France-Soir
le 20 avril 2026 - 17:15
Validé mi-avril à Éragny-sur-Epte par le tribunal administratif d’Amiens, le projet d’extension de la Ferme du Pré autorise le passage de 900 000 à 1,2 million de poules pondeuses. Malgré l’opposition de riverains et de l’association L214, la justice a estimé que les garanties environnementales étaient suffisantes. Deux nouveaux bâtiments doivent voir le jour dans cette commune de moins de 600 habitants.
Deux hangars de 140 mètres accueilleront chacun 160 000 volailles sur trois niveaux, avec jusqu’à 50 000 poules par étage. Une densité qui nourrit les critiques. « Cette fois-ci, c’est définitivement terminé, on ne peut plus rien faire », regrette Brigitte Gothière auprès du Parisien. L214 dénonce des conditions incompatibles avec le bien-être animal et pointe un modèle reposant sur du soja importé, associé à la déforestation.
Sur place, la contestation dépasse le seul cadre militant. Lors de l’enquête publique, 178 avis défavorables ont été déposés. Les nuisances olfactives cristallisent la colère. « Ça sent vraiment, vraiment fort (...) Du matin jusqu’au soir », confie une habitante à RTL. D’autres relativisent, au nom d’une certaine normalité rurale. Le débat local se transforme ainsi en fracture entre acceptation agricole et rejet industriel.
Face aux critiques, l’exploitant Bertrand Domet assume. Il défend un élevage hors cage et des équipements modernes censés améliorer les conditions de vie. Soutenu par le maire, il présente son projet comme une réponse à la pénurie d’œufs. La décision judiciaire s’inscrit aussi dans un contexte réglementaire assoupli depuis la loi Duplomb de 2025, qui facilite l’essor de grandes exploitations.
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2 - Le jour où l'électricité et l'eau ont disparu et où le monde n'a pas pris fin, il a été silencieusement envahi par quelque chose que nous ne pouvons pas voir !
Madge Waggy
- 24 avril 2026
Il existe une forme de fin qui ne survient ni par le feu, ni par des explosions, ni par un effondrement spectaculaire, mais par quelque chose de bien plus troublant : le silence. Il commence doucement, presque poliment, par de petites interruptions qui semblent temporaires, inoffensives, familières. Les lumières s’éteignent. Les téléphones perdent le réseau. Les écrans se figent, comme si le temps lui-même avait hésité. Les gens attendent, car l’attente est ce à quoi la vie moderne les a habitués. Les systèmes tombent parfois en panne, mais ils finissent toujours par redémarrer. C’est la promesse tacite de la civilisation : même si quelque chose se brise, il y a toujours quelqu’un, quelque part, qui le répare. Mais que se passe-t-il quand plus rien ne redémarre ? Quand le silence s’étend, s’approfondit, s’installe dans les murs, dans les rues, dans l’espace entre les gens, jusqu’à ce qu’il devienne évident qu’il ne s’agit pas d’une interruption, mais d’un état ?
Le premier véritable signe d'un problème fondamental n'était pas l'obscurité, mais l'absence d'eau. L'électricité peut disparaître et la vie peut continuer à fonctionner un temps, mais l'eau, c'est différent : c'est immédiat, physique, impossible à ignorer. On ouvre un robinet en s'attendant au moins à une faible réaction, un léger écoulement dans les canalisations, un signe persistant de pression — mais il n'y a rien. Pas même d'air. Cette absence est lourde de conséquences, car elle révèle quelque chose auquel la plupart des gens ne pensent jamais : l'eau n'existe pas simplement dans les villes, elle est distribuée en permanence, acheminée à travers un vaste réseau entièrement dépendant de l'énergie. Sans cette énergie, le système ne se dégrade pas progressivement — il s'arrête. Et lorsqu'il s'arrête, des millions de personnes se retrouvent sans filet de sécurité, sans réserve, sans solution.
ATTENTION : Ce documentaire sur l’IA était censé rester secret… Ne le regardez pas si vous n’êtes pas prêt.
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Dans un premier temps, la réaction est le déni, et le déni a son propre rythme. On vérifie tout sans cesse, comme si la répétition pouvait rétablir le fonctionnement. On passe d'une pièce à l'autre, d'un immeuble à l'autre, d'une rue à l'autre, cherchant la confirmation que le problème est localisé, temporaire, réparable. Mais au fil des heures, un schéma se dessine et se propage. Plus aucune lumière. Plus aucun signal. Aucun mouvement dans les systèmes censés réagir automatiquement. On comprend, lentement puis brutalement, que la panne est totale. Et cette prise de conscience marque la première fissure dans la pensée collective, car la vie moderne n'est pas conçue pour supporter une panne totale. Elle repose sur des hypothèses, et ces hypothèses ont disparu.
L'eau, ou plutôt son manque, modifie les comportements presque instantanément. On cherche à se débrouiller avec ce qu'on a, on rationne les maigres ressources disponibles, puis on se tourne vers l'extérieur. Le problème n'est pas seulement la rareté, mais aussi l'échelle. Dans une petite communauté, un puits ou un ruisseau peut suffire, mais dans une ville, où des millions de personnes dépendent d'un approvisionnement continu, la pénurie devient catastrophique en quelques jours. Les toilettes cessent de fonctionner, et avec elles, tout un pan de la civilisation disparaît. Les déchets, autrefois invisibles, gérés et éliminés machinalement, commencent à s'accumuler. D'abord contenus dans les bâtiments, ils deviennent indispensables au bon fonctionnement des systèmes qui reposent sur l'écoulement, et ce qui ne circule pas commence à stagner. Ce qui stagne se répand. Et ce qui se répand devient incontrôlable.
Alors que les populations se tournent vers les sources d'eau naturelles, un autre changement s'amorce, moins visible mais bien plus dangereux. Lacs, rivières et réservoirs, autrefois abondants, sont soudainement soumis à la pression d'une population sans autre alternative. Le problème ne réside pas seulement dans le prélèvement d'eau, mais aussi dans la contamination qu'elle engendre, car sans assainissement, il n'y a plus de séparation entre déchets et ressources vitales. Ce phénomène se produit progressivement, presque imperceptiblement, à mesure que l'activité humaine modifie l'environnement de façon irréversible. Et puis, comme si un scénario préétabli s'était déroulé depuis longtemps, les maladies commencent à apparaître. Non pas sous la forme d'une épidémie isolée, mais comme la convergence de multiples menaces, chacune alimentant un même système fragilisé.
La progression est d'abord subtile, facile à ignorer, mais elle suit un schéma qui devient de plus en plus difficile à ignorer à mesure qu'elle se propage au sein des groupes et des communautés :
Malaise initial : fatigue, légère déshydratation, impression que quelque chose ne va pas.
Aggravation — troubles digestifs, faiblesse, incapacité à retenir les liquides.
Défaillance — déshydratation sévère, perte de force, altération du jugement.
Effondrement — lorsque le corps ne peut plus compenser et commence à s'arrêter.
Ce qui rend la situation particulièrement dangereuse, ce n'est pas seulement la rapidité de la propagation, mais aussi le cercle vicieux qu'elle engendre. L'eau est vitale, mais l'eau à laquelle les populations ont accès les affaiblit, réduisant leur capacité à chercher de meilleures sources, à se déplacer, à réfléchir clairement. C'est un piège qui se referme lentement, laissant juste le temps de prendre conscience de la situation, mais pas assez pour réagir efficacement.
Parallèlement, un autre système commence à dysfonctionner : celui que la plupart des gens ne voient jamais, mais dont ils dépendent au quotidien : la chaîne d’approvisionnement. Les aliments n’apparaissent pas par hasard dans les villes ; ils sont transportés en continu, en quantités massives, grâce à des systèmes coordonnés qui nécessitent énergie, communication et carburant. Sans ces éléments, le flux s’interrompt. Au début, les magasins sont encore approvisionnés et les gens se précipitent pour faire des réserves. Mais la consommation ne ralentit pas et, sans réapprovisionnement, la pénurie est inévitable. En quelques jours, les rayons sont vides, non pas parce que les aliments ont disparu, mais parce que les mécanismes de distribution ne fonctionnent plus.
La faim ne survient pas comme un choc soudain, mais comme une pression progressive qui s'intensifie jusqu'à devenir dominante. Elle modifie la façon dont les gens pensent, interagissent et prennent des décisions. Ce qui commence par une inquiétude se transforme en urgence, et l'urgence en une action plus aiguë, plus ciblée, moins contrainte par les règles qui régissaient autrefois les comportements. Cette transformation suit un schéma autant psychologique que physique :
Conservation — les gens réduisent leurs activités, essaient de préserver ce qu'ils possèdent.
Obsession — pensées étroites, centrées presque exclusivement sur l'obtention de nourriture.
Adaptation — les normes évoluent, ce qui était autrefois considéré comme inacceptable devient des options.
L'action passe – les gens commencent à prendre ce dont ils ont besoin, sans se soucier de la propriété ou des conséquences.
C’est à ce stade que la structure sociale amorce des transformations irréversibles. La confiance, autrefois tacite, devient conditionnelle, puis rare. Les interactions ne sont plus neutres ; elles sont chargées de conséquences, de risques et de calculs. Des groupes se forment, non par idéologie, mais par nécessité. Seuls, les individus sont vulnérables, mais les groupes peuvent se défendre, s’organiser et contrôler l’accès aux ressources. Cette organisation engendre une hiérarchie, car les décisions doivent être prises rapidement, et tous ne peuvent pas les prendre simultanément.
La violence n'apparaît pas par magie ; elle émerge lentement, là où les systèmes imposaient autrefois des limites. D'abord, elle est insidieuse : des disputes qui s'enveniment, des confrontations qui dégénèrent, des situations où le désespoir l'emporte sur l'hésitation. Mais lorsque les gens prennent conscience de l'absence d'une autorité supérieure pour intervenir, punir, rétablir l'ordre, les frontières se déplacent. Ce qui était impensable devient possible, puis pratique, puis normal. Cette progression n'est pas chaotique ; elle suit un schéma qui reflète le comportement humain sous-jacent lorsque les contraintes disparaissent.
Actions opportunistes – tirer profit de ressources non protégées.
L'agression défensive — protéger ce que l'on possède contre les autres.
Force organisée — groupes agissant de concert pour sécuriser un territoire ou des approvisionnements.
Structures de domination — où certains groupes établissent un contrôle sur des zones et imposent des règles.
La ville, jadis lieu de densité et d'opportunités, se transforme en un tout autre phénomène : une concentration de besoins sans les moyens de les satisfaire. Les bâtiments qui offraient un abri deviennent des fardeaux, surtout ceux qui s'élèvent verticalement. Sans ascenseurs, sans eau courante, sans éclairage, les étages supérieurs deviennent inaccessibles, dangereux, impraticables. Se déplacer dans ces structures devient risqué, particulièrement dans l'obscurité, où la visibilité est réduite et le contrôle minimal. Peu à peu, les habitants commencent à partir, non pas de manière coordonnée, mais dans un flux continu vers l'extérieur, poussés par la prise de conscience que la survie dépend de l'accès à des ressources que la ville ne peut plus fournir.
Ce mouvement d'expansion exerce une pression sur de nouvelles zones, des lieux qui n'ont jamais été conçus pour accueillir de grandes populations. Les terres qui autrefois permettaient à de petites communautés deviennent des objets de conflit, non pas parce qu'elles ont changé, mais parce que le nombre de personnes qui en dépendent a dépassé leur capacité d'accueil. L'équilibre entre l'offre et la demande se rompt, et avec lui, la possibilité d'une coexistence pacifique s'en trouve fragilisée. Ceux qui étaient déjà installés perçoivent immédiatement ce changement, car il affecte non seulement leurs ressources, mais aussi leur sécurité, leur stabilité et leur maîtrise de leur environnement.
Et à travers tout cela, tandis que le monde physique se remodèle autour de l'absence de systèmes, une autre strate de pensée émerge, plus difficile à définir mais impossible à ignorer. Des systèmes de cette envergure ne sont pas censés s'effondrer complètement, pas d'un coup, pas sans récupération partielle ou fonctionnement isolé. Le silence absolu, l'absence de toute tentative visible de restaurer ce qui a été perdu, commence à suggérer quelque chose que l'on hésite à formuler, mais que l'on ne peut totalement écarter. L'idée se forme progressivement, non comme une conclusion, mais comme une question persistante :
Pourquoi tout s'est-il arrêté en même temps ?
Pourquoi n'y a-t-il aucun signe de reprise nulle part ?
Pourquoi aucune autorité n'a-t-elle rétabli ne serait-ce qu'un contrôle minimal ?
Et surtout, qui profite d'un monde où ce système n'existe plus ?
Ces questions n'ont pas de réponses immédiates, et peut-être n'en auront-elles jamais, mais elles modifient notre interprétation des événements. Car dès lors que la possibilité d'une intentionnalité entre en jeu, la situation n'est plus simplement un effondrement. Elle devient autre chose : quelque chose qui a été permis, voire même conçu. Et dans un monde où la survie est déjà compromise, cette possibilité engendre une peur d'un autre ordre, non liée à la faim ou à la soif, mais à la prise de conscience que les systèmes auxquels on faisait confiance ne nous ont peut-être pas trahis par hasard.
Ils ont peut-être été éteints.
Le signal sous le silence
Il arrive un moment, non pas soudain mais inévitable, où le silence cesse d'être une absence et commence à ressembler à une présence, quelque chose qui existe non pas parce que tout a échoué, mais parce que quelque chose a remplacé ce qui existait auparavant : quelque chose de plus calme, de plus maîtrisé, de plus réfléchi. Une fois ce changement opéré, on commence à remarquer des détails qui paraissaient insignifiants auparavant, des détails qui ne devraient pas exister dans un monde complètement effondré, et pourtant ils persistent avec une constance qu'il devient de plus en plus difficile d'ignorer à mesure qu'on y prête attention. Ce n'est pas évident au premier abord, car plus rien ne se manifeste clairement, mais des schémas commencent à se former en filigrane de la perception, des alignements subtils qui suggèrent que le monde n'est pas plongé dans les ténèbres partout, mais seulement là où l'on est encore autorisé à voir.
Les premiers indices sont toujours indirects, car les preuves directes sont rares et peu fiables, mais les preuves indirectes s'accumulent avec le temps et deviennent bien plus convaincantes. Les routes qui devraient être barrées ne le sont pas, mais elles ne sont pas non plus utilisées de manière chaotique et désespérée, comme si les déplacements y obéissaient à des règles invisibles aux yeux des étrangers. Les structures qui devraient être abandonnées ne présentent aucun signe de délabrement, non pas parce qu'elles sont entretenues au grand jour, mais parce qu'elles n'ont jamais atteint l'état de négligence qui caractérise le reste des environs. Et puis il y a ces moments dont on hésite à parler, ceux qui semblent trop précis pour être l'œuvre de l'imagination et trop incohérents pour être confirmés, comme ces lumières lointaines qui restent immobiles pendant des heures, ou le bourdonnement continu et sourd d'une machine quelque part hors de portée, toujours présente mais jamais perceptible.
Filmée par une caméra : ce que le gouvernement ne veut PAS que vous voyiez à l'intérieur de cette maison !
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Au départ, ces observations restent isolées, considérées comme de simples réactions au stress ou de simples coïncidences. Mais plus le silence se prolonge, moins ces explications paraissent convaincantes, car les coïncidences ne se répètent pas de façon systématique, et le stress ne produit pas de détails identiques chez des personnes qui ne se sont jamais rencontrées. Lentement, à contrecœur, on commence à relier ces fragments pour former une sorte de conclusion. Cette conclusion n'émerge pas d'un coup, mais par une succession de prises de conscience qui s'enchaînent, qu'on le veuille ou non.
L’effondrement a affecté tout ce qui était accessible au public, mais pas nécessairement tout ce qui existait.
L’absence de tentatives de rétablissement suggère non pas un échec, mais une non-intervention délibérée.
La persistance d’une activité contrôlée et localisée implique que certains systèmes fonctionnent encore de manière isolée.
Et si des systèmes fonctionnent encore, alors quelqu’un, quelque part, y a encore accès.
Ce dernier point est celui qui change tout, car il introduit l'inégalité dans ce qui était auparavant considéré comme une condition universelle. Or, l'inégalité implique une structure, et la structure implique un contrôle. Dès lors, le silence n'est plus interprété comme un vide, mais comme une contrainte, comme si le monde s'était divisé en strates qui ne sont plus censées interagir comme avant. Et une fois que les gens commencent à penser en ces termes, leur comportement évolue en conséquence, non pas de façon évidente au premier abord, mais par de petits ajustements calculés qui redéfinissent progressivement les priorités.
La survie ne se résume plus à trouver de l'eau et de la nourriture, mais à se rapprocher de ce qui reste opérationnel, même si cette proximité ne repose que sur des rumeurs ou l'intuition. Les groupes se déplacent différemment, choisissant leur direction non plus en fonction des ressources connues, mais selon des schémas, des murmures, l'intuition que certaines zones sont moins abandonnées que d'autres. Ces déplacements sont prudents, souvent hésitants, car plus on croit se rapprocher de quelque chose de concret, plus l'environnement devient imprévisible, et l'imprévisibilité, dans ce nouveau monde, est rarement synonyme de hasard.
Il existe des lieux qui suscitent une inquiétude indéfinissable, des endroits où les signes habituels d'effondrement sont absents, sans pour autant être remplacés par quoi que ce soit de reconnaissable. Aucune activité visible, aucun accès libre, aucune trace d'occupation – et pourtant, quelque chose en eux résiste à l'entrée. Ceux qui s'approchent de ces zones décrivent souvent la même succession de sensations, même s'ils emploient des mots différents : l'impression croissante d'être observé, une pression subtile qui monte sans source apparente, une hésitation instinctive qui tient moins de la peur que de la reconnaissance. Certains rebroussent chemin avant de franchir cette frontière invisible qui définit ces zones, incapables de justifier logiquement leur décision, mais refusant de l'ignorer.
D'autres continuent.
Et ceux qui continuent ne reviennent pas toujours identiques.
Ni brisés, ni visiblement blessés, mais altérés d'une manière d'autant plus troublante qu'elle est difficile à quantifier. Ils parlent peu, voire pas du tout, de ce qu'ils ont vécu. Lorsqu'ils s'expriment, leurs récits manquent de cohérence, non pas parce qu'ils mentent, mais parce que leurs souvenirs semblent fragmentés, comme si quelque chose avait perturbé non pas l'événement lui-même, mais leur capacité à le retenir pleinement. Et parfois, le détail le plus perturbant n'est pas ce qu'ils décrivent, mais ce qu'ils omettent de décrire : les silences, les brusques changements de sujet, ces moments où le langage les trahit d'une manière qui paraît contre nature.
Les frontières que personne ne voit
À mesure que ces rencontres s'accumulent, l'idée de frontières invisibles devient plus difficile à ignorer, non pas comme une théorie, mais comme une réalité pratique qui influence les déplacements et les prises de décision au sein de groupes entiers. Ces frontières ne sont pas marquées au sens traditionnel du terme, mais elles sont définies par des résultats qui se répètent avec une constance suffisante pour établir leur existence sans qu'une confirmation physique soit nécessaire. Les individus commencent à les cartographier mentalement, non pas par des coordonnées précises, mais par l'expérience partagée, développant ainsi une compréhension des lieux où il est plus sûr d'aller et de ceux qu'il vaut mieux éviter, même si les raisons restent floues.
Ce processus de cartographie révèle quelque chose d'encore plus troublant, car les frontières ne sont pas aléatoires. Elles forment des motifs, des divisions à grande échelle qui suggèrent une organisation plutôt qu'une coïncidence, comme si le monde avait été partitionné selon des critères invisibles de l'intérieur. Certaines zones sont systématiquement évitées, d'autres sont abordées avec prudence, et quelques-unes deviennent des points de concentration silencieuse, des lieux où l'accès semble à portée de main sans jamais se concrétiser pleinement.
La logique sous-jacente à cette structure commence à se dessiner par l'observation, non pas comme une vérité confirmée, mais comme un cadre qui explique plus qu'il ne laisse de questions sans réponse :
• Les zones totalement effondrées ne présentent aucune trace d'intervention, comme si elles avaient été entièrement abandonnées.
• Les zones de transition présentent des schémas incohérents, suggérant un contrôle partiel ou un accès limité.
• Les régions isolées montrent des signes discrets d'entretien, indiquant une préservation sélective.
• Enfin, les zones les plus restreintes suscitent les réactions comportementales les plus fortes, même en l'absence de mesures coercitives visibles.
Cette structure stratifiée crée un monde nouveau, où la géographie n'est plus définie uniquement par des caractéristiques physiques, mais aussi par l'accès, le contrôle, par des règles invisibles qui déterminent qui peut se déplacer où et à quelles conditions. Dans ce monde, les individus ne se contentent plus de naviguer sur un terrain, mais évoluent dans un système invisible, réagissant à des signaux qu'ils ne comprennent pas pleinement.
La question qui change tout
Inévitablement, à un moment donné, une question surgit qu'on ne peut plus ignorer une fois mûrement réfléchie. Cette question ne naît ni de la peur ni de la spéculation, mais de l'accumulation d'observations trop cohérentes pour être écartées comme de simples coïncidences. On ne la pose pas ouvertement d'abord, car même y penser revient à franchir une limite irréversible. Pourtant, elle existe, discrètement, en arrière-plan de chaque conversation, de chaque décision, de chaque instant de silence où l'esprit a le temps de relier ce qu'il sait déjà.
Si quelque chose fonctionne encore, et si l'accès à ce qu'il contient est contrôlé, alors pourquoi ?
Les réponses qui suivent ne sont jamais certaines, mais elles tendent à suivre des lignes similaires, façonnées par la même logique sous-jacente qui a guidé chaque prise de conscience jusqu'à présent :
• Il pourrait s'agir de préservation, une tentative de maintenir les systèmes critiques le plus longtemps possible.
• Il pourrait s'agir de sélection, déterminant qui a accès et qui n'y a pas accès selon des critères inconnus.
• Il pourrait s'agir de confinement, limitant les interactions entre les différentes parties de ce qui reste.
• Ou il pourrait s'agir de tout autre chose, quelque chose qui ne correspond à aucun objectif connu.
Cette dernière possibilité persiste, non pas parce qu'elle est la plus probable, mais parce qu'elle est la moins bien comprise. Or, dans un monde où la compréhension se fait rare, tout ce qui sort des sentiers battus revêt un poids difficile à ignorer. Car si ce silence n'est pas simplement le fruit d'un échec, et si la structure restante n'est pas conçue pour se rétablir, alors l'état actuel du monde pourrait bien ne pas être temporaire.
Cela peut être intentionnel.
Et si c’est intentionnel, alors le silence qui a tout remplacé n’est pas la fin du système.
C'est le système, sous une forme qui n'a plus besoin de s'expliquer.
La forme de ce qui reste
Avant même que cette question ne s'impose pleinement à ceux qui sont encore capables de se la poser, le monde aura déjà franchi un seuil irréversible, non pas parce que les dégâts sont trop importants, mais parce que le schéma est devenu trop constant pour être accidentel, trop stable pour être temporaire, et trop maîtrisé pour être ignoré. Ce qui ressemblait autrefois à une lutte pour survivre dans le chaos se révèle être une lutte pour survivre dans la contrainte, et cette distinction modifie la nature de chaque décision qui s'ensuit. Car si le chaos peut être appréhendé par l'instinct et l'adaptation, la contrainte suppose une intention, et l'intention suppose un but, même si ce but demeure dissimulé derrière des couches de silence que personne n'est encore parvenu à percer.
Au début, on continue d'agir comme si la reconstruction était encore possible, comme si, quelque part au-delà de l'horizon, des centres opérationnels se préparaient à restaurer ce qui a été perdu. Mais cette croyance s'affaiblit avec le temps, non pas parce qu'elle est réfutée directement, mais parce qu'elle n'est jamais confirmée de manière significative. Il n'y a aucun signe de reconstruction, aucun effort coordonné qui dépasse le cadre de quelques zones isolées, aucune preuve que les anciens systèmes soient réparés à grande échelle. Au contraire, ce qui existe commence à paraître autonome, comme si le monde avait été divisé en segments qui ne sont plus destinés à se reconnecter, chacun fonctionnant selon ses propres limites, ses propres frontières, ses propres règles tacites.
Cette prise de conscience ne se propage pas par une révélation soudaine, mais par la répétition, par l'accumulation progressive de moments où les attentes se heurtent à la réalité, où les actions qui devraient produire des résultats restent sans effet, et où les schémas qui devraient se briser sous la pression demeurent intacts. Avec le temps, ces moments s'organisent en un cadre que l'on ne comprend peut-être pas pleinement, mais que l'on ne peut plus ignorer.
• Les systèmes autrefois interdépendants ne cherchent plus à se reconnecter, ce qui suggère une séparation délibérée plutôt qu'une désintégration accidentelle.
• L'accès aux ressources semble inégal, non pas parce qu'elles ont disparu, mais parce qu'elles sont inégalement réparties, selon des schémas non naturels.
• Les déplacements entre régions produisent des résultats prévisibles, indiquant que des variables invisibles influencent les comportements et leurs conséquences.
• Et surtout, l'absence d'autorité visible n'engendre pas un véritable désordre, mais une forme de stabilité plus discrète et mieux maîtrisée.
Ce dernier point bouleverse complètement notre perception, car il remet en question l'hypothèse fondamentale que l'on tenait autrefois du lien entre contrôle et visibilité. Il fut un temps où l'autorité devait être vue pour être crue, où le pouvoir s'affirmait par la présence, par l'application de la loi, par une preuve indéniable de son existence. Mais dans cette nouvelle structure, rien de tout cela n'est nécessaire. Le contrôle s'exerce sans déclaration, sans explication, sans même reconnaissance, façonnant l'environnement de manière à orienter les comportements sans jamais avoir besoin de les affronter directement.
Les gens commencent à s'adapter à cette réalité de manière subtile mais profonde, ajustant leurs actions non seulement en fonction de ce qu'ils vivent, mais aussi de ce qu'ils anticipent. Ils apprennent à éviter certaines pensées autant que certains lieux, car les uns comme les autres semblent porter des conséquences difficiles à prévoir, mais impossibles à ignorer. Les conversations deviennent plus courtes, plus prudentes, non pas parce que les gens n'ont plus rien à dire, mais parce que dire une bêtise, même en privé, donne l'impression de franchir une limite invisible. Les décisions sont prises avec moins d'assurance, plus d'hésitation, comme si chaque choix s'inscrivait dans un champ d'influence insaisissable, mais palpable.
Et dans cette hésitation, quelque chose de plus profond commence à se dessiner.
Il ne s'agit pas de la peur au sens traditionnel du terme, ni de la peur immédiate et réactive que suscite le danger, mais d'une prise de conscience plus lente et persistante : les frontières de la réalité elle-même ne sont peut-être plus aussi immuables qu'elles le paraissaient. Car si l'environnement peut être contrôlé sans mécanismes visibles, si l'accès peut être restreint sans barrières physiques, alors les limites que nous ressentons ne sont peut-être pas uniquement externes. Elles peuvent s'étendre à la perception, à la cognition, à la manière même dont la réalité est appréhendée et comprise à un niveau fondamental.
Cette idée est difficile à accepter, non pas parce qu'elle est impossible, mais parce qu'elle déstabilise le dernier point d'ancrage de nos certitudes : la conviction que même si le monde change, l'esprit qui l'observe demeure le sien. Pourtant, les preuves, aussi fragmentaires et indirectes soient-elles, commencent à suggérer le contraire, dessinant un schéma qui se précise à mesure qu'on l'examine.
• Les souvenirs des événements varient selon les lieux, même lorsqu'ils sont récents et précis.
• Les expériences partagées perdent en cohérence lors des discussions, comme si des détails étaient altérés ou effacés entre la perception et la mémoire.
• Certaines personnes présentent des changements de comportement soudains et inexpliqués, comme influencés par des facteurs qu'elles ne parviennent pas à exprimer.
• Et, plus troublant encore, certaines conclusions semblent difficiles à maintenir, comme si l'esprit lui-même refusait de mener à bien certains raisonnements.
Si ces observations sont exactes, même partiellement, leurs implications dépassent largement la simple survie, le contrôle et toute possibilité d'intervention par des moyens physiques uniquement. Elles suggèrent que ce qui subsiste du système ne se contente pas de façonner le monde extérieur, mais interagit également avec les processus internes qui permettent de le comprendre, créant ainsi une boucle de rétroaction où perception et environnement s'influencent mutuellement de manière désormais indissociable.
Dans une telle réalité, la résistance devient presque indéfinie, car la frontière entre soi et le système s'estompe. Si les choix sont influencés avant même d'en avoir conscience, si les pensées sont réorientées avant d'être pleinement formées, alors le concept d'autonomie commence à perdre son sens, non pas brutalement, mais progressivement, s'érodant sous le poids de l'incertitude jusqu'à devenir une hypothèse plutôt qu'une certitude.
Et pourtant, malgré tout cela, la vie continue.
Les gens mangent quand ils le peuvent, se déplacent quand ils le doivent, tissent des liens là où la confiance est encore possible, même si elle est fragile et souvent éphémère. L’instinct de survie humain ne disparaît pas simplement parce que les règles ont changé ; il s’adapte, se remodèle, trouve des moyens de persister malgré des contraintes qui semblaient autrefois insurmontables. Mais, dans ce contexte, survivre ne se résume plus à l’endurance. Il s’agit de naviguer dans une réalité qui peut influencer activement le processus même de navigation.
Ce qui conduit inévitablement à la pensée finale, celle qui ne peut être prouvée mais qui refuse de s'estomper, celle qui existe à la lisière de chaque observation, de chaque schéma, de chaque question sans réponse :
Si le silence n’était pas la fin, mais le début de quelque chose de plus maîtrisé, de plus précis, de plus délibéré…
Alors, ce qui reste n'attend plus d'être découvert.
Elle attend de voir ce que les gens deviendront en son sein.
Et dans ce monde calme et contrôlé, où rien ne se manifeste et où tout semble légèrement hors de portée, la possibilité la plus troublante n'est pas que l'humanité ait été abandonnée, mais qu'elle ait été laissée exactement là où elle doit être, observée non pas telle qu'elle était, mais à mesure qu'elle s'adapte, qu'elle change, qu'elle révèle, morceau par morceau, ce qui reste une fois que tout ce qui est superflu a été éliminé.
Non détruit.
On ne l'a pas oublié.
Mais ramené à quelque chose de plus simple.
Quelque chose de plus facile à mesurer.
Quelque chose de plus facile à regarder.
ATTENTION : Les images capturées par cette caméra embarquée de la police à 3 heures du matin vous laisseront sans voix…
Ils pensaient que c'était une nuit comme les autres… jusqu'à ce que ÇA apparaisse au milieu de la route. Cliquez pour voir la suite:
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3 - S'il s'agit de l'EMP, l'Impulsion ElectroMagnétique a détruit tous les satellites, et tout ce qui utilise l'électricité (piles, accus, batteries). Les avions s'écrasent, les trains s'arrêtent, les bateaux stoppent, et les voitures attendent au bord de la route . Çà, c'est irréparable.
Donc, il faut faire appel à sin intelligence (si vous en avez une !). De l'eau ? De l'eau il y en a toujours ! Les fleuves, les rivières, les mers et les océans. Oui mais comment la boire ?
Prendre une boite d'eau sale (salée, noire, urine) et la poser au milieu d'une poêle sur le feu.
Poser dessus la boite une boite plus grande dessus-dessous dans la poêle.
L'eau va bouillir et déposer de la vapeur dans la marmite ou marmiton retourné. Ces gouttelettes vont dégouliner vers la poêle.
Cette eau est pure ! Claire ! Sans goût no odeur ni couleur ni bactérie !
On ressent l'angoisse qui envahit Madge Waggy dans ses propos. Un QI de cours élémentaire. Une intelligence... sans solutions !! Whôaw ! (Elle n'a pas non-plus stocké des graines pour semer )
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4 - Dans leur « monde meilleur » : Orwell sous vos yeux. Le cycle orwelien du contrôle total de l’information par l’argent
Le Collectif citoyen, France-Soir
le 27 avril 2026 - 17:00
Une illustration du Meilleur des Mondes – Le cycle orwelien du contrôle total de l’information par l’argent
Imaginez un monde dans lequel vous, contribuables français, payez chaque année des milliards d’euros d’impôts… pour que l’État finance les médias qui vous mentent, vous manipulent et vous endoctrinent.
Imaginez que cet État, non content de dicter le narratif officiel, s’allie avec l’Union européenne pour taxer financièrement les seules plateformes qui osent encore laisser circuler la parole libre.
Imaginez que tout cela se fasse au nom du « bien commun », de la « vérité », de la « démocratie » et de la « protection contre la désinformation ».
Cycle orwellien
Ce monde n’est pas une dystopie de roman. Il est déjà là, en 2026. C’est le Meilleur des Mondes version 2.0 : pas de drogue somnifère comme dans Huxley, pas de télécrans omniprésents comme dans 1984… juste de l’argent. Des milliards qui coulent, qui achètent, qui punissent, qui récompensent. Un système si vicieux, si complet, si invisible qu’il passe pour de la « régulation vertueuse ».
Cycle orwellien
Mike Benz et Xavier Azalbert, chacun de son poste d’observation, décortiquent exactement le même étau. L’un depuis les États-Unis, l’autre depuis la France. Ils montrent que le contrôle de l’information n’est plus une affaire de censure brute : c’est une machine économique parfaite, un cycle fermé où l’État tient tous les leviers. Et vous, citoyen, vous financez votre propre mise sous tutelle.
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Le premier maillon : l’État achète les médias et dicte la « vérité »
En France, les subventions publiques aux médias dépassent 4,2 milliards d’euros par an. L’audiovisuel public (France Télévisions, Radio France, France Médias Monde…) absorbe à lui seul près de 3,9 milliards d’euros en 2026. La presse écrite « aidée » touche encore entre 120 et 175 millions d’euros annuels pour « pluralisme » et « modernisation ».
Cycle orwellien
Xavier Azalbert, dans son édito explosif du 31 octobre 2025 (« La Déclaration de Paris : l’État artisan de ses propres mensonges face à une vérité qu’il ne supporte pas »), le dit sans détour :
« Qui paie commande. »
Ces milliards ne sont pas neutres. Ils transforment les médias en relais dociles du pouvoir. Ils ne jouent plus leur rôle historique de contre-pouvoir. Ils deviennent le bras armé informationnel de l’État. Exemples concrets, cités par Xavier Azalbert :
La crise COVID : promesses vaccinales démenties les unes après les autres, données biaisées de Santé publique France, omission systématique des effets secondaires, et censure brutale (FranceSoir a été bloqué sur YouTube pendant quatre ans sur injonction gouvernementale).
La charte climatique de France Télévisions : engagement déontologique qui exclut de facto les voix dissidentes sur le réchauffement climatique (inspirée de la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique de 2022). Les formations internes avec le GIEC, le JT « Météo-Climat », tout est calibré pour ne plus donner « de faux équilibre » aux climato-sceptiques.
Narratifs officiels sur la dette publique, les retraites, l’Ukraine… relayés en boucle sans véritable contradicteur sur les plateaux publics.
Cycle orwellien
Xavier Azalbert pose la question qui fâche : comment les médias subventionnés à milliards peuvent-ils encore prétendre être indépendants ? Ils sont tenus « pieds et poings liés ». Les Français financent donc leur propre endoctrinement.
Pour briser ce cercle vicieux, Xavier Azalbert propose d’appliquer le principe pollueur-payeur à la pollution informationnelle en créant une Agence de Dépollution Informationnelle Citoyenne (ADIC) indépendante. Les « pollueurs » (médias, chercheurs, fact-checkers) paieraient des amendes proportionnelles à la portée (N = nombre de personnes exposées) et aux dommages réels (D = coût social : défiance, anxiété, hospitalisations inutiles…). La formule est décrite comme une mesure du coût social de la pollution informationnelle (cout = α × N × probabilité d’info fausse × D). L’argent récolté financerait la rectification, l’éducation aux médias et des études indépendantes. Pas de censure préalable : seulement de la responsabilité après coup, avec droit de défense.
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Le deuxième maillon : l’UE verrouille la diffusion
Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, Mike Benz passe 82 minutes à démonter le rapport officiel du Joint Research Centre (JRC) de la Commission européenne, publié mi-avril 2026 : « Fractured Reality » – qu’il qualifie de « EU’s new 2026 Global Censorship Blueprint ».
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L’Union européenne y pose un diagnostic alarmiste. Selon elle, nous vivons une « fractured reality » (réalité fracturée) : la société n’a plus une seule vérité commune, mais des milliers de bulles parallèles où chacun vit dans sa propre version des faits. Cette fracture serait causée par un « fantasy industrial complex » (complexe industriel fantaisiste), une véritable industrie qui produit en masse des récits émotionnels, exagérés, sensationnels ou carrément faux, parce qu’ils captent mieux l’attention.
Et la cause racine, selon l’UE ? L’attention economy (l’économie de l’attention). Les algorithmes des réseaux sociaux ne sont pas conçus pour informer ou dire la vérité, mais pour maximiser le temps passé sur l’application afin de diffuser plus de publicités. Ils privilégient systématiquement ce qui provoque colère, peur, indignation ou surprise – même si c’est faux – car c’est plus rentable que la vérité nuancée et calme.
C’est sur ce diagnostic que l’UE justifie sa solution : une « progressive digital advertising tax » (taxe publicitaire digitale progressive). Plus une plateforme (X, Meta, YouTube, TikTok…) supprime, débooste ou modère activement la « désinformation » (selon les critères définis par l’UE), moins elle paie de taxe. Moins elle censure, plus elle est taxée lourdement.
Benz rappelle que la publicité représente 80 à 90 % des revenus des plateformes : cette mesure n’est donc pas une simple régulation, c’est une arme économique qui récompense la conformité et punit la liberté d’expression. Les réseaux sociaux n’ont donc plus aucun intérêt économique à laisser la parole s’exprimer librement. Ils ont tout intérêt à booster les contenus « conformes » (ceux des médias subventionnés) et à faire disparaître ou déprioriser le reste.
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L’objectif est donc clairement affiché : reprendre le contrôle de l’espace informationnel et affirmer la « souveraineté digitale européenne » face aux GAFAM américaines. En réalité, c’est le retour du complexe industriel de la censure sous un nouveau costume : celui de la protection de la démocratie.
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Le cycle complet : la mainmise totale sur l’information (Déclaration de Paris)
Le 29 octobre 2025, 29 pays dont la France signent au Forum de Paris sur la Paix la Déclaration de Paris sur l’intégrité informationnelle. Xavier Azalbert la qualifie d’oxymore risible : l’État se pose en protecteur de la vérité alors qu’il est lui-même « l’artisan de ses propres mensonges ».
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Résultat ? Un cycle fermé, complet et auto-alimenté :
L’État (avec votre argent) finance les médias alignés.
Ces médias définissent ce qui est « vrai ».
L’UE taxe les plateformes pour qu’elles n’amplifient que ces contenus conformes.
Vous payez deux fois : impôts pour les subventions + publicité pour les plateformes qui se censurent elles-mêmes.
C’est orwelien dans sa perfection : double pensée ( « Nous protégeons la démocratie » tout en institutionnalisant le mensonge d’État) ; novlangue (« intégrité informationnelle », « pollueur-payeur vertueux », « souveraineté digitale ») ; Ministère de la Vérité (Déclaration de Paris + rapport Fractured Reality + subventions conditionnées) ; et inversion accusatoire (l’État se victimise de la « désinformation étrangère et IA » alors qu’il produit la plus grande pollution informationnelle).
Mike Benz et Xavier Azalbert disent exactement la même chose, vue des deux extrémités de la chaîne. L’un cible les émetteurs primaires, l’autre les amplificateurs. Ensemble, ils révèlent le système le plus vicieux jamais conçu : un contrôle total par l’argent, invisible, auto-financé par ses victimes, et vendu comme un progrès.
Un « petit pré carré » qu’ils veulent préserver à tout prix :
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C’est déjà là. Pas dans un livre. Pas dans un film. Sous vos yeux, en 2026.
Le seul contre-pouvoir qui reste est la prise de conscience massive, la transparence totale et l’exigence citoyenne : fin des subventions conditionnées, audit indépendant des narratifs d’État, vrai pollueur-payeur sur les mensonges prouvés. Sinon, le Meilleur des Mondes orwelien n’est plus une menace. Il est notre réalité.
Et vous, que voyez-vous quand vous allumez la télévision ou que vous ouvrez votre fil d’actualité ? Un journalisme libre… ou un système qui vous dit ce qu’il faut penser ?
Le choix est encore entre vos mains. Pour l’instant.
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5 - Après la saisie sur les salaires bien gagnés et les taxes ajoutées aux produits de consommation, la dictature s'en prend à ce que vous dites ! écrivez ! elle efface, censure vos propos car votre intelligence NE DOIT PAS ÊTRE PARTAGÉE ! VOUS DEVEZ FERMER VOTRE GUEULE !
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6 - Impôt sur la mort: le diagnostic à côté de la plaque de la socialiste Chloé Ridel
27 avril 2026
Les droits de succession, impôt sur la mort basé sur l’envie et la jalousie, ne cesseront jamais d’être défendus par les socialistes.
Dans un tweet sur X, Chloé Ridel, députée européenne, s’inquiète de l’importance que prend l’héritage dans la constitution du patrimoine : il représente en effet 60 % du patrimoine total, contre 35 % au début des années 1970. « Nous ne laisserons pas la France glisser vers une société d’héritiers ; ça n’est ni juste, ni bon pour l’économie ».
Mme Ridel prend le problème à l’envers. Le problème n’est pas la part croissante de l’héritage dans le patrimoine total, mais le poids de la fiscalité qui appauvrit tout le monde, tout en favorisant une société d’héritiers (puisqu’il n’est plus aussi facile de s’enrichir par le travail qu’auparavant). Le taux de prélèvements obligatoires est, en l’occurrence, passé de 34 % du PIB en 1970 à près de 45,3 % aujourd’hui. Ce taux est supérieur de 4,4 points avec la moyenne de la zone euro et de l’Allemagne (40,9 % du PIB). Dans un contexte où l’État désincite le travail et l’épargne, l’héritage prend mécaniquement une place plus importante – non parce qu’il explose, mais parce que le reste recule.
L’impôt sur la mort est d’autant plus injuste que le défunt, lui, s’est déjà acquitté de nombreux impôts pendant sa vie (impôt sur le revenu, taxe foncière, IFI, droits d’acquisition, etc.). Mais il faudrait peut-être que ce qu’il laisse à ses enfants soit encore ponctionné par l’État ? Ce n’est pas comme si la France ne battait pas un record en la matière : en pourcentage du PIB, la part des impôts sur les successions et les donations était la plus élevée de l’OCDE en 2021 (0,74 %), loin devant l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore le Royaume-Uni. Ce n’est pas non plus comme si l’impôt sur la mort n’était pas détesté des Français : 82 % le jugent illégitime.
Pour rétablir un peu de justice fiscale, Mme Ridel devrait plutôt défendre la propriété et plaider pour la suppression de l’impôt sur la mort, comme l’ont fait la Suède, l’Autriche, la Norvège ou encore la République tchèque depuis longtemps.
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7- Le patrimoine acquis et laissé lors du décès du propriétaire est une fortune honnête et parfaitement légitime qui revient aux héritiers (richesse matérielle et intellectuelle). Le putain d’État de merde n'a pas à se mêler de cette disposition. Mais la pédale est là ! elle encourage son contraire par le vol, la saisie, l'arrachage et la substitution !
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8 - Le « Projet du Parti socialiste » : toujours moins de liberté, toujours plus d’Etat
27 avril 2026
Les socialistes n’ont donc rien appris ! Leur projet de socialisme pour le XXIe siècle fleure bon les vieilles lunes du XIXe.
Après la révélation de l’accord pour un « nouveau Front populaire », Bruno Le Maire s’était exclamé : « C’est 1981 puissance 10 » (Franceinfo, 14 juin 2024). L’expression peut être reprise aujourd’hui à la lecture du volumineux « Projet du Parti socialiste » qui a été présenté à son bureau national le 21 avril et à la presse le lendemain, mais dont la substantifique moelle avait été déjà dévoilée par certains journaux (L’Opinion, 14 avril 2026).
Nous ne sommes en rien surpris par les 144 pages de ce projet et ce, pour deux raisons. D’abord, parce que nous avions déjà lu, et commenté (voir notre article du 19 mai 2025), les six contributions au dernier congrès du PS, soit 100 pages serrées, qui toutes naviguaient entre la gauche de la gauche et l’extrême gauche. Ensuite parce que le nouveau projet a été rédigé sous l’égide d’une proche du secrétaire national Olivier Faure, Chloé Ridel, énarque (promotion George Orwell, ça ne s’invente pas !), députée européenne et ancienne mélenchoniste décomplexée.
Des propositions aberrantes et non financées
Le projet compte plusieurs centaines de propositions. Il est difficile de faire son choix tant les aberrations pullulent, mais en voici un florilège :
smic net mensuel à 1.690 euros,
écart de salaires dans les entreprises limité de 1 à 20,
impôt sur les grandes successions,
planifications tous azimuts, notamment écologique,
prises de participation de l’État et nationalisations dans certains secteurs qualifiés de clefs,
lutte contre le « patriarcat ».
Si les propositions s’accumulent, elles sont en revanche d’une discrétion exemplaire sur leur financement. Un point de détail pour un socialiste ! Là encore, nous n’en sommes pas surpris. D’ailleurs les six contributions au dernier congrès socialiste ne comportaient aucune (oui, vous lisez bien : aucune !) source de réduction des dépenses publiques. Et d’une manière générale, le socialisme s’analyse comme une course de dépenses pour répondre aux besoins, jamais satisfaits, des citoyens.
Seul ennemi : le capitalisme. Un point, c’est tout
Nous souhaiterions ici scruter la philosophie du projet telle que l’énonce sans fard dans son introduction : l’objectif est celui de « vivre libres » au XXIe siècle et le moyen ne peut être que celui d’un « nouveau socialisme ».
L‘analyse part d’une critique unilatérale du monde qui nous entoure. Rien ne trouve grâce aux yeux de nos socialistes, ni dans le monde, ni dans notre pays. L’explication est unidimensionnelle : tout est de la faute du capitalisme qui, du fait de sa crise, est entré dans un nouvel âge, au moins aussi détestable, pour ne pas dire pire, que le précédent, avec, insiste le texte, des conséquences délétères pour l’écologie. En effet, au « capitalisme néolibéral », dont les promesses de doux commerce, de mondialisation et de libre-échange n’ont pas été tenues, a succédé un « capitalisme autoritaire » ou « illibéral », une prédation exercée par les Etats-Unis, la Chine et la Russie (sans que le projet fasse la moindre différence entre les « grandes puissances de ce monde »). Les passages répétés sur « l’oligarchie financière » fleurent bon le complotisme et la démagogie.
Il faut « vivre libres », c’est une obligation !
Vient ensuite le moment essentiel de la nouvelle philosophie socialiste… qui ressemble furieusement aux canons marxistes de l’ancienne ! Qu’est-ce que « vivre libres » ? c’est « pouvoir choisir son destin », tant individuellement que collectivement (car chez les socialistes le collectif n’est jamais très loin). Sans le dire, le projet entérine la vieille opposition entre les libertés formelles et les libertés réelles. Sur fond de misérabilisme, il s’alarme de ce que nous ne soyons « pas tous égaux face à la liberté », alors que celle-ci est un « bien commun », à construire autour des valeurs de fraternité et de solidarité. Le terme « construire » est opportunément utilisé : toujours dans l’optique marxiste, la liberté, loin d’être naturelle, est le fruit d’un combat. Chloé Ridel l’a confirmé dans un entretien (Libération, 22 avril 2026) : la liberté est une… « question sociale », car tout est social pour nos socialistes.
Par opposition, aux yeux, selon le programme, des « droites libertariennes », « la liberté est l’absence de règles communes, le règne du tout-marché, partisans (sic) du laisser-faire (sic) généralisé qui n’est rien d’autre que la loi du plus fort ». Nos lecteurs auront relevé la colossale finesse de l’argumentation.
En substance, les socialistes subvertissent la notion de liberté. C’est une inversion des valeurs, que George Orwell avait brillamment relevée en son temps. Lorsque les socialistes parlent de liberté, il faut lire : contraintes supplémentaires et État omniprésent.
Le rejet de la « social-démocratie »
Le projet insiste lourdement sur la dimension européenne. C’est tout à la fois un moyen de se distinguer des LFIstes et paradoxalement un moyen de préparer, au-delà des postures sur la mise à l’écart de Jean-Luc Mélenchon, « la coalition des forces acquises aux valeurs universelles, à la paix, la démocratie, la justice sociale et écologique ». Une coalition qui « reste cependant à construire », reconnait le texte, compte tenu des divisions internes sur l’alliance avec LFI, mais c’est une première pierre dans le jardin de François Hollande et consorts.
La France doit redevenir socialiste et l’Europe avec elle. Une Europe débarrassée de ses « fondations libérales », des « dogmes du marché » et de sa « politique du libre-échange ». Puisque « l’Occident » n’existe plus, il faut « construire » – toujours le même constructivisme – une « souveraineté européenne » et, en fait, exporter à Bruxelles le modèle social français.
Il s’ensuit – et c’est la seconde pierre dans le jardin « hollandais » – que « le temps de la social-démocratie doit être dépassé », puisque « le monde qui l’a vu naître n’existe plus ». L’argument historique apparaît spécieux. Pour mémoire, nous avons dit et redit à nos lecteurs que la social-démocratie française avait presque disparu, la plupart de ceux qui s’en réclament, Raphaël Glucksmann en tête, ayant eux aussi adopté un programme économique et social particulièrement radical qui aurait jadis fait frémir un tenant de la « gauche américaine », comme on appelait les rocardiens. Quoi qu’il en soit, le programme veut revenir à la « source » – radicale – de l’engagement socialiste : « la transformation du système économique et social, et l’expansion continue des libertés ». Nous ne sommes pas certain que cette expansion qualifie bien le programme socialiste de la seconde moitié du XIXe siècle… En revanche, la transformation du système économique renvoie bien à la destruction du capitalisme voulue par les fondateurs du socialisme. C’est un retour en arrière d’un siècle.
L’avant-dernier paragraphe de l’introduction confirme expressément que le « nouveau socialisme » reste un anti-individualisme obsessionnel, qui « valorise le collectif » et conçoit l’être humain comme un « être social », et un étatisme, la « puissance publique forte » devant s’opposer « à la toute-puissance du marché ». Les derniers mots caractérisent le « nouveau socialisme » par la formule : « liberté pour tous, par l’égalité et la fraternité ». Frédéric Bastiat aurait rétorqué que la seconde partie de la formule – l’égalitarisme et la fraternité légale – détruisait la première…
Une régression assurée pour notre pays
Le projet de « nouveau socialisme » singe celui des LFIstes, ce qui devrait favoriser en temps opportun les ralliements et les combats contre les « fascistes ». Les seules différences avec Jean-Luc Mélenchon proviennent, d’une part du rejet de l’antisémitisme, d’autre part de l’européisme, en plein accord avec les différents projets préparatoires au dernier congrès socialiste dont nous avons parlé en liminaire.
Si nous analysons le projet avec le programme commun de gouvernement et les 110 propositions du candidat Mitterrand, c’est effectivement « 1981 puissance 10 ». Le « nouveau socialisme » n’est jamais que l’ancien socialisme en pire, car il est repeint aux couleurs de l’écologisme politique le plus anticapitaliste et du féminisme le plus extrémiste.
Si ce programme était appliqué (mais, entre nous, les socialistes y croient-ils vraiment, à part leurs militants de base ?), il ferait régresser notre pays de plusieurs décennies. C’est déjà ce que Frédéric Bastiat dénonçait dans les années 1840 et Yves Guyot dans les années 1880-1900. Oui, décidément, les socialistes n’ont rien appris.
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9 - Qu'elle que soit la dictature en place (monarchie, république ou empire) et sa dénomination 'communiste', 'socialisme' ou 'capitalisme', il en ressort que de l'extrême gauche à l'extrême droite en passant par l'extrême centre, aucun de ces partis ne correspond au Peuple. AUCUN !
AUCUN parti ne demandera à ce que le pays devienne une Démocratie ! AUCUN !
En Suisse, seul pays au monde à être en Démocratie, les lois sont proposées par le Peuple et votées par le Peuple. Plusieurs référendums par an. Le ou la cheffe d’État, (cette année du 1er Janvier au 31 Décembre c'est Guy Parmelin) est élu(e) pour 1 an.
Chaque pays a sa politique de corruption, sa dictature et son absence de justice. Parfois (rare) elle est débordée par le surnombre d'habitants. Exemple la Chine (1 milliard 400 millions d'habitants) où le nombre d'habitants étant exponentiel : le nombre de surdoué(e)s l'est aussi ! D'où le progrès considérable surpassant tous les autres pays à des millions de kilomètres !
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10 - Clause de conscience : le boomerang que les auteurs ont lancé contre eux-mêmes
26 avril 2026
L’affaire Grasset est un épisode d’une guerre culturelle et politique. Après le limogeage de son PDG Olivier Nora par Vincent Bolloré, 170 auteurs ont claqué la porte de la rue des Saints-Pères, rejoints par plus de 300 plumes.
Depuis Sartre et Beauvoir, la gauche germanopratine s’était arrogé le monopole de la culture. Elle laissait publier quelques penseurs libéraux ou de droite dans des maisons d’éditions marginales. Mais elle s’émeut désormais qu’ils puissent avoir accès aux grands du métier. Elle appréciait Boualem Sensal quand il était un auteur algérien ; elle le hait de dénoncer un mauvais islam et de soutenir David Lisnard. Elle défend la retraite à 60 ans, mais elle a pris fait et cause pour Olivier Nora, prié par son employeur de quitter ses fonctions à 66 ans ! La vraie raison est qu’elle veut la peau d’affreux patrons capitalistes qui pratiquent le métier de l’édition sans se plier à la doxa paléo-marxiste.
Mais en revendiquant une clause de conscience qui affaiblira les maisons d’édition, les auteurs pourraient tomber dans un piège qu’ils auraient eux-mêmes tendu.
Des analogies infondées
La revendication s’est construite par emprunt à la clause de conscience des journalistes, créée en 1935. Mais comparaison n’est pas raison. Les situations sont différentes. Le journaliste est salarié, engagé dans une relation de subordination, et contribue directement à une production collective – le journal – dont la ligne éditoriale est essentielle pour le lecteur. Celui-ci s’abonne, n’achète pas seulement des articles mais une orientation, une « marque » intellectuelle, une sensibilité.
Rien de tel dans le livre. L’auteur n’est pas salarié, il signe un contrat commercial, livre par livre, et reste libre de porter son prochain manuscrit ailleurs, sauf clause contractuelle contraire. Le lecteur, lui, achète un livre, une œuvre singulière – pas une maison d’édition. Chaque livre a son identité propre. Personne ne se détournerait de Houris de Kamel Daoud parce que Gallimard aurait changé d’actionnaire.
La vraie clause de conscience – celle des médecins face à l’avortement, des pharmaciens face à certaines prescriptions, des avocats devant les turpitudes de leurs clients – porte sur des actes que le professionnel doit personnellement accomplir contre sa morale. Un auteur n’est dans aucune de ces situations.
L’arbitraire tuerait l’économie du livre
Un contrat d’édition est un contrat librement passé par un auteur pour confier la publication de son tapuscrit à un éditeur. Celui-ci verse une redevance à l’auteur qui en échange lui permet de diffuser l’œuvre dans les conditions définies d’un commun accord. Ainsi garanti, l’éditeur prend le risque industriel et commercial de la publication, paie l’impression, assure la distribution et le marketing. Permettre à un auteur de dénoncer unilatéralement ce contrat parce que l’actionnaire a déplu à sa conscience, c’est réécrire rétroactivement les règles du jeu et ouvrir à l’arbitraire. C’est aussi détruire la valeur du catalogue, principal actif d’une maison d’édition.
Paradoxalement, les obligations que les signataires veulent faire peser sur les éditeurs risquent de fragiliser les structures les plus modestes et d’accélérer la concentration du secteur de l’édition. Un petit éditeur indépendant craindra de voir la moitié de son catalogue s’évaporer à chaque changement de direction. Les repreneurs hésiteront à racheter des maisons dont les actifs fondent au gré des humeurs. Pour les auteurs, moins de maisons, moins de concurrence, moins d’à-valoir – c’est exactement le contraire de ce qu’ils prétendent défendre. Le pluralisme éditorial est la meilleure protection des auteurs et la garantie de leur liberté. Ilse nourrit de souplesse contractuelle, pas de rigidités législatives.
En polémiquant contre les éditeurs qui naviguent déjà à vue dans un marché déclinant, et en voulant ajouter des contraintes à leurs contraintes, ces écrivains tirent sur l’ambulance. Ils affaiblissent encore un peu plus le marché en difficulté qui les fait vivre et connaître. L’indignation contre un actionnaire est un sentiment qui ne fait pas une bonne politique. La liberté du marché protège les acteurs de ce marché mieux que des règles excessives. Celles-ci ont nécessairement un coût que ceux qui les supportent mettent toujours en partie à la charge de ceux qui en bénéficient.
L’équilibre du droit
La possibilité pour un auteur de rompre son contrat quand son éditeur ne lui plairait plus serait une clause potestative susceptible d’être considérée comme nulle et non avenue. Mais au-delà des contrats, les auteurs ligués contre leur maison d’édition revendiquent un nouveau « droit créance » imposé par notre Etat-nounou pour protéger de faibles auteurs face à des ogres de l’édition. Pourtant dans ce marché, auteurs et éditeurs sont nécessairement associés : aucun ne peut exister sans l’autre ! Le Code de la propriété intellectuelle prévoit déjà les obligations des deux parties et les cas dans lesquelles chacune peut dénoncer le contrat en cas de défaillance de l’autre. Ces cas reposent sur des faits objectifs, pas sur l’humeur idéologique de l’une des parties. Une clause de conscience, par construction, est subjective. Le droit est objectif et c’est pourquoi il est protecteur.
D’ailleurs, aucun pays comparable à la France n’a jugé utile d’inscrire une telle clause dans son droit de l’édition. Aux États-Unis, en Allemagne, au Royaume-Uni, les auteurs signent des contrats commerciaux classiques. La seule clause « morale » qui existe — la morals clause anglo-saxonne — fonctionne exactement en sens inverse : elle permet à l’éditeur de rompre si l’auteur est accusé d’un comportement condamnable…
Si les auteurs veulent une protection, une clause d’intuitu personae, rien ne les empêche de la négocier. Libre à l’éditeur de l’accepter, au prix d’une moindre rémunération. C’est une logique saine : on paie le risque qu’on fait supporter. Chacun est responsable de ses choix.
Introduire une clause de conscience dans l’édition tendrait à introduire dans le même temps une police de la pensée. Elle brouillerait les limites du droit de propriété et l’amoindrirait au risque de réduire les libertés des écrivains eux-mêmes. « Où trouver une puissance capable de contrebalancer cette puissance formidable de l’État ? Il n’y en pas d’autre que la propriété » répondait Proudhon. La nomenklatura intellectuelle se tourne vers l’Etat pour reprendre la main qu’elle est en train de perdre sur la culture. Mais elle prend ainsi le risque d’en être un jour la victime soumise à un nouveau Léviathan.
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