A.M
le 18 août 2026 - 11:35
Moscou a lancé une première série de 16 satellites Rassvet en mars et annoncé un deuxième lancement réussi en juillet. Encore intermittent, le réseau russe doit progressivement réduire une dépendance aux infrastructures étrangères devenue très concrète sur le front ukrainien.
Dans un article publié le 13 août, La Voix du Nord revient sur l’accélération de Rassvet, le réseau satellitaire russe conçu comme un équivalent de Starlink. Le système ne fournit pas encore une connexion permanente, mais son développement inquiète Kyiv dans une guerre où les communications par satellite sont devenues un outil militaire majeur.
Reuters rapporte que le général Vadym Skibitskyi, numéro deux du renseignement militaire ukrainien, juge le déploiement plus rapide qu’attendu. Selon les chiffres qu’il avance, la Russie a placé 16 satellites en orbite en mars 2026 et ambitionne d’en aligner 292 en 2027 puis 924 en 2035. Pour l’heure, la couverture reste fragmentaire et dépend du passage d’un satellite au-dessus de la zone concernée. Une constellation plus dense permettrait d’assurer une connexion beaucoup plus continue.
L’enjeu dépasse largement l’accès à Internet des particuliers. Starlink donne depuis plusieurs années aux forces ukrainiennes un moyen de communiquer dans des zones où les infrastructures terrestres sont détruites ou brouillées et intervient aussi dans les opérations de drones. L’armée russe avait elle-même recours à des milliers de terminaux obtenus sur le marché gris. Kyiv a toutefois obtenu de SpaceX leur désactivation au début de 2026, ce qui a perturbé les communications russes et contribué à renforcer l’intérêt stratégique d’une solution contrôlée par Moscou.
Le calendrier russe paraît d’ailleurs plus avancé que ne le laisse entendre le seul chiffre des 16 satellites lancés en mars. Sur son site, Bureau 1440, l’entreprise qui développe Rassvet, indique qu’un deuxième groupe de satellites a été placé avec succès en orbite le 20 juillet, sans préciser leur nombre. La société revendique également des liaisons laser entre satellites et vise à terme une couverture continue, avec des débits annoncés pouvant atteindre 1 Gbit/s. Ces performances restent celles promises par le constructeur et non celles d’un service aujourd’hui disponible à grande échelle. Rassvet reste loin de la maturité de Starlink et devra encore multiplier les lancements pour tenir ses objectifs, mais pour Moscou, chaque nouveau satellite réduit une vulnérabilité révélée par la guerre en Ukraine.
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2 - Russie : Nestlé visé par une demande de mise sous administration provisoire
M. A.
le 18 août 2026 - 09:56
Le Kremlin s’apprête-t-il à saisir les actifs de Nestlé en Russie ? Selon un journal russe, une petite entreprise, toute méconnue, a déposé auprès du président Vladimir Poutine une demande de mise en tutelle. Son propriétaire, proche de nombreux hommes d’affaires et acquéreurs d’actifs étrangers en Russie, reproche officiellement au géant suisse de l’agroalimentaire d'avoir, entre autres, cessé l’exportation de produits fabriqués en Russie.
Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022, la Russie a progressivement renforcé son contrôle sur les actifs détenus par des entreprises étrangères, en particulier celles originaires de pays jugés “hostiles” par le Kremlin. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de sanctions occidentales massives et de mesures de rétorsion russes.
1,9 à 2,1 milliards de dollars
En avril 2023, le président russe Vladimir Poutine a signé un décret autorisant la mise sous “gestion temporaire” des actifs russes de sociétés étrangères, confiée à l’agence fédérale Rosimushchestvo, sans transfert formel de propriété mais avec perte effective des droits de décision pour les actionnaires étrangers. Ce mécanisme a été invoqué à maintes reprises comme mesure de réciprocité face aux confiscations d’avoirs russes à l’étranger, notamment aux États-Unis et dans l’Union européenne.
Selon un rapport de la firme juridique russe NSP publié en juillet 2025, plus de 100 cas de saisies d’actifs privés ont été documentés depuis 2022, pour une valeur totale estimée à environ 50 milliards de dollars, dont une part significative concerne des entreprises étrangères.
Parmi les sociétés occidentales les plus connues touchées par ces mesures figurent d’abord des acteurs du secteur énergétique. En avril 2023, les actifs russes de l’allemand Uniper et du finlandais Fortum ont été placés sous gestion temporaire par décret présidentiel, marquant les premières applications majeures du dispositif à des entreprises européennes.
Dans le secteur des boissons, le Danois Carlsberg a vu sa participation dans la brasserie russe Baltika placée sous gestion temporaire en juillet 2023, avant qu’un accord de cession ne soit conclu plus d’un an plus tard. Dans l’agroalimentaire, le français Danone a subi la même mesure en juillet 2023 pour sa filiale russe Danone Russia, avant de finaliser en 2024 une transaction actant une perte de 1,2 milliard d’euros liée à cette cession.
Nestlé pourrait connaître le même sort. Selon un article publié lundi par le journal russe Kommersant, une société, très peu connue, a demandé au chef du Kremlin de placer les actifs du groupe agroalimentaire suisse Nestlé sous administration provisoire. La société, dénommée KS Logistika, cible cinq entités détenues par Nestlé en Russie: Nestlé Russia LLC, Nestlé Kuban, Serial Partners Rus, CPB Nestlé et Atrium Innovations Russia.
Si l’on se réfère à de précédents cas, une mise sous administration provisoire pourrait fort probablement mener à une saisie des actifs puis à un changement de propriétaire. Kommersant souligne que les activités russes de Nestlé pourraient valoir entre 160 et 175 milliards de roubles, soit 1,9 à 2,1 milliards de dollars.
Nestlé poursuit ses activités, KS Logistics intrigue
Le géant suisse de l’agroalimentaire a déclaré à Reuters ne pas avoir été contacté par les autorités russes, continuant d’exploiter ses bureaux et ses usines “tout en se conformant à toutes les exigences réglementaires” du pays. KS Logistika reproche à Nestlé, qui exploite six sites de production dans les régions de Kalouga, Vologda, Samara, Perm, Krasnodar et Vladimir, de ne pas avoir étendu ses capacités de production en Russie et d’avoir suspendu les exportations de produits de fabrication russe.
Le journal Kommersant croit savoir que le gouvernement russe évaluera la faisabilité d'une telle démarche d'ici la fin de l'année. À propos de KS Logistics, le média s’interroge sur cette société très méconnue, soulignant que son bénéficiaire est un certain Gerasim Bogomolov. En 2025, la société, qui dit “défendre les intérêts de tiers”, n’a réalisé qu’un chiffre d’affaires de 1,6 million de roubles (un peu plus de 16 265 euros), rendant encore plus intrigante sa requête contre Nestlé.
Plusieurs sites et médias russes ont dressé le portrait le Guerassim Bogomolov. Ce dernier a occupé dans le passé des postes de direction au sein de Sovcombank, la banque des hommes d'affaires Dmitri et Sergueï Khotimski, ciblés par des sanctions internationales, ainsi que chez Expobank, dont le propriétaire, Igor Kim, s'est porté acquéreur de nombreux actifs d'entreprises étrangères ayant quitté la Russie après le début de l'invasion de l'Ukraine.
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3 - Yuan en Europe, et si le vrai séisme concernait le dollar ?
France-Soir
le 17 août 2026 - 17:45
La désignation de Deutsche Bank comme première banque européenne de compensation en renminbi n'a rien d'un simple ajustement administratif. Derrière le jargon bancaire se dessine un mouvement beaucoup plus profond : l'installation progressive de la monnaie chinoise au sein des circuits financiers européens.
Officiellement, l'objectif est clair. Faciliter les échanges entre les entreprises européennes et chinoises, réduire les coûts de conversion et accélérer les règlements internationaux.
Sur le papier, difficile d'y voir une menace, pourtant l'Europe ouvre sa porte à un partenaire commercial et laisse entrer un concurrent stratégique dans son propre système financier.
Depuis plus d'une décennie, Pékin poursuit une stratégie méthodique d'internationalisation du yuan. Les infrastructures existent déjà. Francfort accueille depuis 2014 un centre de compensation en renminbi. Le système chinois CIPS, conçu pour les paiements transfrontaliers, fonctionne depuis 2015 et s'est progressivement développé.
La nouveauté tient davantage du symbole que de la technique. Pour la première fois, une grande banque européenne devient un rouage direct du dispositif chinois.
La Chine avance avec constance, et ne cherche pas nécessairement à remplacer le dollar du jour au lendemain, son approche ressemble plus à une stratégie d'encerclement progressif, multipliant les accords bilatéraux, développant les règlements en monnaies locales, renforçant les capacités de financement en yuan tout en réduisant la dépendance aux infrastructures dominées par les États-Unis.
Dans cette partie d'échecs monétaire, ou plutôt de Go, le dollar reste quand même loin devant, et demeure la principale devise des paiements internationaux, conservant une place dominante dans les réserves des banques centrales.
L'histoire économique montre qu'une monnaie ne perd jamais son influence d'un seul coup. L'érosion est lente et presque imperceptible.
L'Europe se retrouve de ce fait dans une position délicate. D'un côté, les entreprises européennes ont besoin d'outils leur permettant de commercer plus facilement avec leur premier partenaire industriel, même si il est fortement critiqué. De l'autre, l'intégration d'infrastructures financières liées à Pékin soulève des interrogations sur la souveraineté économique du continent.
Et ce n'est pas qu'une question bancaire. En acceptant une présence accrue du yuan, l'Europe participe à la construction d'un nouveau monde monétaire. Plus équilibré ? L'avenir nous le dira. Avec les BRICS elle contribue en tous cas, sans véritable débat démocratique, à l'affaiblissement progressif du système fondé sur le dollar ?
Le loup est-il réellement rentré dans la bergerie ?
*Renminbi (RMB) : nom officiel de la monnaie chinoise
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4 - Marché européen de l’électricité : qui mettra fin à la casse de notre système électrique ?
17 août 2026
Le marché européen de l’électricité n’a jamais été le marché libre et non faussé que ses promoteurs décrivent. Il prive chaque année la France d’une part substantielle de la rente que lui vaut son parc nucléaire, et il sert aujourd’hui d’argument à ceux qui contestent devant Bruxelles le financement public des futurs EPR2.
Deux formes possibles de marché, et deux seulement
Première forme. Une plateforme de conduite unique gère l’équilibre production-consommation sur tout le territoire de l’Union. Les producteurs des MWh les plus abondants et réellement les moins chers y sont présents à tout moment, à des puissances seulement limitées par la consommation appelée à l’instant t. Celui qui subit la limitation fournit le MWh marginal, dont le prix rémunère l’ensemble de la production, conformément au merit order.
Seconde forme. Chaque pays gère, dans le même esprit, un système national limité à son territoire. L’ensemble des systèmes nationaux reste interconnecté, mais chacun est commercialement étanche : ses voisins y figurent en producteurs ou en consommateurs indifférenciés des producteurs et des consommateurs nationaux.
Dans les deux cas, le merit order demeure souverain et les rentes encaissées par des producteurs uniformément rémunérés au prix du MWh le plus élevé sont d’autant plus fortes que ces producteurs sont performants. Ce qui doit être fait de ces rentes ne regarde que le pouvoir politique concerné.
Ce que la France gagnerait au modèle décentralisé
L’avantage de la seconde forme tient à une évidence : pour être le plus performant de tous, notre système ne pouvant pas pour autant fournir à ses voisins plus qu’il ne produit, il serait constamment tenu de servir prioritairement l’économie nationale — et jamais d’absorber, souvent à prix d’or, une puissance dont elle n’a pas besoin.
Les exportations se feraient au coût marginal français, les importations aux coûts marginaux des pays sollicités. D’où l’inclination à sélectionner ces derniers par ordre croissant de coûts, d’où une vraie concurrence sur un marché européen décentralisé, d’où la tendance à investir dans notre autonomie énergétique.
On peine, du reste, à rattacher l’appareil technico-commercial européen actuel à l’une ou l’autre de ces deux formes : contours flous, principes de fonctionnement difficiles à lire, grammaire spécialisée. L’entretien d’une telle confusion facilite les arrangements décrits ci-dessous.
La moitié de la rente nucléaire part chez nos voisins
La rente nucléaire sur laquelle l’État français devrait pouvoir compter a été grossièrement évaluée à 4 à 5 milliards d’euros par an. La moitié au moins de cette rente part chez nos voisins allemands, italiens et espagnols, ainsi que le rapporte La Tribune du 24 avril dernier ; soit la moitié de dividendes patrimoniaux dus à des consommateurs qui, des décennies durant, ont remboursé sur leurs factures la totalité du coût de construction du parc nucléaire.
La justification du régulateur ? La CRE « s’intéresse plutôt à la question du partage des coûts d’investissement dans de nouvelles interconnexions, connus à l’avance, plutôt qu’à ces recettes incertaines et volatiles ». Ainsi de l’interconnexion du golfe de Gascogne, estimée à 3,1 milliards d’euros et financée à 45 % par la France. On paie d’avance des ouvrages dont on renonce à percevoir pleinement les recettes.
La « cannibalisation » : un argument facilement battu en brèche
La Commission a ouvert le 31 mars 2026 une procédure formelle sur les aides d’État au programme EPR2, avec consultation des tiers du 7 mai au 7 juin. L’association Énergies renouvelables pour tous, appuyée par l’économiste Alain Grandjean, y voit un effet de « cannibalisation ».
Sur le principe, la logique de cette consultation est contestable. Car, dans un marché réellement libre, on ne discrimine pas la personne du propriétaire d’une entreprise ni le volume des capitaux qu’elle y mobilise. Ce propriétaire peut être l’État, et qualifier ses investissements de subventions revient à préjuger de ce qui est en débat. La même Commission a d’ailleurs validé des contrats au bénéfice des renouvelables.
Sur les chiffres, le débat peut sembler légitime. Mais, alors que la Commission situe le prix du MWh garanti par « contrat pour différence » à EDF entre 85 et 115 euros, Antoine de Ravignan, le président de l’Association de promotion des énergies renouvelables, dénonce un MWh sorti des EPR2 à 226 euros, une fois intégré le prêt bonifié consenti à l’opérateur historique, quand, selon lui, le prix du MWh éolien ne dépasserait pas les 60 euros.
L’authentique expertise ci-après de Jean Pierre Riou souligne l’extravagance des chiffres avancés ci-dessus. Dépassant le consensus déjà ancien des 85 euros pour prix moyen du MWh renouvelable garanti par les contrats d’EnR, elle arrive aujourd’hui à un prix moyen de 151 euros auxquels il est nécessaire d’ajouter le coût des externalités décrites dans le rapport de l’UNCE, amenant déjà à au moins doubler ce prix, et d’ajouter le coût de la modulation de puissance qu’impose l’intermittence des EnR au nucléaire. Bref, en 2026, le coût moyen réel du MWh EnR le plus vraisemblable est certainement plus proche des 350 euros que des 60 euros.
Quatre questions à messieurs Grandjean et de Ravignan
Où était la considérable puissance éolienne espagnole le 28 avril 2025, au moment du blackout ibérique ?
Où est la nôtre le plus clair du temps ces deux derniers mois ?! Elle atteint pourtant 26,4 GW au 31 mars 2026 — l’équivalent de la puissance installée d’une vingtaine de tranches nucléaires.
Quelle puissance faudrait-il installer pour dispenser le pays, toute l’année, du nucléaire et du fossile ?
Et pourquoi, dans une Allemagne couverte d’éoliennes, le KWh reste-t-il parmi les plus chers d’Europe ?
Le coût des renouvelables et des batteries ne s’effondrera pas
« Lorsque les réacteurs EPR2 entreront en service, les coûts des renouvelables et des batteries auront encore chuté », assure monsieur de Ravignan. Le consensus technique dit l’inverse : le prix des batteries ne baissera plus qu’à la marge tant que leur densité énergétique restera suspendue au lithium, le plus léger des métaux, et tant que l’électrolyte n’aura pas connu de rupture franche. Quant à la baisse du coût des renouvelables, cf ci-avant.
Seules les élections de l’an prochain peuvent répondre à la question posée en titre, et leur réponse ne deviendra tangible que douze à dix-huit mois plus tard. Toute réforme profonde du système électrique français supposant de l’émanciper du système électrique européen, le consommateur français n’est pas encore sorti de l’auberge.
(1) Sur le merit order :
(2) La Tribune, 24 avril 2026 – https://www.latribune.fr/article/entreprises-finance/energie-environnement/1866847549738214/marche-de-lelectricite-pourquoi-la-france-ne-touche-pas-tout-le-benefice-de-ses-exports
(3) Décision d’ouverture du 31 mars 2026 ; lettre d’observations publiée au JOUE le 7 mai 2026.
(4) Le Mont Champot, février 2026 ; travaux de la CEE-ONU (UNECE).
https:///marche-europeen-de-lelectricite-qui-mettra-fin-a-la-casse-de-notre-systeme-electrique/
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5 - Guerres Étrangères: Le Diviseur Ultime À La Maison
Ceux qui s’opposent aux guerres étrangères se retrouvent dans une impasse avec ceux qui les soutiennent.
John Leake
août 18, 2026
Un bon ami ici à Dallas qui a été très favorable à mon travail dissident pendant la pandémie de COVID-19 n’est pas d’accord avec ma critique du président Trump pour avoir déclenché et poursuivi la guerre contre l’Iran.
Je ne suis pas troublé que nous soyons en désaccord sur ce sujet, et je suis convaincu que notre amitié sera très bien. Cependant, notre désaccord m'a poussé à réfléchir à l'impasse entre ceux qui s'opposent aux guerres étrangères et ceux qui les soutiennent.
La guerre, c’est-à-dire l’affaire de tuer des gens et de détruire leurs biens et d’exposer ses propres gens et ses biens au risque d’être tué et détruit, a longtemps été un sujet de division parmi les personnes philosophiquement inclinées.
Je dis pour les personnes philosophiquement enclines, parce qu’il semble que la plupart des gens sont facilement influencés par la propagande de guerre pour soutenir la guerre. Parce que seulement 0,4% de la population américaine sert dans l'armée de service actif, la plupart des Américains se perçoivent comme étant très loin (et à l'abri) de l'entreprise de faire la guerre. Leurs esprits ont donc libre cours pour imaginer cette entreprise comme ils souhaitent l’imaginer.
Je suis convaincu que la plupart des gens réévalueraient instantanément leur plaidoyer contre les guerres étrangères s’ils et leurs enfants étaient obligés de participer à leur combat. Comme le général William Tecumseh Sherman l'a dit:
Je suis fatigué et malade de la guerre. Sa gloire est toute lune. Il n'y a que ceux qui n'ont ni tiré de coup de feu ni entendu les cris et les gémissements des blessés qui crient à haute voix pour le sang, pour la vengeance, pour la désolation.
Le brûlage d'Atlanta, Nov. Catégorie: 1864
Je considère les amis, les associés et les lecteurs comme entièrement libres de soutenir les guerres étrangères de l’Amérique. Cependant, de même, je déclare ma liberté de conscience individuelle – consacrée par le premier amendement et reconnue par la Cour suprême comme un principe fondamental de la clause de liberté d’expression – pour critiquer ces guerres.
Je ne suis pas arrivé à ma posture d'opposition ferme et ferme des guerres étrangères à la légère. Ma position est le résultat de décennies d’étude de l’histoire militaire et d’analyse des coûts et des résultats des guerres étrangères de l’Amérique depuis 1945.
Je crois aussi que le fardeau de la preuve pour justifier les guerres étrangères n'est pas sur ceux qui s'y opposent, mais sur ceux qui les défendent.
La propagande de guerre simplifie grossièrement les causes du conflit et réduit l'adversaire à un méchant de bande dessinée, le déshumanisant et faisant totalement fi des événements historiques et des circonstances qui ont produit son sentiment d'inimitié.
Je reçois souvent des courriels de gens qui ne connaissent rien à l’Iran, à son peuple ou à son histoire, en dehors de choses qu’ils ont entendues des propagandistes américains et israéliens. Beaucoup de ces personnes se disent «conservatrices» et ont fréquemment exprimé leur dégoût face à la décadence et à l’immoralité de la culture populaire américaine et à la malhonnêteté du gouvernement américain, en particulier pendant le COVID-19.
D’un autre côté, les gens comme moi qui s’opposent aux guerres étrangères du gouvernement américain peuvent s’inspirer d’une longue tradition morale et juridique sur laquelle la République américaine a été fondée. Cette tradition considère la guerre comme une mesure extrême – une mesure à entreprendre seulement après que toute voie raisonnable de règlement pacifique des conflits a été épuisée.
L'histoire a montré que la guerre aboutit rarement à des résultats souhaitables, mais engendre généralement plus de guerre. Comme l’a dit Jefferson, « la guerre est un instrument tout à fait inefficace pour réparer le mal; et se multiplie, au lieu d’indemniser les pertes. »
Ce point de vue est enraciné dans la tradition de guerre juste occidentale, adaptée et institutionnalisée par les fondateurs américains dans les documents fondateurs de la nation et dans sa conception constitutionnelle.
La tradition de guerre juste, qui remonte à Augustin et Aquin, soutient que le recours aux armes n'est moralement permis que dans des conditions strictes. Parmi les plus exigeants d’entre eux se trouve le critère du dernier recours: la force peut être utilisée uniquement lorsque tous les autres moyens de résoudre le conflit – la diplomatie, la négociation, l’arbitrage, la pression économique ou l’appel juridique – ont été tentés de bonne foi.
Ce cadre moral a façonné la pensée coloniale et républicaine primitive. Les écrivains puritains ont affirmé que la justice de toute guerre devait être «notoirement évidente», et les dirigeants révolutionnaires ont formulé leur cause en termes de guerre juste. La Déclaration d’indépendance suit la logique de dernier recours: elle catalogue un «long train d’abus», enregistre des pétitions répétées pour réparation, et ne conclut que les colons ont été contraints «de dissoudre les bandes politiques» et de prendre les armes pour défendre leurs droits.
Je n’ai pas encore vu un seul argument cohérent – en m’appuyant sur nos traditions morales et juridiques – qui justifie les États-Unis contre l’Iran, qui a commencé lorsque les forces nucléaires d’Israël et des États-Unis ont attaqué l’Iran au motif que l’Iran cherchait à développer une arme nucléaire.
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6 - Ils tweetent le jour, censurent la nuit, mais veulent Starlink... l'Europe et son problème Musk
G. L.
le 12 août 2026 - 22:00
Varsovie est furieuse. D'ici le 17 août, la Pologne va disparaître de la zone de roaming européenne de Starlink, le service d'internet par satellite de SpaceX. Concrètement, un abonné polonais qui voyage avec son terminal devra déclarer ses déplacements, faire vérifier ses documents, et ne pourra plus utiliser le service hors de Pologne au-delà de trente jours. Le forfait itinérant à 180 zlotys ne suffira plus : il faudra basculer sur une offre à 460 zlotys (106,79 €) pour continuer à circuler en Europe...
Et le vice-premier ministre et ministre du Numérique Krzysztof Gawkowski dégoise, sur X bien évidemment, la plateforme de Musk, refusant qu'une entreprise mondiale "traite les Polonais plus mal que les autres Européens", et exige le rétablissement de conditions à l'identique, rapporte LaPresse... Mais qui est il pour exiger d'une société privée, qui plus est d'outre-Atlantique, qui offre une couverture par satellite ?
L'indignation est toujours des plus sélectives. Rappelons que, depuis deux ans, Bruxelles et les siens multiplient les enquêtes, les injonctions et les sanctions contre les entreprises de Musk. En décembre, la Commission a infligé à X une amende de 120 millions d'euros au titre du DSA, la toute première du genre, motif officiel, la transparence. En toile de fond, une volonté de faire rentrer dans le rang une plateforme qui laisse passer ce qui déborde de la bien-pensance bruxelloise.
Tout cela ne les empêche en aucun cas d'utiliser la plateforme à des fins personnelles, voire ambitieuses, car nos élites ne quittent guère les réseaux du milliardaire (même si certains maladroits politiques français se sont essayés sur Bluesky quelque temps). Elles y annoncent, y polémiquent, et y préparent même les prochaines présidentielles. La plupart n'hésitent pas à qualifier Musk de menace pour la démocratie, mais laquelle ? Ils applaudissent chaque sanction, et rêvent de museler l'outil, une fois bien sûr qu'ils auront tout dit.
Mais, à la simple facilité technique retirée, les mêmes s'offusquent, découvrant soudainement qu'ils dépendent de lui, y compris pour faire la guerre... et c'est peut-être ici que le bât blesse.
SpaceX n'a fourni aucune explication officielle, mais les médias polonais avancent tout de même une hypothèse, la mesure viserait les terminaux achetés en Pologne puis réexpédiés vers l'Ukraine, où Starlink reste vital pour les communications, et plus si affinité. Un petit marché parallèle ? Rien de réellement confirmé.
Il y a néanmoins une question que personne ne se pose, à Varsovie comme à Bruxelles : où est le Starlink européen ? Le fameux programme Iris², censé offrir une alternative souveraine. Celui qui ne pourra entrer en service avant 2030, si tout va bien, et seulement si nous avons des lanceurs qui vont avec, à un prix raisonnable.
D'ici là, on peut vouloir sanctionner Musk, le vilipender, voire essayer de le convoquer... Il est somme toute difficile de dépendre d'un homme, tout en prétendant lui dicter ce qu'il doit faire ? L'Europe s'ébroue, Breton s'évapore comme à l'accoutumée et Gawkowski se répand, sur X bien sûr !
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7 - Le nano-groupuscule de dirigeants ne pensent jamais comme le Peuple qui est plus nombreux et plus intelligent qu'eux. Les dictateurs trisomiques se détestent entr'eux. La frange occidentale rejette les pays les plus avancés du monde, la Chine et la Russie.
Les merdias ne représentent pas les téléspectateurs, auditeurs et lecteurs, il sont à la botte de cette merde qui gouverne. Tout ce qu'elle fait est mal. Tout.
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8 - L'IA et les illusions d'une productivité accrue
Charles Hugh Smith
10 août 2026
La majeure partie de l'IA n'est pas productive ; il s'agit simplement d'une autre forme de consommation.
Tout comme le PIB (Produit intérieur brut), la productivité économique est une source inépuisable d'illusions — des illusions poussées à des sommets délirants par la promesse de bonds de productivité infinis à mesure que l'IA se déploie dans les moindres recoins de l'économie mondiale.
Commençons par ce que mesure la productivité. À l'instar du PIB, la productivité réduit tout ce qui existe à une valeur monétaire : le coût de tous les intrants (main-d'œuvre, capital, ressources) et la valeur monétaire de la production (biens et services). Si la production augmente alors que les coûts des intrants restent stables ou diminuent, la productivité progresse : nous produisons davantage avec le même ensemble d'intrants (travail, capital, etc.).
En apparence, cela relève du bon sens, mais comme pour le PIB, l'IA et bien d'autres sources de confusion et d'illusion, ce qui compte, c'est ce qui n'est ni mesuré ni même pris en compte. L'exemple type de ce délire généralisé est le tour de passe-passe auquel se livrent les grandes entreprises américaines pour gonfler artificiellement la productivité : elles transfèrent la charge de travail sur les consommateurs et les ménages.
Il ne s'agit pas pour ces entreprises de produire réellement plus de biens et de services avec les mêmes intrants ; elles ont simplement transféré aux consommateurs et aux ménages des tâches qu'elles auraient dû accomplir elles-mêmes. Ces derniers se retrouvent accablés par un travail de l'ombre incessant lié à la médiocrité des produits et services proposés : ils effectuent gratuitement des tâches de réparation ou d'entretien pour des biens qui tombent en panne ou manquent de fiabilité, et qui s'apparentent à des « boîtes noires » — impossibles à réparer sans passer par un « service client » dont la qualité s'est dégradée jusqu'à la caricature.
Nous accomplissons tous ce travail invisible et non rémunéré au quotidien : nous faisons nous-mêmes le plein d'essence, nous scannons nos propres courses et nous perdons des heures à lutter contre des services mal conçus, des chatbots d'IA exaspérants et dysfonctionnels, ou des menus à trois options qui ne prévoient jamais de solution pour le problème rencontré — un problème qui devrait relever de la responsabilité de l'entreprise, mais qui nous a été refilé.
Si l'on mesurait les milliards de dollars représentés par ce travail invisible imposé aux consommateurs et aux ménages par les organismes publics et les grandes entreprises, les chiffres de la productivité s'effondreraient littéralement. Mais cela ne vient pas étayer les affirmations intéressées selon lesquelles l'économie de casino se porte à merveille simplement parce que les bénéfices des entreprises augmentent.
Ce qui est passé sous silence dans ces discours dithyrambiques, c'est que les bénéfices des entreprises ne proviennent pas de la production de biens et de services de qualité, mais du fait de faire peser toutes les conséquences de produits et services médiocres sur les consommateurs et les ménages.
La deuxième preuve en est l'effondrement de la durabilité des produits et de la qualité des services. La durabilité n'entre pas en ligne de compte dans le calcul de la productivité ; ainsi, le fait que des appareils qui duraient couramment 30 ou 40 ans tombent désormais en panne au bout de 3 ou 4 ans n'est même pas pris en compte, et encore moins mesuré.
Il en va de même pour la baisse de la qualité et de l'utilité des services, ainsi que pour la flambée des coûts de réparation. Rappelons que la « production » (ou le volume de sortie) s'exprime en valeur monétaire. Ainsi, lorsque nous faisons réparer pour 3 400 dollars un véhicule dont la maigre garantie d'un an a expiré — une réparation qui en coûtait 1 400 auparavant —, alors même que les pièces et la main-d'œuvre n'ont pas changé de manière significative, ce prix plus élevé gonfle à la fois le PIB et la productivité : hourra, 4 heures de main-d'œuvre et quelques pièces ont généré « plus de production » et un « PIB plus élevé ».
On perçoit ici l'absurdité de la situation : nous payons plus cher parce que la qualité des produits et services s'est effondrée, mais ce phénomène est perçu comme « merveilleux » car le PIB augmente et la productivité grimpe également, puisque les coûts des intrants ont moins augmenté que la valeur de la production finale.
Les monopoles et les cartels dopent ainsi ce trio « merveilleux entre tous » : les bénéfices des entreprises, le PIB et la productivité augmentent tous, tandis que la qualité décline et que les coûts et les risques sont transférés sur des consommateurs et des ménages démunis, qui n'ont d'autre choix au sein d'un « marché » factice dominé par des monopoles étatiques et d'entreprise.
La troisième preuve réside dans le battage médiatique intéressé autour de l'IA, censée automatiser des gains de productivité illimités — ce qui n'est qu'une façon détournée de parler de gains illimités pour les bénéfices des entreprises. Cette idée relève également du délire pour plusieurs raisons :
1. La majeure partie de l'IA n'est pas productive ; il s'agit simplement d'une autre forme de consommation. Discuter avec un chatbot, demander à l'IA de rédiger un énième devoir sans intérêt ou de générer une chanson ou une image sans valeur : tout cela relève de la consommation, et non d'une utilisation productive du capital. Il s'agit de formes de consommation superflues, conséquences directes de la prise en charge (subvention) des coûts réels de l'IA. Si chacun devait s'acquitter du coût effectif de ces opérations extrêmement onéreuses, ces formes de consommation superflues chuteraient en conséquence.
2. Il existe bien peu de preuves que l'IA améliore réellement la productivité. Comme pour tout le battage médiatique entourant l'« économie de casino », on met en avant des cas isolés pour illustrer la magie transformatrice de l'IA : l'IA a trouvé une démonstration mathématique, l'IA a généré un nouveau virus, etc. On omet toutefois de préciser que ces exemples sont, d'une part, atypiques et, d'autre part, révèlent que l'IA peut servir à des fins malveillantes tout aussi aisément qu'à des fins bénéfiques.
Quel sera l'impact sur la productivité lorsqu'un acteur malveillant utilisera l'IA pour créer un super-virus ? Personne n'ose poser la question, de peur d'écorner le mythe — propre à l'économie de casino — selon lequel l'IA nous rendrait tous immensément riches.
Comment la productivité sera-t-elle affectée lorsqu'un joueur malveillant utilisera l'IA pour créer un super-virus ? Personne n'ose poser la question, car cela risquerait de ternir l'engouement pour cette « économie de casino » où l'IA est censée nous rendre tous immensément riches.
Le problème avec l'affirmation selon laquelle l'IA dopera la productivité partout, c'est qu'une part considérable de tout « travail » consiste en une agitation bureaucratique inutile ; celle-ci ne répond pas à un besoin réel, mais découle de l'abondance apparemment permanente d'énormes excédents, gaspillés dans des tâches factices, de l'agitation stérile et de la recherche de profits faciles.
Ainsi, l'IA automatisera cette agitation vaine, le marketing et les occupations artificielles. Cela améliore-t-il réellement la qualité, la durabilité et la valeur intrinsèque de la production économique, ou s'agit-il simplement d'une illusion de « valeur » créée par des excédents de liquidités sans fin à dilapider ?
Le souci est que ces excédents diminuent et sont remplacés par de l'argent emprunté. La dette est un autre facteur souvent occulté dans les calculs du PIB et de la productivité.
Enfin, il apparaît que l'illusion initiale d'une hausse de la productivité et d'une baisse des coûts grâce à l'IA se transforme en une baisse de productivité et une hausse des coûts à mesure que la maintenance de systèmes complexes entre en jeu. La nature bricolée de la magie de l'IA — ce « presque suffisant » — ne devient visible que lorsque toutes les défaillances liées à ce qui n'est « pas tout à fait suffisant » s'accumulent et finissent par gripper des systèmes complexes.
L'économie s'apparente à un culte ancestral glorifiant un temple peuplé de divinités factices. Le clergé revendique (naturellement) des pouvoirs extraordinaires, réservés à ceux qui détiennent des titres accrédités par le temple. Le fait que ce culte ne soit qu'un ensemble de croyances se faisant passer pour de la « science » est dissimulé par des indicateurs qui ignorent tout ce qui a une valeur et une portée réelles, afin d'entretenir l'illusion que ces croyances reflètent « le fonctionnement du monde ».
Le PIB et la productivité sont les équivalents fonctionnels de l'agitation de poulets morts tout en dansant le « humba-humba » autour d'un feu de camp à minuit ; ce sont des affirmations délirantes sur « le fonctionnement du monde » qui préparent une confrontation brutale lorsque la réalité refuse de se plier à ces théories.
L'économie mesure ce qui est facile à mesurer, et non ce qui compte vraiment ; or, cette distinction finira par avoir une importance bien plus grande que ne peuvent l'imaginer les fidèles du temple. Lorsque les économistes commenceront à mesurer la durabilité, la qualité des services, le travail invisible non rémunéré effectué par les consommateurs et les ménages (alors qu'il devrait être réalisé par les entreprises fournissant ces services), les profits abusifs des monopoles — publics comme privés — ainsi que les coûts réels à long terme liés à la correction de la magie de l'IA « tout juste suffisante », alors leurs prétentions quasi sectaires à constituer une « science » pourraient acquérir une once de crédibilité.
D'ici là, préparez-vous au choc :
La conséquence ultime de la magie de l'IA « tout juste suffisante » :
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9 - Comme pour les banques où le coût des comptes bancaires n'a pas diminué malgré l'arrivée des ordinateurs qui travaillent gratuitement tout seuls mais qui a fait bondir le coût qui a traversé le plafond ! sont arrivés les machines et les robots. Donc, si on a des esclaves qui travaillent gratos ont devrait toutes et tous être riiiiiiiches !!... Ce qui est loin d'être le cas !
Voir la dernière connerie inventée qui s'appelle LIA ! (Intelligence Artificielle), là, pour être artificielle elle l'est ! et le rapport ?... RIEN ! Vous étiez riche vous êtes pauvre. C'est tout !
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10 - Aux États-Unis, RWE troque l'éolien offshore contre du gaz et une plus-value
France-Soir
le 11 août 2026 - 17:25
Le 6 août 2026, RWE a signé avec le département américain de l'Intérieur un accord de 1,22 milliard de dollars portant sur l'abandon total de ses trois concessions éoliennes en mer, au large de New York, de la Californie et de la Louisiane. La somme dépasse ce que le groupe allemand avait englouti dans ces projets, et doit désormais financer un terminal gazier et des turbines à combustion.
Selon Business AM, l'accord signé le 6 août met fin aux trois derniers baux offshore détenus par RWE aux États-Unis, dans la baie de New York, au large de la Louisiane et de la Californie. Le groupe allemand affirme n'avoir vu aucune perspective réaliste d'obtenir les autorisations nécessaires dans le climat politique américain actuel. Sur les 1,22 milliard de dollars versés par Washington, 900 millions doivent financer une participation dans un terminal d'exportation de gaz naturel liquéfié en Louisiane, et 300 millions l'achat de turbines destinées à 15 centrales de pointe réparties sur le territoire américain. Le secrétaire à l'Intérieur Doug Burgum a présenté l'accord comme la preuve d'une politique énergétique guidée par le pragmatisme plutôt que par des objectifs climatiques. RWE annonce malgré tout vouloir investir 19,6 milliards de dollars aux États-Unis d'ici six ans, tous vecteurs de production confondus.
D'après France Épargne, RWE avait englouti plus d'un milliard de dollars dans l'acquisition de ces baux et leur développement. Le remboursement fédéral dépasse donc la mise initiale du groupe, qui ressort financièrement gagnant d'un projet jamais construit. Le média chiffre à près de quatre milliards de dollars le total déjà déboursé par Washington pour racheter ce type de concessions à divers développeurs. Trois échéances restent à surveiller : la décision d'un tribunal fédéral saisi par sept États qui contestent la légalité de ces rachats, le rythme des transactions encore à venir chez d'autres opérateurs, et la publication des résultats semestriels de RWE, qui précisera le traitement comptable retenu pour cette sortie.
Le retrait américain ne traduit pourtant pas un désengagement généralisé du groupe. Services Mobiles rapporte que le parc abandonné au large de New York aurait à lui seul représenté plus de trois gigawatts de capacité, et que RWE a par ailleurs remporté 6,9 gigawatts lors d'une récente enchère éolienne au Royaume-Uni. Le coup de frein reste circonscrit au marché américain, seul territoire où l'administration Trump paie pour effacer des projets déjà engagés.
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