dimanche 26 avril 2026

La guerre contre l’Iran rebat les cartes des “corridors de connectivité”

 La guerre contre l'Iran perturbe les corridors commerciaux, de transport et énergétiques qui sont au cœur de l'intégration eurasienne.


Par Pepe Escobar

Mondialisation.ca, 

24 avril 2026


La guerre déclarée par les États-Unis à l’Iran ne redéfinit pas seulement la géopolitique, mais interfère également avec ce que The Cradle décrivait en juin 2022 comme la guerre des corridors de connectivité économique, qu’elle déstabilise et réoriente. Un paradigme géoéconomique sans doute essentiel de l’intégration eurasienne au 21e siècle.

D’est en ouest et du nord au sud, ces corridors relient pratiquement tous les principaux acteurs à travers l’Eurasie.

Analysons plus en détail ce qui pourrait constituer les quatre vecteurs principaux : le corridor est-ouest des Nouvelles Routes de la Soie/la “Belt and Road Initiative” (BRI) impulsée par la Chine, le Corridor international de transport nord-sud Russie-Iran-Inde (INSTC), l’IMEC (Corridor Inde-Moyen-Orient), et les corridors envisagés reliant la Turquie au Qatar, à la Syrie et à l’Irak.

Les Nouvelles Routes de la Soie/BRI de la Chine passent par une multitude de corridors allant du Xinjiang à l’Eurasie occidentale, notamment le Corridor Nord (via le Transsibérien en Russie) et le Corridor Central (via le Kazakhstan et à travers la mer Caspienne vers le Caucase et la Turquie).

Carte du Corridor international de transport nord-sud (INSTC)

Carte du Corridor Inde-Moyen-Orient (IMEC)

L’Iran au cœur de l’intégration eurasienne

Mais c’est la géographie ultra-stratégique de l’Iran qui l’a positionné, depuis les anciennes Routes de la Soie, comme carrefour incontournable entre l’Orient et l’Occident, un rôle redynamisé par les nouvelles Routes de la Soie/BRI lancées par le président Xi Jinping en 2013.

L’un de ses vecteurs clés, inclus dans l’accord Chine-Iran de 400 milliards de dollars sur 25 ans signé en 2021, est le corridor terrestre Chine-Iran intégré à la BRI. Il est essentiel pour contourner la domination maritime américaine, des décennies de sanctions contre la République islamique et des passages sensibles tels que le détroit de Malacca, le détroit d’Ormuz et le canal de Suez.

Le premier convoi de marchandises en provenance de Xi’an, l’ancienne capitale impériale de la Chine, est arrivé au port sec d’Aprin en Iran, à 20 km de Téhéran, qui n’a été inauguré qu’il y a trois ans, en mai. Ce fut le coup d’envoi officiel de ce corridor, qui réduit les délais de transit de 40 jours par voie maritime à 15 jours maximum par voie terrestre.

Aprin est un port sec : un terminal intermodal intérieur, directement relié par route et voie ferrée aux ports maritimes de la mer Caspienne ou du golfe Persique. Les énormes cargaisons chinoises peuvent ainsi accéder rapidement aux routes maritimes mondiales.

Le corridor Chine-Iran s’inscrit dans le cadre plus large du corridor est-ouest qui, avant la guerre, devait relier le Xinjiang via l’Asie centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan) à l’Iran, à la Turquie, puis au golfe Persique, à l’Afrique et même à l’Europe.

Bien sûr, la Chine pourrait également tirer profit de ce corridor ferroviaire pour s’approvisionner en pétrole iranien, au lieu de dépendre de la flotte fantôme iranienne, même si les défis logistiques restent considérables.

La ligne ferroviaire Chine-Iran est déjà en train de redéfinir le rôle du corridor économique Chine-Pakistan (CPEC), le projet phare de la BRI qui relie le Xinjiang, via la route du Karakoram, au nord du Pakistan, puis traverse tout le Baloutchistan jusqu’au port de Gwadar, sur la mer d’Oman.

Jusqu’à la guerre déclenchée par le président américain Donald Trump, Pékin était disposé à accorder toute son attention au corridor iranien, compte tenu de la situation politique instable du Pakistan.

Quel que soit le dénouement du conflit, l’Iran devra encore manœuvrer avec prudence dans l’interaction d’une complexité vertigineuse entre la Chine et l’Inde. Après tout, ces deux membres du BRICS portent un intérêt stratégique particulier aux ports iraniens – considérés comme un point d’accès essentiel à l’Asie centrale.

De plus, le port iranien de Chabahar, situé dans le Sistan-Baloutchistan et intégré à ce qui pouvait être considéré, du moins avant la guerre, comme la Route de la soie indienne, est en concurrence directe avec le port pakistanais de Gwadar, situé en mer d’Oman et membre de la “Belt and Road Initiative”, à seulement 80 kilomètres.

Ce qui nous renvoie une fois de plus au rôle sans égal de l’Iran dans la connectivité eurasienne. L’Iran se trouve à la croisée privilégiée de deux corridors de transport clés : l’axe est-ouest impulsé par la Chine et l’INSTC, qui relie trois membres du BRICS – la Russie, l’Iran et l’Inde.

Avant la guerre, Téhéran a habilement aligné sa politique multivectorielle sur les deux puissances, la Chine et l’Inde, ainsi que sur les deux corridors. Compte tenu du rapprochement de l’Inde avec Israël juste avant la frappe décapitante contre l’Iran le 28 février, la situation pourrait encore connaître des changements radicaux par la suite.

L’INSTC en collision avec l’IMEC

L’INSTC peut être décrit succinctement comme le vecteur nord-sud de l’intégration eurasienne, reliant la Russie, l’Iran et l’Inde, et recoupant les nouvelles routes de la soie chinoises, qui s’étendent d’est en ouest à travers l’Asie centrale.

En mai dernier, j’ai tourné avec une équipe professionnelle de cinq personnes Golden Corridor : le premier documentaire au monde, en anglais, sur le développement de l’INSTC en Iran, de la mer Caspienne au golfe Persique et à la mer d’Oman, avec un intérêt particulier pour Chabahar.

Jusqu’à la guerre, l’Inde était extrêmement préoccupée par la possibilité d’investissements chinois à Chabahar – une inquiétude confirmée par les autorités portuaires lors de ma visite. Chabahar est, ou du moins était, considéré par les stratèges indiens comme leur plus grand atout en Iran : en effet, c’est la seule route viable pour l’Inde vers l’Eurasie, permettant l’accès aux marchés d’Asie centrale, de Russie et, à terme, d’Europe.

Rien d’étonnant à ce que les Indiens craignent que la Chine ne s’assure une présence navale dans l’océan Indien occidental.

Tous les investissements indiens à Chabahar sont désormais suspendus. Ils étaient déjà au point mort en raison de la pression américaine. La Chine, cependant, n’abandonne pas. Pékin a déjà élaboré un plan d’investissement pour la côte du Makran, dans le Sistan-Baloutchistan, prévoyant un déploiement massif d’entreprises chinoises pour relier les ports iraniens à la nouvelle route de la soie (BRI).

L’Iran optera pour une stratégie pragmatique, surtout après le renoncement de facto de l’Inde à son non-alignement et sa politique d’autonomie face aux États-Unis : autant de calculs à courte vue et peu judicieux de la part du gouvernement de Narendra Modi. L’Inde a donc une rude bataille à mener si elle ne veut pas perdre son “joyau de la couronne” perse.

Là encore, on constate la profonde interconnexion des principaux corridors trans-eurasiens. La ligne ferroviaire Chine-Iran, qui fait partie du corridor Chine-Asie centrale-Turquie-Europe, rejoint l’INSTC en Iran, lequel bénéficie d’un soutien crucial de la Russie.

Ces deux corridors s’opposent résolument à l’IMEC, le corridor mal nommé “Inde-Moyen-Orient-Europe”, qui s’apparente plus au corridor “Israël-Moyen-Orient-Inde-Europe”. L’objectif principal de l’IMEC, né de la initiative des Accords d’Abraham de Trump 2.0, est de faire d’Israël une plaque tournante stratégique pour les flux commerciaux et énergétiques en Asie occidentale.

Comme l’a détaillé initialement The Cradle, l’IMEC n’a jusqu’à présent été guère plus qu’une vaste opération de relations publiques lancée lors d’un sommet du G20 à New Delhi. Cette initiative peut être interprétée comme la réponse tardive de l’Occident à la BRI : un énième projet américain visant à “contenir” la Chine et, plus récemment, l’Iran en tant que membre de l’INSTC.

Avant tout, l’IMEC n’est qu’un corridor de transport conçu pour contourner les trois principaux acteurs de l’intégration eurasienne véritable : les membres du BRICS, à savoir la Chine, la Russie et l’Iran.

La guerre contre l’Iran, cependant, impose à l’IMEC un sérieux recadrage. Le port de Haïfa a été gravement endommagé par les missiles iraniens. Riyad et Abou Dhabi sont en conflit direct sur les moyens de s’adapter à un golfe Persique post-américain où l’Iran sera la puissance dominante.

À l’heure actuelle, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MbS), bien que toujours prudent, semble enclin à trouver un compromis. Le président des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed (MbZ), en revanche, est de facto en guerre contre Téhéran.

L’Europe est en train de s’engager activement dans un suicide politico-économique. Et l’Inde se demande comment résoudre la quadrature du cercle : comment organiser un sommet des BRICS crédible dans le courant de l’année tout en s’alignant sur les États-Unis

À toutes fins pratiques, l’IMEC sombre actuellement dans un profond coma.

Examinons quelques résultats provisoires de la guerre. Près de 1 100 km de voies “ont disparu” de la ligne ferroviaire reliant Fujairah, aux Émirats arabes unis, à Haïfa, 745 km “manquent” entre Jebel Ali, à Dubaï, et Haïfa, et 630 km “font défaut” sur la ligne reliant Abu Dhabi à Haïfa.

L’IMEC se trouve donc fragilisé après la guerre. Plusieurs points névralgiques et infrastructures du corridor ont également été touchés par des frappes de missiles iraniens. Et la guerre n’est peut-être pas finie.

Les ambitions de la Turquie pour le Pipelineistan

La Turquie devait bien sûr développer ses propres projets d’intégration eurasienne, d’autant que le néo-ottomanisme souhaite faire d’Ankara un acteur capable de rivaliser avec la Russie et l’Iran.

À l’heure actuelle, le pari d’Ankara est de miser sur un Pipelineistan complet, tel que je l’ai décrit il y a vingt ans, un labyrinthe ultra-politisé de corridors énergétiques eurasiens.

Le Pipelineistan englobe donc tout, depuis le pipeline pétrolier Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), soutenu par le défunt Zbigniew Brzezinski, jusqu’aux projets South Stream et Turk Stream conçus par la Russie, en passant par les interminables sagas gazières telles que le TAPI (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde) et l’IPI (Iran-Pakistan-Inde), réduit par la suite à IP.

L’une des principales obsessions américaines a longtemps consisté à prévenir la construction d’un pipeline Iran-Pakistan, cordon ombilical entre deux puissantes nations musulmanes reliant l’Asie occidentale à l’Asie du Sud.

Carte des principaux itinéraires régionaux d’oléoducs et de gazoducs reliés à la Turquie

Le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar a le vent en poupe. Son idée favorite est de relier Bassorah – la capitale riche en pétrole du sud de l’Irak – à l’oléoduc Irak-Turquie, qui relie Kirkouk à Ceyhan, en Méditerranée (également le terminal du BTC), avec une capacité de plus de 1,5 million de barils par jour. L’absence de consensus politique en Irak fait toutefois de ce projet un rêve pour l’instant irréalisable.

La Turquie envisage même de relier les champs pétroliers syriens – dont la production est loin d’être abondante, avec un maximum de 300 000 barils par jour – à l’oléoduc Irak-Turquie. C’est un terrain sensible, puisque personne ne sait vraiment qui gouverne la Syrie.

Pourtant, Ankara ne renonce pas. Le Saint Graal serait un gazoduc reliant le Qatar à la Turquie via l’Arabie saoudite, la Jordanie et la Syrie.

C’est une version loufoque de l’histoire qui se répète. La guerre en Syrie avait pour enjeu la construction d’un gazoduc : à l’origine, il devait relier l’Iran, l’Irak et la Syrie, avant que le Qatar ne fasse pression en 2009 pour un tracé partant du gisement North Field et passant par l’Arabie saoudite et la Jordanie pour rejoindre la Syrie – un projet auquel Damas a opposé son veto.

La guerre contre l’Iran a une nouvelle fois tout bouleversé après que QatarEnergy a invoqué la force majeure sur une part importante de ses exportations de GNL, affectant à la fois l’Europe et l’Asie.

Le Qatar continue de privilégier le GNL aux gazoducs. Mais le projet d’un gazoduc – qui reste à construire – reliant le Qatar à l’Europe, présenté par Bayraktar comme une “voie d’exportation alternative”, est désormais sur la table. Il coûterait la bagatelle de 15 milliards de dollars : un gazoduc de 1 500 km traversant pas moins de cinq frontières. Un véritable casse-tête, et un gouffre financier.

Plus réalisable, du moins en théorie, serait le gazoduc transcaspien, qui relierait le Turkménistan à l’Azerbaïdjan et à la Géorgie en traversant la mer Caspienne, très probablement parallèle au gazoduc BTC, puis vers l’Europe.

Là encore, il devra être construit. Il coûterait au moins 2 milliards de dollars : un gazoduc sous-marin de plus de 300 km traversant la mer Caspienne, de Turkmenbashi à Bakou. C’est long, j’ai effectué cette traversée à bord d’un cargo azéri dans les années 2000, il faut au moins 8 heures. Ensuite, ce gazoduc, qui n’existe pas encore, en rejoindrait deux autres, celui du Caucase du Sud et le transanatolien.

Des coûts supplémentaires seront inévitables : pour le développement en amont, la capacité de compression et l’expansion en aval.

Et même si l’ensemble du projet se concrétisait, le Turkménistan n’a aucune capacité de réserve : la quasi-totalité de sa production est acheminée vers le Xinjiang en Chine via un gazoduc construit et financé par la Chine. Au mieux, la Turquie importe une petite quantité de gaz turkmène via l’Iran, dans le cadre d’un accord d’échange ; l’Iran consomme également ce gaz.

Faisons des corridors de connectivité, pas la guerre

Ce qui est clair, c’est que la guerre des corridors de connectivité restera le principal vecteur géoéconomique de l’Asie occidentale vers l’Asie centrale et l’Asie du Sud – avec de multiples pistes vers l’intégration eurasienne.

La guerre contre l’Iran accélère bon nombre d’interconnexions. Citons par exemple la National Logistics Corporation (NLC) au Pakistan, qui accède au terminal frontalier de Gabd pour stimuler le commerce avec l’Iran et surtout l’Ouzbékistan en Asie centrale, via ce qu’on appelle le système TIR (Transport routier international), en contournant l’Afghanistan.

La NLC adopte une stratégie très habile, activant simultanément plusieurs corridors commerciaux vers la Chine, l’Iran et l’Asie centrale, tout en contribuant à renforcer le front commercial et financier de l’Iran, durement touché par la guerre.

Et nous ne parlons même pas de l’autre corridor de connectivité clé de l’avenir : la Route maritime du Nord qui longe la côte russe dans l’Arctique jusqu’à la mer de Barents, que les Chinois appellent avec poésie la Route de la soie arctique.

La Chine, l’Inde et la Corée du Sud se concentrent tout particulièrement sur la Route maritime du Nord, débattue chaque année dans les moindres détails lors des forums de Saint-Pétersbourg et de Vladivostok.

Ce n’est pas un hasard si les États-Unis ont bombardé plusieurs points névralgiques de l’INSTC : le port de Bandar Anzali, Ispahan, le port de Bandar Abbas, et le port de Chabahar. Ainsi qu’un tronçon de la ligne ferroviaire Chine-Iran, qui fait partie de la BRI et est financé par la Chine.

Ce n’est pas qu’une guerre contre l’Iran, mais aussi contre la Chine, les BRICS et l’intégration eurasienne. Pourtant, ce projet n’est pas prêt de dérailler.

Faisons des corridors de connectivité, pas la guerre.

Pepe Escobar

Article original en anglais : War on Iran reshapes the ‘War of Connectivity Corridors’, The Cradle, le 20 avril 2026.

https://www.mondialisation.ca/la-guerre-contre-liran-rebat-les-cartes-des-corridors-de-connectivite/5706834?doing_wp_cron=1777135007.6044220924377441406250


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2 -Se libérer de la guerre


Pangea - Grand Angle

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 

25 avril 2026


Le gouvernement italien a décidé d’envoyer dans le Détroit d’Ormuz deux navires militaires, même sans mandat ONU, officiellement pour le déminage. Comme ces navires se trouveraient en zone de guerre, y compris dans des eaux territoriales iraniennes, s’ils étaient menacés d’attaque ou attaqués par des forces iraniennes ils seraient accompagnés d’unités d’attaque de la Marine Militaire italienne officiellement “avec objectif protecteur”. L’Italie entrerait ainsi de fait en guerre aux côtés des États-Unis.

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L’Italie est en phase de ralentissement économique : confirmé par le fait qu’en 2025 la dette publique était supérieure de 37% par rapport au PIB et que depuis la situation s’est aggravée. Le Ministre de l’Économie et des Finances, Giancarlo Giorgetti, attribue la  crise en grande partie au “choc énergétique” dû au blocus du Détroit d’Ormuz, imputé à l’Iran, avec une augmentation conséquente du prix du pétrole et du gaz naturel. Giorgetti oublie que le “choc énergétique” a commencé avant le blocus du Détroit d’Ormuz, à cause du blocus des importations de gaz naturel russe. Par rapport au total des importations italiennes de gaz, elles sont descendues de 40% en 2021 à 2% en 2026. Dans la même période les importations italiennes de gaz naturel liquéfié, à prix beaucoup plus haut,  provenant des États-Unis sont montées de 13% à 33% et sont en augmentation ultérieure. Avec la guerre contre la Russie et la guerre contre l’Iran -conduites ensemble avec l’OTAN, Israël et autres alliés- les États-Unis sont ainsi arrivés à rendre l’Italie et l’Europe de plus en plus dépendantes de leurs fournitures énergétiques.

Après avoir fait exploser avec le coup d’état en Ukraine en 2014 la guerre qui a brisé l’Europe, les États-Unis ont réussi à en faire payer toujours plus le coût aux Alliés européens. Ceux-ci ont approuvé le 20ème “paquet de sanctions” à la Russie et concédé à l’Ukraine un ultérieur “prêt” de 90 milliards d’euros. En même temps, les États-Unis sont arrivés à faire augmenter fortement la dépense militaire des Alliés européens. De 2015 à 2025 la dépense militaire italienne a plus que doublé, montant en 2025 à 45,3 milliards d’euros annuels équivalents à plus de 2% du PIB, équivalents à une moyenne de 124 millions d’euros par jour. La dépense militaire italienne devra continuer à croître, montant à 3,5% du PIB, équivalents à 198 millions d’euros par jour, puis à 5%, équivalents à plus de 280 millions d’euros par jour.

Après la guerre contre la Russie, l’Italie se trouve de plus en plus impliquée dans celle contre l’Iran. Drones et avions étasuniens sont basés à Sigonella en Sicile, d’où ils effectuent des missions au Moyen-Orient pour repérer les objectifs en Iran et guider les attaques de missiles et bombardiers USA. Pour la guerre contre l’Iran les forces étasuniennes utilisent aussi d’autres bases en Italie, comme Aviano et Camp Darby. Maintenant le  gouvernement italien a décidé d’envoyer dans le Détroit d’Ormuz deux navires militaires, même sans mandat ONU, officiellement pour le déminage. Comme ces navires se trouveraient en zone de guerre, y compris dans les eaux territoriales iraniennes, s’ils étaient menacés d’attaque ou attaqués par des forces iraniennes, ils seraient accompagnés d’unités d’attaque de la Marine Militaire italienne officiellement “avec objectif protecteur”. L’Italie entrerait ainsi de fait en guerre aux côtés des États-Unis. Ceux-ci utilisent leurs navires de guerre non seulement pour bloquer le Détroit d’Ormuz en bloquant les ports iraniens, mais pour attaquer et séquestrer dans l’Océan Indien des navires qui transportent (ou dont on dit qu’ils transportent) du pétrole iranien en Chine et autres pays asiatiques.

Le blocus militaire des voies de navigation, opéré par les États-Unis, provoque une crise économique qui depuis l’Asie peut rapidement se diffuser dans le monde entier. Au Vietnam les rizières ont réduit leur  production à cause de l’envol des coûts de l’énergie électrique et des difficultés rencontrées par les agriculteurs à la suite de l’augmentation des prix des  carburants et des engrais. Aux Philippines, de nombreux cultivateurs ont décidé de ne pas récolter les produits des champs, les laissant pourrir, parce qu’ils devraient les vendre à perte à cause de l’augmentation des  coûts du carburants pour le transport. En Indonésie les mines de nickel ferment parce que, à cause du blocus imposé par les USA à l’Iran, elles n’ont plus le gaz et le soufre nécessaire à son extraction. Au Bangladesh diminue la production des vêtements à cause du blocus des chaînes d’import-export. Tout cela, prévient un rapport de l’ONU, peut coûter à l’Asie-Pacifique jusqu’à 300 milliards de dollars, parce que cette région dépend de l’énergie importée. La pression croît sur les familles, petites entreprises et budgets publics, avec environ  9 millions de personnes à risque de tomber dans l’extreme pauvreté.

Cela démontre que la guerre provoque des massacres non seulement avec des bombes et missiles, mais avec des armes économiques comme le blocus des ports et des voies de navigation qui peuvent provoquer un nombre encore plus grand de victimes. Les dramatiques images de la guerre -celle d’un soldat israélien qui détruit une statue du Christ en croix dans le village chrétien de Debel au Liban, celle de colons israéliens qui en Cisjordanie empêchent des enfants palestiniens d’aller à l’école en leur barrant la route et en les attaquant avec des grenades à gaz lacrymogène- démontrent la nécessité vitale de continuer la lutte de Libération en se libérant pour toujours de la guerre.

Manlio Dinucci

 - voir clip sur site -

Bref résumé de la revue de presse internationale Grandangolo de vendredi 23 avril 2026 sur la chaîne TV italienne Byoblu

https://www.byoblu.com/2026/04/24/liberazione-dalla-guerra-pangea-grandangolo/

Traduction : Marie-Ange Patrizio

VIDÉO (en italien) :

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Manlio Dinucci est géographe et journaliste, ex-directeur exécutif pour l’Italie de l’International Physicians for the prevention of Nuclear War, association qui a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1985. Porte-parole du Comitato no Guerra no Nato (Italie) et chercheur associé du Centre de recherche sur la Mondialisation (Canada). Prix international de journalisme 2019 pour Analyse géostratégique du Club de Periodistas de México. Son dernier livre traduit en français :  « Guerre nucléaire. Le jour d’avant », Éditions Delga, 2021.

https://www.mondialisation.ca/se-liberer-de-la-guerre/5706850?doing_wp_cron=1777135899.1345760822296142578125


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3 - OVNIS, scientifiques disparus : les intrigues de l’État profond aux États-Unis prennent une tournure de plus en plus étrange

Une série de décès et de disparitions parmi les scientifiques et les responsables militaires américains liés aux programmes nucléaires et aérospatiaux (ainsi qu’aux phénomènes aériens non identifiés) fait désormais l’objet d’une enquête. Alors que Donald Trump promet la divulgation de documents sur les ovnis, les questions se multiplient : s’agit-il d’une « coïncidence », d’une ingérence étrangère ou d’une affaire interne ?


Par Uriel Araujo

Mondialisation.ca, 

23 avril 2026


Une affaire étrange a donné lieu à une enquête aux États-Unis : au cours des deux ou trois dernières années, une série de décès et de disparitions impliquant d’éminents scientifiques, ingénieurs et militaires liés à des programmes américains sensibles s’est discrètement accumulée. Il ne s’agit en aucun cas de personnes choisies au hasard : ce sont des individus qui avaient accès à des données classifiées relatives à la recherche aérospatiale, à la technologie nucléaire, et même au domaine des « phénomènes aériens non identifiés » (UAP), anciennement connus sous le nom d’OVNI (objets volants non identifiés).

Le président américain Donald Trump a lui-même reconnu l’existence de cette affaire la semaine dernière, déclarant devant les caméras :

« Je viens de sortir d’une réunion sur ce sujet, c’est donc une affaire assez sérieuse… Espérons que ce soit une coïncidence… mais certains d’entre eux étaient des personnes très importantes. »

Trump a gloussé en prononçant le mot « coïncidence » (voir ici vers la 26e seconde de cette vidéo -ci-dessous).

- voir clip sur site -

Les cas connus faisant actuellement l’objet d’une enquête fédérale, soit une dizaine ou une douzaine depuis 2023, concernent des membres du personnel liés à des institutions telles que le Jet Propulsion Laboratory de la NASA, le Laboratoire national de Los Alamos et le Laboratoire de recherche de l’armée de l’air. Parmi eux figure le général de division à la retraite (et ancien commandant) William Neil McCasland, porté disparu depuis février. McCasland a autrefois dirigé le Laboratoire de recherche de l’armée de l’air et était impliqué dans des examens internes de documents liés aux phénomènes aériens non identifiés (UAP). Parmi les autres personnes concernées figurent l’ingénieure aérospatiale Monica Jacinto Reza, qui a disparu lors d’une randonnée en 2025 (dans des circonstances étranges), ainsi que plusieurs physiciens et membres du personnel technique décédés dans des contextes variés et souvent obscurs.

Officiellement, aucun lien n’a été confirmé entre ces affaires à ce jour. Des agences fédérales, notamment le FBI et le Département de l’Énergie, examinent la question, mais aucune explication globale n’a encore été avancée.

Au-delà des théories du complot farfelues, il est difficile de qualifier de « coïncidence » une tendance aussi évidente. Le profil sensible des personnes impliquées alimente les spéculations. Certains analystes évoquent la possibilité d’une implication étrangère (gouvernements ou entités), pour laquelle il n’existe toutefois aucune preuve à ce jour. Quoi qu’il en soit, Trump a promis vendredi que des documents « intéressants » sur les ovnis étaient en cours d’examen et seraient déclassifiés très prochainement.

Il existe toutefois un autre angle qui ne doit pas être ignoré. Les États-Unis traversent déjà ce que l’on ne peut qualifier que de période de tensions institutionnelles internes, que j’appellerais un conflit intra-« État profond ». Trump s’est après tout ouvertement positionné contre des éléments bien implantés au sein de l’appareil du renseignement et de la sécurité – tout en étant soutenu par d’autres acteurs clés de l’« État profond », notamment les géants de la tech [Big Tech]. On se souviendra que le dirigeant américain a survécu à pas moins de trois tentatives d’assassinat au cours de son parcours politique menant à son deuxième mandat, des incidents qui ont eux-mêmes soulevé de sérieuses questions sur des défaillances en matière de sécurité intérieure – à tel point que le directeur des services secrets américains de l’époque a dû démissionner au milieu d’un scandale.

Dans ce climat de grande intrigue impliquant les services de renseignement (qui rappelle l’époque de la Guerre froide), on a même assisté à une dimension complexe liée au chantage politique ou au « kompromat », notamment dans l’affaire Epstein, qui, curieusement, coïncide dans le temps avec les événements en Iran, comme je l’ai déjà écrit.

À ce contexte déjà assez chaotique s’ajoute le fait que, pas plus tard qu’au début de l’année 2025, les États-Unis ont connu une véritable « crise des ovnis (ou UAP) », marquée par des observations massives, des drones présumés, des perturbations de l’espace aérien et même des déclarations d’urgence au niveau des États. Ces incidents se sont produits non seulement sur le territoire américain, mais aussi à proximité d’installations militaires américaines à l’étranger, du Royaume-Uni à l’Allemagne. Les autorités ont déclaré à plusieurs reprises que ces phénomènes n’étaient pas d’origine étrangère, éliminant ainsi ce qui aurait autrement constitué l’explication géopolitique la plus commode.

Si ces phénomènes aériens (qui se poursuivent encore aujourd’hui) ne sont pas liés à des puissances rivales, comment les expliquer ? Comme je l’ai fait valoir, soit des éléments au sein du complexe militaro-industriel américain mènent des opérations classifiées (impliquant des technologies militaires ou classifiées) qui débordent dans le domaine public, alimentant ainsi la confusion et la panique, soit certaines parties du système agissent de manière moins coordonnée, plus chaotique, voire « rebelle » – dans le contexte d’une « guerre » intra-État profond ou de ce qu’on appelle des « opérations psychologiques ».

Pour en revenir aux récentes disparitions, le chevauchement entre le domaine lié aux ovnis et les personnes liées à la recherche de pointe n’est pas nécessairement fortuit. Il est intéressant de noter que, depuis des décennies, on observe une tendance documentée d’observations de phénomènes aériens non identifiés à proximité d’installations nucléaires et de sites d’armement. Cela remonte aux années 1940 et a été documenté dans des centaines de cas.

L’incident de la base aérienne de Malmstrom en 1967, par exemple, au cours duquel plusieurs missiles nucléaires auraient été mis hors service à la suite de l’apparition d’un objet non identifié, reste l’un des cas les plus cités.

De plus, une étude réalisée en 2025 a mis en évidence une corrélation statistique significative entre les phénomènes aériens inexpliqués et les essais d’armes nucléaires. Parallèlement, des bases de données ont recensé des milliers d’observations à proximité d’infrastructures nucléaires. Il ne s’agit pas là de spéculations marginales et, encore une fois, on peut difficilement écarter cette hypothèse d’emblée.

L’« hypothèse extraterrestre » et la « théorie de la coïncidence » ne sont donc pas les seules options : compte tenu de tout ce qui précède, même si l’on souhaite garder l’esprit ouvert à l’idée qu’il existe de nombreux phénomènes inexpliqués dans notre monde (et peut-être sur d’autres planètes), il serait tout de même très raisonnable de supposer qu’au moins une partie du phénomène dit « UAP » a un lien avec des projets secrets de haute technologie très terrestres liés à la DARPA, à des programmes tels que HAARP et à d’autres agences et projets des États-Unis et/ou d’autres grandes puissances – allant des armes secrètes à toutes sortes de technologies secrètes pouvant être militarisées.

Dans ce contexte, la disparition de personnes hautement habilitées, ayant accès à des informations aussi sensibles, laisse entrevoir la possibilité d’efforts de confinement interne, de contrôle de l’information, voire d’élimination de témoins.

C’est apparemment la saison des événements très étranges aux États-Unis. Que ces développements indiquent une ingérence étrangère, des programmes technologiques clandestins ou un conflit intra-étatique, il est tout à fait clair que les États-Unis (malgré tous les documents récemment déclassifiés) traversent actuellement une période de secret inhabituel et d’intrigues accrues, ce qui rend cette superpuissance particulièrement imprévisible – et ce, à une époque de frictions géopolitiques majeures.

Uriel Araujo

Article original en anglais : UFOs, Scientists Missing: Deep State Intrigue in US Getting Weirder, le 21 avril 2026.

https://www.mondialisation.ca/ovnis-scientifiques-disparus-les-intrigues-de-letat-profond-aux-etats-unis-prennent-une-tournure-de-plus-en-plus-etrange/5706782?doing_wp_cron=1777136020.4024670124053955078125


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4 -DEVOIR DE MEMOIRE-le florilège de la servitude volontaire : le bilan coût-bénéfice et la véritable finalité de cet exercice (4/5)


Xavier Azalbert, France-Soir

 le 25 avril 2026 - 16:00


Après avoir exposé le constat factuel et philosophique de la servitude volontaire (partie 1), détaillé les techniques de programmation collective par la peur (partie 2) et analysé l’hypocrisie des élites ainsi que leur trahison du contrat social (partie 3), il devenait indispensable de procéder à un bilan rigoureux, multidimensionnel et aussi objectif que possible des mesures prises entre 2020 et 2022 et de leurs conséquences.

Ce bilan ne se limite pas à une addition comptable de coûts et de bénéfices. Il s’agit d’évaluer la proportionnalité réelle des atteintes aux libertés fondamentales face à une menace sanitaire dont la létalité s’est rapidement révélée fortement ciblée, tout en interrogeant la véritable finalité de cet « exercice » collectif. Était-ce une réponse sanitaire maladroite mais sincère ? Ou bien un test grandeur nature de contrôle social, de centralisation du pouvoir exécutif, de normalisation de l’état d’urgence et de remodelage des comportements individuels et collectifs ?

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L’analyse qui suit s’appuie sur des données épidémiologiques, économiques, sociales, psychologiques et institutionnelles consolidées plusieurs années après les faits. Elle évite le sensationnalisme pour rester dans une démarche analytique exigeante, presque scientifique, tout en assumant pleinement la dimension philosophique et politique du devoir de mémoire. Les conséquences de cet exercice dépassent largement l’année 2022 et se font encore cruellement ressentir en 2026, marquant une perte de confiance dramatique, quasi destructrice, dans le modèle français lui-même.

Le bilan sanitaire : gains proclamés versus réalité mesurée

Les autorités ont justifié les mesures les plus contraignantes par la nécessité de « sauver les hôpitaux » et de réduire la mortalité. Les premières projections catastrophistes (modèles de l’Imperial College notamment) annonçaient jusqu’à 500 000 morts en France sans intervention radicale. Ces scénarios ont servi de justification à des confinements successifs, à des couvre-feux et au passe sanitaire.

La réalité, une fois les données consolidées, s’est avérée très différente. Le taux de létalité par infection (IFR) s’est révélé fortement stratifié par âge et comorbidités, descendant sous les 0,05 % chez les moins de 60 ans sans pathologie lourde (méta-analyses Ioannidis 2021 et Pezzullo et al. 2022). La surmortalité observée, bien que réelle et tragique (environ 90 000 décès excédentaires en 2020 selon l’INSEE), a été largement concentrée sur les populations âgées et polypathologiques. Plusieurs études internationales montrent que l’impact des confinements sur la courbe de mortalité a été limité, voire marginal, une fois passé le premier choc de 2020.

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Parallèlement, la science elle-même a subi une capture profonde par les laboratoires pharmaceutiques. Les traitements précoces (hydroxychloroquine, ivermectine, azithromycine) ont été systématiquement discrédités ou interdits, non sur la base d’un consensus scientifique impartial, mais à travers des études biaisées ou rétractées (comme celle du Lancet en mai 2020 ou celle de Pradelle Lega en 2024, cautionnée et promue par le pr Molimard, qui se verra confier une mission sur la désinformation en santé alors qu’il a contribué à une importante désinformation et qu’il a été implicitement récusé). 

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Cette instrumentalisation a transformé la science en un outil de marché : le citoyen n’est plus considéré comme un sujet autonome, mais comme un « malade potentiel » et un client récurrent. La financiarisation de la recherche médicale a privilégié les solutions pharmaceutiques coûteuses et répétables au détriment des approches préventives ou précoces, moins rentables. Ce phénomène a profondément altéré la confiance dans la science elle-même, transformant un pilier de la modernité en un vecteur de doute légitime et durable.

Les dommages collatéraux humains et sociaux

Le coût humain et social dépasse largement le seul champ sanitaire. On observe une explosion des troubles anxio-dépressifs, des suicides chez les jeunes et des addictions. Selon les données de Santé Publique France et de l’Assurance Maladie, la consommation d’antidépresseurs a augmenté de plus de 20 % entre 2020 et 2022, avec des pics encore plus marqués chez les 18-24 ans (jusqu’à +30 % dans certaines régions). Les confinements répétés, l’isolement des personnes âgées et la culpabilisation collective ont créé un trauma psychique partagé dont les effets se mesurent encore aujourd’hui.

Les retards de soins ont entraîné une surmortalité non-COVID documentée : plus de 100 000 diagnostics de cancers ont été manqués ou retardés en 2020-2021 selon l’INCa, avec des conséquences sur la survie à cinq ans. L’impact éducatif est massif, avec une perte d’apprentissage équivalente à plusieurs mois de scolarité (estimée à 0,5 à 1 année complète pour les élèves les plus défavorisés selon l’OCDE), creusant les inégalités pour plusieurs générations. La division sociétale (clivage vaccinés / non-vaccinés) a fracturé familles, amitiés et lieux de travail, produisant une forme de guerre civile symbolique dont les séquelles relationnelles perdurent.

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Ces dommages ne sont pas des « effets secondaires » regrettables. Ils constituent le prix concret payé par la société pour une « réponse proportionnée » à un risque qui ne l’était pas pour la majorité de la population. Ils révèlent une externalité massive : le sacrifice de la santé globale au nom d’une santé publique réduite à la lutte contre un seul pathogène.

Le bilan économique et financier : qui a gagné, qui a perdu ?

Sur le plan économique, la crise a provoqué une destruction massive de tissu productif (plus de 100 000 entreprises ont disparu ou été placées en redressement judiciaire entre 2020 et 2022 selon l’INSEE) tout en générant des profits records pour certains acteurs. L’explosion de la dette publique française constitue l’élément le plus lourd et le plus durable de ce bilan.

Entre 2019 et 2023, la dette publique est passée d’environ 98 % à plus de 115 % du PIB, soit une augmentation de plus de 600 milliards d’euros (+1300 mds depuis 2017). Cette dette n’est pas neutre. Elle constitue un mécanisme d’asservissement structurel : elle transfère du pouvoir des citoyens et de l’État vers les créanciers (banques centrales, grands investisseurs institutionnels, marchés financiers). Les élites économiques et financières ont ainsi profité indirectement de la crise pour accroître leur influence, tandis que les générations futures héritent d’un fardeau qui limite durablement la souveraineté budgétaire et l’autonomie collective.

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Au-delà de la dette, on assiste à une polarisation extrême des richesses. Les grandes entreprises pharmaceutiques, technologiques et de distribution ont enregistré des profits historiques (Pfizer a vu son chiffre d’affaires vaccins exploser de plusieurs centaines de milliards de dollars à l’échelle mondiale), tandis que la classe moyenne française, qui constituait le socle du modèle social, s’enfonce vers une société à deux vitesses : une minorité ultra-enrichie et une majorité confrontée à la précarité ou à la stagnation. La France, qui se targuait d’avoir une classe moyenne solide et protectrice, voit son tissu social se déchirer.

La véritable finalité : exercice sanitaire ou test de contrôle social ?

Une fois le bilan coût-bénéfice établi, la question centrale devient celle de la finalité. Les mesures ont-elles été uniquement une réponse sanitaire maladroite ou ont-elles servi de test grandeur nature de nouvelles formes de gouvernance ?

Plusieurs éléments plaident en faveur de la seconde hypothèse : la centralisation inédite du pouvoir exécutif via le Conseil de défense sanitaire, la normalisation de l’état d’urgence sanitaire prorogé à de multiples reprises, la mise en place d’outils de surveillance et de contrôle social (passe sanitaire, QR code), et le fait que ces outils ont été maintenus même lorsque les données épidémiologiques évoluaient.

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Cette finalité se lit aussi dans l’hypocrisie persistante des élites, qui rappelle la rupture du contrat social analysée dans la partie 3. Alors que la population payait le prix des restrictions, des figures politiques comme Michel Barnier ont pu cumuler des retraites dorées estimées à plus de 41 000 euros bruts par mois grâce à leurs multiples mandats, sans que cela soulève de véritable débat sur la proportionnalité des sacrifices demandés au peuple.

De même, le livre de Gabriel Attal a été perçu par de nombreux commentateurs comme un exercice de voyeurisme malsain dénué de sens et de réalité avec le quotidien des Français, illustrant l’obscénité de la situation : des élites qui se mettent en scène dans un narcissisme déconnecté d’un vanité politique (en s’imaginant en sauveur alors qu’ils sont les architectes du déclassement de la France), pendant que la population subit les conséquences concrètes de décisions prises sans elle.

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Les médias mainstream participent activement à une tentative ultime de réhabilitation. Édouard Philippe, Premier ministre pendant la période la plus dure de la crise (confinements successifs, gestion controversée du passe sanitaire et des traitements précoces), est régulièrement présenté comme un candidat « sérieux », « compétent » et « rassurant » pour la présidentielle de 2027. Des personnes qui l’ont bien connu sur les bancs de Science Po et après, le décrivent comme « une personne qui s’écoute parler », « d’une suffisance inversement proportionnelle au vide de ses compétences ». Cette opération de communication occulte donc le rôle central qu’il a joué dans des décisions ayant contribué au déclassement économique, social et institutionnel de la France, ainsi que son rôle de lobbyiste chez Areva alors qu’il gouverna à la fermeture de Fessenheim. Les arguments d’autorité ont gagné contre le bon sens dans le court terme. Les élites se sont rangées derrière ces arguments car leur coût-bénéfice personnel était positif (préservation du statut, carrière, paix sociale), alors qu’il était négatif pour le reste de la population. Un mensonge en appelle un autre, et la conformité devient la stratégie rationnelle dominante.

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Cet « exercice » a ainsi pu servir de répétition générale pour de futures crises (climatique, cyber, énergétique ou sanitaire 2.0), habituant les populations à accepter des atteintes aux libertés au nom d’une urgence supérieure. La servitude volontaire, une fois expérimentée à grande échelle, devient un mode de gouvernance plus efficace et moins coûteux que la coercition pure.

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Les effets durables sur l’autonomie collective et la confiance (2026)

Les conséquences de cet exercice dépassent largement 2022 et se font encore cruellement ressentir en 2026. Le sondage MIS Group de février 2026 révèle une défiance massive et durable : 73 % des Français n’ont plus confiance dans le gouvernement, 65 % jugent les médias mainstream non objectifs, et une part significative accuse explicitement les mensonges d’État pendant la crise. Le baromètre de l’opinion de février 2025 confirme une France en rupture de confiance, avec un rejet prononcé des élites et une forte défiance vis-à-vis de la vaccination COVID.

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Même une partie des médias mainstream commence à reconnaître que Macron a « saccagé la France », qu’il a « sorti la France de l’Histoire ».

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Alors que ces mêmes médias nous l’avaient vendu comme le « mozart de la finance » ! il nous a présenté la partition d’un « catalogue de la Redoute version Emmanuel Macron ».

Le pays des Lumières est devenu un pays des Lumières éteintes : opacité, divisions, trahison des libertés. On assiste à un déclassement de la France en démocratie défaillante, où la confiance institutionnelle, autrefois socle de la cohésion nationale, a été durablement brisée. La « grande allergie française » décrit cette rupture irréparable entre le peuple et ses élites qui se manifeste par une société fracturée, où le malaise est devenu chronique.

Conclusion

Le bilan coût-bénéfice de cet « exercice » est largement négatif. Les dommages humains, sociaux, éducatifs, économiques et psychiques ont très largement dépassé les bénéfices sanitaires réels. Plus grave encore, cet épisode semble avoir servi de laboratoire pour tester et normaliser de nouvelles formes de contrôle social et de centralisation du pouvoir. Cependant, il ne faut pas omettre le concept de Sigwalt de la banalisation du bien (décrit dans la partie 3) comme explication ; et nous avons probablement à faire face à un effet combiné des deux, entre planification et réactions opportunistes rapides.

Le vrai coût n’est pas seulement financier ou sanitaire : c’est la perte de confiance dramatique, la polarisation des richesses, le déclassement de la France en démocratie défaillante et la généralisation du mensonge comme norme de gouvernance. Un mensonge en appelle un autre, et les élites se mettent à son service.

Nous ne sommes plus dans une société vertueuse avec une spirale ascendante qui tire vers le haut, mais dans une société où le mensonge règne en maître. Cette trahison pose une question centrale pour l’avenir démocratique : comment reconstruire la confiance quand ceux qui étaient censés protéger le contrat social l’ont ouvertement rompu ?

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C’est précisément cette question que nous aborderons dans le dernier volet de cette série (partie 5/5) : Les leçons de ce florilège et les voies pour retrouver l’autonomie.

(À suivre – Article 5/5 : Les leçons de ce florilège et les voies pour retrouver l’autonomie collective)

Retrouvez le résumé vidéo de cet article : 

Le podcast de cet article est disponible ici : 

https://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/devoir-de-memoire-le-florilege-de-la-servitude-volontaire-le-bilan-cout-benefice


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5 -  Une forêt indonésienne rasée pour un fabricant d'emballages "neutres en carbone"


France-Soir avec AFP

 le 25 avril 2026 - 15:16


Et si déballer une boîte de médicaments rendait malgré soi complice de la déforestation ?

Une enquête de l'AFP et The Gecko Project révèle que de vastes étendues de la forêt tropicale indonésienne, refuge d'orangs-outans en danger, ont été rasées au profit de plantations fournissant un fabricant d'emballages estampillés "neutres en carbone".

Sur son site web, la société de pâte et papier Asia Symbol (basée en Chine), affiche une politique de "non-déforestation" et a attiré de grandes entreprises comme le géant britannique des produits de santé Haleon derrière les marques Panadol et Sensodyne.

Mais en suivant son parcours, il s'avère que du bois, transformé en pâte dans une usine indonésienne qui approvisionne Asia Symbol, provient de plantations où près de 30 000 hectares de forêt ont été déboisés entre 2016 et 2024 - presque trois fois la superficie de Paris.

Haleon a annoncé rompre ses liens avec Asia Symbol à la suite de cette investigation réalisée sur la base de l'analyse de données satellitaires, documents d'audit, registres commerciaux ainsi que du suivi de navires pour retracer le bois provenant de forêts abattues à Bornéo jusqu'aux usines d'Asia Symbol en Chine.

Les plantations qui alimentent cette société sont accusées par des experts et des riverains d'avoir détruit leurs moyens de subsistance, provoqué inondations et perte de la faune ainsi que des conflits fonciers.

"Les larmes me montent aux yeux", confie ce responsable du village de Humbang Raya, Agau (un seul nom), 69 ans, quand il décrit la dévastation dans le Kalimantan central, l’un des lieux les plus riches au monde en biodiversité.

L'investigation soulève aussi des questions sur la maison mère d'Asia Symbol, le conglomérat Royal Golden Eagle (RGE, basé à Singapour), qui s'était engagée en 2015 à une chaîne d'approvisionnement sans déforestation et a obtenu en 2024 un prêt "lié à la durabilité" d’un milliard de dollars.

"Les conclusions de cette enquête montrent que RGE est encore très impliqué dans la déforestation", estime Robin Averbeck, directrice du programme forêts au Rainforest Action Network (RAN).

Asia Symbol a réagi auprès de l'AFP en réitérant son engagement à ne pas utiliser de bois issu de forêts naturelles ou de forêts converties en plantations.

Si la fabrication de papier nécessite du bois, la certification du Forest Stewardship Council (FSC), qui donne le label "issu de sources responsables", elle, implique des engagements pour protéger les forêts primaires et respecter les droits des communautés locales.

La récolte est en cours quand l'AFP se rend dans la concession d'Industrial Forest Plantation (IFP) étendue sur une zone qui pourrait abriter des centaines d'orangs-outans selon des spécialistes de cette espèce menacée.

Une grande partie de la forêt qui couvrait autrefois les plus de 100 000 hectares de cette concession a été détruite pour y planter de l’acacia et de l'eucalyptus à croissance rapide.

En 2023, Asia Symbol avait promis de cesser "indéfiniment" d'utiliser du bois issu de cette plantation.

Mais l'enquête a retracé le circuit du matériau en provenance d'IFP et d’autres concessions jusqu’à l'usine indonésienne Phoenix Resources International (PRI), qui a délivré de la pâte à papier aux installations d'Asia Symbol en Chine. Laquelle y fabrique des emballages estampillés "neutres en carbone" que la filiale chinoise d'Haleon a utilisés pour ses boîtes d'ibuprofène.

Dans le village de Humbang Raya, on peut voir d'un côté de la route un épais bosquet d’arbres foisonnant de lianes. De l'autre, un paysage ravagé de terre brune parsemée de branches coupées.

Des animaux et des oiseaux ont disparu, les villageois qui dépendaient de la forêt pour vivre sont partis chercher du travail ailleurs, raconte Agau. "Il est difficile de trouver quoi que ce soit qui ressemble à ce que c'était", se lamente-t-il.

La déforestation n'est pas illégale, toutes les concessions qui approvisionnent l'usine Phoenix Resources International ont un permis du gouvernement indonésien.

Mais les conséquences pour les populations locales et l'environnement sont catastrophiques, ont témoigné des villageois habitant à l'intérieur ou autour de ces plantations.

À quelque 30 km de là, à Sei Gawing, également à l'intérieur de la concession IFP, les habitants craignent de boire l'eau de la rivière voisine, inquiets du ruissellement en provenance de la plantation.

Les débordements sont devenus plus fréquents et plus graves car le couvert forestier qui absorbait l'eau a disparu. "Contrairement à ce qu'il se passait avant, les inondations ont atteint les habitations ces dernières années", explique le chef du village Dodie Kristiawan.

Le gouvernement indonésien a reconnu que la déforestation avait aggravé les inondations et les glissements de terrain à Sumatra l’an dernier, qui ont fait plus de 1 000 morts, mais il a peu fait pour enrayer le phénomène ailleurs.

Ika Magdalena, mère de trois enfants enceinte du quatrième, elle, n'a plus accès aux terres qu'elle cultivait autrefois puisqu'elles se trouvent dans la concession. Les compensations promises ne sont jamais arrivées, dit cette villageoise qui vend aujourd'hui des snacks sur un stand pour joindre les deux bouts.

"Ils ont déjà détruit nos cultures et ils ne veulent pas l'assumer", dit-elle. "Cela nous brise le cœur mais ils restent silencieux."

Industrial Forest Plantation n’a pas répondu aux demandes de réaction.

Cette concession "n'a jamais commis de violations dans le secteur forestier" et contribue au paiement des impôts et des fonds de reboisement, a commenté le directeur de l’agence forestière du Kalimantan central, Agustan Saining.

Des habitants et des militants affirment que les bénéfices des plantations profitent peu aux populations locales, les emplois étant principalement occupés par des travailleurs venus d’ailleurs.

Les communautés sont privées de "leurs ressources alimentaires et financières et il n’y a pas d'alternative", déplore Bayu Herinata du groupe environnemental WALHI Kalimantan central.

Asia Symbol a confirmé que l'usine Phoenix Resources International la fournissait depuis janvier 2025 et indiqué avoir "lancé un examen ciblé des approvisionnements" avec "l'adoption immédiate d'engagements mondiaux de non-déforestation, y compris d'éventuelles actions correctives et de réparation".

Basée à Tarakan (nord de Kalimantan), PRI n'a pas répondu aux demandes de réaction.

Royal Golden Eagle, maison mère d'Asia Symbol, a déjà été mise en cause pour déforestation et conflits fonciers.

En 2013, le conglomérat a perdu la très recherchée certification du Forest Stewardship Council après une plainte en lien avec le déboisement. Sa tentative de la récupérer a été bloquée l'an dernier après des allégations selon lesquelles des employés de l'une de ses filiales auraient attaqué des membres d'une communauté locale.

En 2023, Asia Symbol a reconnu des faits de déforestation dans deux concessions alimentant sa chaîne d'approvisionnement, dont celle de la plantation IFP, et s’est engagée à ne plus utiliser leur matériau.

Mais cela ne s’est pas produit.

L’AFP et The Gecko Project se sont concentrés sur Phoenix Resources International pour remonter la chaîne d'approvisionnement d'Asia Symbol.

Des rapports d'audit gouvernementaux montrent que l’usine a reçu du bois de 12 concessions et une analyse d’images satellites révèle une déforestation dans au moins quatre d’entre elles.

Des données issues de l'agrégateur de statistiques commerciales Import Genius montrent que PRI a envoyé une grande partie de sa pâte à papier vers deux ports chinois, Rugao et Rizhao, où se trouvent les installations d’Asia Symbol dans le Jiangsu et le Shandong (dans l'est de la Chine).

Les données de suivi des navires et du commerce indiquent que le cargo MV Sailboard est arrivé à Rugao depuis Tarakan, à Bornéo, en juin dernier avec à son bord de la pâte à papier.

Selon les médias locaux, il a été accueilli en grande pompe car il s’agissait du premier "enlèvement direct à quai" de Rugao, une procédure accélérée de dédouanement sans passer par une phase de stockage.

Une vidéo publiée sur Douyin, la version chinoise de TikTok, montre le nom du navire, le sigle "PRI" tamponné sur sa cargaison et des responsables accueillant le chargement devant une bannière arborant le logo d’Asia Symbol.

Royal Golden Eagle met largement en avant ses engagements en matière de durabilité.

"Nous sommes fiers de dire que l’ensemble de notre chaîne d'approvisionnement est à 100 % sans déforestation", déclarait en 2024 son directeur général, Anderson Tanoto. "La force de l’intégration, c’est que vous avez une responsabilité sur toute la chaîne jusqu'aux producteurs eux-mêmes", ajoutait-il.

Le Forest Stewardship Council a indiqué que la suspension de la certification visant RGE restait en vigueur.

"Il y a eu de nombreuses infractions", affirme Grant Rosoman, conseiller principal des campagnes forêt de Greenpeace International. "Leurs engagements ne sont rien d’autre que du greenwashing destiné à convaincre leurs clients qu'ils se rachètent une conduite."

Les engagements en matière de durabilité peuvent être très lucratifs.

"RGE a réussi à obtenir des milliards de dollars de crédits verts auprès de banques telles que Mitsubishi UFJ grâce à ses engagements publics d'éliminer la déforestation de ses chaînes d’approvisionnement", souligne Robin Averbeck du Rainforest Action Network.

Sa filiale Asia Symbol affirme que la pâte fournie par l'usine PRI n'a pas été utilisée pour la fabrication des produits "neutres en carbone" destinés à Haleon mais elle n’a pas expliqué comment elle séparait les pâtes issues de différentes sources.

S'il n'a trouvé aucune preuve que des matériaux liés à la déforestation aient intégré sa chaîne d’approvisionnement, Haleon s'est dit "néanmoins très préoccupé par les accusations portées contre Asia Symbol et les sociétés de plantation en amont".

"Nous avons donc demandé à nos fournisseurs de veiller à ce qu'aucun matériau fourni à Haleon ne provienne ni d'Asia Symbol" ni de plantations "associées à un risque de déforestation", a précisé le groupe.

L’Indonésie affiche l’un des taux de perte de couvert forestier les plus élevés au monde, selon l'agrégateur de données Global Forest Watch.

Au village de Humbang Raya, Agau ne croit ni aux garde-fous ni aux promesses de restauration des forêts. "Vous plantez un arbre, un million disparaissent. Ce n'est pas équilibré", dit-il.

Il faut que le gouvernement "cesse de délivrer des permis" d’abattage. "Nos vies, nos moyens de subsistance ici dépendent de la forêt que nous avons."

https://www.francesoir.fr/societe-environnement/une-foret-indonesienne-rasee-pour-un-fabricant-d-emballages-neutres-en


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6 - Même si sur notre planète il n'y avait AUCUN arbre et aucune plante il y aurait toujours 0,041 % de gaz carbonique dans notre atmosphère et 21 % d'oxygène et 78 % d'azote.

Tous ces gaz sont produits par la combustion de la masse ferrique incandescente à 20 kilomètres sous nos pieds.

L'eau de mer contient 86 % d'oxygène expurgé de notre magma. Les arbres, les plantes respirent du gaz carbonique et rejettent de l'oxygène sans que ce volume soit nécessaire aux humains, animaux et insectes

Notre magma fait ce qu'il veut ! Les gaz qui remontent à la surface des mers & océans forment notre atmosphère. Ils réchauffent aussi les lames de fonds qui ressortent aux côtes d'azur et côtes bretonnes. C'est grâce à lui qu'existe la vie sur Terre.

La masse ferrique incandescente absorbe les infiltrations sous océaniques et sous marines que déversent 24/24 h les fleuves et rivières du monde. Cette eau qui s'en va vers elle est chauffée, bouillie et repart en vapeurs en conduites vers où elle est venue à 78 % et 22 % sous terre où elle alimente les nappes phréatiques et sources de montagnes en eaux propres, sans odeur, sans couleur, sans goût et sans bactérie.

L'eau qui ressort aux planchers maritimes et océaniques par des mini-volcans (appelés aussi 'sources chaudes') est là pour créer ce que l'on appelle 'notre climat'. La chaleur remonte vers la surface et forme des 'colonnes' d'air chaud qui vont se perdre dans notre atmosphère et créer des appels d'air appelés 'vents'.


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7 - Moins de taxes et d’impôts, c’est plus d’emplois


22 avril 2026


Les politiques comprendront-ils un jour que la fiscalité excessive ne fait jamais le bonheur d’un pays et de son peuple ? Plus de taxes et d’impôts ne signifie pas plus de croissance et d’emplois. Au contraire. De nouvelles données statistiques du Bureau of Labor Statistics, compilées par le Wall Street Journal, montrent que les Etats américains dont la fiscalité est la plus faible sont aussi ceux où les entreprises créent le plus d’emplois. Dans huit États – l’Alaska, la Floride, le Nevada, le New Hampshire, le Dakota du Sud, le Tennessee, le Texas et le Wyoming – il n’y a pas d’impôt sur le revenu. À l’autre extrême se trouvent New York (taux d’imposition des particuliers le plus élevé en Amérique : 14,8 %), l’Oregon (IR à 13,9 %), la Californie (13,3 %), Hawaï (11 %), le Minnesota (10,85 %), le New Jersey (10,75 %), le Massachusetts (9 %), l’État de Washington (9 %) et le Vermont (8,75 %). Le Maine et Rhode Island sont sur le point de les rejoindre, leurs gouverneurs démocrates ayant récemment approuvé des surtaxes qui porteraient leurs taux d’imposition maximaux à respectivement 9,15 % et 8,99 %. Tous ces États ont des taux en moyenne deux fois supérieurs à ceux des autres.

Comparons maintenant les créations d’emplois. Depuis 2020, la croissance de l’emploi (voir le graphique) dans le secteur privé est négative dans les États suivants, qui figurent tous dans la liste de ceux où l’impôt est élevé : Hawaï (-3,8 %), Oregon (-3 %), Vermont (-1,7 %), Massachusetts (-1,4 %), New York (-1,3 %), Californie (-1,2 %) et Minnesota (-1 %). A l’opposé, pendant la même période, elle est fortement positive au Texas (10 %), en Floride (8,5 %), en Caroline du Nord (7,9 %), en Arizona (7,3 %), dans le Tennessee (5,7 %), en Alabama (4,3 %) et dans le New Hampshire (1,6 %). Des Etats qui, tous, affichent un taux d’imposition faible, voire nul pour quatre d’entre eux ! Une leçon supplémentaire pour ceux – très nombreux – qui pensent pouvoir résoudre les problèmes économiques d’un pays par des augmentations d’impôts.

- voir graph sur site-

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8 - L’obésité de l’État-providence français s’aggrave : 1 337 milliards d’euros de transferts sociaux pour 56 % de Français bénéficiaires nets


21 avril 2026


Le 16 avril dernier, l’INSEE a publié une importante étude sur les transferts sociaux, qui en dit long sur l’état de notre pays. En 2023, le revenu primaire des 10 % les plus aisés s’élevait en moyenne à 131 500 euros par unité de consommation (UC), contre 6 700 euros pour les 10 % les plus modestes, soit un rapport d’environ 20. Une fois intégrés les prélèvements et prestations, l’écart se réduit fortement : le revenu disponible brut (RDB) des 10 % les plus riches n’est plus que 7,1 fois supérieur à celui des 10 % les plus pauvres –  et 3,7 fois lorsque sont pris en compte les transferts sociaux en nature.

Globalement, les ménages français versent 1 271 milliards d’euros de prélèvements et reçoivent 1 337 milliards d’euros de transferts, soit un écart de 66 milliards d’euros. Ce circuit redistributif est proche du produit intérieur brut (2 822,5 milliards d’euros pour l’année 2023).

Une majorité de la population, 56 %, est donc bénéficiaire nette de la redistribution, avec un gain annuel moyen de 23 900 euros par unité de consommation. Autrement dit, une majorité d’individus reçoit davantage de l’ensemble des dispositifs publics qu’elle ne contribue à les financer. C’est l’inverse pour 44 % des citoyens. Le système repose donc sur une minorité de contributeurs nets : il y en a de meilleurs, on peut le supposer, pour inciter les habitants de ce pays à créer de la richesse.

L’INSEE a également analysé la redistribution selon les catégories socioprofessionnelles. Sans surprise, les cadres, indépendants et chefs d’entreprise supportent une part particulièrement élevée des prélèvements. En 2023, le revenu primaire élargi moyen des ménages dont la personne de référence est cadre, indépendant ou chef d’entreprise s’élève à 89 000 euros par UC. Mais les citoyens de cette catégorie acquittent en moyenne 51 300 euros de prélèvements, soit plus du double que des employés et des ouvriers. En conséquence, leur nivea de vie est réduit d’environ un tiers après redistribution.

Est-ce efficace ? Cela ne saute pas aux yeux, loin de là. En 2023, le pouvoir d’achat du revenu disponible ajusté par UC recule de 2,8 % pour les 20 % les plus modestes, et progresse de 2,7 % pour les 20 % les plus aisés. Dans le même temps, le pouvoir d’achat moyen reste quasiment stable (+ 0,4 %).

S’il contribue à réduire fortement les écarts de revenus, le système redistributif français repose sur une forte concentration de la charge fiscale. Qu’il ait très peu d’effet sur le pouvoir d’achat signifie probablement que la redistribution ne peut garantir automatiquement une amélioration homogène du niveau de vie. L’essentiel serait que notre pays recrée de la richesse.

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9 - France : croissance revue à la baisse et intentions de recrutement des entreprises en chute


21 avril 2026


Tout arrive ! Le gouvernement français a annoncé mardi un plan d’économies de six milliards d’euros destiné à tenir l’objectif de réduction de déficit public en 2026 face au coût engendré par la guerre au Moyen-Orient.

Environ quatre milliards d’euros de dépenses de l’Etat pourraient être gelées cette année et deux milliards au titre des dépenses sociales, a annoncé le ministre chargé des Comptes publics, David Amiel, à l’issue d’un comité d’alerte des finances publiques réunissant ministres, parlementaires, élus locaux et partenaires sociaux concernés par les finances publiques. Certes, cela ne représente que 0,3% du total des dépenses publiques et l’équivalent de 4 % du déficit, mais c’est mieux que rien dans une sphère publique qui hurle qu’elle est « à l’os » dès qu’est envisagée une hausse annuelle de ses budgets légèrement inférieure au rythme de l’inflation et alors qu’elle bénéficie des dépenses les plus élevées de la planète en proportion du revenu national.

Plus tôt ce mois-ci, l’exécutif a par ailleurs abaissé à 0,9% sa prévision de croissance pour 2026, contre 1% attendu auparavant, et relevé sa prévision d’inflation à 1,9%, contre 1,3% anticipé précédemment. D’après le gouvernement, la crise a engendré un renchérissement significatif du service de la dette, estimé à 3,6 milliards d’euros. Le rendement de l’OAT française à dix ans évoluait mardi à 3,60% contre 3,21% avant le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu devait dévoiler mardi soir un nouveau paquet d’aides ciblées pour le mois de mai. « Pour les secteurs pêcheurs, agriculteurs, transporteurs routiers, clairement, il y aura sans doute besoin de poursuivre les aides sous une forme ou sous une autre et on s’interroge sur l’opportunité d’élargir ces aides à d’autres gros rouleurs », a indiqué Roland Lescure. Reste à savoir s’il s’agira de subventions, ou d’un allègement des charges. Bien sûr, l’exécutif aurai aussi pu décréter une réduction des taxes sur l’essence, équivalentes à 60 % du prix à la pompe, un des niveaux les plus élevés d’Europe, pour compenser la hausse du prix provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz (c’est ce qu’ont décidé les gouvernements italien et allemand), mais cela serait sans doute trop simple pour Bercy…

Cette conjoncture inquiétante s’ajoute à un contexte déjà peu favorable pour les embauches. Selon une enquête réalisée avant le début de la guerre entre les Etats-Unis/Israël et l’Iran, les intentions de recrutement des entreprises en 2026 diminuent de 6,5% par rapport à 2025, la baisse concernant tous les secteurs d’activité et « une grande majorité des métiers », selon une enquête réalisée par France Travail publiée mardi. Le nombre de projets de recrutement chute de 158 000 à 2,27 millions ; soit le plus bas niveau depuis 2018, et de 764 400 par rapport au pic de l’année 2023 (3,04 millions), selon l’enquête réalisée auprès de 1,77 million d’établissements entre octobre et décembre 2025.

https:///france-croissance-revue-a-la-baisse-et-intentions-de-recrutement-des-entreprises-en-chute/


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10 -Bulgarie : Après des années d’instabilité, un parti favorable au dialogue avec Moscou remporte les législatives avec une majorité au Parlement  


M. A.

 le 21 avril 2026 - 10:17


Exit Orban, Enter Radev ? Les résultats électoraux quasi définitifs publiés lundi ont confirmé la victoire de l’ex-président bulgare, Roumen Radev. À la tête de sa formation Bulgarie progressiste, cet ancien général et pilote de chasse entend mettre fin à l'instabilité politique qui règne dans son pays et “sortir de l’apathie”. Il a appelé à renouer le dialogue avec la Russie, partageant les opinions du désormais ex-Premier ministre Viktor Orban sur la guerre en Ukraine sans toutefois vouloir imposer son veto

La Bulgarie a connu huit scrutins législatifs en environ cinq ans en raison d’une instabilité politique chronique liée, entre autres raisons, à l’incapacité répétée des principales formations à former des majorités stables. Depuis les élections de 2021, aucun parti n’a réussi à obtenir la majorité absolue, et les alliances entre le GERB (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB)) de Boïko Borissov, le parti libéral PP‑DB (Nous continuons le changement-Bulgarie démocratiue) et l’Alliance pour les droits et les libertés (DPS) se sont révélées fragiles, générant des gouvernements minoritaires ou des coalitions qui se sont rapidement effondrées sur des désaccords internes ou des motions de défiance. 

“Surmonter l’apathie”

Cette succession de crises a été alimentée par la méfiance profonde de la population vis‑à‑vis des élites, perçues comme corrompues, et par des mouvements sociaux récurrents contre la concentration du pouvoir, les oligarchies économiques, et un budget controversé prévoyant une hausse des impôts. À plusieurs reprises, des démissions de gouvernement, comme celle du cabinet de Rossen Jeliazkov en décembre 2025, ont mené à des élections anticipées. Le contexte s’est en outre complexifié avec l’entrée dans la zone euro et des projets de réformes fiscales contestées, qui ont ravivé les tensions.

Alors président jusqu’en janvier dernier, Roumen Radev avait démissionné pour se lancer dans les législatives, promettant de mettre fin à “l’oligarchie politique” qui règne sur le pays. Sa formation, Bulgarie progressiste, a été créée il y a quelques mois seulement, rassemblant des personnalités hétéroclites, dont des militaires, d'anciennes figures socialistes ou des sportifs.

Pari gagné. Roumen Radev et son parti ont obtenu 44,7 % des voix selon les résultats quasi-définitifs, c’est-à-dire portant sur 96,4 % des bulletins dépouillés à l’issue du scrutin, qui s’est déroulé dimanche. Bulgarie progressiste est devant le GERB (13,4 %) et le PP-DB (12,9 %), ,remportant ainsi 130 sièges sur les 240 que compte le Parlement. 

Une première majorité parlementaire absolue depuis 1997, qui permet à Sofia de se constituer un gouvernement stable. "Nous avons surmonté l'apathie", s'est félicité Roumen Radev.

Oui à l’Europe, oui à la Russie

Durant sa campagne, Roumen Radev a prôné la rupture avec l’ancien gouvernement sur certaines questions. Non seulement l’oligarchie politique qu’il promet d'éradiquer, mais aussi les relations entre son pays et Moscou. Il s’est dit favorable à une reprise du dialogue tout en plaidant pour la poursuite des efforts bulgares pour “poursuivre sa voie européenne”. "Mais croyez-moi, une Bulgarie forte et une Europe forte ont besoin d'esprit critique et de pragmatisme”, a-t-il affirmé. 

Cet esprit critique s’est manifesté par sa position similaire à  celle de la Hongrie et de la Slovaquie concernant la guerre en Ukraine, notamment l’envoi des armes à Kiev. Il a déclaré  "ne pas voir l'intérêt pour son pays, pauvre, de payer". Il a toutefois exclu jusque-là de faire jouer son droit de veto pour bloquer les décisions des 27.

"C'est une victoire de l'espoir sur la défiance, une victoire de la liberté sur la peur", a-t-il encore déclaré à ses partisans. Selon les analyses, l’ancien président a réussi, par son discours franc et ses positions favorables à un dialogue avec les Russes, tout en étant anti-oligarchique et anti-élite , à drainer les votes de partis considérés comme pro-russe tandis que ses engagements du côté européen ont pu convaincre des électeurs pro-occidentaux déçus par les précédents gouvernements. 

Lundi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a salué ses déclarations. "Bien évidemment, nous voyons d'un bon œil les propos de M. Radev, (...) ainsi que ceux de certains autres dirigeants européens concernant leur volonté de résoudre les problèmes par le dialogue", a-t-il déclaré.

https://www.francesoir.fr/politique-monde/bulgarie-apres-des-annees-d-instabilite-un-parti-favorable-au-dialogue-avec-moscou


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