jeudi 16 avril 2026

Après les piscines, le fisc se met à chasser les garages et vérandas

 

France-Soir

 le 16 avril 2026 - 12:00


Cela commençait à être su pour les piscines. Désormais, la Direction générale des Finances publiques (DGFP) intensifie ses contrôles sur les extensions non déclarées : garages ou vérandas... personne n'est à l'abri. Propriétaires concernés, détection par intelligence artificielle, objectif budgétaire élevé, le fisc affine sa méthode pour récupérer de l'argent auprès du contribuable.

Après avoir débusqué plus de 120 000 piscines en 2024, l’administration fiscale élargit son terrain de chasse aux garages et vérandas oubliés dans les déclarations. Selon la DGFP, ces surfaces représentent un gisement fiscal considérable. Comme le rappelle SudOuest, plusieurs centaines de milliers d’extensions échapperaient encore à l’impôt. Chaque mètre carré non déclaré devient une perte pour les finances publiques.

L’administration s’appuie sur les images de l’Institut géographique national et les capacités d’analyse d’algorithmes issus de Google pour repérer les constructions suspectes. Résolution fine, analyse des ombres, comparaison dans le temps, tout est passé au crible. Les extensions de plus de 20 mètres carrés et dépassant 1,80 mètre de hauteur doivent être déclarées sous peine de sanctions lourdes. L’amende peut grimper jusqu’à 6 000 euros par mètre carré, avec une majoration rétroactive sur les impôts dus.

Avec une base forfaitaire fixée à 892 euros par mètre carré en 2026, l’État vise plus de 100 millions d’euros de recettes supplémentaires. Les propriétaires disposent d’un délai de quatre-vingts jours après travaux pour déclarer leurs aménagements et peuvent bénéficier d’une exonération temporaire. Mais la machine fiscale, elle, peut remonter jusqu’à quatre ans en arrière.


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2 - Et après çà, les poulaillers et chiottes (cabane au fond du jardin)  !

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3 -  Le luxe dans la tourmente. La Bourse de Paris plombée par les résultats des poids lourds du secteur


France-Soir avec AFP
le 15 avril 2026 - 15:33


La Bourse de Paris recule ce mercredi, après les résultats de ses poids lourds du secteur du luxe, Kering et Hermès, qui dégringolent après des résultats financiers plombés par la guerre au Moyen-Orient.

Vers 9H40 (heure locale), le CAC 40 perdait 0,60 % à 8 277,27 points, en recul de 49,25 points.

La veille, l'indice vedette parisien avait pourtant gagné 1,12 %, porté par la confiance des marchés dans un arrêt durable des combats, après plusieurs jours de cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran.

Mais ce mercredi, les résultats de Kering et Hermès ont douché l'optimisme à Paris.

Hermès perdait vers 9H50 (heure de Paris) 12,11 % à 1 568,00 euros, après avoir publié mercredi des ventes en baisse de 1,4 % sur un an à 4,1 milliards d'euros, plombées par les taux de change et le conflit au Moyen Orient.

L'action de son concurrent Kering cédait elle 9,30 % à 254,10 euros. Le groupe "a fait moins bien qu'attendu" avec "sa marque phare Gucci qui a affiché un recul de 8 % de sa croissance organique, contre une prévision de -6 %", selon les analystes de Bernstein.

Les investisseurs surveillent aussi la situation au Moyen-Orient. 

Après l'échec de discussions au Pakistan ce week-end, le président américain Donald Trump a assuré mardi que de nouveaux pourparlers pourraient avoir lieu "dans les deux prochains jours". Il a aussi estimé sur la chaîne Fox News que la guerre avec l'Iran était "presque finie", assurant que Téhéran veut "vraiment parvenir à un accord".

Le prix du pétrole, véritable baromètre de la confiance du marché depuis le début du conflit, évolue sans grand mouvement, après avoir fortement reculé la veille, également en raison du récent élan d'optimisme des investisseurs.

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, grappillait 0,38 % à 95,15 dollars.

Les taux d'intérêt sont aussi stables: le rendement à échéance dix ans de l'emprunt français atteignait 3,65 %, au même niveau que la veille.

Le constructeur automobile Stellantis a enregistré une hausse de 12 % de ses facturations au premier trimestre, à 1,4 million d'unités, une progression observée dans les principaux marchés du groupe, et particulièrement en Amérique du Nord, a-t-il annoncé.

Les facturations désignent le volume de véhicules livrés aux concessionnaires, distributeurs ou directement à des clients particuliers et professionnels.

Le titre du groupe prenait 2,94 % à 7,13 euros.


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4 - Le 'luxe français' fabriqué au Pakistan , en Inde et en Chine !!

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5 - Ce que les bombes ne peuvent pas tuer. Partie III : Le monde en flammes et les questions qui demeurent


Par Amir Nour et Laala Bechetoula
Mondialisation.ca, 
15 avril 2026


Ce que les bombes ne peuvent pas tuer. Partie I : Ali Shariati, la Révolution iranienne et l’arrogance du Nouvel Empire, le 2 avril 2026

Ce que les bombes ne peuvent pas tuer. Partie II — Shariati et la décolonisation du soi: entre le Rouge et le Noir, le 10 avril 2026.

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La guerre du monde

Nous sommes au printemps 2026. Depuis le 28 février, l’Iran fait face à ce que Washington appelle l’opération Fureur épique et Tel-Aviv l’opération Lion rugissant. Une coalition militaire américano-israélienne d’une ampleur sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale : des frappes sur les installations nucléaires de Natanz, Fordow et Ispahan ; des cyberattaques massives sur les infrastructures ; une guerre économique s’ajoutant à plus de quatre décennies de sanctions voulues paralysantes. Et, en arrière-plan, la question que personne à Washington ni à Tel-Aviv ne veut formuler à voix haute : Et si l’Iran résistait, vraiment ?

L’Iran est en train de gagner la guerre stratégique.[1] Non pas parce que ses missiles sont plus précis que ceux de l’adversaire, mais parce que l’Iran possède ce que nous appelons l’endurance civilisationnelle : la capacité d’une civilisation millénaire, forgée sur plus de cinq mille ans d’histoire, à absorber les coups sans se dissoudre.

Trump et la prophétie autoréalisatrice

L’administration Trump a développé ce que nous avons appelé un cadrage géopolitico-théologique, c’est-à-dire une lecture des conflits moyen-orientaux comme l’accomplissement de prophéties bibliques[2], comme un combat cosmique entre le Bien et le Mal dans lequel Israël joue le rôle d’instrument divin et l’Iran celui de l’Antéchrist.

Ali Shariati avait précisément analysé ce mécanisme, mais du point de vue islamique. Ce qu’il dénonçait dans le chiisme safavide, la mobilisation du sacré au service du pouvoir et de la passivité, nous le voyons à l’œuvre aujourd’hui dans ce que l’on appelle le discours évangélique supposément judéo-chrétien, qui fournit la légitimité morale et spirituelle aux bombardements. La prophétie, utilisée comme arme politique, transcende les religions. Elle est universellement mortelle. Mais sous la prophétie se trouve le mobile le plus ancien qui soit : comme l’a formulé Michel Chossudovsky, le véritable moteur de cette guerre est la bataille hégémonique pour l’énergie, à savoir l’acquisition des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel.[3] Lors de la Conférence de Kuala Lumpur de 2018, il déclarait également : « L’objectif ultime est la conquête du monde sous couvert des droits de l’homme et de la démocratie occidentale ».[4]

Ce n’est donc pas une guerre contre le terrorisme. C’est une guerre pour le contrôle des ressources – la même guerre que les puissances coloniales ont toujours menée, sous des noms différents, au fil des siècles. Shariati aurait reconnu la formule sans hésitation. C’est al-istikbar – l’arrogance des puissants, l’orgueil du pharaon – habillé en vêtements onusiens.

Qui pleure Hussein aujourd’hui, et qui comprend pourquoi il est mort ?

Sun Tzu écrivait : « L’excellence suprême consiste à briser la résistance de l’ennemi sans combattre. » L’Iran en 2026 pratique quelque chose de plus complexe encore : combattre sans se soumettre, absorber les frappes sans s’effondrer et maintenir la pression sur le détroit d’Hormuz – par lequel transitaient environ vingt millions de barils de brut quotidiennement avant le 28 février – sans le fermer totalement (!), conservant ainsi cette arme stratégique décisive en réserve. L’Agence internationale de l’énergie voit en cela la plus grande perturbation d’approvisionnement de l’histoire du marché pétrolier mondial. Le Brent a franchi la barre des 110 dollars, frôlant même les 120. Goldman Sachs avertit qu’une fermeture prolongée pourrait faire grimper les prix au-dessus des 150 dollars. Durant la première semaine de la guerre, les prix de l’essence aux États-Unis ont augmenté de 48 cents par gallon. Chaque baril qui ne transite pas par Hormuz est une taxe prélevée sur l’économie mondiale – et ressentie avec le plus d’acuité dans le pays qui a lancé la guerre.

Fait particulièrement révélateur, tandis que des millions de personnes peinent à payer leurs factures d’énergie, les compagnies pétrolières et gazières élargissent leurs marges bénéficiaires par rapport à leurs profits d’avant-guerre. Comme le révèle un récent rapport[5] commandité par Greenpeace Allemagne, les compagnies pétrolières dans l’Union européenne engrangent 81,4 millions d’euros de profits excédentaires par jour depuis le début du conflit. L’étude montre qu’environ 30 % de l’ensemble des profits excédentaires à l’échelle de l’UE dans le marché des stations-service sont réalisés en Allemagne, et qu’en France ces entreprises ont gagné en moyenne 11,6 millions d’euros supplémentaires par jour.

Le secteur de l'énergie au Koweït  (au fond du du golfe du 'détroit d'Ormuz)' est dominé par le pétrole : en 2022, ce pays dispose des 8e réserves mondiales ; il est en 2024 le 10e producteur mondial de pétrole avec seulement 2,9 % de la production mondiale, et le 7e exportateur. Il importe par contre 39 % de ses besoins en gaz naturel.

Dans ce contexte, quarante-cinq ans de sanctions n’ont pas dissous la résistance iranienne. Elles l’ont durcie. C’est exactement ce que Malek Bennabi avait prévu : une civilisation qui a résolu sa colonisabilité ne peut être colonisée, même par la force. Elle peut être blessée. Elle ne peut être soumise.

Le fils du Shah
Il y a une ironie cruelle, profondément shariatienne, dans ce qui se passe aujourd’hui dans les coulisses de la guerre contre l’Iran. Une ironie que l’histoire semble écrire avec le sourire sardonique de ceux qui savent que rien ne change jamais vraiment sous le soleil des empires : tandis que les bombes américaines et israéliennes s’abattent sur Ispahan, Natanz et Fordow, et que plus de 1 400 Iraniens ont péri depuis le 28 février selon les chiffres du Croissant-Rouge iranien [6]. Washington et Tel-Aviv ont déjà leur homme. Il s’appelle Reza Pahlavi. Il vit dans l’État du Maryland.

Fils du Shah Mohammad Reza Pahlavi, né à Téhéran en 1960, il fut formellement désigné prince héritier à l’âge de 7 ans. Il se trouvait aux États-Unis pour une formation de pilote militaire à la Reese Air Force Base près de Lubbock, au Texas, lorsque la révolution de 1979 renversa la monarchie – transformant ce qui devait être un séjour temporaire en un exil permanent de quarante-sept ans. Deux générations d’Iraniens sont nées, ont grandi, ont souffert, combattu, sans lui.

Le 22 mars 2026, il a publié sur X un appel explicite demandant à « Trump et Netanyahou de continuer à cibler le régime » et se félicitant du « soutien des États-Unis et d’Israël » comme condition de la libération de l’Iran. Autrement dit, le fils du Shah appelle des puissances étrangères à bombarder son propre pays pour en prendre la tête ensuite. Shariati avait des mots pour cela. Plusieurs – et aucun n’était aimable.

L’histoire comme farce

Marx écrivait que l’histoire se répète, d’abord comme tragédie, ensuite comme farce. En 1953, la CIA et le MI6 organisèrent le coup d’État qui renversa Mossadegh et restaura le Shah sur son trône. Soixante-treize ans plus tard, la même géographie du pouvoir se rejoue avec une précision presque comique : Washington décide qui gouverne Téhéran, Israël assure la couverture aérienne, et un Pahlavi attend dans les coulisses que les bombes fassent le travail que le peuple n’a jamais demandé. Trump a posté sur Truth Social à l’intention des manifestants iraniens : « CONTINUEZ À MANIFESTER — PRENEZ LE CONTRÔLE DE VOS INSTITUTIONS ! L’AIDE EST EN ROUTE. » L’aide. Comme si des frappes sur les infrastructures civiles d’un pays souverain constituaient une aide humanitaire.

Reza Pahlavi lui-même a qualifié les frappes conjointes d’« intervention humanitaire » – le vocabulaire exact utilisé pour légitimer l’invasion de l’Irak en 2003 et l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011. Autrement dit, la libération comme emballage de la domination.

L’alliance avec Israël, ou le péché originel

Reza Pahlavi s’est rendu à Jérusalem, a rencontré le président Herzog et le Premier ministre Netanyahou, et a prédit qu’un Iran postislamique rejoindrait ce qu’il appelle l’« Accord Cyrus » : une extension des Accords d’Abraham nommée en l’honneur de Cyrus le Grand.

La métaphore historique est séduisante. Elle signifie concrètement une normalisation avec l’État qui bombarde Gaza et l’intégration de l’Iran dans le bloc américano-israélien qui a fait de la Palestine une terre de massacre systématique. Même l’Atlantic Council reconnaît que ce soutien à la normalisation constitue « une ligne de fracture déterminante » au sein même de l’opposition iranienne.[7]

La popularité réelle et ses limites

Les sondages les plus récents indiquent qu’environ un tiers des Iraniens soutiennent Pahlavi – mais qu’un autre tiers s’y oppose fermement.[8] Un tiers, dans un pays de 90 millions d’habitants, en guerre, sous les bombes, avec Internet coupé. Ce n’est pas une légitimité populaire. C’est une préférence de sondage dans un champ politique désintégré. Même la Foundation for Defense of Democracies reconnaît qu’il n’existe « aucun gouvernement en attente prêt à l’emploi » et que l’Iran n’est pas un monolithe mais une « mosaïque » – Azéris, Kurdes, Arabes, Baloutches, communistes, islamistes dissidents – qui ne se réduit pas à un seul homme en exil.

Shariati avait compris ce que ses héritiers – dans tous les camps – ont obstinément refusé d’entendre : une révolution ne peut être décrétée de l’extérieur. Elle se construit de l’intérieur, à travers un travail long, douloureux, parfois invisible sur les consciences et les identités. Ce travail, Reza Pahlavi ne l’a pas fait. Il ne pouvait pas le faire depuis le Maryland.

Le Yazid de notre temps ne porte pas toujours un turban. Il peut aussi porter une cravate, vivre dans le Maryland, et appeler les bombes étrangères qui s’abattent sur sa propre capitale une « aide ».

La guerre revient au foyer

Ils visaient un changement de régime à Téhéran. Ils sont en train d’auditer le leur : le 29 mars 2026, la Knesset – le parlement israélien – a tenu son vote final sur le budget de l’État pour 2026. La séance s’est déroulée non pas dans la salle plénière habituelle mais dans un auditorium fortifié, situé dans un sous-sol en raison de la guerre. Les législateurs ont débattu derrière des murs résistant aux explosions. Au-dessus d’eux, des missiles balistiques iraniens frappaient Beersheba. Le budget sur lequel ils votaient allouait 45,8 milliards de dollars à la défense, dont 10,2 milliards de dépenses de guerre supplémentaires. Simultanément, ce même budget comprenait plus de 1,6 milliard de dollars en fonds de coalition discrétionnaires pour les yeshivas ultra-orthodoxes et les colonies de peuplement en Cisjordanie – le prix politique que Netanyahou paie pour maintenir sa coalition en vie et lui-même hors de prison. L’ancien Premier ministre Naftali Bennett l’a qualifié de « budget le plus corrompu de l’histoire ».

Netanyahou (israel) mène simultanément une guerre sur plusieurs fronts – contre l’Iran, contre le Hezbollah au Liban, et contre les conséquences persistantes de l’opération génocidaire à Gaza – tout en étant jugé pour corruption, fraude et abus de confiance. Il a comparu devant le tribunal de district de Tel-Aviv 79 fois. Il a demandé une grâce présidentielle sans reconnaître sa culpabilité. Sa coalition fait avancer une législation visant à abolir l’infraction même dont il est accusé. Et le parlement qui légifère dans un auditorium fortifié pendant que des missiles frappent les villes du pays, finançant une guerre et un réseau clientéliste dans le même souffle. Ce n’est pas de la gouvernance. C’est la démolition contrôlée de la forme démocratique, exécutée de l’intérieur, sous couvert d’urgence permanente.

Le miroir se déploie de la même manière à Washington : le 17 mars, Joe Kent – le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme choisi par Trump et confirmé par le Sénat, ancien béret vert avec onze déploiements en combat, et mari d’une veuve de guerre, Shannon, décédée dans un attentat-suicide en Syrie – a publié sa lettre de démission sur X. Elle a été vue plus de 94 millions de fois. « Des responsables israéliens de haut rang et des membres influents des médias américains ont déployé une campagne de désinformation qui a totalement sapé votre plateforme America First », écrivait Kent directement à Trump. Il a ajouté que « Cette chambre d’écho a été utilisée pour vous faire croire que l’Iran représentait une menace imminente pour les États-Unis. C’était un mensonge, et c’est la même tactique qu’Israël a utilisée pour nous entraîner dans la désastreuse guerre en Irak ». Kent a fait ce que Colin Powell a échoué à faire après l’Irak : il a parlé pendant qu’il était encore temps, avant que le bilan humain ne rende la confession superflue.

Le 28 mars, huit millions d’Américains ont défilé dans les rues – la troisième mobilisation du mouvement « No Kings», la plus grande manifestation en une seule journée de l’histoire des États-Unis, en sus de plus de 3 300 événements similaires dans les 50 États de l’Union. La première mobilisation, en juin 2025, avait rassemblé 5 millions de personnes. La deuxième, en octobre, 7 millions. La trajectoire n’est pas en plateau. Elle s’accélère à l’approche d’une année d’élections de mi-mandat.

Et puis il y a les 580 millions de dollars. Le 23 mars, environ 6 200 contrats à terme sur le pétrole ont changé de mains en une seule minute – quinze minutes avant que Trump ne publie sur Truth Social qu’il y avait eu des « conversations productives » avec Téhéran. Les prix du pétrole se sont effondrés. Le prix Nobel d’économie Paul Krugman a qualifié cela de trahison.

Le président du parlement iranien a nié toute négociation, qualifiant l’affirmation de Trump de « fake news utilisées pour manipuler les marchés pétroliers ». La frontière entre sécurité nationale et enrichissement privé est devenue indiscernable.

Shariati savait quelque chose à ce sujet. Il savait que les empires ne tombent pas parce que les barbares arrivent aux portes. Ils tombent parce que la pourriture est déjà à l’intérieur – parce que le système qui prétend exporter la vertu est devenu un mécanisme d’extraction de profit de ses propres guerres, parce que l’État qui revendique une sécurité absolue s’est enfermé dans une insécurité permanente, parce que les dirigeants qui promettaient une victoire rapide gèrent maintenant une attrition indéfinie pendant que huit millions de leurs propres citoyens se rassemblent dans les rues pour déclarer que l’empereur est nu.

La durée est l’arme. Elle corrode les cotes d’approbation. Elle corrode la discipline des coalitions. Elle corrode le récit qui justifiait la première frappe. Elle corrode la frontière entre défendre la démocratie et la détruire. Et la question n’est plus de savoir si l’Iran peut résister à la pression. C’est celle de savoir si les architectes de cette pression peuvent survivre à ce qu’ils ont mis en mouvement.

Ce que les bombes ne peuvent pas tuer

Que faire alors de Shariati ? Nous ne sommes pas de ceux qui croient qu’un penseur du XXᵉ siècle peut fournir des réponses toutes faites aux problèmes du XXIᵉ siècle. L’histoire n’est pas un manuel d’instructions. Les révolutions ne peuvent pas être photocopiées et les prophètes d’hier ne gouvernent pas demain.

Néanmoins, nous croyons – et c’est la conviction de vies entières consacrées à l’histoire des peuples opprimés – que les grandes pensées survivent à leurs contextes parce qu’elles posent des questions universelles dans un langage particulier. Et les questions que Shariati posait demeurent sans réponse, urgentes, et subversives dans leur refus de la simplicité : comment une civilisation s’élève-t-elle sans se trahir elle-même ? Comment réconcilier foi et liberté de conscience sans que l’une étouffe l’autre ? Comment résister à l’empire – militaire, économique, culturel, prophétique – sans en reproduire les méthodes ? Et comment faire une révolution sans créer une nouvelle tyrannie qui porte le nom de l’ancienne liberté ?

Khomeini n’a pas répondu à ces questions. Il les a esquivées, et l’Iran postrévolutionnaire en porte encore les cicatrices. Trump les efface, réduisant toute complexité à un tweet pendant que huit millions de ses propres concitoyens défilent dans les rues. Netanyahou les noie dans le sang des innocents tout en légiférant dans un bunker et en comparaissant pour la 79ᵉ fois devant un tribunal. Reza Pahlavi les contourne élégamment, proposant de remplacer l’« assujettissement théocratique » par l’assujettissement géopolitique – et en appelant cela la liberté.

Shariati, lui, les a posées. C’est tout. Et c’est déjà énorme. Dans un monde où chacun prétend avoir des réponses préfabriquées, ceux qui savent formuler les bonnes questions sont devenus les vrais révolutionnaires.

Il est mort à 43 ans, trois semaines après son arrivée en exil, dans des circonstances que personne n’a jamais vraiment élucidées. Il est enterré à Damas, près du sanctuaire de Sayyida Zaynab – où repose la mémoire du refus, de la dignité préservée dans la défaite, d’une parole portée jusqu’au bout même quand rien ne justifie de continuer sinon la vérité elle-même.

Nous pensons souvent à Shariati quand nous marchons dans Laghouat en Algérie et passons devant la maison du martyr Ahmed Chatta, enlevé en 1958 par les forces coloniales françaises pendant la guerre de libération nationale et dont le corps n’a jamais été retrouvé. Disparu comme on faisait disparaître les hommes à cette époque : ceux qui refusaient. Nous savons qu’il a été tué, parce que c’était le temps où ceux qui refusaient étaient tués. Mais sa mort n’a ni lieu, ni date, ni tombe. Seulement une absence qui habite encore les murs de cette maison et que nous portons avec nous partout où nous allons.

Nous pensons à ces hommes qui ont refusé. Qui ont dit non. Qui ont payé de leur vie ce mot d’une syllabe que les puissants ne peuvent supporter d’entendre – parce que ce mot, prononcé par suffisamment de bouches, est capable de renverser des trônes.

Shariati a lui aussi dit non. À la tyrannie du Shah. À l’opium du chiisme safavide. À l’islam sans pensée et à la pensée sans racines. À la colonisation de l’intérieur. Et aujourd’hui, depuis sa tombe à Damas, il dirait également non au fils du Shah revenant dans le sillage des bombardiers, non à la guerre mondiale habillée en libération, et non – surtout – à tous ceux qui croient, par cynisme ou par naïveté, qu’on peut libérer un peuple avec des bombes étrangères portant le nom d’aide humanitaire.

Et il dirait une dernière chose à l’Algérie – à ce pays qu’il aimait, dont la révolution l’avait formé, dont les diplomates lui avaient peut-être sauvé la vie une fois, et dont le meilleur fils était mort en tentant de sauver la paix : Lève-toi. Parle. Le monde attend.

Les bombes peuvent détruire Natanz. Elles ne peuvent pas détruire les idées. Les sanctions peuvent asphyxier une économie. Elles ne peuvent pas asphyxier une civilisation qui a décidé de vivre debout.

Georg Wilhelm Friedrich Hegel, le grand philosophe et figure majeure de l’idéalisme allemand, a soutenu que « l’Histoire commence avec les Perses ». En effet, « il y avait trois grands empires perses avant que les habitants de la Bretagne ne se soient débarrassés des Romains et n’aient commencé à inventer des histoires sur le roi Arthur. Le premier Empire perse, de 559 av. J.-C. à 330 av. J.-C., rendu célèbre par Cyrus, Darius et Xerxès, fut le premier exemple de domination universelle et impériale », ont écrit Tom Holland et Dominic Sandbrook.[9] Darius le Grand, le souverain du Ve siècle avant J.-C., se disait Achéménide par famille, Persan par tribu, et Iranien du point de vue de son peuple.

Tout ce qui précède devrait donner aux Présidents du plus récent des empires matière à réflexion chaque fois qu’ils interagissent avec les Iraniens.

Amir Nour, Laala Bechetoula

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Notes :

[1] Laala Bechetoula, « L’Iran gagne la guerre — Sept mille ans de civilisation face à deux cent cinquante ans d’empire », Mondialisation,  mars 2026.

[2] Amir Nour et Laala Bechetoula, « They Believe They Are Fulfilling Prophecy – The Rest of Us Will Pay the Price » (Ils croient accomplir une prophétie / La politique de l’Armageddon), Countercurrents / Sri Lanka Guardian, 11 mars 2026 [Article publié en français. : Enflammer une guerre cosmique: Comment les États-Unis et Israël militarisent l’eschatologie apocalyptique]; et Amir Nour, « From Bush’s Crusade to Trump’s Epic Fury: The Geopolitics of Messianic Wars » (De la croisade de Bush à la fureur épique de Trump : la géopolitique des guerres messianiques), IslamiCity, 25 mars 2026 [Article publié en français : La géopolitique des guerres messianiques: De la « croisade » de Bush à la « fureur épique » de Trump].

[3] Michel Chossudovsky, « Donald the Terrible. The Consequence of A War with Iran » (Donald le Terrible : les conséquences d’une guerre contre l’Iran), Global Research, 3 mars 2026.[En français : Vidéo : « Donald le Terrible » menace l’humanité]

[4] Michel Chossudovsky, « La mondialisation de la guerre », discours inaugural à Kuala Lumpur, juillet 2018.

[5] Rapport du Dr Steffen Bukold, « Excess Oil Profits in Times of War: An EU-wide snapshot of higher margins on the sale of diesel and petrol since the beginning of the Iran war », Greenpeace Allemagne, 30 mars 2026.

[6] Croissant-Rouge iranien, « Rapport d’urgence sur les dommages aux infrastructures civiles, mars 2026 », cité par Middle East Eye, 22 mars 2026.

[7] Atlantic Council, « Les frictions cachées autour de Reza Pahlavi et de l’opposition iranienne », MENA Source, mars 2026.

[8] Foundation for Defense of Democracies, « Le changement de régime en Iran est en marche — et ce ne sera pas facile », 28 février 2026.

[9] Tom Holland et Dominic Sandbrook, « What Have the Persians Ever Done for Us », Good Reading magazine, décembre 2023.


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6 -  Pour vaincre le chômage des jeunes, il est urgent de reconnecter l’école au monde de l’entreprise et de baisser le coût du travail


15 avril 2026


En février 2026, le taux de chômage des jeunes (15-24 ans) était de 15,3 % au sein de l’UE selon Eurostat (qui a également inclus la Suisse). L’Allemagne, la Suisse et les Pays-Bas connaissent les taux les plus faibles, inférieurs à 10 %, et contrastent avec la France, l’Espagne ou la Finlande, dont les taux sont supérieurs à 20 %. Comment expliquer un tel écart ?

En Allemagne, le système dual structure l’ensemble de la formation professionnelle : près d’un jeune sur deux passe par l’apprentissage, combinant école et travail en entreprise. Les Hauptschulen, les Realschulen et les Werkrealschulen offrent ainsi des débouchés directement connectés au marché du travail. À la sortie du système éducatif, une large part des jeunes a donc déjà une expérience professionnelle. La Suisse suit une logique similaire, avec un apprentissage encore plus valorisé socialement : plus des deux tiers des jeunes de 15 à 20 ans choisissent l’apprentissage à la fin de leur scolarité obligatoire. Quant aux Pays-Bas, l’intégration des jeunes sur le marché du travail passe par l’emploi à temps partiel. En 2023, 56,8 % des 15 à 29 ans étaient concernés – un taux deux fois supérieur à celui de l’Allemagne et de l’Espagne, et plus de trois fois supérieur à celui de la France.

À l’inverse, dans des pays comme la France, les filières professionnelles et technologiques sont dévalorisées, et souvent présentées à des élèves en difficulté scolaire. Résultat : seulement 8,6 % des 16 à 29 ans sont en apprentissage. Une majorité des jeunes suivent des études supérieures tout en n’ayant aucune appétence particulière, voire s’engagent dans des parcours académiques déconnectés du monde de l’entreprise. L’entrée sur le marché du travail se fait alors tardivement, dans un contexte où le coût du travail et la rigidité des contrats dissuadent l’embauche des profils peu qualifiés. Le problème est plus ou moins le même en Espagne et en Finlande : l’entrée sur le marché du travail est tardive et l’apprentissage est moins développé que dans les pays d’Europe centrale.

L’explication ne s’arrête toutefois pas à l’école. Elle tient aussi au fonctionnement du marché du travail. Si on prend le cas de la France, l’écart avec les pays les plus performants s’explique aussi par le coût du travail, qui n’incite pas à l’embauche des profils jeunes, peu qualifiés et peu productifs. Les charges patronales en France sont parmi les plus élevées d’Europe. Par rapport à l’Allemagne, elles sont près de deux fois supérieures (35,73 % du coût total pour l’employeur, contre 18,91 %). Même chose par rapport à la Suisse et aux Pays-Bas (respectivement 15 % et 20 %). Le salaire minimum constitue également un frein dans la mesure où il impose un prix minimum à l’employeur, indépendamment des qualifications.

Réduire durablement le chômage des jeunes suppose donc un changement de paradigme : revaloriser l’apprentissage, abaisser le coût du travail peu qualifié et lever les obstacles à l’embauche. À défaut, les écarts observés ne feront que se creuser.

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7 -   Malgré que le compagnonnage (Gloire française sous notre Maréchal Pétain) ait disparu au XX ème siècle, il a revécu grâce à l'arrivée de l'Internet à la fin de ce dernier. L’emblème du compas et de l'équerre (ailleurs une faucille et un marteau) remplacée par le clavier d'ordinateur. Mais bien vite ce sont interposées des censures de sites sur les écrans et, dernièrement, un programme malfaisant appelé LIA. En dictature tout est fait pour empêcher l'être humain de s'instruire.

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8 - Interdiction des réseaux sociaux : le cas australien révèle les failles du système


15 avril 2026


En France, l’idée d’interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans progresse. La proposition de loi a été adoptée par l’Assemblée nationale en janvier 2026 puis par le Sénat en mars, avec quelques différences. Le texte doit désormais passer par une commission mixte paritaire afin d’aboutir à une version commune avant une adoption définitive. En l’état, aucune mesure n’est encore appliquée. Si le texte est validé, son application pourrait commencer le 1er septembre 2026 ; pour les comptes ouverts avant septembre, les obligations ne s’appliqueraient qu’après un délai de quatre mois. Lors des débats, Laure Miller, à l’origine de la proposition de loi, est même allée jusqu’à citer… la Chine comme exemple de régulation numérique efficace.

Certains cas étrangers montrent toutefois que la régulation des réseaux sociaux ne fonctionne pas. L’exemple australien illustre parfaitement cette situation. Depuis le 10 décembre 2025, l’Australie interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Or, les premiers résultats sont loin d’être convaincants. Selon une étude publiée en avril 2026 par l’American Enterprise Institute (AEI), la proportion d’enfants disposant d’un compte a connu une faible chute, passant d’un peu moins de 50 % à 31,3 %, ce qui est encore loin de l’objectif. Cela signifie surtout que près de 70 % des mineurs initialement concernés continuent d’y accéder malgré l’interdiction. Plus précisément, parmi les parents ayant indiqué que leur enfant avait un compte sur chaque plateforme avant le 10 décembre 2025, environ 7 sur 10 ont déclaré que leur enfant avait toujours un compte sur Snapchat (69,4 %), TikTok (69,3 %), Instagram (69,1 %), et Facebook (63,6 %). En parallèle, aucun changement notable n’a été observé concernant les plaintes pour cyberharcèlement ou abus en ligne impliquant des mineurs.

Les plateformes pourront mettre en place tous les dispositifs possibles, mais les mécanismes de vérification de l’âge resteront imparfaits et facilement contournables. Certains d’entre eux produisent inévitablement des erreurs, en bloquant parfois des utilisateurs légitimes tout en laissant passer des mineurs. Dans les faits, les plateformes se retrouvent face à une difficulté technique.

Loin de résoudre le problème, la régulation entraîne systématiquement des contournements. Comme le souligne le think tank américain : « Il y a peu de choses dans le rapport du commissaire qui recommandent l’approche australienne envers d’autres juridictions. Ce n’est ni efficace ni proportionné, et semble ne réussir qu’à faire plus de travail pour le régulateur ».
Dans ce contexte, il semble compliqué, encore une fois, de constater l’efficacité de la régulation. En voulant réglementer à grande échelle un phénomène aussi diffus et adaptable que l’usage des réseaux sociaux, la France risque surtout de créer une norme difficilement applicable.

La véritable solution réside ailleurs. La gestion de l’accès aux réseaux sociaux relève avant tout de l’autorité la plus proche des enfants : les parents. Ce sont eux qui sont les mieux placés pour évaluer la maturité de leur enfant, et ainsi instaurer des règles adaptées à chaque situation. Cette approche apparaît non seulement plus réaliste, plus respectueuse des libertés individuelles, mais aussi bien plus efficace.

https:///interdiction-des-reseaux-sociaux-le-cas-australien-revele-les-failles-du-systeme/

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9 -  Liberté d’agir contre protectionnisme : la guerre des patrons aura-t-elle lieu ?


15 avril 2026


Les derniers débats budgétaires, les prélèvements sur les entreprises et les entrepreneurs toujours plus élevés, le caractère accusatoire des commissions d’enquêtes parlementaires – particulièrement celle sur les aides publiques et celle sur les marges des industriels et de la grande distribution, toutes deux au Sénat – et les délires réglementaires de la Commission européenne ont fait sortir de nombreux patrons de leur discrétion.

Nous nous sommes réjouis de cette « libéralisation de la parole » et avons souhaité qu’elle marque le début de la fin de ce capitalisme de connivence dans lequel nous nous vautrons depuis des lustres.

Aurions-nous crié victoire trop vite ? Dans Le Figaro du 15 avril, une tribune collective demande l’organisation d’un référendum constitutionnel pour une préférence française en matière d’industrie. Après avoir constaté que notre industrie souffre face à la concurrence étrangère – ce que personne ne contestera –, les auteurs de la tribune s’en prennent au « libre-échange dogmatique » et aux « règles européennes de concurrence ». Ils réclament des droits de douane et une préférence nationale dans la commande publique. Il est vaguement question d’un « allégement de la réglementation », mais jamais de coût du travail, ni d’impôts ou de taxes.

Nous ne sommes pas étonnés que la gauche et la droite souverainiste – de Natacha Polony à Arnaud Montebourg, en passant par Henri Guaino, Julien Aubert, Jacques Sapir ou Aurélien Pradié – soit à l’origine de cette initiative protectionniste (même si l’adjectif n’est jamais employé). En revanche, nous ne comprenons pas comment ils ont pu être rejoints par quelques patrons.

A vrai dire nous leur préférons leurs confrères et concurrents du « cœur entrepreneur », initiative lancée par 40 dirigeants qui veulent changer le regard porté sur l’entrepreneuriat. Dans leur manifeste, ils insistent sur les difficultés de leur métier – le stress des fins de mois et des décisions difficiles… – mais aussi et surtout sur leur optimisme, leur énergie, leur capacité à trouver des solutions… C’est pourquoi ils voudraient être davantage considérés, et ne plus être méprisés, traités de noms d’oiseaux quand ce n’est pas d’exploiteurs ou de voleurs comme nous l’avons entendu ces derniers mois – et même ces derniers jours à propos du 1er mai – des bancs de l’Assemblée nationale ou des défilés syndicaux.

Contrairement à ceux qui signent la tribune parue dans Le Figaro, « ils ne demandent aucun privilège ». Certes, ils rappellent qu’ils ploient sous des « normes qu’ils ne comprennent pas toujours, et des contraintes qui les freinent ». Mais ils ne réclament que deux choses : « la liberté d’agir, et le droit de réussir ».

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10 - « Plus de 13 000 millionnaires ne paient pas l’impôt sur le revenu en France ». Eric Lombard a raconté des bobards !


15 avril 2026


L’ancien ministre de l’Economie, Éric Lombard, avait affirmé que « parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro »… La DGFIP donne à présent des détails sur les quelque 13 000 contribuables assujettis à l’IFI dont l’IR a été nul en 2024, et dont il a été beaucoup question. Comme nous étions nombreux à l’indiquer, un IR nul ne signifie absolument pas une absence de revenus imposables, et donc un RFR (revenu fiscal de référence) nul. C’est bien ce qui ressort de ces nouvelles données de la DGFIP, avec déjà les deux tiers des contribuables étudiés dont l’IR est positif avant réductions et crédits d’impôts. Encore 20 % environ ont un IR nul du fait de charges déductibles ou de déficits imputés d’au moins 2 000 euros.

Seuls 1 700 foyers (moins de 1% des redevables de l’IFI) ont un IR nul sans ces dispositifs, avec un RFR médian de 19 300 euros. Les situations de RFR nul, si tant est qu’elles existent, ne peuvent être ainsi que marginales. Par ailleurs, comme cela était supposé, il s’agit majoritairement de personnes âgées. Eric Lombard a donc proféré un mensonge, aggravé par le fait qu’il laissait entendre que cela pouvait être le cas de milliardaires. Au passage, le fisc n’a aujourd’hui connaissance que du patrimoine immobilier des contribuables, infirmant là aussi l’idée selon laquelle Bercy cacherait des informations sur les plus hauts patrimoines.

https://plus-de-13-000-millionnaires-ne-paient-pas-limpot-sur-le-revenu-en-france-eric-lombard-a-raconte-des-bobards/

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