31/08/2026
Belle Carter
Le chapitre 2 a examiné la durée pendant laquelle la protéine de pointe (ou « spike ») ou les composants vaccinaux associés peuvent subsister dans l'organisme, remettant en question les premières prévisions selon lesquelles l'ARNm disparaîtrait en quelques jours et la protéine de pointe en quelques semaines.
Il a fait état d'études signalant la présence de substances liées à la protéine de pointe dans le sang pendant 28 jours — voire jusqu'à 187 jours dans certains échantillons — et dans les cellules immunitaires circulantes jusqu'à 245 jours.
L'épisode a abordé une étude de Yale menée en 2025 auprès de personnes atteintes du syndrome post-vaccinal ; celle-ci aurait détecté la protéine de pointe circulante chez certains participants plus de 700 jours après la vaccination.
Il a exploré la manière dont les exosomes et les monocytes circulants pourraient transporter ces substances liées à la protéine de pointe dans la circulation sanguine et potentiellement vers différents tissus, tout en évoquant la présence d'ARNm vaccinal dans les ganglions lymphatiques et le tissu cardiaque.
Ce chapitre a soutenu que ces résultats justifient des recherches approfondies sur la durée de persistance de ces résidus biologiques, sur leur activité biologique éventuelle et sur les effets qu'ils pourraient engendrer.
Combien de temps la protéine de pointe reste-t-elle réellement dans le corps humain ? C'est la question qui a guidé le chapitre 2 de la série « UNBREAKABLE », diffusée sur BrightU le 30 août. Mike Adams y a passé en revue des recherches qui, selon lui, contredisent les assurances initiales affirmant que l'ARNm vaccinal disparaîtrait en quelques jours et que la protéine de pointe serait éliminée en quelques semaines.
Le chapitre a retracé le parcours des substances liées à la protéine de pointe à travers le sang, les cellules immunitaires et les tissus, dressant un tableau de persistance qui soulève des questions majeures concernant l'exposition biologique à long terme.
Adams a commencé par expliquer la structure de la protéine de pointe et son interaction avec les récepteurs ACE2, présents dans de nombreux tissus de l'organisme. La discussion s'est ensuite orientée vers l'énigme centrale : que se passe-t-il après l'exposition initiale ? L'épisode a passé en revue des études signalant la présence de substances liées à la protéine de pointe à des échéances de plus en plus éloignées ; parmi ces éléments, Adams a cité des résultats montrant la protéine de pointe dans le sang des semaines ou des mois après la vaccination, dans les cellules immunitaires circulantes pendant de nombreux mois, ainsi que dans des tissus post-mortem, notamment les ganglions lymphatiques et le tissu cardiaque.
L'un des aspects les plus marquants de ce chapitre concernait la possibilité que ce matériel biologique puisse se déplacer bien au-delà du site d'exposition initial. Adams a évoqué les exosomes — de minuscules vésicules extracellulaires utilisées par les cellules pour transporter des protéines et d'autres cargaisons moléculaires — comme un mécanisme de distribution potentiel. Il a également examiné les monocytes circulants — des cellules immunitaires qui circulent dans le sang et peuvent pénétrer dans les tissus — en suggérant que leur capacité à transporter des éléments liés à la protéine Spike pourrait contribuer à expliquer les observations faites dans divers organes.
Des jours et des semaines aux mois et aux années
La question de la durée est devenue de plus en plus cruciale au fil de l'analyse des études citées par Adams. Une étude de 2021, évoquée dans le chapitre, a signalé la présence de protéine Spike dans le plasma jusqu'à 28 jours après la vaccination. Une autre étude aurait détecté des fragments de Spike dans la moitié des échantillons sanguins analysés, et ce, jusqu'à 187 jours après la vaccination. Le chapitre s'est ensuite penché sur une étude de Yale datant de 2025 portant sur des personnes atteintes d'un syndrome post-vaccinal ; selon Adams, cette étude a révélé la présence de protéine Spike circulante détectable chez certains participants plus de 700 jours après leur dernière vaccination.
La discussion a également mis en lumière des recherches portant sur la sous-unité S1 de la protéine Spike au sein de monocytes CD16-positifs, détectée jusqu'à 245 jours après la vaccination chez des personnes souffrant de syndrome post-vaccinal. Adams a cité Akiko Iwasaki, chercheuse principale à Yale, qui a déclaré : « Il était surprenant de trouver de la protéine Spike en circulation à un stade aussi tardif. »
Le chapitre a ensuite exploré les résultats d'autopsies, notamment les signalements de présence d'ARNm vaccinal dans les ganglions lymphatiques axillaires et le tissu cardiaque après la vaccination. Il a également examiné une étude publiée dans *Nature* en 2025 concernant la protéine TENT5A et la possibilité que l'activité des cellules immunitaires prolonge la durée de vie de l'ARNm vaccinal en modifiant sa queue poly(A).
Il en a résulté une enquête stimulante sur une question aux implications considérables : si des résidus biologiques peuvent persister bien plus longtemps que prévu initialement, où vont-ils, combien de temps restent-ils biologiquement actifs et que font-ils — le cas échéant — durant cette période ? Le chapitre 2 promettait d'approfondir ces questions.
Vous souhaitez en savoir plus ?
Découvrez les concepts abordés dans la formation « UNBREAKABLE » de Mike Adams, disponible en streaming sur BrightU. Ce programme examine l'intégrité de l'ADN, les voies de réparation cellulaire, l'exposition aux rayonnements ainsi que le lien entre nutrition et résilience génétique. À travers 12 chapitres, la formation guide les spectateurs à travers les fondamentaux des dommages et de la réparation de l'ADN, en abordant notamment la jonction d'extrémités non homologues (NHEJ), la recombinaison homologue, les cassures double brin et les mécanismes cellulaires impliquant les protéines BRCA1, 53BP1 et CHK1. Elle présente également le point de vue de Mike Adams sur la protéine de pointe (spike protein), les retombées nucléaires, les facteurs de stress environnementaux et les stratégies nutritionnelles susceptibles, selon lui, de favoriser la réparation de l'ADN.
Que vous soyez novice en la matière ou que vous souhaitiez approfondir les aspects scientifiques présentés, vous pouvez acquérir la formation « UNBREAKABLE » ici pour découvrir son approche de la préparation génétique et de la résilience cellulaire. Votre achat vous donnera accès à l'intégralité du programme (13 chapitres) ainsi qu'aux supports pédagogiques associés, traitant de la réparation de l'ADN, de la nutrition, de l'exposition environnementale et des stratégies préconisées par Mike Adams pour soutenir les mécanismes naturels de réparation de l'organisme.
Sources include:
BrighteonUniversity.com 1
BrightU.com
BrighteonUniversity.com 2
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2 - « Vaccins, la mafia » : pourquoi son auteur prend tous les risques
Par Dr Helmut Herz et Dr Vincent Reliquet
Mondialisation.ca,
30 août 2026
Pour la première fois en 10 ans d’existence, l’AIMSIB ouvre ses colonnes à un représentant éminent de l’industrie pharmaceutique, le Dr. Helmut Herz, qui fut l’ancien responsable de la recherche animale chez Pfizer Europe. La gestion de la crise COVID lui a imposé d’en écrire un livre cinglant sur la manière dont cette firme s’est débarrassée de toutes ses obligations éthiques pour répondre au plus vite « à la demande ». Nous avions déjà signalé son audition par le Bundestag en avril 2026 (1). Comment oser écrire un tel livre sur un tel sujet, et avec une telle prise de risques ?
Entretien choc. Bonne lecture.
Dr Vincent Reliquet: Docteur Helmut Sterz, bonjour. Pour la première fois depuis la naissance de l’AIMSIB en 2016, nous trouvons un collaborateur de l’industrie pharmaceutique qui accepte de répondre à nos questions. Si je ne me trompe pas, vous avez été le toxicologue en chef chez Pfizer Europe, responsable des essais sur modèles animaux, jusqu’à votre retraite récente. Manifestement, la crise de la COVID vous a énormément marqué, au point de vous faire sortir de votre réserve. Votre livre est important ; il témoigne d’une hallucinante dérive politico-industrielle du monde. Vous êtes allemand, mais vous avez décidé de vous exprimer ici en français, langue que vous maîtrisez parfaitement, et nous vous en remercions. Qu’est-ce qui vous a décidé à briser la loi du silence pourtant drastiquement imposée par votre firme d’origine ?
Docteur Helmut Sterz: J’ai aussi la nationalité française. J’ai été, de 2001 à 2008, responsable pour les centres de toxicologie de Pfizer en France (Amboise) et un laboratoire de toxicologie in vitro de Pfizer en Angleterre (Sandwich). Après la fermeture du centre de toxicologie d’Amboise, j’ai décidé de prendre ma retraite, surtout en raison de problèmes familiaux. J’ai quitté Pfizer en bons termes. Pfizer ne m’a pas imposé la loi du silence et j’ai évidemment respecté la confidentialité de tous les aspects de mon travail pour Pfizer avant 2008. Mon livre, « Vaccins, la Mafia », évalue simplement une stratégie de sécurité pré-clinique qui est basée sur la conviction que le virus SARS-Cov-2 était un « killer-virus » et qu’en conséquence le programme de sécurité pré-clinique pouvait être réduit à minima. C’était une grave erreur d’appréciation de mon ancien employeur.
Dr Vincent Reliquet: Le titre de votre livre ne comporte aucune ambiguïté : « Vaccin la Mafia ». Il rappelle celui de Peter Götsche publié en 2019, « Remèdes mortels et crime organisé : comment l’industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé » (1). Vous aussi, vous allez jusqu’à dénoncer le système actuel comme aussi déviant qu’une authentique organisation criminelle…
Docteur Helmut Sterz: Ce système actuel a une structure pyramidale, dans laquelle l’industrie pharmaceutique ne joue qu’un rôle. Elle n’est en aucun cas l’élément le plus important de cette organisation mafieuse. Ne nous trompons pas de cible. Certes, ces produits lamentables, prétendument anti-COVID, ont été élaborés par des firmes pharmaceutiques. Mais vous avancez que ces entreprises ne sont finalement que des maillons d’une très longue chaîne… C’est exact. Cette chaîne comprend toutes les personnes, et/ou organisations incluant le ministère de la Défense, des institutions incluant les banques d’investissement, des fondations qui profitent du « business model » de la vaccination en masse.
Dr Vincent Reliquet: Vous expliquez à la page 56 qu’ » il n’a fallu qu’une journée à Ugur Sahin (le PDG de BioNtech) pour concevoir sur ordinateur les plans de construction …/… pour permettre la synthèse de la protéine Spike ». Vous expliquez très clairement que c’est ce fou qui a décidé d’injecter un produit qui ferait synthétiser une molécule ultra-toxique par l’organisme du vacciné. A votre avis, imbécilité sidérante ou caractère intentionnel en vue de réduire délibérément la population ?
Docteur Helmut Sterz: Ni l’un, ni l’autre. C’est un médecin qui espérait pouvoir sauver son entreprise qui était largement endettée. Avec le bénéfice, il voulait pouvoir réaliser son rêve d’une thérapie personnalisée contre le cancer. Il n’avait pas l’expérience nécessaire pour le développement d’un projet aussi complexe qu’un vaccin anti-COVID-19 ciblant la moitié de l’humanité. Il était très fort dans la résolution des problèmes technologiques et techniques, mais il n’avait pas l’imagination pour prévoir les risques de la technologie à ARNm. Quand le tsunami de dollars l’a surpris, il n’avait pas la qualité d’un leader qui aurait dû freiner la catastrophe qui s’annonçait.
Dr Vincent Reliquet: Vous évoquez naturellement l’AMG, la loi allemande qui régit la mise sur le marché du médicament, pour démontrer qu’absolument tous les textes et règlements en vigueur ont été bafoués. Comment comprendre qu’une des plus grandes puissances européennes comme la vôtre ait pu s’effondrer aussi massivement au niveau des règles d’éthique ? Votre pays se les était pourtant fixées après les procès de Nuremberg.
Docteur Helmut Sterz: C’est une question complexe. N’oubliez pas que l’Allemagne est depuis 1945 sous la tutelle des Etats-Unis. Les Etats-Unis sont un des plus hauts responsables pour cette « pandémie » qui en vérité est une pandémie conçue dans des laboratoires du Département de Défense américaine. L’Allemagne n’avait rien à dire dans l’évolution et dans la gestion des contre-mesures à prendre, comme d’ailleurs tous les autres États de l’OTAN. Tout a été dicté par nos amis outre-Atlantique. Des chefs de gouvernement tels M. Macron et Mme Merkel ont été formés dans le moule du World Economic Forum ; ce sont des « Young Global Leaders » comme beaucoup d’autres responsables de la politique, des banques, des médias, etc. C’étaient des soldats obéissants pour réussir ce projet dystopique.
Dr Vincent Reliquet: Il me semble que le cœur de votre livre est représenté par cette affaire de troubles de la fertilité, tant chez l’animal que chez l’humain, induits par le BNT162b2. L’étude chez la ratte n’a pas été présentée au moment de sa mise sur le marché et personne ne l’a réclamée. Pas plus d’ailleurs, l’évaluation de l’impact sur la fertilité/génotoxicité chez la femme n’a été communiquée au moment de la délivrance de l’autorisation conditionnelle. Et quand à l’impact sur la fertilité des rats mâles, aucune recherche n’a été menée. Pourtant, dans tout l’Occident, une frange de médecins dévoyés a appelé à la vaccination des femmes enceintes. On s’aperçoit des résultats aujourd’hui (2)(3). Comment expliquez-vous une attitude aussi délirante de la part de ces soi-disant professionnels de la santé ?
Docteur Helmut Sterz: Je ne suis pas capable de donner une explication simple. Les médecins sont adorés par le peuple comme des élites, ils font de longues études et ils accumulent une grande expérience. Beaucoup d’entre eux semblent -malgré leur expérience professionnelle- avoir fait confiance à ce qu’ils ont entendu de leur organisation professionnelle, même si cela ne donnait pas toujours beaucoup de sens. Très peu de ces héros se sont profilés comme résistants, car ils risquaient de tout perdre. Beaucoup de médecins ont été durement punis pour leur résistance et cela a éduqué les autres. Bien évidemment, la vaccination était un moyen de gagner beaucoup d’argent en peu de temps.
Dr Vincent Reliquet: Un de vos compatriotes, l’avocat Reiner Füllmich, croupit dans une prison allemande depuis 2023 après avoir été enlevé au Mexique par les services secrets de son pays. Entretenez-vous des contacts avec lui ou avec l’équipe qui gère sa défense ?
Je suis ce cas scandaleux avec beaucoup d’attention, mais je n’ai pas de contact avec M. Füllmich.
Dr Vincent Reliquet: Monsieur Sterz, craignez-vous pour votre vie ?
Docteur Helmut Sterz: A quatre-vingt ans, il faut tous les jours craindre pour sa vie. Mais, je n’ai pas peur de devenir une victime de la mafia des vaccins. Sinon, il ne fallait pas écrire ce livre.
Dr Vincent Reliquet: Merci encore pour cet entretien, car vos réponses appartiennent désormais à l’Histoire. Le dernier mot vous appartient. Au final, que souhaitez-vous communiquer à nos lecteurs?
Docteur Helmut Sterz: La mafia des vaccins prépare déjà les prochaines pandémies et vaccinations de masse. Ne nous laissons pas une fois encore « rouler dans la farine ». Soyons critiques et réfléchissons avec notre propre cerveau. Gare à la propagande de nos gouvernements, de nos « experts » et à l’industrie pharmaceutique.
Dr Vincent Reliquet: Merci Monsieur, que Dieu garde d’une manière très vigilante tous les hommes de votre courage…
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3 - (...) Docteur Helmut Sterz: Je ne suis pas capable de donner une explication simple. Les médecins sont adorés par le peuple comme des élites, ils font de longues études et ils accumulent une grande expérience. Beaucoup d’entre eux semblent -malgré leur expérience professionnelle- avoir fait confiance à ce qu’ils ont entendu de leur organisation professionnelle, même si cela ne donnait pas toujours beaucoup de sens. Très peu de ces héros se sont profilés comme résistants, car ils risquaient de tout perdre. Beaucoup de médecins ont été durement punis pour leur résistance et cela a éduqué les autres. Bien évidemment, la vaccination était un moyen de gagner beaucoup d’argent en peu de temps. (...)
Primo, il ne s'agit pas de 'vaccin' puisque un vaccin doit être étudié 10 à 12 ans avant sa mise sur le marché. En réalité il s'agissait d'une Expérimentation Génique d'Essais ! proposée aux patients SANS NOTICE OBLIGATOIRE l'accompagnant !!
Secundo, TOUS les docteurs, médecins, chefs de cliniques ou d'hôpitaux et 'autorités politiques' CONNAISSAIENT dès 2020 à leurs sorties de laboratoires nazis les documents publiés sur Internet par les scientifiques Dr Astrid Stuckelberger et Dr Carrie Madej portant sur les analyses des flacons mortels injectables proposés au public ! Donc, il n'y a pas à dire "Je ne savais pas" !
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4 -Trois familles portent plainte contre Anne Hidalgo dans le scandale du périscolaire parisien
France-Soir
le 31 août 2026 - 11:45
Trois familles d’enfants victimes d’agressions sexuelles présumées à l’école Saint-Dominique ont déposé fin août des plaintes visant Anne Hidalgo et Patrick Bloche. Elles leur reprochent une non-assistance à personne en danger et mettent en cause leur gestion des alertes adressées à la Ville pendant plusieurs années.
Europe 1 rapporte que les trois plaintes ont été déposées contre l’ancienne maire de Paris et son ancien premier adjoint Patrick Bloche. Les familles avaient déjà engagé, entre mars et mai, des procédures pour agression sexuelle, violence, non-assistance à personne en danger et, dans un cas, viol, concernant des faits présumés survenus pendant le temps périscolaire à l’école publique Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement. Deux animateurs ont été mis en examen le 23 mai et placés en détention provisoire dans une information judiciaire portant sur des faits à caractère sexuel commis au préjudice d’une vingtaine d’enfants.
Les nouvelles plaintes visent cette fois la responsabilité personnelle des deux anciens dirigeants municipaux. L’avocate des familles, Me Lise-Honorine Bornes, affirme que les dossiers montrent qu’Anne Hidalgo et Patrick Bloche avaient connaissance d’un danger grave pour les enfants sans avoir pris les mesures nécessaires. Les faits dénoncés concernant les enfants des plaignants s’étendent, selon les dossiers, de septembre 2022 à janvier 2026.
Les plaintes rappellent une intervention du maire LR du 6e arrondissement Jean-Pierre Lecoq au Conseil de Paris, le 14 avril 2015, au sujet d’abus sexuels commis par des animateurs, ainsi qu’un signalement adressé en décembre 2021 à Patrick Bloche par le collectif SOS Périscolaire. En février 2026, Anne Hidalgo avait reconnu une part de responsabilité liée à sa position à la tête de l’administration parisienne, tout en contestant l’idée que la Ville n’aurait rien fait depuis 2015. Elle avait notamment indiqué que des agents et des responsables n’ayant pas signalé certains faits avaient été écartés ou licenciés.
RTL indique que 132 animateurs ont été suspendus à Paris depuis le début de 2026, dont 52 pour des soupçons de violences sexuelles ou sexistes. Le maire Emmanuel Grégoire a pour sa part affirmé en juillet que la Ville n’avait jamais protégé une violence sexuelle et que les faits connus avaient donné lieu à des signalements au procureur. La Ville de Paris a parallèlement engagé une refonte de son dispositif. Elle prévoit notamment une chaîne de signalement standardisée, la suspension immédiate des agents mis en cause, l’information rapide des familles, une école parisienne du périscolaire et un service municipal d’agrément et de contrôle. Reste à savoir si toute cela suffira.
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5 -Les cyberattaques d'aujourd'hui redorent les technologies d’hier
A.M
le 31 août 2026 - 12:30
Depuis le 29 août, plusieurs outils que l’on croyait relégués au passé retrouvent une fonction stratégique face aux cyberattaques. Cartes papier, radios anciennes, téléphones basiques et bandes magnétiques offrent une solution de repli quand les systèmes connectés deviennent indisponibles ou compromis.
Atlantico décrit ce retour comme une forme de résilience hybride, dans laquelle les outils anciens complètent les infrastructures numériques. Le média cite notamment les téléphones basiques, les cartes papier, les radios et les bandes magnétiques, capables d’offrir un recours lorsque les réseaux modernes sont paralysés. Leur ancienneté ne garantit aucune invulnérabilité, mais leur intérêt tient à leur moindre dépendance aux systèmes connectés et, dans certains cas, au faible intérêt qu’ils présentent pour des attaquants cherchant des cibles largement utilisées.
BBC Future a documenté cette « sécurité par l’ancienneté » à travers plusieurs cas. Le spécialiste finlandais Mikko Hyppönen a utilisé pendant des années Eudora, un logiciel de messagerie abandonné par la plupart des internautes, en considérant que son faible nombre d’utilisateurs le rendait moins attractif pour les cybercriminels. Dans les années 1990, le chercheur Matt Bishop avait observé un phénomène comparable avec un système volontairement exposé à Internet, peu attaqué tant qu’il utilisait une ancienne version de logiciel puis davantage ciblé après sa mise à jour. Cette logique s’étend aux infrastructures critiques et aux opérations militaires. En Ukraine, des unités utilisent encore cartes papier, cartes plastifiées et boussoles lorsque le GPS ou les communications satellitaires subissent des brouillages. L’Irlande a parallèlement ralenti le remplacement de certaines balises terrestres de radionavigation afin de conserver une solution indépendante du GPS. Des systèmes radio comme eLoran, héritiers de technologies développées pendant la Seconde Guerre mondiale, suscitent également un regain d’intérêt grâce à leurs signaux beaucoup plus difficiles à brouiller.
Le stockage sur bande magnétique illustre le même principe. Ces supports peuvent être physiquement retirés du réseau et conservés ailleurs, limitant leur exposition aux rançongiciels capables de chiffrer ou de supprimer les sauvegardes accessibles. La CISA recommande précisément aux organisations de maintenir des sauvegardes critiques chiffrées et hors ligne, de tester régulièrement leur restauration et de conserver hors connexion certaines documentations essentielles. L’agence préconise parallèlement de maintenir systèmes et logiciels à jour. Une infrastructure numérique robuste gagne donc aussi à prévoir ce qui fonctionnera lorsque le numérique ne répondra plus.
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6 -À quand la désobéissance civile ?
Xavier Azalbert, France-Soir
le 31 août 2026 - 08:15
L’État demande l’obéissance. Il la justifie par l’ordre,' la science', l’urgence. Sur le terrain, beaucoup de Français n’y voient plus que l’inverse : des règles qui protègent l’appareil, pas ceux qui tiennent le pays à bout de bras — PME, artisans, agriculteurs, salariés modestes, retraités.
Ce n’est pas une révélation. C’est le bilan d’un quinquennat qui s’achève, et d’une Ve République où presque tout passe par une élection, tous les cinq ans.
Un été pour le comprendre
En juillet 2026, la Gironde a brûlé comme rarement la France n’avait brûlé. Des milliers d’hectares, des maisons perdues, des « orages de feu » que les pompiers décrivaient comme inédits ici. Des habitants du Porge ont ensuite fait face à la préfète, furieux, convaincus d’avoir été moins défendus qu’ailleurs.
Dans le même temps, des agriculteurs et des bénévoles venus avec de l’eau et des engins se sont heurtés à une consigne claire : pas d’initiative individuelle. Il fallait s’inscrire, attendre d’être requis. Certains ont été refoulés. La préfecture a raison sur un point : un convoi improvisé peut bloquer une piste, se faire encercler, obliger les pompiers à sauver les sauveteurs. La Chambre d’agriculture a d’ailleurs recensé des centaines d’exploitants ; plus d’une centaine ont réellement été employés.
Le scandale n’est donc pas « la police qui punit les gens de bon cœur pour l’exemple », formule commode et mal prouvée. Le scandale, c’est ceci : un État qui, le jour où le feu dépasse ses moyens, continue de traiter le citoyen comme un trouble à l’ordre public — tout en paraissant débordé. On exige la discipline. On ne rend pas compte de l’impréparation.
Au même moment, à Paris, le gouvernement prévient qu’un budget 2027 pourrait ne pas passer. Déficit autour de 5 %. Pas de majorité. Menace d’une loi spéciale. Les aides carburant se prolongent dans l’urgence. Qui paiera l’ajustement ? Toujours les mêmes catégories que l’on félicite le 14 juillet et que l’on serre le reste de l’année.
Macron fait sa dernière rentrée à l’Élysée. Il ne peut pas se représenter. La campagne est déjà là. Les sondages le disent isolé. Cela n’efface pas neuf ans de décisions. Cela n’absout personne. Cela change la question : ce n’est plus « comment le faire partir demain », c’est « comment empêcher que le verrou reste le même en 2027 ».
Le verrou n’est pas mystérieux
Il a un nom : cinq cents parrainages d’élus pour exister à la présidentielle. Sans eux, pas d’affiche, pas de débat, pas de bulletin. Avec eux, on entre dans le jeu télévisé.
Ce filtre n’est pas une « cabale à 100 % » dont on pourrait dresser la liste à l’avance. C’est plus banal, et plus solide : les élus qui signent savent ce qu’ils risquent localement. Les partis installés collectionnent les mairies. Les outsiders mendient. De temps en temps on invite un candidat improbable, pour la couleur. Cela ne prouve pas que le peuple choisit. Cela prouve que le plateau est dressé avant le vote.
Le référendum de 2005 et le traité de Lisbonne, voté ensuite par le Parlement, restent la démonstration la plus nette du grief : une fois l’élection passée, le « représentant » peut contrarier le « représenté » sans que celui-ci ait de prise immédiate. Ajouter « représentative » à « démocratie » ne crée pas automatiquement une dictature. Cela crée une irresponsabilité périodique. C’est déjà assez grave pour n’avoir pas besoin d’inventer un complot unique depuis 2007.
Les forces de l’ordre exécutent. Parfois trop vite, parfois trop fort, parfois contre des cortèges non-violents. Il faut le dire, le filmer, le juger dossier par dossier. En faire une milice sadique unanime est une autre facilité : elle empêche de parler aux policiers et aux pompiers qui, eux aussi, viennent du pays qu’on prétend défendre.
Cesser d’obéir n’est pas crier à la guerre
Quand un président dit « nous sommes en guerre », il faut demander qui est le « nous » et contre quoi. Une formule de communication n’est pas un plan secret de destruction de la nation. Elle peut être, plus simplement, une façon de réclamer le silence.
La désobéissance civile n’est pas la révolution armée. Elle n’est pas « la tête » de quiconque. Elle est publique, non violente, ciblée, et elle assume la sanction. Dès qu’on glisse vers la vendetta, on offre à l’État exactement ce qu’il attend : le droit de tout réprimer au nom de l’ordre.
Que faut-il, concrètement, plutôt qu’un « à quand » sans lendemain ?
Sur les feux : s’inscrire dans les dispositifs d’aide, puis publier, commune par commune, ce qui a été accepté et ce qui a été refusé. La preuve vaut mieux que la rumeur.
Sur 2027 : cartographier les parrainages, les délais, les pressions. Nommer les élus qui signent et ceux qui refusent. Le filtre cesse d’être magique dès qu’il est visible.
Sur le budget : exiger que l’effort soit chiffré par catégorie — pas un slogan sur « les ultra-riches » ou « les assistés », un tableau. Les chambres d’agriculture, les organisations artisanales, les maires ont encore une voix. S’en servir.
Sur la norme quotidienne : refuser collectivement, par métier, une formalité absurde — un formulaire, un contrôle, une interdiction locale — et le faire savoir avant l’acte, avec le risque dit.
Sur l’information : une accusation = une source, une date, un document. Le reste est de la colère. La colère est légitime. Elle ne tient pas toute seule.
On nous a souvent appris à répéter. On nous a moins appris à vérifier. Les deux erreurs se valent : croire l’État sur parole, et croire n’importe quelle contre-histoire dès qu’elle flatte notre rage.
Le peuple n’est ni impuissant ni complice par nature. Il est dispersé. La désobéissance ne commence pas le jour où « tout le monde » descend. Elle commence le jour où assez de gens font la même chose, au même endroit, pour une règle précise, sans se mentir sur les faits.
Alors : à quand ?
Dès qu’on cesse d’attendre un sauveur à l’élection suivante — et dès qu’on cesse, surtout, d’accuser le pays entier d’être occupé par un gang. L’occupation, s’il y en a une, est plus sèche : des procédures, des filtres, des budgets, et notre habitude d’y plier.
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7 - Vivre dans un monde de pénuries persistantes : effondrement structurel et fin de l'abondance — Pourquoi constituer des stocks alimentaires est le seul investissement rationnel en cas d'effondrement majeur
Madge Waggy
- 27 août 2026
Le bourdonnement des néons d'un supermarché à 6 heures du matin a changé de tonalité. Si l'on tend l'oreille, on peut l'entendre : la vibration des ballasts contre des étagères à moitié vides, créant une signature acoustique de l'absence là où résonnait autrefois l'abondance. Le mois dernier, dans le rayon numéro quatre d'une enseigne régionale de l'Ohio, j'observais un employé nommé Marcus disposer douze boîtes de haricots noirs génériques sur une étagère conçue pour en contenir deux cents. Il les espaçait avec soin, les étiquettes tournées vers l'avant, créant ainsi l'illusion d'optique de l'abondance. Il y a trois ans, il se serait agi d'une simple mise en rayon. Aujourd'hui, c'était une mise en scène.
Marcus savait. Ses mains bougeaient avec la résignation de celui qui a vu les plannings de livraison, qui sait que le camion attendu mardi ne viendra pas, qui comprend que l'expression « problèmes de chaîne d'approvisionnement » est devenue un euphémisme permanent pour désigner une restructuration fondamentale de la circulation des marchandises à travers le monde.
Vous avez ressenti ce basculement, même sans le nommer. Le remplacement par des marques que vous n'auriez jamais envisagé d'acheter, simplement parce que votre produit habituel a disparu il y a six mois sans jamais revenir. L'allongement progressif des délais de livraison : du lendemain, on est passé à trois jours, puis à deux semaines. La disparition silencieuse de certaines gammes de produits, la réduction de la taille des emballages, les prix qui grimpent avec une régularité hebdomadaire alors que les salaires stagnent dans leur ornière immuable.
Nous assistons à la fin d'une aberration. Pendant soixante-dix ans, les Américains ont vécu au sein d'une anomalie économique sans précédent dans l'histoire de l'humanité : l'idée que tout désir matériel pouvait être satisfait en quelques heures, que les rayons resteraient perpétuellement garnis et que l'écart entre le désir et la possession serait réduit à presque rien. Cette attente n'avait rien de naturel. Elle reposait sur du pétrole bon marché, une production mondialisée, une consommation dopée par la dette et une logistique en flux tendu si optimisée qu'elle avait éliminé toute marge de manœuvre, toute redondance et toute sécurité au nom de l'efficacité.
Ce système est en train de se briser. Pas temporairement. Pas de manière cyclique. Les fissures que vous observez dans votre supermarché local sont les manifestations visibles de bouleversements tectoniques touchant la capacité de production, la disponibilité de la main-d'œuvre, les coûts de l'énergie et la stabilité monétaire. Ces pénuries ne se résorberont pas, car elles ne sont pas accidentelles. Ils constituent le nouvel équilibre issu de la convergence entre déclin démographique, épuisement des ressources, fragmentation géopolitique et conséquences à long terme de politiques monétaires ayant traité la monnaie comme une ressource illimitée, tout en oubliant qu'elle représente des droits sur des biens réels finis.
Vous devez comprendre ce qui va suivre. Non pas comme un exercice théorique, mais comme un impératif de survie. Les familles qui traverseront avec succès la décennie à venir seront celles qui auront décelé cette transition suffisamment tôt et adapté leurs stratégies en conséquence. Elles auront compris que, dans un monde où l'offre se contracte, le meilleur investissement ne réside pas dans des instruments financiers libellés dans une monnaie qui se déprécie, mais dans des réserves tangibles de biens essentiels à la vie.
L'origine de la rupture
Avant de pouvoir vous adapter, vous devez voir clairement comment fonctionne la machine. La « chaîne » d'approvisionnement n'a jamais été une simple chaîne. Il s'agissait d'un réseau complexe d'interdépendances si fragiles qu'une seule fermeture d'usine en Malaisie pouvait paralyser une ligne d'assemblage à Détroit six semaines plus tard. Lorsque les confinements liés au COVID se sont propagés dans le monde entier en 2020, ils n'ont pas seulement interrompu la production : ils ont détruit des capacités de manière irréversible à l'échelle des cycles trimestriels de résultats financiers.
La production industrielle repose sur un savoir-faire institutionnel détenu par des travailleurs qualifiés, ayant passé des années à maîtriser des processus impossibles à transmettre par de simples manuels. Lorsque ces travailleurs ont été mis au chômage technique, qu'ils ont trouvé un autre emploi, déménagé ou sont décédés, ce savoir est parti avec eux. Relancer la fabrication de semi-conducteurs à Taïwan après un arrêt dû à la sécheresse ne revient pas à actionner un simple interrupteur. Cela nécessite de recalibrer des processus chimiques dont la stabilisation prend des mois, de réembaucher des techniciens partis chez des concurrents ou dans d'autres secteurs, et de rétablir des relations avec de petits fournisseurs ayant fait faillite durant l'interruption.
• La fabrication de semi-conducteurs s'est concentrée à Taïwan et en Corée du Sud à un point tel qu'un seul incident géopolitique ou une catastrophe naturelle pourrait paralyser la production automobile mondiale pendant dix-huit mois, voire davantage. Lorsque les fabricants taïwanais de puces ont réduit leur production durant la sécheresse de 2021, les usines américaines se sont arrêtées et les stocks des concessionnaires se sont vidés. Ces pénuries perdurent car les capacités de production ne peuvent s'accroître assez vite pour répondre à une demande en constante augmentation, à mesure que les véhicules intègrent davantage de puissance de calcul.
• La main-d'œuvre agricole aux États-Unis repose sur des travailleurs sans papiers et sur des visas temporaires dont l'extension est bloquée par l'impasse politique. Lors de la récolte de 2022, la Californie a vu 22 % de ses cultures de tomates pourrir dans les champs, tandis que le prix de la sauce tomate bondissait de 34 % dans les supermarchés. Le décalage s'accentue à chaque saison : les restrictions en matière d'immigration se durcissent face à des besoins de main-d'œuvre que les travailleurs locaux ne comblent pas, faute de salaires que les agriculteurs ont les moyens de payer.
• Le transport maritime par conteneurs fonctionne selon un oligopole de neuf compagnies contrôlant 85 % de la capacité mondiale. Ces entreprises ont découvert durant la pandémie que la réduction du nombre de rotations permettait de mieux préserver leur pouvoir de fixation des prix que la course au volume. Le coût d'expédition d'un conteneur standard de Shanghai à Los Angeles, qui s'élevait à 3 500 dollars en 2019, atteint désormais 11 000 dollars ; ces coûts sont directement répercutés sur les consommateurs sous forme de hausses de prix durables plutôt que de simples pics temporaires.
• La production en flux tendu a supprimé les stocks d'entrepôt au profit de livraisons minutées avec précision. Lorsque ce timing fait défaut — comme c'est systématiquement le cas depuis 2020 —, il n'existe aucune marge de sécurité. En 2021, les supermarchés britanniques se sont retrouvés à court de boissons gazeuses, non pas par manque de sucre, mais en raison de l'arrêt d'installations de production de gaz carbonique industriel ; celles-ci, fermées pour maintenance, n'ont jamais redémarré face à la flambée des coûts de l'énergie.
Ces défaillances s'enchaînent en cascade. Une pénurie de puces électroniques empêche la fabrication de matériel agricole, ce qui réduit les rendements agricoles, fait grimper les prix alimentaires et alimente une inflation qui contraint la Réserve fédérale à relever les taux d'intérêt ; cela rend le logement inabordable, réduit la consommation des ménages et finit par provoquer des licenciements. Le système est si étroitement interconnecté que les perturbations survenant dans un secteur se propagent rapidement aux autres.
Une inflation qui ne faiblira pas
On vous a affirmé que l'inflation actuelle était transitoire — un simple ajustement temporaire aux bouleversements de la pandémie appelé à se résorber à mesure que l'économie retrouverait son cours normal. Ce discours rassurant sert les intérêts de ceux qui profitent de votre maintien dans une consommation alimentée par la dette. Il ne reflète pas la réalité monétaire.
Entre 2020 et 2022, les États-Unis ont augmenté leur masse monétaire de 40 % grâce à l'assouplissement quantitatif, aux plans de relance et aux mesures d'aide liées au COVID, qui incluaient des centaines de milliards de dollars de dépenses sans rapport direct avec la crise. Cet argent n'a pas été créé par la production de nouveaux biens. Il a été généré de toutes pièces sous forme d'écritures numériques sur les comptes de la Réserve fédérale, puis utilisé pour acheter des obligations d'État finançant des versements directs aux ménages et aux entreprises. Le résultat est exactement celui que prédit la théorie monétaire : une masse de dollars accrue pour une quantité de biens identique ou moindre, avec pour conséquence inévitable une baisse du pouvoir d'achat de chaque dollar.
Les précédents historiques sont sans équivoque quant à la suite des événements. Lorsque l'Argentine a augmenté sa masse monétaire pour financer des programmes sociaux dans les années 1980, l'inflation a atteint 5 000 % par an et la monnaie s'est effondrée. Lorsque le Zimbabwe a imprimé de la monnaie pour régler la dette publique dans les années 2000, l'hyperinflation a anéanti l'épargne et redistribué la richesse au profit des détenteurs de devises étrangères ou d'actifs tangibles. Lorsque les autorités monétaires du Venezuela ont refusé de tenir compte des contraintes budgétaires, le bolivar a perdu toute valeur et les citoyens ont eu recours au troc, aux devises étrangères et à l'or pour leurs transactions quotidiennes.
Les États-Unis ne sont ni l'Argentine, ni le Zimbabwe, ni le Venezuela. Leur monnaie jouit du statut de monnaie de réserve, leurs dettes sont libellées dans leur propre devise et leur économie est plus diversifiée. Toutefois, les lois physiques de l'expansion monétaire s'appliquent universellement. L'inflation que vous subissez — officiellement comprise entre 6 et 8 %, mais probablement plus élevée pour les biens de première nécessité — ne redescendra pas aux niveaux d'avant 2020. Les prix ne reviendront pas à leurs niveaux de 2019. Dans le meilleur des cas, ils se stabiliseront à des niveaux plus élevés ; dans le pire, une accélération de l'inflation imposera des réformes monétaires et anéantira l'épargne.
Concrètement, qu'est-ce que cela signifie ? Si vous détenez 50 000 dollars sur un compte d'épargne rapportant 0,5 % d'intérêt alors que l'inflation atteint 7 %, vous perdez 3 250 dollars de pouvoir d'achat chaque année. En cinq ans, cette épargne « sûre » aura perdu près d'un tiers de sa valeur. À l'inverse, ces mêmes 50 000 dollars investis dans des denrées non périssables aux prix de 2021 — et consommées aux prix de 2024 — auraient généré un rendement effectif de 20 à 30 % grâce aux économies réalisées ; un gain net d'impôts, à l'abri des crises bancaires et utilisable même en cas de paralysie du système financier.
Les plus fortunés l'ont bien compris. Ils achètent des terres agricoles, des métaux précieux, des œuvres d'art, du vin, bref, tout actif conservant sa valeur lorsque les monnaies se déprécient. Ils ne conservent pas leur patrimoine sous forme de liquidités ou d'obligations. La classe moyenne, quant à elle, s'accroche à ses comptes d'épargne et à ses portefeuilles de retraite libellés en dollars, voyant son pouvoir d'achat s'évaporer tandis que les conseillers financiers se contentent de banalités sur la nécessité de « garder le cap ».
Les pénuries spécifiques
Les généralités masquent la réalité concrète du quotidien dans une économie marquée par les pénuries. Il est crucial de comprendre les vecteurs spécifiques par lesquels la rareté s'invitera dans votre vie.
Les puces électroniques sont devenues le goulot d'étranglement de la civilisation moderne. Elles sont indispensables non seulement aux smartphones et aux ordinateurs portables, mais aussi aux automobiles, aux équipements médicaux, aux systèmes de contrôle industriel, aux machines agricoles et aux systèmes de défense. Un véhicule moderne contient entre 1 500 et 3 000 semi-conducteurs qui gèrent tout, des vitres électriques au système de freinage antiblocage (ABS) en passant par la gestion du moteur. Lorsque les pénuries de puces ont entraîné l'arrêt des usines automobiles en 2021 et 2022, le marché de l'occasion a explosé, se transformant en une bulle spéculative où les véhicules prenaient de la valeur à l'instar des grands crus. Les sociétés de location de voitures, qui avaient vendu une partie de leur flotte pendant la pandémie pour générer des liquidités, se sont retrouvées dans l'impossibilité de la renouveler ; il en a résulté des tarifs journaliers atteignant 400 dollars et des voyageurs bloqués dans les aéroports.
Le marché immobilier s'est déconnecté des réalités salariales, laissant présager un changement structurel durable. Le prix du bois d'œuvre a bondi de 300 % en 2021 avant de se stabiliser à un nouveau niveau de référence, supérieur de 150 % à celui d'avant la pandémie. Le cuivre, l'acier et le béton ont tous connu une réévaluation similaire et pérenne. La maison de premier achat — ce sésame vers la stabilité de la classe moyenne, accessible aux générations précédentes dès la vingtaine — est devenue un produit de luxe réservé aux plus aisés ou aux personnes lourdement endettées. Parallèlement, la pénurie de main-d'œuvre dans le secteur de la construction (vieillissement des effectifs, restrictions migratoires, désintérêt des jeunes pour les métiers manuels) signifie que, même si le coût des matériaux venait à se stabiliser, la capacité de construction, elle, ne suivrait pas.
La sécurité alimentaire est menacée par plusieurs facteurs concomitants. Le coût des engrais a doublé, voire triplé, sous l'effet de la hausse des prix du gaz naturel (matière première essentielle à la fabrication des engrais azotés). Cette situation réduira les rendements des récoltes de 2024 et 2025, les agriculteurs étant contraints de diminuer les quantités épandues ou de se tourner vers des cultures moins gourmandes en engrais. En 2022, la sécheresse affectant le Mississippi a perturbé le transport fluvial par barges — qui assure l'acheminement de 60 % des exportations américaines de céréales — et a imposé un recours coûteux au rail et à la route, entraînant une hausse durable du prix des denrées alimentaires. La grippe aviaire a décimé des millions de poules pondeuses, propulsant le prix des œufs à des niveaux qui pourraient ne pas redescendre totalement, même après le renouvellement des cheptels. Enfin, la sécheresse dans le Sud-Ouest réduit les troupeaux de bovins à des niveaux inédits depuis des décennies ; les prix du bœuf resteront donc élevés pendant des années, même en cas de retour des précipitations, car la reconstitution des troupeaux nécessite une demi-décennie.
La pénurie de main-d'œuvre touche tous les secteurs. Le secteur du transport routier manque de 80 000 chauffeurs et fait face à un effondrement démographique, l'âge moyen des conducteurs approchant la cinquantaine. Durant la pandémie, un nombre sans précédent d'infirmiers et d'infirmières ont souffert d'épuisement professionnel, laissant les hôpitaux en sous-effectif et allongeant les délais d'attente aux urgences. Les enseignants quittent la profession plus vite qu'on ne peut former leurs remplaçants. Il ne s'agit pas de déséquilibres temporaires qui se résoudraient par une hausse des salaires ; ils reflètent une inadéquation fondamentale entre les conditions de ces emplois et les aspirations des jeunes travailleurs, qui privilégient la flexibilité et l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée plutôt que les revenus qui attiraient autrefois leurs parents.
Le coût humain de l'effondrement monétaire
Les indicateurs économiques abstraits se traduisent par des souffrances bien réelles, avec une rapidité qui surprend ceux qui n'ont jamais connu de défaillance systémique. Cette souffrance ne saute pas immédiatement aux yeux, car elle s'installe dans l'ombre, à travers les arbitrages et les reports de dépenses auxquels les familles ont recours pour sauver les apparences.
La famille de classe moyenne qui achetait autrefois des produits biologiques se tourne désormais vers les produits conventionnels. Celle qui achetait des produits conventionnels opte pour le surgelé. Celle qui achetait du surgelé passe aux conserves. Celle qui achetait des conserves finit par dépendre des banques alimentaires. Chaque étape de ce déclassement nutritionnel se franchit discrètement, dans l'intimité ; la honte empêche toute reconnaissance publique de la situation jusqu'à ce que la dégradation se manifeste par des problèmes de santé : anémie, obésité due à une alimentation riche en calories mais pauvre en nutriments, ou troubles du développement chez les enfants dont l'apport en protéines a été compromis.
Les retraités disposant de revenus fixes sont confrontés à une équation financière impossible. Les revalorisations des pensions de retraite accusent un retard de plusieurs mois, voire de plusieurs années, par rapport à l'inflation. Une allocation mensuelle qui couvrait le loyer, les charges et les courses en 2020 ne suffit plus aujourd'hui qu'à payer le loyer et les charges, ne laissant rien pour l'alimentation ou les médicaments. Des personnes âgées de soixante-dix ou quatre-vingts ans retournent sur le marché du travail et entrent en concurrence avec des adolescents pour des postes peu qualifiés, car leurs économies se sont évaporées et leurs pensions — lorsqu'elles existent — n'ont pas suivi la hausse du coût de la vie.
Le coût psychologique est plus difficile à quantifier, mais tout aussi réel. Le stress financier chronique entraîne une hausse du taux de cortisol qui affaiblit le système immunitaire, perturbe le sommeil et accroît les risques de maladies cardiovasculaires. Les relations se brisent sous la pression de la précarité économique. Cette angoisse sourde et permanente de ne pas savoir si l’on pourra payer les factures du mois suivant, la honte de voir ses enfants porter des chaussures trouées parce que les neuves coûtent vingt dollars de plus que l’année précédente, le désespoir de réaliser que l’avenir qu’on nous avait promis n’était qu’un mirage : tout cela s’accumule pour former un traumatisme collectif qui marquera cette génération aussi profondément que la Grande Dépression a marqué celle de nos grands-parents.
Pourquoi votre garde-manger est la seule banque qui ne fera jamais faillite
Soyons directs sur ce que cela implique pour votre stratégie financière. Les institutions auxquelles on vous a appris à faire confiance pour votre sécurité — banques, comptes de courtage, obligations d'État, fonds de pension — sont toutes libellées en dollars qui perdent de la valeur chaque jour. Ce ne sont pas des réserves de valeur. Ce sont des sculptures de glace en train de fondre : impressionnantes par leur forme, mais dont la substance disparaît.
Votre garde-manger, rempli de riz, de haricots et de conserves pour six mois, prend de la valeur au rythme de l'inflation. Les 500 dollars que vous avez consacrés à ces réserves alimentaires en 2021 représentent aujourd'hui un coût de remplacement de 650 dollars. Cela correspond à un rendement de 30 %, exonéré d'impôts, et accessible même si le système bancaire se bloque, si la bourse s'effondre ou si le gouvernement impose un contrôle des capitaux. Aucun autre investissement de votre portefeuille n'a affiché une telle performance pour un risque comparable.
Il ne s'agit pas ici de bunkers ni de théories du complot. Il s'agit de prendre conscience que les supermarchés ne disposent en moyenne que de trois jours de stocks. Que le secteur du transport routier perd des chauffeurs plus vite qu'il ne parvient à les remplacer. Que les pénuries d'engrais réduiront les récoltes de l'année prochaine. Et que, lorsque ces facteurs convergeront — ce qui est déjà le cas —, la ruée de dernière minute videra les rayons en quelques heures seulement.
La grand-mère immigrée qui conserve six mois de riz dans des récipients hermétiques a compris une chose que le spéculateur en cryptomonnaies a oubliée : on ne peut pas manger du Bitcoin. On ne peut pas troquer de l'Ethereum contre des antibiotiques lorsque la pharmacie est en rupture de stock. Les biens tangibles — calories, eau potable, médicaments, outils, carburant — constituent la seule richesse qui compte lorsque les systèmes abstraits s'effondrent. Cette grand-mère se souvient de la faim, qu'elle a connue durant son enfance ou dont sa mère lui a raconté l'histoire. Elle n'a pas besoin qu'on la convainque que l'abondance est temporaire. Elle s'est déjà adaptée à une réalité que beaucoup d'Américains refusent encore de voir en face.
Des compétences qui survivent aux stocks
Les biens matériels comptent, mais les compétences comptent davantage. Les années à venir opéreront une sélection impitoyable fondée sur la compétence pratique : la capacité à agir sur le monde physique plutôt qu'à naviguer dans des abstractions numériques. Savez-vous réparer un vêtement déchiré, ou le jetez-vous pour en commander un autre qui risque de ne jamais arriver ? Savez-vous diagnostiquer pourquoi votre voiture ne démarre pas, ou êtes-vous impuissant sans dépanneuse ni rendez-vous chez le garagiste avant trois semaines ? Savez-vous faire pousser une tomate à partir d'une graine, conserver des légumes sans réfrigération, réparer une fuite de canalisation, affûter une lame, élever du bétail ou cueillir des plantes sauvages comestibles ? Ces compétences étaient universelles il y a trois générations. Elles sont devenues des passe-temps de niche — associés à l'autosuffisance ou au survivalisme — et ont été reléguées à des sous-cultures, tandis que le grand public déléguait tout savoir-faire à des spécialistes et à des applications. Ce transfert de compétences fonctionnait dans une économie en expansion dotée de chaînes d'approvisionnement opérationnelles. Il devient fatal lorsque les spécialistes ne peuvent plus obtenir de pièces, lorsque les applications exigent une connectivité défaillante et lorsque les chaînes d'approvisionnement qui alimentaient ces mêmes spécialistes commencent à se désagréger.
Prenons l'exemple de l'entretien automobile. Les véhicules modernes sont de véritables ordinateurs roulants, de plus en plus conçus pour empêcher toute intervention du propriétaire grâce à des logiciels propriétaires et des outils spécialisés. Pourtant, les véhicules qui continuent de rouler lorsque les concessionnaires ne peuvent plus obtenir de pièces sont les modèles plus anciens — d'avant 2010, voire d'avant 2000 — à mécanique traditionnelle plutôt qu'électronique, réparables avec des outils à main courants et des pièces génériques. Savoir refaire un carburateur, régler des vis platinées et un condensateur, remplacer des roulements de roue ou fabriquer des supports simples : ces compétences, autrefois considérées comme des anachronismes nostalgiques, se transforment en véritables atouts économiques lorsque l'approvisionnement en véhicules neufs se tarit et que le marché de l'occasion devient inabordable.
Il en va de même pour la conservation des aliments. L'art de la mise en conserve, de la déshydratation, de la fermentation, du fumage ou du salage ne relève pas d'un simple choix de mode de vie esthétique. Ce sont des méthodes permettant de transformer l'abondance saisonnière en une sécurité alimentaire durable, de se prémunir contre les ruptures d'approvisionnement et de réduire la dépendance aux chaînes du froid nécessitant une électricité constante. Un autoclave et la maîtrise de son utilisation en toute sécurité valent bien plus qu'un portefeuille de cryptomonnaies lorsque les rayons des supermarchés sont vides.
Les connaissances médicales deviennent une monnaie d'échange lorsque les systèmes sont saturés. Savoir suturer une plaie, réduire une fracture simple, repérer les signes d'infection ou gérer des affections chroniques sans accès immédiat aux médicaments : ces compétences deviennent inestimables lorsque les services d'urgence sont débordés et que les pharmacies sont en rupture de stock. Les formations aux premiers secours en milieu sauvage, longtemps jugées inutiles pour la vie urbaine, apparaissent soudain comme essentielles lorsqu'appeler une ambulance implique d'attendre des heures une réponse qui pourrait ne jamais arriver.
Le réseau qui vous sauve
La préparation individuelle a ses limites. Vous ne pouvez pas monter la garde vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Vous ne pouvez pas posséder toutes les compétences. Vous ne pouvez pas stocker tous les médicaments, outils ou pièces dont vous pourriez avoir besoin. La survie en solitaire est un fantasme qui ignore la réalité fondamentale de l'existence humaine : nous sommes interdépendants par nature, et notre survie a toujours reposé sur des réseaux d'entraide.
Les difficultés à venir favoriseront ceux qui ont su tisser de véritables liens communautaires — non pas des réseaux de connaissances sur les réseaux sociaux, mais des relations physiques, locales et fondées sur la confiance avec des personnes possédant des compétences et des ressources complémentaires. La veuve âgée disposant d'un puits et d'une cave à légumes. Le jeune couple avec son potager et ses outils de menuiserie. Le mécanicien et son atelier. L'infirmier ou l'infirmière avec ses fournitures médicales. L'ancien combattant formé à la sécurité.
Ces réseaux ne se constituent pas du jour au lendemain. Ils exigent du temps, de la réciprocité et des interactions répétées qui bâtissent la confiance. On ne peut pas débarquer en pleine crise et espérer être accueilli au sein d'une communauté que l'on a ignorée pendant des années. La préparation doit inclure la constitution d'un capital social, patiemment accumulé bien avant que le besoin ne s'en fasse sentir.
L'effondrement de l'Argentine en 2001 offre un modèle concret. Des quartiers ont mis en place des systèmes d'échange sophistiqués — les clubs de *trueque* (troc) — où biens et services circulaient sans recours au peso. Les communautés ont organisé des cuisines collectives et des réseaux de partage des ressources pour nourrir la population alors que l'économie formelle ne fonctionnait plus. Il ne s'agissait pas de programmes gouvernementaux, mais de réponses spontanées à une défaillance systémique, rendues possibles par le tissu social préexistant.
Votre préparation doit consister à vous faire connaître dans votre voisinage immédiat. Non pas comme le « survivaliste » retranché dans son bunker, mais comme le voisin fiable, la personne qui aide, qui partage et qui possède des compétences utiles aux autres. Lorsque la pénurie s'aggrave, la réputation devient une monnaie d'échange. Celui qui accumule ostensiblement des réserves, qui refuse de participer à l'entraide et qui considère ses voisins comme des menaces plutôt que comme des atouts, pourra peut-être survivre à la première vague de la crise, mais il ne survivra pas à l'isolement qui s'ensuivra.
Concrètement, à quoi cela ressemble-t-il ?
Assez de théorie. Voici comment les choses se présentent, semaine après semaine et mois après mois, à mesure que vous transformez l'anxiété en action et la vulnérabilité en résilience.
Commencez par l'eau. Il ne s'agit pas des packs d'eau en bouteille qui s'épuisent en premier lors des urgences, mais d'un accès durable. Stockez la quantité recommandée d'un gallon (environ 3,8 litres) par personne et par jour pour une durée minimale de deux semaines, mais investissez également dans des moyens de filtration : filtres en céramique à gravité, traitements chimiques, et connaissance des sources d'eau locales. En cas de défaillance des réseaux municipaux — que ce soit dû à la vétusté des infrastructures ou à des pénuries d'énergie —, l'eau devient une crise immédiate pouvant entraîner la mort en quelques jours. C'est la priorité absolue.
La gestion des stocks alimentaires exige une approche méthodique, et non des achats de panique. Calculez votre consommation réelle : quelle quantité de riz, de haricots, d'huile, de sel, de sucre, de café, de thé et d'épices votre foyer consomme-t-il chaque mois ? Multipliez ce chiffre par trois. Stockez ce que vous consommez, consommez ce que vous stockez et renouvelez constamment vos réserves pour éviter le gaspillage. Privilégiez la densité calorique et la stabilité au stockage : riz blanc, haricots secs, miel, sel, fromages à pâte dure (cirés pour la conservation), viandes séchées ou fumées, légumes-racines correctement entreposés, aliments fermentés. Apprenez à cuisiner à partir de produits bruts, car les plats préparés dépendent d'emballages, de conservateurs et de chaînes d'approvisionnement susceptibles de faire défaut.
L'indépendance énergétique commence par la réduction de la consommation. Diminuez vos besoins avant de chercher à les satisfaire. Isolation, étanchéité du logement, appareils économes en énergie, éclairage LED : autant d'éléments qui démultiplient l'efficacité de toute source d'énergie dont vous disposez. Renforcez ensuite votre résilience : panneaux solaires avec batterie de secours, réserves de propane pour la cuisson, bois de chauffage (si vous pouvez le brûler en toute sécurité), chargeurs solaires ou à manivelle pour vos appareils essentiels. L'objectif n'est pas l'autarcie totale hors réseau, mais la capacité à pallier les interruptions lorsque le réseau électrique défaille.
La préparation médicale implique de se procurer le matériel de base et d'apprendre à l'utiliser : matériel de suture, antibiotiques (les antibiotiques pour poissons sont identiques à ceux destinés aux humains et disponibles sans ordonnance), garrots, pansements occlusifs thoraciques, tensiomètres, stéthoscopes, manuels de référence. Prenez soin de votre santé dès maintenant — soins dentaires, correction de la vue, gestion des affections chroniques — car ces services deviendront inaccessibles ou hors de prix au moment précis où vous en aurez le plus besoin.
La sécurité est une réalité inconfortable qu'il faut aborder sans la glorifier. Lorsque les ressources se raréfient, la criminalité augmente. Quiconque accumule des réserves de manière ostensible devient une cible. La sécurité opérationnelle — garder vos préparatifs discrets, varier vos habitudes, rester attentif à votre environnement — est tout aussi importante que les préparatifs eux-mêmes. Les mesures de sécurité physique n'ont pas besoin d'être complexes : portes solides, serrures de qualité, éclairages à détecteur de mouvement, dispositifs de surveillance entre voisins et volonté de quitter les lieux pour éviter toute confrontation si nécessaire.
L'acquisition de compétences va de pair avec la préparation matérielle. Suivez un cours de soudure. Apprenez à coudre. Initiez-vous à la permaculture. Entraînez-vous au tir si le cœur vous en dit, mais apprenez aussi la désescalade et la résolution de conflits ; car celui qui évite les combats survit souvent plus longtemps que celui qui les remporte.
Savoir lire les signes avant l'annonce
Comment saurez-vous quand la phase de préparation passe de la prudence à l'urgence ? Les signes sont déjà là, mais ils vont s'intensifier. Surveillez les ruées bancaires ou les mécanismes de « renflouement interne » (*bail-ins*) où les dépôts sont confisqués pour sauver les institutions. Guettez les réformes monétaires soudaines : nouveaux dollars, monnaies numériques, dates de péremption pour l'épargne. Soyez attentif aux systèmes de rationnement, au contrôle des prix engendrant des marchés noirs, au déploiement de la logistique militaire pour la distribution aux civils. Observez les riches transférant leurs actifs à l'étranger, les politiciens achetant des propriétés rurales, les dirigeants d'entreprise démissionnant soudainement pour « se consacrer à leur famille ».
Ce sont les signes avant-coureurs d'une rupture imminente. Ceux qui ont accès à l'information agissent avant qu'elle ne devienne publique. Lorsque vous les verrez s'affairer dans l'urgence, il faudra que vous ayez déjà pris vos dispositions.
Signes plus immédiats : des rayons vides qui le restent pendant des semaines plutôt que des jours. Des pannes d'électricité durant plusieurs jours sans rétablissement rapide. Des avis sur la qualité de l'eau devenant chroniques. Des délais d'intervention de la police se comptant en heures ou en jours. La fermeture de services d'urgence hospitaliers. Des programmes de cantines scolaires incapables de s'approvisionner. Ce sont des fissures qui s'élargissent pour devenir des fractures.
Il faut se préparer avant que ces signes ne deviennent une réalité quotidienne. Une fois la crise reconnue par le grand public, les ressources dont vous aurez besoin — groupes électrogènes, filtres à eau, réserves alimentaires, fournitures médicales — seront introuvables, quel que soit le prix, ou accessibles uniquement sur le marché noir à des tarifs exorbitants.
La longue descente
Nous ne sommes pas confrontés à une catastrophe unique, mais à un processus : une longue descente depuis le sommet de la civilisation industrielle — énergivore, mondialisée et dopée à la dette — vers quelque chose de plus simple, de plus local et de plus contraint. Il ne s'agit pas d'une apocalypse. C'est une transformation, douloureuse et longue, qui s'étendra sur des décennies plutôt que sur quelques jours.
L'Empire romain ne s'est pas effondré en un an. Il s'est effiloché, s'est régionalisé et a perdu des capacités qu'il tenait autrefois pour acquises. L'Empire britannique a reculé progressivement, laissant ses anciennes colonies trouver leur propre voie. L'Union soviétique s'est dissoute non pas dans un brasier nucléaire, mais sous l'effet de rayons vides et de fragmentations ethniques. Ces précédents suggèrent que l'effondrement est moins un événement qu'un environnement, une « nouvelle normalité » qui s'installe au fil d'années de crise, ponctuées de moments de danger aigu.
Votre préparation doit tenir compte de la durée. Il ne s'agit pas d'une urgence de deux semaines, mais d'une adaptation s'étalant sur plusieurs années. Pas d'une perturbation temporaire, mais d'un changement permanent concernant ce qui est disponible, abordable et possible. Vos réserves alimentaires doivent permettre de traverser les saisons, et pas seulement les week-ends. Ces compétences doivent perdurer malgré des années d'opportunités réduites. La communauté doit tenir bon face aux conflits, aux pénuries et au deuil.
C’est la réalité que le déni nous empêche d’affronter. Nous voulons croire à un retour à la normale, au caractère « temporaire » des difficultés actuelles, à la capacité de la technologie ou des politiques publiques à rétablir l’abondance. Ces croyances sont rassurantes et peuvent même s’avérer partiellement vraies dans certains domaines restreints. Mais ce ne sont pas elles qui vous permettront de vous nourrir, de vous loger, de rester en bonne santé et en sécurité face aux turbulences à venir.
À vous de jouer
Les rayons se dégarnissent. Les prix grimpent. Les promesses s’effritent. Vous avez été prévenus, non pas par des complotistes retranchés dans des bunkers, mais par l’accumulation silencieuse de données, par le comportement de systèmes sous tension, par la fatigue visible dans le regard de ceux qui transportent les marchandises et voient ce qui se profile à l’horizon.
Vous pouvez ignorer tout cela. La plupart des gens le feront. Ils continueront de croire que quelqu’un — le gouvernement, les grandes entreprises, le marché — réparera ce qui est brisé et rétablira ce qui a été perdu. Ils seront déçus, puis désespérés.
Ou bien vous pouvez agir. Méthodiquement, discrètement, sans panique mais sans tarder. Transformez l’abstraction de l’angoisse économique en mesures concrètes : constitution de réserves alimentaires et acquisition de compétences. Tissez un réseau d’entraide capable de transformer la préparation individuelle en résilience collective. Revoyez vos attentes à la baisse tout en renforçant vos capacités.
Le titre de cet article suggérait que constituer des stocks alimentaires pourrait être votre meilleur investissement lorsque la situation basculera dans le chaos. C’était un euphémisme. C’est votre meilleur investissement *dès maintenant* : avant que la situation ne devienne critique, tant que les prix sont simplement élevés et non astronomiques, tant que l’approvisionnement est sous tension mais non inexistant. Le rendement des calories stockées, lorsque les monnaies vacillent, est incalculable. La valeur de savoir subvenir à ses besoins en cas de défaillance des systèmes est inestimable.
Le garde-manger de votre voisin — bien garni, bien organisé, complété par des compétences et des liens communautaires — vaut bien plus qu’un portefeuille boursier à Wall Street dans le monde qui est en train de naître sous vos yeux. Constituez ce garde-manger. Devenez ce voisin. L’époque où l’on pouvait croire à une abondance éternelle est révolue. Le temps est venu d’assurer sa propre subsistance.
N’attendez pas l’interruption des programmes, l’alerte d’urgence ou la déclaration officielle de crise. À ce stade, vous auriez déjà pris du retard. Commencez dès ce soir. Commencez par une liste, un plan, un premier achat, un premier apprentissage. L’avenir appartient à ceux qui ont su anticiper et se préparer en conséquence. Découvrez-le dès maintenant.
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8 -Ce qui manque le plus à notre société d'aujourd'hui c'est l'intelligence. Elle a disparu ! Les élèves, étudiants ne savent plus compter ni lire et écrire !!
Personne ne sait purifier l'eau sale !!
Prendre une boite d'eau sale (urine, eau de mer, eau noire, etc) et le poser au centre d'une poêle sur le feu. Puis couvrir cette boite d'une grande boite dessus dessous (ou marmiton retourné). L'eau va bouillir dans la petite boite, l'eau va s'évaporer et former des gouttelettes à l'intérieur de la grande boite. Ces gouttelettes vont dégouliner vers la poêle. Cette eau est pure, claire, sans couleur, sans odeur, sans goût ni bactérie.
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9 - Une matière première n'est pas un carburant : pourquoi le brut vénézuélien ne peut résoudre la pénurie de diesel et de kérosène
Par Larry C. Johnson
Sonar21
31 août 2026
Mon ami Karl Miller a publié un excellent article démontrant que les affirmations de Trump concernant le pétrole vénézuélien relèvent d'une vaste entreprise de manipulation psychologique (*gaslighting*). Je résume ici son texte, intitulé « Venezuela Oil: The Physical Barrel and the Capital Bill » (Pétrole du Venezuela : le baril physique et la facture d'investissement), car il n'est pas accessible au public via un lien direct.
Le 27 août 2026, le président Trump a annoncé ce qu'il a qualifié de plus important accord pétrolier de l'histoire mondiale : un pacte entre les États-Unis et le Venezuela conférant aux Américains le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils de réserves vénézuéliennes, une mesure censée, selon lui, « faire baisser considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains ». Cette annonce intervenait alors que le prix de l'essence avoisinait les 4,09 dollars le gallon — soit environ 27 % de plus qu'un an auparavant — et que l'on se dirigeait vers le mois d'août le plus coûteux jamais enregistré. Cette situation s'expliquait par une guerre de six mois avec l'Iran et les perturbations dans le détroit d'Ormuz, qui maintenaient sous tension un cinquième de l'approvisionnement mondial, le tout à deux mois des élections de mi-mandat.
Des analystes indépendants ont souligné l'incohérence arithmétique de ce calendrier : les 30 à 50 millions de barils évoqués par Trump représentent moins d'une demi-journée de consommation mondiale ; le chiffre de 65 milliards correspond à une estimation des réserves en sous-sol plutôt qu'à une offre immédiatement disponible ; et tout impact sur les prix prendrait des années à se concrétiser. L'analyse de Miller va plus loin que cette objection pour soulever un point fondamental : le brut vénézuélien n'est pas le produit adapté pour remédier à la pénurie que ressentent les Américains à la pompe. Ce n'est pas une solution miracle. À court terme, ce n'est pas une solution du tout.
Le point le plus souvent négligé
La pénurie qui se fait sentir actuellement concerne les produits raffinés — le diesel et le kérosène — alors que le brut vénézuélien extra-lourd n'est pas un produit fini. C'est une matière première destinée aux raffineries. On ne peut pas pallier une pénurie de distillats moyens avec un baril qui doit encore subir des étapes de dilution, de mélange, de valorisation, de cokéfaction et d'hydrotraitement avant de pouvoir fournir un gallon de produit utilisable.
C'est pourquoi le réflexe consistant à vouloir « ouvrir les vannes du Venezuela » s'avère inefficace au regard de la réalité technique. Même en laissant de côté la question de savoir si Caracas est capable d'augmenter sa production, les barils existants n'accroissent pas l'offre là où le marché est sous tension. Les cargaisons vénézuéliennes disponibles à court terme seraient essentiellement détournées des acheteurs actuels (Chine, Inde, Europe) plutôt que de s'ajouter à la production mondiale. Cela modifie la répartition des approvisionnements des raffineries et les flux commerciaux, mais ne résout pas une pénurie physique. Un baril transféré d'une raffinerie chinoise vers une raffinerie américaine change simplement de destination ; il ne s'agit ni d'un baril supplémentaire, ni, à plus forte raison, d'un nouveau gallon de carburant pour avion.
Pourquoi le déficit en matière première est un facteur limitant
La nature du brut en est la cause. On estime qu'environ les trois quarts de la production vénézuélienne jusqu'en 2028 seront constitués de bruts lourds, extra-lourds ou de bitume, la ceinture de l'Orénoque fournissant près de 60 % de ce volume. Cette matière première constitue l'intrant initial du processus de transformation ; le baril de distillat fini se situe bien plus en aval, au terme d'étapes nécessitant des investissements massifs — capacités de cokéfaction et d'hydrotraitement, production d'hydrogène, taux de disponibilité des raffineries, rendements, distribution — autant d'éléments qu'une cargaison de brut Merey ne permet pas de fournir. Le prix confirme ce constat : le Merey 16 s'est établi en moyenne à 67,36 dollars le baril en juillet 2026, soit environ 12,35 dollars de moins que le panier de l'OPEP, le marché intégrant dans ce prix le coût de transformation de ce brut en produit utile. Le Venezuela ne peut remédier à la pénurie actuelle de brut ou de distillats moyens, car le brut n'a jamais été l'élément manquant.
La dynamique de l'offre ne fait que renforcer ce constat
Par ailleurs, il est impossible d'augmenter rapidement les volumes. La production de juillet 2026 avoisinait 1,1 million de barils par jour (mb/j) — soit environ un tiers du pic de 3,4 mb/j atteint en 1998 — et l'infrastructure nécessaire pour accroître ce niveau s'est dégradée : l'EIA signale des oléoducs vieux de plus de 50 ans, des pannes d'électricité, des pénuries de diluants et des raffineries en mauvais état, PDVSA estimant à quelque 8 milliards de dollars les seuls besoins pour les oléoducs. Rystad évalue le seuil de rentabilité sur l'ensemble du cycle entre 70 et 80 dollars le baril (voire plus) et prévoit, dans son scénario de référence, une augmentation de seulement 194 000 b/j d'ici au quatrième trimestre 2028 ; un retour à une production proche de 3 mb/j nécessiterait un investissement bien supérieur à 150 milliards de dollars sur une période de 10 à 15 ans. Comme le souligne Miller, les vastes réserves de pétrole en sous-sol ne constituent pas une offre immédiatement disponible ; or, le chiffre de 65 milliards de barils avancé par le président relève précisément de cette catégorie : il s’agit d’une estimation des ressources, et non d’un calendrier de production.
La préférence révélée : ce que les majors avaient déjà dit à la Maison Blanche
La confirmation la plus probante ne réside pas dans un modèle, mais dans l'attitude des entreprises qui devraient financer la reconstruction. Le 9 janvier 2026, à la Maison Blanche, peu après l'éviction de Maduro par les États-Unis, Trump a soutenu que le secteur industriel investirait plus de 100 milliards de dollars pour reconstruire l'industrie pétrolière vénézuélienne. L'assistance n'était pas de cet avis. Darren Woods, PDG d'ExxonMobil, a déclaré au président que le Venezuela était, en l'état, « ininvestissable » — soulignant que la mise en place de cadres juridiques pérennes, de conditions commerciales viables et d'une certaine stabilité devait précéder tout investissement, et qu'Exxon se contenterait d'envoyer une équipe technique pour une évaluation. Ryan Lance, de ConocoPhillips, a affirmé que le système nécessitait d'abord une restructuration majeure ; les deux entreprises avaient vu leurs actifs expropriés sous l'ère Chávez et, dès le 30 janvier, Exxon comme Chevron ont fait savoir qu'elles ne prévoyaient pas d'augmenter leurs dépenses au Venezuela cette année-là. Les chiffres présentés lors de cette réunion corroboraient ceux de Miller : Rystad estimait à environ 110 milliards de dollars le coût nécessaire pour simplement doubler la production d'ici 2030, et à près de 185 milliards pour revenir aux niveaux du début des années 2000.
Le cas de la seule entreprise enthousiaste illustre bien ce point. Chevron — unique major américaine produisant déjà sur place, avec un volume proche de 250 000 barils par jour (b/j) grâce à une licence spéciale — affirme pouvoir augmenter sa production d'environ 50 % en moins de deux ans ; toutefois, même une telle hausse ne porterait la production totale du Venezuela qu'à un peu plus de 1,1 million de b/j, bien loin du pic historique avoisinant les 4 millions. Si des acteurs de moindre envergure, tels que Hunt Oil et SLB, ont signé les premiers nouveaux contrats avec PDVSA en août, les « supermajors » les mieux à même de financer la reconstruction refusent ouvertement de débloquer les fonds nécessaires. Lorsque les détenteurs de capitaux qualifient une ressource d'« ininvestissable », celle-ci ne peut constituer une solution d'approvisionnement à court terme.
Le Venezuela représente une option de redéveloppement de brut lourd à long terme, et non une source d'approvisionnement d'urgence — ni, en particulier, une solution immédiate pour l'approvisionnement en carburant. Il est certes possible de réorienter les cargaisons existantes, mais cela modifie les flux commerciaux sans ajouter le moindre baril net ni le moindre gallon de produit fini ; une nouvelle production significative nécessiterait des années et bien plus de cent milliards de dollars d'investissements, des réalités que les entreprises susceptibles de financer ce projet ont exprimé sans détour. Quelle que soit la valeur, sur une décennie, de ce qui est présenté comme le « plus important contrat pétrolier de l'histoire mondiale », il ne fera pas baisser le prix du diesel ou du carburant pour avion cette année. La pénurie de distillats ne sera pas résolue à Caracas.
This article was originally published on Sonar21.
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10 - Crédit d’impôt recherche (CIR) : pourquoi il faut baisser les charges avant de baisser les aides
30 août 2026
Le gouvernement a décidé de sanctuariser le crédit d’impôt recherche (CIR). Le 27 août, le ministre de l’économie Roland Lescure a ainsi affirmé qu’il s’engageait à ne pas toucher à « un des atouts de l’industrie en France », alors que l’opportunité de supprimer l’ensemble des aides aux entreprises, y compris cette niche fiscale, avait été mise sur la table par Patrick Pouyanné. À l’occasion d’un débat de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), le PDG de TotalEnergies a résumé le paradoxe du système socialo-redistributif français : « Pourquoi il y a tant d’aides ? On les augmente pour compenser les charges. C’est totalement absurde : baissons les charges et baissons les aides. Les grandes entreprises n’ont pas besoin d’aides si on baisse les charges. » Il a ensuite pris le CIR en exemple : « Pourquoi il y a-t-il un crédit impôt recherche ? Parce que l’ingénieur coûte trop cher, donc on construit un système d’aides de CIR pour compenser. »
C’est probablement là qu’il faut chercher le véritable problème du CIR. L’objectif n’est pas absurde : encourager les entreprises à investir dans la recherche et l’innovation. Mais pourquoi faudrait-il d’abord rendre l’emploi d’un ingénieur coûteux par les prélèvements fiscaux et sociaux, puis créer une niche fiscale pour en réduire artificiellement le coût ? Pourquoi subventionner une activité après l’avoir pénalisée ?
Le CIR est le produit de cette logique. Il permet aux entreprises de récupérer une partie de leurs dépenses de R&D sous la forme d’une réduction d’impôt. L’entreprise doit alors déterminer quelles dépenses sont éligibles, les déclarer et accepter le risque d’un contrôle fiscal. L’administration, elle, doit vérifier que ces dépenses relèvent bien de la recherche. On crée donc une machinerie administrative pour corriger les effets d’une fiscalité qui, en amont, renchérit le coût de l’activité. La France fait en effet partie des économies où le travail est le plus lourdement taxé : le coût horaire était de 44,3 € en 2025, contre 34,9 € en moyenne au sein de l’UE. Et ce coût ne cesse d’augmenter.
Depuis sa création en 1983, le coût du CIR a, lui aussi, explosé : de 0,52 milliard d’euros en 1990 à 7,85 milliards en 2023, soit environ 10 % du produit de l’impôt sur les sociétés. Une aide bienvenue pour les entreprises qui croulent sous le poids des charges… mais son objectif initial, qui était de soutenir les efforts de R&D et éviter les délocalisations, semble difficilement atteint. En 2025, le nombre de projets de centres de R&D a chuté de 47 %, selon le Baromètre de l’Attractivité de la France du cabinet EY.
Ce n’est pas tout. La comparaison avec les États-Unis est également éclairante : la France consacre 2,18 % de son PIB à la R&D, contre 3,45 % outre-Atlantique. Et cela ne s’explique nullement par un mécanisme de subvention équivalent : ils ne subventionnent leurs grandes entreprises qu’à hauteur de 7 % en matière de R&D, contre 36 % pour la France. L’écart ne se résout manifestement pas à coups de subventions, puisque l’essentiel des investissements en R&D aux États-Unis provient du secteur privé.
Plutôt que de maintenir un dispositif complexe de près de 8 milliards d’euros destiné à compenser le coût du travail, pourquoi ne pas commencer par réduire ce coût ? M. Pouyanné va au bout de la logique : moins de charges, donc moins d’aides. S’il doit y avoir une suppression du CIR, elle ne pourra se faire sans une baisse de la fiscalité.
https://credit-dimpot-recherche-cir-pourquoi-il-faut-baisser-les-charges-avant-de-baisser-les-aides/
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