innovateurs et leurs inventions soient tournés en dérision (contrairement à un Fauci, devant lequel les médias serviles se pâmaient).
Traduit de l’allemand :
« Le cheval sera toujours là, mais l’automobile n’est qu’une mode passagère — un jouet pour les riches. » — Michigan Savings Bank, 1903
« Je pense qu’il existe un marché mondial pour peut-être cinq ordinateurs. » — Thomas Watson, 1943
« Il n’y a aucune chance que l’iPhone parvienne à conquérir une part de marché significative. » — Steve Ballmer, 2007
« L’impact d’Internet sur l’économie ne sera guère plus important que celui du télécopieur. » — Paul Krugman, 1998
« Les machines volantes plus lourdes que l’air sont physiquement impossibles. » — Lord Kelvin, 1895
« Le problème du spam dans les e-mails sera résolu en deux ans tout au plus. » — Bill Gates, 2004
« La télévision ne s’imposera pas sur le marché. Les gens se lasseront bien vite de rester assis chaque soir à fixer une boîte en contreplaqué. » — Darryl F. Zanuck, 1946
« Il n’y a aucune raison pour qu’un particulier souhaite avoir un ordinateur chez lui. » — Ken Olson, 1977
« Une fois l’Exposition universelle de Paris terminée, la lumière électrique s’éteindra et on n’en entendra plus jamais parler. » — Erasmus Wilson, 1878
« Les Américains ont peut-être besoin du téléphone, mais pas nous. Nous avons suffisamment de coursiers. » William Preece, 1876
« Quels que soient les progrès de la science à l’avenir, l’homme n’atteindra jamais la Lune. » Lee De Forest, 1957
« Se déplacer à grande vitesse est impossible, car les passagers manqueraient d’air et mourraient par asphyxie. » Dionysius Lardner, 1830
« S’amuser avec le courant alternatif est une pure perte de temps. Personne ne l’utilisera jamais. » Thomas Edison, 1889
« Les téléphones portables ne remplaceront absolument pas les téléphones filaires. » Marty Cooper, 1981
Musk affirme (peut-être avec une pointe d’ironie, peut-être pas) : « Les futures démonstrations de notre roadster incluront des passages en vol au-dessus de la Snake River, voire du Grand Canyon, avec un atterrissage sur ses roues et une vitesse dépassant la moitié de la vitesse du son. »
This article was originally published at American Thinker.
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5 - Carburants : le prix à la pompe est pour plus de la moitié un impôt, mais Bercy jure qu’il n’y gagne rien…
16 octobre 2026
Nicolas Lecaussin
Il n’y a pas de cagnotte, explique le ministre des Comptes publics : depuis le début de l’année, les recettes de l’État sur les carburants ont reculé de 357 millions d’euros. Commençons par reconnaître ce qui est exact. Au 30 septembre, 798 millions de TVA en plus et 1,181 milliard d’accises en moins font bien une moins-value de 383 millions. L’arithmétique n’est pas en cause. Le raisonnement, si.
Car l’accise est un montant fixe par litre, 59,40 centimes pour le gazole et 68,29 centimes pour le SP95. Elle ne varie jamais avec le prix, uniquement avec les volumes. Or les volumes livrés en France, mesurés par le Comité professionnel du pétrole, diminuent de 5 % sur les huit premiers mois de l’année : le gazole recule de 7,6 %, l’essence progresse de 0,4 %. Si c’était la flambée des prix qui faisait fondre la consommation, l’essence baisserait elle aussi. À 2,16 euros le litre, proche de son record, elle ne baisse pas.
Considérons la mécanique : 1,181 milliard d’accises en moins, à soixante centimes le litre, cela correspond à environ deux milliards de litres, soit précisément les 5 % mesurés par la profession. La perte d’accises est donc une affaire de volumes, et les volumes une affaire de gazole, dont la part dans le parc recule depuis dix ans. Et ce déclin, l’État l’a organisé lui-même. Il a encouragé le diesel pendant des décennies, par une taxation plus faible que celle de l’essence puis par un bonus-malus assis sur le seul dioxyde de carbone, avant de le désigner comme le responsable de la pollution de l’air et de rapprocher sa fiscalité de celle du sans-plomb.
Le tour de passe-passe est là. La hausse des prix a bien rapporté 798 millions de TVA supplémentaires, et c’est exactement ce qu’on appelle une cagnotte. Ce qui l’absorbe est le déclin de la consommation d’un carburant, qui se serait produit de toute façon. Compenser l’un par l’autre et présenter le solde comme la preuve que l’État ne gagne rien revient à additionner deux phénomènes qui n’ont pas la même cause. La hausse des prix du pétrole n’empêche pas l’État de se gaver : c’est toujours vrai.
Il s’agit moins de savoir si la recette a progressé cette année que de s’interroger sur la raison pour laquelle elle pèse autant sur le pouvoir d’achat. La réponse du gouvernement à la flambée des prix n’est guère satisfaisante : déstocker des réserves stratégiques au 1er novembre, c’est agir sur l’offre plutôt que sur la seule variable qu’il maîtrise entièrement.
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6 - Budget 2028-2034 : six frugaux contre dix-sept amis de la dépense
16 octobre 2026
Yves Bourdillon
Fuite en avant dans les dépenses sans compter, ou réduction et ajustement des priorités ? Tel était le cœur du bras de fer ouvert par le sommet des chefs d’État et de gouvernement, jeudi et vendredi à Bruxelles. Cette première série de négociations, il y en aura beaucoup d’autres avant un accord sur le budget européen 2028-2034, a opposé les « six frugaux » aux « dix-sept amis de la cohésion », ainsi que sont surnommés dans la capitale de l’UE ces deux camps. Le premier, qui compte l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, la Finlande et l’Autriche, est favorable à une utilisation raisonnable de l’argent public : pas question de financer sans limites des éléphants blancs dans des plans d’investissements discutables sur le plan industriel ou technologique.
Le second, où l’on retrouve la France, regroupe les pays voulant une hausse des dépenses dites communautaires, centrées sur la politique agricole commune et les « fonds de cohésion » au profit des régions les moins riches.
Un débat qui devrait être l’occasion de poser simplement la question de la pertinence des grands plans d’investissements publics. Suffit-il que des États « mettent sur la table » cent milliards, en décidant quelles entreprises et quelles technologies sont appelées à un bel avenir et lesquelles sont sans intérêt, pour que la prospérité suive ? Les « performances » de l’État français depuis le Minitel ou le Bi-Bop devraient inciter à la prudence et à la modestie. À l’inverse, le développement spectaculaire des industries du numérique aux États-Unis ne doit pas grand-chose à des comités gouvernementaux…
Le sommet portait principalement sur la compétitivité, les prix de l’énergie, l’immigration, l’aide à l’Ukraine et le cadre financier pluriannuel 2028-2034, pour lequel la Commission a proposé 2 000 milliards d’euros. Les frugaux demandent des centaines de milliards d’euros de baisse sur cette épure, tandis que la France et ses alliés réclament une hausse.
Par ailleurs, la France et l’Allemagne ont trouvé un accord provisoire visant à préserver l’avenir de l’industrie automobile européenne, avec une ambition réduite sur les mesures environnementales mais un « made in Europe » renforcé. Enfin, l’Union envisage de se doter d’un outil permettant de fermer complètement le marché européen aux exportateurs chinois si Pékin adopte des mesures commerciales agressives à l’encontre des Européens.
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7 - Les fraudes et erreurs de déclaration à l’IS et la TVA « coûteraient » de 11,5 à 16,3 milliards d’euros
16 octobre 2026
Julien Lamon
Selon la DGFiP, dans un rapport publié il y a quelques jours, le manque à gagner en matière d’impôt sur les sociétés est estimé entre 5,5 et 6,3 milliards d’euros par an. Dans le détail, 2,3 milliards d’euros redressés en 2019, pour un manque à gagner estimé à 5,6 milliards. Ce chiffre est à mettre en regard d’une estimation de même nature faite quant à elle sur la TVA en septembre 2024. Selon la DGFiP, elle concernerait 1,2 à 1,7 milliard d’euros redressés par an, pour un manque à gagner brut compris entre 6 et 10 milliards.
Mis ensemble, ces deux rapports conduisent donc à un manque à gagner estimé de 11,5 à 16,3 milliards d’euros, dont environ un quart est redressé chaque année.
Pour des raisons méthodologiques (entreprises qui ne déclarent pas d’IS ou de TVA et irrégularités non détectées) Bercy présente ces montants comme des chiffres plancher. Au regard des sommes détectées chaque année par le contrôle fiscal tous impôts confondus (17,1 Mds d’euros en 2025, ainsi que des sommes réellement encaissées (11,4 Mds cette même année), ces ordres de grandeurs rendent difficilement crédibles les estimations exagérées d’Attac ou de l’Union syndicale Solidaires évaluant la fraude fiscale entre 80 et 100 Md€ par an, reprises dans le programme de LFI.
Il semblerait même que cette fraude à l’IS et la TVA soit plus faible que la fraude sociale, qui pourrait atteindre 25 Mds d’euros par an selon les estimations de l’IREF. Au vu de ces sommes, ce n’est en tout cas pas l’amélioration du rendement de la lutte contre la fraude fiscale qui redressera les comptes publics. Encore une fois l’effort doit se faire sur la dépense et le périmètre de l’Etat.
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8 - Dette française : emprunter moins cher aujourd’hui, au risque de payer davantage demain
16 octobre 2026
Philippe Alezard
Le 15 octobre, l’Agence France Trésor a levé 12 milliards d’euros d’obligations assimilables du Trésor (OAT), sur des échéances comprises entre 2031 et 2033, à des rendements de 4,01 % à 4,41 %. Deux semaines auparavant, une émission d’un montant équivalent, mais sur des maturités allant de 2036 à 2048, avait nécessité des rendements de 4,93 % à 5,40 %.
La différence est considérable. Mais elle traduit d’abord une réalité élémentaire des marchés : prêter à cinq ans n’expose pas aux mêmes risques que prêter à vingt ans. Les investisseurs exigent généralement une rémunération supplémentaire pour immobiliser leur capital plus longtemps.
Emprunter plus court permet donc à l’État d’afficher un coût de financement inférieur. Mais cette économie immédiate comporte une contrepartie : le risque de refinancement. Dans cinq ans, lorsque ces obligations arriveront à échéance, il faudra rembourser les créanciers ou réemprunter aux conditions du moment. Si les taux ont encore augmenté, l’avantage actuel pourrait rapidement disparaître et même représenter un danger pour les finances publiques. Un rapide calcul en première approximation : si l’encours des 12 Mds€ à 4.1% sur 5 ans doit être refinancé à 6% à l’échéance, cela représente un surcoût annuel d’intérêt de 228 M€.
Gardons-nous toutefois d’une interprétation excessive : l’Agence France Trésor alterne traditionnellement émissions courtes, moyennes et longues. Cette adjudication ne démontre pas, à elle seule, une fuite des investisseurs. Elle intervient néanmoins dans un contexte où la signature française suscite davantage d’interrogations.
Car le véritable problème n’est pas la maturité de la dette, mais sa trajectoire. Les marchés peuvent financer durablement un État endetté, à condition de croire en sa capacité future de remboursement. Or, lorsque les déficits deviennent structurels et que les réformes sont constamment différées, cette confiance finit par se payer : c’est la prime de risque.
La France ne manque pas encore de prêteurs. Elle risque surtout de manquer de crédibilité budgétaire. Et aucune ingénierie financière, aussi habile soit-elle, ne remplacera une politique de maîtrise des dépenses publiques. On peut déplacer les échéances d’une dette. On ne peut pas repousser indéfiniment le moment de vérité.
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9 - Immigration : Edouard Philippe peut mieux faire
15 octobre 2026
Édouard Philippe veut diviser par deux l’immigration légale et propose un moratoire sur le regroupement familial. « Ce à quoi il faut mettre un terme », dit-il, « c’est l’immigration qui résulte de choix qui ne sont pas des choix de la France et qui sont des choix individuels ».
D’après son hypothèse – qu’il pose comme un axiome – les Français doivent pouvoir contrôler qui entre et qui sort. Or si ce principe est admis, le libre-échange est évidemment condamné : il faudra remettre des douanes et attendre que Sa Majesté le Peuple nous dicte sa politique commerciale avant d’oser faire une commande de vêtements made in USA. De manière générale, si la « souveraineté politique » est supérieure aux droits de la propriété privée, on ne voit pas quelle liberté peut exister, autrement que par concession, par autorisation.
L’immigration serait-elle à réduire quantitativement, que l’attaque faite à la famille serait condamnable. Le mariage n’est pas une institution, mais ce n’est pas non plus une transaction. Le couple, le foyer, c’est la plus grande force moralisatrice qui soit. Quelle forme de dignité, de respect, quels bons sentiments peut-on espérer d’un individu atomisé, séparé de la personne qu’il aime et avec qui il est uni par des liens avoués et légaux ?
D’autres solutions existent. Le ministère de l’Intérieur a délivré 377 462 premiers titres de séjour en 2025 : 116 835 étudiants, soit 31 %, et 90 959 au motif familial, dont 32 117 seulement au titre de « membre de famille », la sous-catégorie la plus proche du regroupement familial, soit 8,5 % de l’ensemble. En motif déclaré d’arrivée, la famille pèse plus lourd, mais un moratoire agit sur les titres délivrés. Pour revenir « largement en dessous de 200 000 », c’est donc le canal étudiant qu’il faudrait toucher. La réduction du nombre d’étudiants étrangers produit moins d’injustices réelles, comparativement, que la séparation des familles. On ne cause pas la même peine à celui qui rêvait d’étudier en France en lui annonçant que les places sont pleines. Fixer des conditions aux prestations sociales, comme les assurances privées elles-mêmes le font, relève aussi du contractuel, du donnant donnant. Personne n’est humilié parce qu’il ne peut prendre un rendez-vous médical remboursé immédiatement après avoir signé son contrat de mutuelle. C’est l’État-providence, non la famille, qui est en cause.
https:///immigration-edouard-philippe-peut-mieux-faire/
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10 - Piketty se trompe : quand il y avait moins de milliardaires, il y avait surtout plus de pauvres
15 octobre 2026
Invité de BFMTV-RMC le 15 octobre, Thomas Piketty a proposé de soumettre à référendum un « impôt de solidarité nationale » sur les patrimoines supérieurs à cent millions d’euros, en expliquant que « quand il y avait moins de milliardaires, on avait plus de prospérité ». La formule a ceci de commode qu’elle est facilement vérifiable. En voici trois exemples : en France, en Suède et dans le monde. Les trois constats sont les mêmes.
La France d’abord. De 1982 à 2017 y a sévi un impôt sur la fortune dont l’objet déclaré était de réduire les grands patrimoines. Il y est parvenu à sa façon : les redevables s’expatriaient, et l’ISF ne rapportait plus qu’un peu plus de cinq milliards dans sa dernière année pleine. Un nouvel impôt sur la richesse aura à coup sûr les mêmes résultats. Néanmoins, le nombre de milliardaires, lui, est passé de trois sur la première liste Forbes de 1987 – Schlumberger, Liliane Bettencourt et Serge Dassault – à cinquante-deux aujourd’hui. Si M. Piketty avait raison, le niveau de vie médian aurait dû reculer à proportion. Il a fait l’inverse. Selon l’Insee, le niveau de vie médian des Français a doublé en euros constants entre 1970 et 2018, de 10 390 à 20 500 euros par an. Il a continué de progresser depuis : sur la série actualisée, il atteint 25 760 euros en 2023, son plus haut niveau jamais mesuré. Selon la Banque mondiale, le PIB/habitant est passé de 16 175 dollars en 1987 à 48 985 dollars en 2025. Trois fois plus. Si M. Piketty avait raison, le niveau de vie en France aurait dû reculer à proportion. Il a fait l’inverse.
La Suède ensuite, qui a fait l’expérience inverse. Elle a supprimé les droits de succession en 2004, puis l’impôt sur la fortune en 2007. Elle a l’une des plus fortes densités de milliardaires par habitant d’Europe et son PIB par habitant (63 133 dollars) dépasse celui de la France. Si M. Piketty avait raison, elle devrait s’être appauvrie depuis vingt ans. Personne, là-bas, ne suggère d’y revenir.
Le monde enfin.. Le classement Forbes 2026 recense 3 428 milliardaires, contre 140 sur la première liste de 1987 : vingt-quatre fois plus en trente-neuf ans. Si M. Piketty avait raison, la pauvreté aurait dû croître significativement. Or, d’après la Banque mondiale, environ 2,3 milliards de personnes vivaient dans l’extrême pauvreté en 1990, plus de 40 % de l’humanité ; ils sont 831 millions en 2025, soit une personne sur dix. Un milliard et demi en sont sortis et le PIB/hab dans le monde a été multiplié par trois.
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