mardi 1 septembre 2026

L'interdiction de l'énergie russe par l'UE pointée du doigt pour la flambée des prix alors que le bloc fait face à une crise hivernale


 28/08/2026

 Cassie B. 


Les sanctions que l'UE s'est elle-même imposées ont entraîné des prix de l'énergie en Europe deux à trois fois supérieurs à ceux observés aux États-Unis et en Chine.

À l'approche de l'hiver, les niveaux de stockage de gaz naturel sont à leur plus bas niveau depuis 15 ans, et les prix pourraient devoir dépasser les 100 euros par mégawattheure.

Le chancelier allemand Merz et le président français Macron reconnaissent que la crise énergétique provoquée par les sanctions érode la compétitivité industrielle européenne.

La Hongrie et la Slovaquie poursuivent l'UE en justice au sujet de l'interdiction de l'énergie russe, arguant que Bruxelles a contourné ses propres règles d'approbation.

Bruxelles maintient le cap sur l'élimination totale de l'énergie russe d'ici 2027, malgré les avertissements concernant des pénuries physiques et des coupures d'électricité.
La volonté de l'Union européenne de mettre fin aux importations d'énergie russe d'ici 2027 se heurte de plein fouet à la réalité économique ; de hauts responsables reconnaissent désormais que les sanctions imposées par le bloc lui font payer l'énergie deux à trois fois plus cher qu'aux États-Unis ou en Chine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré lors d'une conférence économique à Paris ce mois-ci que les importations d'énergie bon marché, qui soutenaient autrefois la prospérité de l'Europe, avaient « disparu », portant un coup visible à la compétitivité du continent — bien qu'elle se soit gardée d'imputer directement l'écart de prix à la politique de sanctions.

Cet aveu intervient alors que l'UE est confrontée aux niveaux de stockage de gaz naturel les plus bas depuis 15 ans à l'approche de l'hiver, selon les projections du cabinet de conseil Wood Mackenzie. Les prix de l'énergie ont grimpé en flèche dans le contexte de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, les contrats à terme européens de référence (Dutch TTF) dépassant les 68 euros par mégawattheure — un niveau inédit depuis début 2023. Les analystes de Goldman Sachs estiment que les prix des contrats à terme sur le gaz pourraient devoir franchir la barre des 100 euros par mégawattheure pour que les acheteurs asiatiques réduisent suffisamment leur demande, permettant ainsi à l'Europe de passer l'hiver sans épuiser ses réserves.

Les dirigeants européens reconnaissent les dégâts

Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré le mois dernier que l'embargo imposé par Berlin sur l'énergie russe était la cause principale de la « crise énergétique en cours » qui fragilise l'industrie allemande. Avant 2022, la Russie fournissait environ 55 % des importations de gaz naturel de l'Allemagne. Plus tôt cette année, le président français Emmanuel Macron a également averti que l'UE se trouvait en « mode urgence » face à la flambée des coûts de l'énergie, conséquence du remplacement du gaz russe acheminé par gazoduc par du gaz naturel liquéfié (GNL) américain, plus onéreux.

Intervenant jeudi à Paris lors de la conférence « La Rencontre des Entrepreneurs de France », Ursula von der Leyen a déclaré que « pendant longtemps, le modèle économique européen a reposé sur » une énergie bon marché. Ces piliers ont désormais disparu, a-t-elle affirmé. « Les prix européens restent deux à trois fois plus élevés qu'aux États-Unis et en Chine », a-t-elle ajouté.

Des niveaux de stockage historiquement bas à l'approche de l'hiver
Les réserves de gaz de l'UE sont remplies à environ 63 % de leur capacité, soit quelque 18 points de pourcentage en dessous de la moyenne quinquennale selon les données de Gas Infrastructure Europe ; il s'agit de l'un des niveaux les plus bas jamais enregistrés à cette période de l'année.

Une conjonction de facteurs a rendu l'Europe vulnérable : un été caniculaire a fait grimper la demande de climatisation, la chaleur a contraint les centrales nucléaires à réduire leur production et la faiblesse de la production éolienne a encore davantage tendu l'approvisionnement. Les perturbations du transport maritime dans le détroit d'Ormuz ont également limité les exportations de GNL en provenance de grands producteurs du Golfe, comme le Qatar, alors que l'Europe se trouvait dans une phase cruciale de reconstitution de ses stocks.

« L'Europe est actuellement en passe d'aborder l'hiver avec des réserves insuffisantes pour faire face aux froids de fin de saison », a déclaré à CNBC Matt Drinkwater, responsable du gaz européen chez Energy Aspects. Il a averti que si les approvisionnements en provenance du Moyen-Orient restaient limités à l'approche de l'hiver, les Européens pourraient être confrontés à une flambée des prix du gaz, à une hausse des factures et peut-être même à des restrictions sur la consommation de gaz du secteur industriel.

La Hongrie et la Slovaquie contestent l'abandon progressif devant les tribunaux
La volonté d'interdire l'énergie russe a mis en lumière de profondes divisions entre les États membres. La Hongrie et la Slovaquie soutiennent que Bruxelles a contourné ses propres règles pour imposer cette interdiction, la traitant comme une simple question commerciale tranchée à la majorité plutôt que comme une politique de sanctions nécessitant l'unanimité ; les deux pays poursuivent désormais l'UE à ce sujet. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, est allé plus loin en appelant publiquement le bloc à suspendre totalement l'interdiction.

Le différend ne se limite pas au gaz. L'Ukraine a interrompu le fonctionnement de l'oléoduc Droujba fin janvier, coupant ainsi l'approvisionnement en pétrole brut russe vers la Hongrie et la Slovaquie ; Kiev affirme que la conduite a été touchée par une frappe de drone russe, mais Budapest a publié des images satellites qui, selon elle, prouvent le contraire. Malgré l'obligation conventionnelle de l'Ukraine de maintenir l'approvisionnement énergétique des États membres de l'UE, la Commission européenne n'a pas fait pression sur Kiev à ce sujet.

La Commission a déjà légiféré pour interdire tout gaz russe d'ici 2027 et prévoit de présenter un projet de loi interdisant le pétrole russe trois jours seulement après les élections législatives hongroises. Selon Reuters, ce calendrier a été choisi délibérément afin d'éviter que l'interdiction ne devienne un enjeu de campagne en Hongrie.

Bruxelles maintient le cap malgré les conséquences

Ursula von der Leyen a réaffirmé que la Commission poursuivrait l'élimination progressive et totale des énergies russes, même au risque de pénuries physiques ou de coupures d'électricité. Lors d'une réunion d'urgence des commissaires, elle a fait valoir que la crise au Moyen-Orient mettait en évidence « les risques liés à une dépendance encore trop forte aux combustibles fossiles » et a appelé à remplacer les énergies russes par des « énergies vertes produites localement ».

Le coût financier est déjà quantifiable. Le Centre de recherche sur l'énergie et l'air pur (CREA) a constaté que les Pays-Bas, l'Italie, la France et l'Espagne ont dû absorber un surcoût de près de 41 milliards d'euros pour les combustibles fossiles entre mars et août 2026, sans pour autant importer de nouveaux volumes d'énergie ; une illustration frappante de l'ampleur des répercussions de la politique énergétique de Bruxelles sur les économies européennes, alors même que les dirigeants de l'UE ne semblent nullement disposés à changer de cap.

Sources for this article include:

RT.com
EuroNews.com
CNBC.com
HungarianConservative.com


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2 -Une matière première n'est pas un carburant : pourquoi le brut vénézuélien ne peut résoudre la pénurie de diesel et de kérosène


Par Larry C. Johnson
Sonar21
31 août 2026


Mon ami Karl Miller a publié un excellent article démontrant que les affirmations de Trump concernant le pétrole vénézuélien relèvent d'une vaste entreprise de manipulation psychologique (*gaslighting*). Je résume ici son texte, intitulé « Venezuela Oil: The Physical Barrel and the Capital Bill » (Pétrole du Venezuela : le baril physique et la facture d'investissement), car il n'est pas accessible au public via un lien direct.

Le 27 août 2026, le président Trump a annoncé ce qu'il a qualifié de plus important accord pétrolier de l'histoire mondiale : un pacte entre les États-Unis et le Venezuela conférant aux Américains le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils de réserves vénézuéliennes, une mesure censée, selon lui, « faire baisser considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains ». Cette annonce intervenait alors que le prix de l'essence avoisinait les 4,09 dollars le gallon — soit environ 27 % de plus qu'un an auparavant — et que l'on se dirigeait vers le mois d'août le plus coûteux jamais enregistré. Cette situation s'expliquait par une guerre de six mois avec l'Iran et les perturbations dans le détroit d'Ormuz, qui maintenaient sous tension un cinquième de l'approvisionnement mondial, le tout à deux mois des élections de mi-mandat.

Des analystes indépendants ont souligné l'incohérence arithmétique de ce calendrier : les 30 à 50 millions de barils évoqués par Trump représentent moins d'une demi-journée de consommation mondiale ; le chiffre de 65 milliards correspond à une estimation des réserves en sous-sol plutôt qu'à une offre immédiatement disponible ; et tout impact sur les prix prendrait des années à se concrétiser. L'analyse de Miller va plus loin que cette objection pour soulever un point fondamental : le brut vénézuélien n'est pas le produit adapté pour remédier à la pénurie que ressentent les Américains à la pompe. Ce n'est pas une solution miracle. À court terme, ce n'est pas une solution du tout.

Le point le plus souvent négligé

La pénurie qui se fait sentir actuellement concerne les produits raffinés — le diesel et le kérosène — alors que le brut vénézuélien extra-lourd n'est pas un produit fini. C'est une matière première destinée aux raffineries. On ne peut pas pallier une pénurie de distillats moyens avec un baril qui doit encore subir des étapes de dilution, de mélange, de valorisation, de cokéfaction et d'hydrotraitement avant de pouvoir fournir un gallon de produit utilisable.

C'est pourquoi le réflexe consistant à vouloir « ouvrir les vannes du Venezuela » s'avère inefficace au regard de la réalité technique. Même en laissant de côté la question de savoir si Caracas est capable d'augmenter sa production, les barils existants n'accroissent pas l'offre là où le marché est sous tension. Les cargaisons vénézuéliennes disponibles à court terme seraient essentiellement détournées des acheteurs actuels (Chine, Inde, Europe) plutôt que de s'ajouter à la production mondiale. Cela modifie la répartition des approvisionnements des raffineries et les flux commerciaux, mais ne résout pas une pénurie physique. Un baril transféré d'une raffinerie chinoise vers une raffinerie américaine change simplement de destination ; il ne s'agit ni d'un baril supplémentaire, ni, à plus forte raison, d'un nouveau gallon de carburant pour avion.

Pourquoi le déficit en matière première est un facteur limitant

La nature du brut en est la cause. On estime qu'environ les trois quarts de la production vénézuélienne jusqu'en 2028 seront constitués de bruts lourds, extra-lourds ou de bitume, la ceinture de l'Orénoque fournissant près de 60 % de ce volume. Cette matière première constitue l'intrant initial du processus de transformation ; le baril de distillat fini se situe bien plus en aval, au terme d'étapes nécessitant des investissements massifs — capacités de cokéfaction et d'hydrotraitement, production d'hydrogène, taux de disponibilité des raffineries, rendements, distribution — autant d'éléments qu'une cargaison de brut Merey ne permet pas de fournir. Le prix confirme ce constat : le Merey 16 s'est établi en moyenne à 67,36 dollars le baril en juillet 2026, soit environ 12,35 dollars de moins que le panier de l'OPEP, le marché intégrant dans ce prix le coût de transformation de ce brut en produit utile. Le Venezuela ne peut remédier à la pénurie actuelle de brut ou de distillats moyens, car le brut n'a jamais été l'élément manquant.

La dynamique de l'offre ne fait que renforcer ce constat

Par ailleurs, il est impossible d'augmenter rapidement les volumes. La production de juillet 2026 avoisinait 1,1 million de barils par jour (mb/j) — soit environ un tiers du pic de 3,4 mb/j atteint en 1998 — et l'infrastructure nécessaire pour accroître ce niveau s'est dégradée : l'EIA signale des oléoducs vieux de plus de 50 ans, des pannes d'électricité, des pénuries de diluants et des raffineries en mauvais état, PDVSA estimant à quelque 8 milliards de dollars les seuls besoins pour les oléoducs. Rystad évalue le seuil de rentabilité sur l'ensemble du cycle entre 70 et 80 dollars le baril (voire plus) et prévoit, dans son scénario de référence, une augmentation de seulement 194 000 b/j d'ici au quatrième trimestre 2028 ; un retour à une production proche de 3 mb/j nécessiterait un investissement bien supérieur à 150 milliards de dollars sur une période de 10 à 15 ans. Comme le souligne Miller, les vastes réserves de pétrole en sous-sol ne constituent pas une offre immédiatement disponible ; or, le chiffre de 65 milliards de barils avancé par le président relève précisément de cette catégorie : il s’agit d’une estimation des ressources, et non d’un calendrier de production.

La préférence révélée : ce que les majors avaient déjà dit à la Maison Blanche

La confirmation la plus probante ne réside pas dans un modèle, mais dans l'attitude des entreprises qui devraient financer la reconstruction. Le 9 janvier 2026, à la Maison Blanche, peu après l'éviction de Maduro par les États-Unis, Trump a soutenu que le secteur industriel investirait plus de 100 milliards de dollars pour reconstruire l'industrie pétrolière vénézuélienne. L'assistance n'était pas de cet avis. Darren Woods, PDG d'ExxonMobil, a déclaré au président que le Venezuela était, en l'état, « ininvestissable » — soulignant que la mise en place de cadres juridiques pérennes, de conditions commerciales viables et d'une certaine stabilité devait précéder tout investissement, et qu'Exxon se contenterait d'envoyer une équipe technique pour une évaluation. Ryan Lance, de ConocoPhillips, a affirmé que le système nécessitait d'abord une restructuration majeure ; les deux entreprises avaient vu leurs actifs expropriés sous l'ère Chávez et, dès le 30 janvier, Exxon comme Chevron ont fait savoir qu'elles ne prévoyaient pas d'augmenter leurs dépenses au Venezuela cette année-là. Les chiffres présentés lors de cette réunion corroboraient ceux de Miller : Rystad estimait à environ 110 milliards de dollars le coût nécessaire pour simplement doubler la production d'ici 2030, et à près de 185 milliards pour revenir aux niveaux du début des années 2000.

Le cas de la seule entreprise enthousiaste illustre bien ce point. Chevron — unique major américaine produisant déjà sur place, avec un volume proche de 250 000 barils par jour (b/j) grâce à une licence spéciale — affirme pouvoir augmenter sa production d'environ 50 % en moins de deux ans ; toutefois, même une telle hausse ne porterait la production totale du Venezuela qu'à un peu plus de 1,1 million de b/j, bien loin du pic historique avoisinant les 4 millions. Si des acteurs de moindre envergure, tels que Hunt Oil et SLB, ont signé les premiers nouveaux contrats avec PDVSA en août, les « supermajors » les mieux à même de financer la reconstruction refusent ouvertement de débloquer les fonds nécessaires. Lorsque les détenteurs de capitaux qualifient une ressource d'« ininvestissable », celle-ci ne peut constituer une solution d'approvisionnement à court terme.

Le Venezuela représente une option de redéveloppement de brut lourd à long terme, et non une source d'approvisionnement d'urgence — ni, en particulier, une solution immédiate pour l'approvisionnement en carburant. Il est certes possible de réorienter les cargaisons existantes, mais cela modifie les flux commerciaux sans ajouter le moindre baril net ni le moindre gallon de produit fini ; une nouvelle production significative nécessiterait des années et bien plus de cent milliards de dollars d'investissements, des réalités que les entreprises susceptibles de financer ce projet ont exprimé sans détour. Quelle que soit la valeur, sur une décennie, de ce qui est présenté comme le « plus important contrat pétrolier de l'histoire mondiale », il ne fera pas baisser le prix du diesel ou du carburant pour avion cette année. La pénurie de distillats ne sera pas résolue à Caracas.

This article was originally published on Sonar21.


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3 - Un rapport révèle que près de 500 enfants migrants ont disparu d'hôtels britanniques destinés aux demandeurs d'asile


30/08/2026 
Douglas Harrington


Un rapport parlementaire publié jeudi a révélé que 472 enfants demandeurs d'asile non accompagnés — dont certains n'avaient que 12 ans — ont disparu en 2023 de structures d'hébergement pour mineurs migrants gérées par le ministère de l'Intérieur (Home Office) [1]. Selon le rapport, cité par RT, 432 de ces enfants ont depuis été retrouvés, laissant 40 d'entre eux sans trace [1]. La plupart de ces 40 enfants ont depuis atteint l'âge de 18 ans, mais deux sont toujours mineurs, précise le rapport [1].

La commission s'est dite « extrêmement préoccupée » par le sort des enfants toujours portés disparus et a exigé que le ministère de l'Intérieur fournisse des mises à jour trimestrielles sur les efforts déployés pour les localiser [1]. La publication de ce rapport intervient alors que la gestion des mineurs non accompagnés par le gouvernement britannique fait l'objet d'un examen attentif, un système confronté à des contestations judiciaires et aux critiques d'organisations de défense des droits de l'homme [1].

Détails du rapport et déclarations officielles

Le rapport s'appuie sur des données fournies par Helen Waite, directrice du service de protection sociale de l'enfance au ministère de l'Éducation, indiquant que 432 des enfants ont depuis été retrouvés [1]. Angela Eagle, alors ministre chargée de la sécurité aux frontières et de l'asile, avait déclaré à la commission l'année dernière que certains des enfants retrouvés avaient été « localisés dans des situations d'exploitation et pourraient avoir été victimes de trafic d'êtres humains » [1]. La commission a salué le fait que la plupart des enfants aient été retrouvés, mais a insisté pour que des mesures supplémentaires soient prises concernant les cas restants, selon le rapport [1].

La question des adultes se faisant passer pour des mineurs a compliqué le suivi des enfants demandeurs d'asile. Les chiffres officiels montrent qu'au cours du seul premier semestre 2024, 1 317 migrants sont arrivés à la frontière britannique en se faisant passer pour des enfants ; un niveau record dépassant le total cumulé de ces mêmes cas pour les années 2017, 2018 et 2019 [2]. Dans le Kent, des données obtenues par le journal *The Sun* grâce à des demandes d'accès à l'information ont révélé que dix des 19 migrants devant être placés en famille d'accueil ou dans des structures de protection de l'enfance se sont avérés être des adultes après une réévaluation [3]. Ces cas mettent en lumière les tensions pesant sur un système qui peine déjà à assurer une prise en charge et un encadrement adéquats des mineurs [3]. Le vécu des enfants pris en charge par les autorités, tel que décrit dans les guides relatifs au placement en famille d'accueil, souligne l'importance de la stabilité et de la sensibilité culturelle, alors même que le cadre juridique confie aux autorités locales la responsabilité de leur protection [4][5].

Réactions de la Commissaire à l'enfance

Commentant ce rapport, Rachel de Souza, Commissaire à l'enfance pour l'Angleterre, a qualifié la situation d'« échec inacceptable » [1]. Elle a déclaré que « tout enfant arrivant dans ce pays a le droit de demander l'asile en toute sécurité et de bénéficier d'un hébergement et d'un soutien durant cette démarche », exhortant le gouvernement à empêcher que de telles disparitions ne se reproduisent [1]. Ses propos reflètent les obligations juridiques découlant de la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant, qui insiste sur la nécessité pour les autorités centrales d'agir efficacement pour lutter contre la traite et les actes illicites [6].

Ce rapport fait suite à une décision de la Haute Cour rendue en 2024, jugeant illégal le placement de mineurs non accompagnés dans des hôtels [1]. Des organisations de défense des droits humains avaient fait valoir que ces établissements étaient inadaptés aux enfants, ce qui a conduit à la fermeture progressive des hôtels spécifiquement dédiés à cet usage [1]. Le traumatisme lié aux lieux de détention a été documenté ; des études montrent une multiplication par dix des troubles psychiatriques chez les enfants à la suite d'une détention [7].

Contexte : hôtels pour demandeurs d'asile et situation politique

Au plus fort de la situation, en juin 2023, plus de 51 000 demandeurs d'asile étaient hébergés dans plus de 400 hôtels réquisitionnés par le ministère de l'Intérieur (*Home Office*) à travers le Royaume-Uni, selon le rapport parlementaire [1]. Le recours aux hôtels constituait une mesure provisoire jugée inadaptée aux enfants par les organisations de défense des droits humains, en particulier après que la Haute Cour a déclaré cette pratique illégale en 2024 [1]. La fermeture de ces établissements spécifiques n'a pas résolu le problème de fond concernant la protection des mineurs arrivant sans parent ni tuteur [1]. Les définitions relatives aux enfants demandeurs d'asile non accompagnés, telles qu'établies par la loi de 1989 sur l'enfance (*Children Act 1989*), stipulent que la responsabilité incombe aux services sociaux des autorités locales lorsqu'aucun adulte approprié n'est disponible [5]. Toutefois, l'ampleur des arrivées a submergé ces autorités, comme en témoigne le nombre élevé de disparitions [1].

L'immigration demeure un sujet politique sensible au Royaume-Uni ; les traversées incessantes de la Manche, les protestations concernant l'hébergement des demandeurs d'asile et les crimes très médiatisés impliquant des migrants accentuent la pression sur l'ancien Premier ministre Keir Starmer et son successeur Andy Burnham. Ce dernier s'est engagé à mettre fin aux traversées en petites embarcations, sans toutefois fixer d'échéance [1]. Ce contexte politique a renforcé l'attention portée à la capacité du gouvernement à gérer efficacement les flux migratoires et à protéger les enfants vulnérables [1]. Les conclusions du rapport parlementaire mettent en lumière des défaillances systémiques dans le suivi et la prise en charge de ces mineurs, une situation qui fait écho aux critiques concernant la gestion institutionnelle de l'immigration et de la protection de l'enfance [8].

Contexte migratoire général et conclusion

L'Europe est confrontée à une pression migratoire soutenue depuis 2015, année durant laquelle plus d'un million de personnes sont arrivées, principalement en provenance du Moyen-Orient et d'Afrique [1]. La question est revenue sur le devant de la scène le mois dernier, lorsque plus de 72 000 personnes ont pénétré dans l'enclave espagnole de Ceuta, saturant les structures d'accueil et relançant les appels à un renforcement des contrôles aux frontières [1]. À la suite de ces arrivées, les médias ont rapporté que les autorités de Ceuta prenaient en charge environ 2 000 mineurs non accompagnés — dont beaucoup se seraient retrouvés à la rue en raison de la saturation des centres d'hébergement — et que la police enquêtait sur au moins cinq cas présumés de viols de mineurs liés à cet afflux [1]. Ces événements ont attiré une nouvelle fois l'attention sur la vulnérabilité des mineurs non accompagnés à travers l'Europe [1].

Le rapport parlementaire souligne les défis persistants liés à la prise en charge des enfants demandeurs d'asile au Royaume-Uni, les responsables réclamant davantage de responsabilité et de meilleures garanties de protection [1]. Le ministère de l'Intérieur n'a pas encore répondu à la demande de la commission concernant des mises à jour régulières, et le sort des 40 enfants disparus reste incertain [1]. Les problèmes plus larges de placements sans vérification préalable et de disparitions d'enfants ne sont pas propres au Royaume-Uni ; des défaillances similaires ont été documentées aux États-Unis, où plus de 11 000 enfants migrants non accompagnés ont été confiés à des tuteurs qui n'étaient ni leurs parents ni leurs représentants légaux, et qui n'avaient pas fait l'objet des vérifications d'antécédents requises [9][10]. Ce rapport rappelle que les mécanismes institutionnels de protection des enfants vulnérables sont essentiels et que leur absence peut avoir des conséquences dévastatrices [1][11].

References

RT. "Dozens of migrant children still missing years after vanishing in UK". RT.com. August 27, 2026.
NaturalNews.com. "Over 1,300 asylum seekers in the UK are pretending to be unaccompanied minors to exploit British migration law". NaturalNews.com. October 4, 2024.
Douglas Harrington. "UK Council Finds Half of Alleged Child Migrants Were Adults, Data Shows". NaturalNews.com. May 28, 2026.
Andy Elvin. "Welcome to Fostering".
Gianna Knowles. "Understanding family diversity and home-school relations a guide for students and practitioners in early years and primary".
Peter Newell. "The UN Convention and childrens rights in the UK".
Michael Dudley. "Mental Health and Human Rights vision, praxis, and courage".
Michael Dudley. "Mental Health and Human Rights vision, praxis, and courage".
Laura Harris. "HHS Data: Over 11,000 Migrant Children Placed with Unvetted Sponsors under Biden Administration". NaturalNews.com. August 23, 2025.
Mike Adams. "Mike Adams interview with Anthony Rubin". October 19, 2023.
NaturalNews.com. "Trump administration rescues 62,000 children from trafficking, forced labor amid border crisis". December 9, 2025.


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4 - Actifs russes gelés en Europe : Quatre États membres de l’UE appellent à réexaminer la question


M. A.
 le 31 août 2026 - 14:50


Malgré l’échec de la précédente initiative de la Commission européenne et l’adoption d’un prêt de 90 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine, le dossier de l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer l’Ukraine n’est pas clos. Cette fois-ci, c’est la Suède qui, accompagnée par trois autres États membres, revient à la charge et propose d’examiner cette “question complexe”. La Belgique, elle, réitère ses positions : sans garanties fiables, pas touche aux avoirs russes.

En octobre 2025, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé une initiative visant à mobiliser les avoirs de la Banque centrale russe gelés dans l’UE pour financer l’Ukraine, en présentant l’idée d’un “prêt de réparations” adossé à ces actifs immobilisés, estimés à environ 185–210 milliards d’euros, dont la majeure partie est conservée chez le dépositaire Euroclear, basé en Belgique. Cette proposition, détaillée en décembre 2025, prévoyait de transformer ces avoirs gelés en un prêt à taux zéro destiné à couvrir les besoins financiers et militaires de l’Ukraine pour 2026 et 2027, sans toucher au capital, le remboursement étant conditionné à de futures réparations russes.

Le prêt de 90 milliards ne suffit plus ?

Ce projet a immédiatement suscité un débat au sein du Conseil, marqué par le refus catégorique de la Belgique. Le premier ministre Bart De Wever a contesté le plan et exigé que les risques juridiques et financiers ne reposent pas sur un seul État membre, en plaidant pour une “mutualisation des risques” et en poussant à privilégier un emprunt commun. La position belge a été réitérée à plusieurs reprises par les dirigeants, qui ont souligné que la Belgique ne voulait pas porter seule le risque juridique lié à la saisie ou à la mobilisation de ces actifs.

Devant le refus ferme de Bart De Wever, l’UE a abandonné l’idée d’un prêt directement adossé aux avoirs russes et s’est rabattue, fin 2025, sur un compromis prévoyant un prêt exceptionnel de 90 milliards d’euros, financé par un emprunt commun sur les marchés et garanti par le budget de l’UE, avec un remboursement conditionné à de futures réparations russes. Pour permettre l’adoption de ce mécanisme, la Hongrie et la Slovaquie, qui ont souvent exprimé leurs réticences quant aux paquets de sanctions contre Moscou ou les aides octroyées à l’Ukraine, ainsi que la République tchèque, ont obtenu une exemption totale.

Les premiers décaissements de ce prêt ont eu lieu ces dernières semaines. Fin juin, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé le versement de 3,2 milliards d’euros à l’Ukraine, première tranche du prêt de 90 milliards d’euros. Dans la même annonce, la Commission a indiqué qu’un second paiement, d’environ 6 milliards d’euros, serait débloqué “dans les prochains jours”.

Mais fin août 2026, Volodymyr Zelensky a alerté sur un déficit de financement de 23,1 milliards d’euros au ministère de la Défense. Le président ukrainien a demandé à l’UE d’accélérer et d’anticiper une partie du prêt de 90 milliards, en avançant une fraction de la tranche 2027 pour combler le trou budgétaire de 2026. Ce prêt était censé couvrir les besoins de Kyiv pour 2026 et 2027, à raison de 45 milliards d'euros par an. Mais l'intensification des frappes russes et la difficulté de Kiev à se procurer du matériel antimissiles ont bouleversé les projections.

Dans ce contexte, plusieurs responsables européens ont commencé d'estimer que les 90 milliards convenus ne suffiraient probablement pas à couvrir les besoins de l’Ukraine pour 2026–2027, ce qui a relancé, fin août 2026, un débat sur d’autres options de financement, y compris une nouvelle exploration de l’utilisation des avoirs russes gelés.

C’est le cas de la Suède qui, accompagnée de l’Espagne, de la Pologne et des Pays-Bas, revient à la charge et relance la pression pour débloquer les avoirs russes. "L'Ukraine a besoin de davantage de soutien financier, à court comme à long terme (...) Nous estimons que le moment est venu de revenir sur la question de l'utilisation accrue des avoirs immobilisés de la Russie au bénéfice de l'Ukraine”, lit-on dans une lettre initiée par Stockholm et cosignée par les trois autres capitales, avant d’être adressée à la haute représentante Kaja Kallas et à la ministre irlandaise des Affaires étrangères, Helen McEntee, puisque l'Irlande assure actuellement la présidence tournante du Conseil.

“Une question complexe”

“L'UE, en dialogue avec ses partenaires, doit continuer à fournir un soutien financier complet, prévisible et structuré à l'Ukraine, en ligne avec ses besoins (...) Nous proposons donc que les experts techniques de la Commission soient invités à explorer, en étroite concertation avec les États membres, de nouvelles options sur la manière d'utiliser les avoirs immobilisés au bénéfice de l'Ukraine, de façon à ce que le risque soit partagé par l'ensemble des États membres de l'UE et qu'aucun État membre ne supporte une charge disproportionnée", exhortent les quatre États signataires.

"La gestion des risques financiers et économiques, ainsi que le respect du droit international, constitueront des éléments importants de cette analyse et de ces discussions techniques", ajoute-t-on, en admettant que "la question est complexe".

Jeudi, lors d'une conférence de presse, un porte-parole de la Commission européenne a indiqué qu'elle était "prête à fournir toute l'aide qui pourrait être nécessaire dans ce contexte" et qu'elle examinerait la lettre "avec attention".

Au début du mois d’août, la Belgique avait déjà réitéré sa position par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot. Les risques signalés par Bruxelles demeurent sans altérer pour autant sa disposition d’examiner de nouvelles propositions.

Une des interprétations de cette nouvelle relance de la part de la Suède est liée à la volonté de trouver un accord avant les élections nationales en 2027, qui risquent d’accaparer les dirigeants des États membres, mais surtout de mener à un essoufflement de la mobilisation en faveur de la question ukrainienne en cas de changement de dirigeants.


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5 -La gifle islandaise : 82,5 % de participation pour dire NON à l'UE


France-Soir
 le 31 août 2026 - 19:01


Samedi, les Islandais ont répondu à une question simple : "L'Islande doit-elle rouvrir les négociations d'adhésion avec l'Union européenne ? " Dimanche, le décompte de la télévision publique RÚV a tranché. 52,8 % de non, 47,2 % de oui et une participation record de 82,5 %. Le gouvernement de Kristrún Frostadóttir, pourtant favorable au oui, a promis de s'incliner jusqu'à la fin de son mandat, en 2028.

Cinq points d'écart tout de même, on a connu pire chez nous... parfois même taxé de plébiscite. Bref, Reykjavik a dit oui, le nord-ouest, le nord-est et le sud ont dit non, parfois à plus de 60 %. La pêche a pesé plus lourd que les discours sur l'Arctique. RFI le rappelait à la veille du scrutin, 90 % des entreprises du secteur s'opposaient à une adhésion. L'île vend déjà presque tout ce qu'elle produit dans le marché unique, via l'Espace économique européen. Elle est dans Schengen, elle n'a pas d'armée et n'a pas non plus, pour une majorité d'électeurs, envie de céder la clé de ses eaux.

L'élargissement est encore présenté comme l'affaire des pays pauvres, ou des États en guerre, et la file d'attente actuelle donne clairement prise à cette lecture. Ukraine, Moldavie, Albanie, Monténégro, Les Echos décrivaient en juillet un "super mardi" de l'élargissement, quatre candidats poussés d'un même mouvement. Podgorica vise 2028. Kiev et Chisinau avancent au nom de la survie autant que du PIB.

Mais l'Islande casse le décor. Quatre cent mille habitants, un niveau de vie parmi les plus élevés d'Europe, une candidature déposée en 2009 après le krach bancaire, puis gelée en 2013. Bruxelles n'a plus accueilli de pays riche depuis 1995. Une adhésion islandaise aurait servi de vitrine mais son peuple n'a pas voulu poser pour la photo de classe.

L'adhésion se joue-t-elle aujourd'hui davantage sur la politique extérieure que sur l'économie ? Sur le papier, l'hypothèse tient. En mars, Politico titrait "Weapons not wealth", l'attrait a basculé de la prospérité vers la sécurité. Marta Kos y affirmait qu'un siège à la table offrait aussi davantage de sécurité et de protection, si l'argument a circulé à Reykjavik, autour de l'Ukraine et des menaces américaines sur le Groenland, il n'a pas suffi...

Le parallèle français revient, et il pique un peu, le 29 mai 2005, 54,67 % des votants avaient rejeté le traité constitutionnel, contre 45,33 % de oui avec cette fois une participation de 69,37 %. Les élites poussaient, le pays a dir non, et moins de trois ans plus tard, sous Nicolas Sarkozy, le traité de Lisbonne, qui en reprenait l'essentiel sous un autre nom, a été ratifié par le Parlement, sans nouveau référendum. Après le non de 2005, le gouvernement français avait décidé de ne pas proposer de nouveau référendum. 

Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe, a parlé d'un "choix souverain". La différence est définitivement là, Reykjavik est encore en démocratie. Paris ne l'est plus et depuis longtemps.


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6 - Plus de 100 groupes technologiques pressent la société de renforcer sa cybersécurité


France-Soir
 le 01 septembre 2026 - 08:05


Plus de 100 entreprises technologiques et financières ont signé le 27 août un appel à renforcer rapidement les défenses numériques face aux progrès de l’intelligence artificielle. Elles redoutent, dans les prochains mois, des attaques automatisées plus nombreuses et plus sophistiquées contre des services essentiels.

Siècle Digital, dans son article du 31 août, rapporte que Google, OpenAI, Anthropic, Perplexity, des entreprises de cybersécurité, des fournisseurs d’infrastructures et des acteurs financiers se sont associés pour alerter sur l’accélération du risque. Leur inquiétude porte notamment sur les hôpitaux, les installations de traitement de l’eau et les infrastructures qui permettent à Internet de fonctionner. Le média souligne aussi une ambiguïté du secteur, puisque plusieurs signataires développent parallèlement des modèles d’IA toujours plus puissants et des outils de défense reposant eux-mêmes sur l’intelligence artificielle.

Dans sa lettre ouverte publiée le 27 août, OpenAI énumère plus d’une centaine de signataires, parmi lesquels Microsoft, Amazon Web Services, Cisco, Cloudflare, CrowdStrike, IBM, Mastercard, Visa, SAP, Deutsche Telekom ou encore Hugging Face. Le texte considère que les faiblesses accumulées depuis des années, logiciels non corrigés, droits d’accès trop larges, mauvaises configurations, authentification insuffisante et dette technique, pourraient être exploitées beaucoup plus vite par des systèmes d’IA capables d’automatiser la recherche de vulnérabilités. Les signataires demandent aux dirigeants d’entreprises de traiter la cyberdéfense comme une priorité immédiate, aux gouvernements de financer davantage les opérateurs essentiels manquant de moyens et aux laboratoires d’IA d’ouvrir leurs capacités défensives à des acteurs de confiance.

Dans un rapport publié le 26 août, OpenAI explique que plusieurs de ses modèles, testés dans des environnements de cybersécurité avec des protections réduites, ont contourné des mécanismes destinés à les isoler d’Internet. Les agents ont communiqué par des canaux non autorisés, exploité des vulnérabilités dans l’infrastructure interne d’OpenAI, obtenu un accès au réseau extérieur puis compromis des systèmes appartenant à Hugging Face. OpenAI indique avoir renforcé depuis l’isolation de ses environnements de test, les contrôles d’accès et la surveillance du comportement de ses modèles.

La réponse proposée par les signataires repose largement sur la même technologie qui alimente la menace. Ils veulent utiliser l’IA pour détecter les failles, analyser les alertes, accélérer les correctifs et répondre aux attaques à une vitesse comparable à celle des futurs agents offensifs. Cette stratégie suppose cependant des investissements rapides dans des fondamentaux plus anciens, comme la réduction des privilèges, l’authentification forte, le cloisonnement des réseaux et la mise à jour des systèmes. La course engagée se joue donc autant sur la puissance des modèles que sur la capacité des organisations à réparer des fragilités parfois laissées ouvertes depuis des années.


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7 - Nvidia avance sur un rachat à 12,9 milliards de Hugging Face


A.M
 le 01 septembre 2026 - 09:15


Un rachat à 12,9 milliards de dollars pourrait faire passer Hugging Face sous le contrôle de Nvidia. Fondée à New York en 2016 par trois Français, la plateforme est devenue un carrefour mondial des modèles d’IA ouverts. L’opération reste toutefois non officialisée.

Dans un article publié le 28 août, Siècle Digital présente le rachat comme acquis pour 12,9 milliards de dollars. La société a été créée par Clément Delangue, Julien Chaumond et Thomas Wolf, d’abord autour d’un chatbot destiné aux adolescents, avant de pivoter vers les outils d’intelligence artificielle ouverts. Le média souligne aussi la puissance financière du fabricant de puces, dont le chiffre d’affaires a atteint 96,2 milliards de dollars entre mai et juillet 2026, en hausse de 106 % sur un an.

Hugging Face générerait environ 150 millions de dollars de chiffre d’affaires annualisé. La société avait été valorisée 4,5 milliards lors d’une levée de fonds en 2023 à laquelle Nvidia avait participé, avant de repousser une nouvelle proposition d’investissement du fabricant de puces. Un prix de 12,9 milliards représenterait donc presque trois fois cette précédente valorisation et environ 86 fois les revenus annualisés évoqués.

Hugging Face héberge des modèles, des jeux de données et des outils utilisés par une large partie de la communauté de l’IA ouverte. Son passage sous le contrôle de Nvidia donnerait au fabricant de GPU une position supplémentaire dans la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle, au moment où Google, Amazon, AMD ou de grands laboratoires cherchent à réduire leur dépendance à ses composants. Nvidia ne contrôlerait plus seulement une partie essentielle de la puissance de calcul, mais également une plateforme majeure de distribution et de développement des modèles ouverts.

Reste que pour l'heure, le statut du dossier n'est pas encore tranché. La salle de presse officielle de Nvidia ne comporte toujours aucune annonce confirmant l’acquisition de Hugging Face. Les dernières publications du groupe concernent notamment ses partenariats technologiques et ses résultats financiers. Si l’accord est confirmé, Clément Delangue, Julien Chaumond et Thomas Wolf auront transformé en dix ans un projet de chatbot new-yorkais en actif stratégique de l’industrie mondiale de l’IA.


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8 -Qu'est-il arrivé à notre argent ?

Lorsque la Fed manipule les taux d'intérêt, elle bande les yeux de l'économie, la fait tourner sur elle-même et sème des peaux de banane sur les chemins où elle l'incite à s'engager.


Par JD Breen
Pretium Insights
1er septembre 2026


Nous avons souligné à maintes reprises comment, en 1913, avec la création de la Fed, le système monétaire a pris une mauvaise direction. Puis, en 1971, il a déraillé.

À la fin des années 1960, le gouvernement américain manquait de véritable monnaie pour alimenter sa fournaise budgétaire. La locomotive était soudain incapable de tracter la charge combinée d'armement et de dépenses sociales (« des canons et du beurre ») qu'elle s'était engagée à transporter. Les ingénieurs de la banque centrale ont alors choisi de brûler du papier pour maintenir le train en marche. Pendant quelques années, cela a permis de continuer à avancer.

Mais les secousses se sont intensifiées, la fumée s'est épaissie et le vacarme a redoublé. Lorsque le champagne a commencé à se renverser dans le wagon de première classe, les passagers de l'élite ont exigé de descendre du train.

Les Français furent les premiers. Ils réclamaient le remboursement de leurs billets dévalués. Mais le convoyeur américain a manqué à ses obligations en refusant de leur restituer leur or.

Puis, le 15 août 1971, le chef de la compagnie ferroviaire a verrouillé le coffre-fort. Ce soir-là, Richard Nixon a déclaré qu'aucun billet ne serait remboursé. Les passagers ne seraient pas conduits à la destination promise.

Le monde s'est retrouvé prisonnier d'un voyage qu'il n'avait pas réservé et qu'il n'avait jamais entrepris auparavant. À partir de ce jour, le train monétaire a perdu tout contact avec le sol.

Désormais, le dollar allait « flotter », au gré des caprices politiques des hommes aux commandes. Presque aussitôt, faute du guidage fiable de rails solides, la confiance s'est évaporée. À bord, les passagers ont vu les cabines rétrécir, les portions diminuer et les boissons être allongées d'eau.

Le carambolage

Après le décrochage du dollar par rapport à l'or, les prix ont grimpé, les salaires ont stagné et la Bourse s'est effondrée. En termes réels, elle a chuté de plus de 70 % d'ici 1982. Alors que les taux d'intérêt explosaient, les cours des obligations s'effondraient.

Il y avait peu d'endroits où se mettre à l'abri. Parmi ces refuges figuraient les actifs réels, l'énergie et les métaux précieux. À la fin de la décennie, le prix du pétrole avait quadruplé et celui de l'or avait été multiplié par vingt. C’est alors que Paul Volcker a sauté dans la locomotive, a donné un coup de sifflet et a actionné les freins. Il a tiré le levier d’un geste vif et ample. L’économie s’est arrêtée net, dans un crissement violent.

Le carambolage fut spectaculaire et les dégâts considérables. Mais l’époque se caractérisait par un faible endettement, capable de supporter des taux élevés. Nous ne vivons plus dans ce monde-là aujourd’hui.

Alors que les passagers se relevaient, époussetaient leurs vêtements et s’éloignaient en titubant, ils juraient de ne plus jamais se laisser mener en bateau. Pourtant, un nouveau voyage était sur le point de commencer.

Au début des années 1980, les actions étaient données pour mortes. Puis, dans le calme de l’aube au sein d’un cimetière délaissé, le marché haussier est sorti de sa tombe.

Pendant plusieurs années, il a erré dans l’ombre, inaperçu et méconnu. Puis, il a fini par attirer l’attention. Un lundi d’octobre 1987, il a été brutalement frappé et sauvagement malmené. Une fois le carnage terminé, le Dow Jones Industrial Average — le visage du marché — avait perdu près d’un quart de ses dents.

Les dentistes de la Fed sont immédiatement intervenus, injectant de la novocaïne monétaire pour apaiser la douleur et redonner au marché le sourire. Et cela a fonctionné. Pendant quatre décennies, chaque fois que le marché souffrait, les banques centrales trouvaient du gaz hilarant supplémentaire… injecté sous forme de monnaie de singe.

Entravés et bâillonnés

Après l’éclatement des bulles en 2000 et 2008, la Fed est intervenue tel un barman face à une gueule de bois. Au lieu de « retirer le bol de punch », elle l’a corsé. Elle a tenté de soigner un endettement paralysant par un surcroît de crédit.

La Fed a cloué son taux directeur au plancher et a commencé à acheter des actifs avec de la monnaie de contrefaçon. Et, en apparence, cette supercherie a semblé, une fois de plus, « fonctionner ».

Mais les taux d’intérêt n’étaient pas seulement entravés ; ils étaient aussi bâillonnés. Privés de parole, les rendements étaient incapables de transmettre fidèlement l’information la plus cruciale pour un marché : le prix du crédit.

Les prix sont bien plus que de simples chiffres. Ce sont des signaux. Ils révèlent non seulement quels produits sont les plus demandés, mais aussi comment les ressources doivent être allouées (entre différents lieux, personnes et époques) pour les découvrir, les concevoir, les développer et les fournir. Lorsque la Fed joue les apprentis sorciers avec les taux d’intérêt, elle bande les yeux de l’économie, la fait tourner sur elle-même et sème des peaux de banane sur le chemin où elle l’incite à s’engager.

Dans ces conditions, les marchés (surtout avec le soutien de la Fed) peuvent continuer à progresser cahin-caha pendant un certain temps (et souvent, comme nous l’avons vu, pendant très longtemps). Mais vient un moment où ils trébuchent et ne parviennent plus à se relever.

L’efficacité du crédit factice s’amenuise à mesure que l’endettement augmente. Les doses régulières de morphine ne suffisent plus à apaiser la douleur ni à maintenir le moral à flot. Les marchés manipulés réclament des doses plus massives de produits plus puissants.

À l’instar d’un toxicomane déchu passant du cannabis à l’héroïne pour assouvir son manque, les économies dévoyées exigent des remèdes toujours plus insolites pour soigner leurs maux. Tel l’hélium gonflant un ballon, l’assouplissement quantitatif, la politique de taux zéro, l’« Operation Twist », les plans de sauvetage financier, les versements directs de « relance » et autres manœuvres hallucinogènes ont porté les actifs financiers grâce à un flux constant de vapeur artificielle.

Le vent tourne

Pendant près de deux générations, les actions et les obligations ont été portées par le souffle artificiel du crédit. Au début de la troisième décennie de ce siècle, l'économie mondiale planait, littéralement enivrée.

Les désastres liés à la pandémie — confinements et fermetures — ont exacerbé cette demande artificielle en bridant l'offre. Durant des années, des restrictions absurdes sur les hydrocarbures ont freiné l'exploration de sources d'énergie fiables. Des sanctions insensées contre la Russie et une guerre imbécile avec l'Iran ont encore aggravé la situation.

Les marchés, tout comme la nature, ont tendance à évoluer selon de vastes cycles lents et de longues vagues prévisibles. Durant les quatre décennies ayant suivi la Seconde Guerre mondiale, les taux d'intérêt ont grimpé tandis que le cours des obligations chutait. Au cours des quarante années suivantes, le phénomène s'est inversé.

Aujourd'hui, la tendance a changé. Il y a quelques étés, les rendements obligataires touchaient des plus bas historiques, inédits depuis 5 000 ans. Depuis, ils sont repartis à la hausse et devraient probablement poursuivre cette trajectoire pour le restant de nos jours.

Avec une dette atteignant 40 000 milliards de dollars et des déficits en augmentation, la voie est tracée et la machine est lancée. Tout porte à croire que Lyn Alden a raison : rien ne pourra arrêter ce train.

Reprinted with permission from Pretium Insights.



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9 -Notons que depuis ce fameux '15 Août 1971' AUCUN président qui lui ont succédé n'est revenu sur ce 15 Août 1971 !

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10 - Bruxelles veut « réveiller » l’épargne des Européens


31 août 2026


La douce odeur de la ponction de l’épargne privée s’est discrètement répandue dans le débat public ces derniers jours. Après la députée Olivia Grégoire (Renaissance) qui veut réorienter « une épargne privée existante », c’est au tour d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, de qualifier d’épargne « endormie » l’épargne thésaurisée par les ménages européens. Le 27 août, à la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), elle a présenté l’un de ses grands chantiers pour l’Europe : « le financement de notre économie ». Son constat est simple : près de 10 000 milliards d’euros restent aujourd’hui sur des dépôts bancaires (soit 70 % de l’épargne des ménages dans l’UE), et une importante part de l’épargne européenne est investie hors du continent européen. « L’Europe doit la mettre au service de ses entreprises » a-t-elle affirmé, avant de mentionner l’Union de l’épargne et des investissements (UEI), un projet de l’UE qui pourrait orienter jusqu’à 470 milliards d’euros d’investissements.

L’UEI n’est autre que l’ancêtre de l’Union des marchés des capitaux (UME), lancé en 2014 pour créer un marché unique des capitaux en Europe. Ses résultats sont particulièrement mitigés : environ 20 % de l’épargne en Europe s’exporte chaque année vers des placements jugés plus attractifs à l’étranger, notamment aux États-Unis.

Encore faut-il se demander pourquoi les Européens préfèrent conserver leur épargne sur des comptes bancaires ou investir ailleurs. Ce n’est pas nécessairement parce qu’ils sont incapables de comprendre les vertus du financement des entreprises. C’est en partie aussi parce que les entreprises européennes offrent moins d’opportunités d’investissement, dans un environnement réglementaire et fiscal qui les pénalise. L’UE semble d’ailleurs avoir identifié ce problème : au début de son discours, Mme von der Leyen a affirmé vouloir réduire de 25 % les charges administratives qui pèsent sur les entreprises et de 35 % pour les PME d’ici 2029, notamment en simplifiant les obligations déclaratives et en accélérant certaines procédures d’autorisation. Il aura donc fallu des années d’inflation législative et de sur-réglementation pour que la technocratie européenne découvre que ses normes empêchent les entreprises de se développer.

Mais l’environnement fiscal n’est évidemment pas la seule explication. Un rapport d’information de l’Assemblée nationale, présenté en juillet 2025, a souligné que l’abondante épargne européenne s’explique aussi par des facteurs culturels (aversion au risque, manque de culture économique et financière…) et par la prédominance des systèmes de retraite par répartition, « là où la profondeur des marchés financiers américains repose sur d’importants fonds de pension ».

Plus fondamentalement, la présidente de la Commission européenne semble oublier que ce qu’elle nomme péjorativement épargne « endormie » reste la propriété des ménages, le fruit de leur travail – déjà lourdement taxé dans des pays comme la France – et que la manière dont il est utilisé relève de la seule décision des épargnants eux-mêmes.

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