jeudi 10 septembre 2026

Deepfakes, fausses plateformes de trading... IA, la fabrique à arnaques

 



*

2 - Piratages des sites officiels du gouvernement : ils veulent nos factures. Ils n’arrivent pas à garder nos héritages.


Le Collectif citoyen et Xavier Azalbert, France-Soir
 le 10 septembre 2026 - 07:30


Ou les piratages des sites officiels du gouvernement : est-ce de l'incompétence ou est-ce autre chose ?
Un pas en arrière, deux pas en avant : c’est la danse officielle. On recule sur la sécurité. On avance sur la collecte. Et l’on nomme cela « modernisation de l’État ».

Le 1er septembre 2026, toutes les entreprises de France — la grande comme l’atelier, la ETI comme le camelot — ont dû être capables de recevoir une facture électronique. Plus de PDF dans la boîte mail. Plus de papier dans le tiroir. Désormais, le flux passe par une plateforme privée agréée par Bercy. Le même Bercy qui, quinze jours plus tôt, comptait encore ses brèches.

- voir cadre sur site -

Après le fisc, l’Éducation nationale et Zéro Logement Vacant, la Direction générale des Finances publiques a reconnu trois incidents en chaîne : données fiscales d’environ 678 000 particuliers et professionnels ; fichiers cadastraux concernant des centaines de milliers de propriétaires ; portail des successions vacantes. Les chiffres du pirate et ceux de l’administration divergent, comme toujours. L’essentiel ne diverge pas : l’intrusion a eu lieu. Les fichiers sont sortis. Une partie a été mise en vente pour quelques milliers d’euros.

- voir cadre sur site -

Le mode d’entrée n’a rien d’un roman d’espionnage. Usurpation d’identité d’un agent. Compte d’un géomètre-expert. Vulnérabilité technique sur un portail. ZeroBytes n’est pas un service étranger : un duo qui revendique, nargue, revend. Un suspect de dix-huit ans a déjà été interpellé. Ce n’est pas la grandeur de l’attaque qui accable. C’est sa banalité.

Sébastien Lecornu, Premier ministre, a tranché lui-même le diagnostic : « peu de ministères sont au niveau requis ». Ce n’est pas acceptable, a-t-il ajouté. On l’en croit. On demande seulement pourquoi l’aveu arrive après les dégâts, et pendant qu’on branche le pays entier sur un nouveau tuyau de données.

La serrure et le coffre
Car le tuyau, le voici.

La facturation électronique n’est pas un gadget comptable. C’est le portrait commercial de la France qui change de main : qui vend quoi, à qui, pour combien, à quelle date, avec quel taux de TVA. L’État en attend plusieurs milliards de TVA « égarée ». Les entreprises, une simplification. Sur le papier, tout le monde gagne.

Dans les faits, l’État a renoncé au portail public gratuit qu’il avait fait miroiter. Plus de « PPF » pour le commun des mortels. Plus de cent plateformes privées se partagent le passage obligatoire. Elles doivent être certifiées ISO 27001, héberger dans l’Union, viser SecNumCloud si le cloud est utilisé, signaler tout incident, subir des audits. David Amiel a réuni leurs dirigeants le 26 août et promis « les exigences les plus élevées d’Europe ». Les tests d’intrusion généralisés ? Cet automne. Le premier bilan cyber des plateformes ? Fin septembre. Autrement dit : on ouvre la route le 1er septembre, on vérifie les garde-fous ensuite.

- voir cadre sur site -

Les experts ne parlent pas le langage des communiqués. Ils parlent de « carnage en termes de hack ». Deux milliards de factures B2B destinées à transiter par des intermédiaires privés d’un niveau inégal. Pendant la bascule, les comptables reçoivent des mails de plateformes qu’ils ne connaissent pas encore : terrain de chasse idéal pour l’hameçonnage. Le scénario classique n’est même pas le vol de secret d’État. C’est plus terre à terre, plus ruineux : intercepter une facture, changer le RIB du fournisseur, détourner le virement. La fraude au président 2.0, industrialisée par l’obligation légale.

Une certification n’est pas une serrure. C’est un diplôme. Les brèches de cet été n’ont pas eu besoin de casser un coffre-fort ANSSI. Elles ont emprunté un identifiant volé. Or une plateforme agréée, c’est précisément cela : des milliers de comptes d’entreprises, des habilitations, des API, des sous-traitants, des annuaires. Une seule plateforme faiblit, et ce n’est plus le fichier d’un ministère qui fuit. C’est le carnet de commandes d’un quartier.

On nous dit que l’architecture décentralisée évite « le point unique de défaillance ». C’est vrai — et c’est aussi cent portes au lieu d’une. Cent portes dont le petit artisan ne peut auditer aucune.

- voir cadre sur site -

Regardez l’Allemagne, ce voisin qu’on aime citer dès qu’il s’agit d’ordre.

Depuis le 1er janvier 2025, toute entreprise allemande doit pouvoir recevoir une facture structurée. Mais Berlin n’a pas forcé le passage par une plateforme privée agréée par l’État. Le format est imposé — XRechnung, ZUGFeRD, norme européenne EN 16931. Le tuyau, lui, reste libre : e-mail, dépôt, Peppol, logiciel existant. Un artisan peut encore envoyer un ZUGFeRD par courriel, ce fichier hybride que le destinataire ouvre comme un PDF tout en ayant l’XML dedans. L’obligation d’émettre ne frappe les entreprises au-dessus de 800 000 euros de chiffre d’affaires qu’en 2027, et les autres en 2028. Les Kleinunternehmer sont exemptés d’émission. Pas de e-reporting généralisé branché en temps réel sur le fisc dès le premier jour.

La France a choisi l’inverse : moins de liberté sur le canal, plus tôt sur le calendrier, et une remontée fiscale intégrée. Résultat : l’État allemand demande un document interopérable. L’État français demande un passage obligé chez un tiers privé, plus les données de transaction. L’un modernise la facture. L’autre industrialise la collecte. Après un été de brèches à Bercy, la différence n’est plus technique. Elle est politique.

- voir cadre sur site -
 
Peppol n’est pas un détail technique. Né en 2008 comme pilote européen pour les marchés publics, financé pour moitié sur fonds communautaires, il est devenu en 2012 une association de droit privé — OpenPeppol — où se côtoient administrations et industriels du logiciel. Ce qui était un standard d’achat public tend à devenir le rail du commerce privé. La France n’a pas voté « la loi Peppol ». Elle a voté pire, d’une certaine façon : l’obligation de passer par un intermédiaire agréé et de remonter les données de transaction à Bercy. L’Allemagne impose un format. La France impose un guichet. Sur cette bascule — du document échangeable au flux surveillé — on lira utilement l’essai de Frédéric Baldan, Peppol (Éditions Droits et Libertés, 2026). On n’est pas obligé d’en partager toute la cosmologie pour admettre le fait étroit : un réseau conçu pour l’appel d’offres n’est pas anodin dès lors qu’il encadre le facturier du boulanger.

Le boulanger et l’abonnement
Voici la scène que les notes de Bercy n’écrivent pas.

Un artisan. Neuf salariés, ou zéro. Cent factures fournisseurs par mois, parfois quatre. Il n’a pas de RSSI. Il a un expert-comptable débordé et un logiciel qui datait de 2017. On lui avait dit : il y aura une plateforme publique, gratuite. Elle n’est plus là. Il doit choisir parmi une liste officielle, comparer des grilles tarifaires, comprendre Factur-X, UBL, CII, e-reporting, annuaire central. Coût d’entrée : du temps qu’il n’a pas. Coût récurrent : souvent vingt à soixante euros par mois, parfois davantage dès que le volume monte. Pour une TPE, ce n’est pas « quelques dizaines d’euros ». C’est une journée de marge. Le Syndicat des indépendants le dit sans détour : énormément de structures n’étaient pas prêtes ; le plus irritant est de payer pour une obligation d’État après qu’on leur a vendu la gratuité.

- voir cadre sur site -

Dès septembre 2026, même l’auto-entrepreneur en franchise de TVA doit recevoir. Le carnet à souches ne le sauve plus dès qu’un fournisseur ETI lui facture du matériel. En 2027, ce sera à lui d’émettre. Entre-temps, chaque mail « votre plateforme agréée » peut être un piège. S’il se trompe de case, c’est lui qui est en faute. Si la plateforme se trompe de serrure, ce sont des excuses, un communiqué, et « on a coupé rapidement ».

L’abonnement n’est que l’étiquette en vitrine. Le vrai prix, pour une TPE, est ailleurs.

D’abord le temps du chef d’entreprise, qui n’apparaît sur aucune facture. Choisir une plateforme, créer le compte, importer les clients, comprendre pourquoi un PDF « comme avant » n’est plus une facture, former la personne qui ouvre le courrier : trois, cinq, parfois dix heures arrachées au chantier ou au comptoir. À cinquante euros de l’heure — le tarif le plus modeste qu’un artisan se verse à lui-même — la bascule a déjà coûté de deux à cinq cents euros avant même le premier mois.

Ensuite l’expert-comptable. Si le cabinet n’est pas branché sur la même plateforme, c’est un paramétrage, un export, parfois un avenant d’honoraires. Certaines missions d’accompagnement tournent déjà entre quelques centaines et deux mille euros. Le logiciel métier, lui, n’est pas toujours « compatible » : mise à jour payante, module supplémentaire, ou double saisie le temps que ça marche.

Puis l’archivage à valeur probante, les options « multi-utilisateurs », le changement de plateforme — vingt jours ouvrés de délai, assez pour rater une échéance. Et le risque, qui n’est pas un coût comptable mais un coût réel : une heure par semaine à vérifier que le mail « votre facture est disponible » n’est pas un hameçonnage ; un virement parti sur le mauvais RIB ; une amende de quinze euros par facture non conforme le jour où la tolérance de 2026 s’arrêtera, plafonnée à 15 000 euros. Pour une micro-entreprise de vingt factures par mois, le « gratuit » annoncé peut vite valoir six cents euros de temps de saisie mal synchronisée sur un an.

- voir cadre sur site -

On avait promis un portail public gratuit. On a livré un marché de plus de cent intermédiaires. La gratuité, pour le petit, s’est convertie en abonnement, en heures, en vigilance — et en dette de confiance.

On objectera les offres gratuites, la tolérance sans sanction en 2026, les « quatre milliards d’euros de gains » promis aux entreprises. Très bien. Qu’on les inscrive au bilan après la première année, pas avant. Pour l’instant, le petit paie deux fois : l’abonnement, et le risque.

Ce que l’État exige. Ce qu’il s’autorise.
Impôts, patrimoines, héritages, parcelles, désormais factures : tout ce que l’administration collecte avec zèle pour taxer, elle le protège mal. Cette même administration parle de souveraineté numérique.

Le contribuable de base n’a pas droit à l’erreur. Un oubli, un retard, une pièce manquante : majorations, pénalités, contrôle. La grande entreprise et l’ultrariche, eux, connaissent un autre étage du Code. L’article L. 247 du livre des procédures fiscales permet la remise gracieuse en cas de gêne ou d’indigence. Le décret du 22 avril 2025 a fixé le curseur : jusqu’à 300 000 euros, le directeur départemental ; au-delà, le ministre. La loi est la même pour tous. La pratique ne l’est pas. Au petit, la remise est rare et courte ; le refus peut tuer l’atelier. Au grand, elle est plus fréquente, plus vaste, et rarement existentielle. Ce n’est pas une légende de comptoir. C’est l’écart entre le texte et le guichet.

- voir cadre sur site -

Aucune de ces « erreurs » d’État — ministres, cabinets, experts grassement payés, prestataires — n’entraîne la sanction qui frapperait un commerçant pour un trimestre de TVA mal déclaré. On s’excuse. On crée une « unité cyber ». On promet des tests pour l’automne. Et l’on passe à l’obligation suivante.

La confiance n’est pas une ressource renouvelable
C’est ici que le dossier cesse d’être technique.

La confiance n’est pas un sondage. C’est le contrat silencieux par lequel un citoyen accepte de se laisser connaître parce qu’il croit que la connaissance servira à le protéger, pas à l’exposer. Ce contrat est en train de se rompre.

Un État qui demande le revenu, le cadastre, la succession, la facture du plombier et, demain, encore autre chose, s’engage implicitement à être meilleur gardien que le citoyen lui-même. S’il échoue une fois, c’est un accident. S’il échoue en série — fisc, école, logements vacants, cadastre, successions — pendant qu’il inaugure une autoroute privée de données commerciales, ce n’est plus un accident. C’est une méthode : collecter d’abord, sécuriser ensuite, s’excuser toujours.

Les Français ne sont pas naïfs. Ils voient le décalage. D’un côté, le discours : terrorisme, pédocriminalité, menace étrangère, souveraineté, services publics numériques. De l’autre, des fichiers qui se vendent au détail, des mots de passe d’élus qui fuient encore ailleurs, et un Premier ministre qui reconnaît que l’État n’est pas au niveau. Chaque nouvelle obligation numérique, désormais, n’est plus lue comme un progrès. Elle est lue comme une prise d’otage : donnez, on verra plus tard pour la serrure.

- voir cadre sur site -

Une crise de confiance devient presque irréparable quand trois choses s’additionnent. L’échec est visible. Il se répète. Il n’a pas de visage responsable. On peut reconstruire un serveur. On ne reconstruisit pas aussi vite le réflexe qui faisait dire : « au moins, l’État ne laissera pas mon nom sur un forum. » Quand ce réflexe meurt, le citoyen ne discute plus l’impôt. Il le subit. Il ne croit plus la modernisation. Il la contourne. Il ne confie plus. Il dissimule. C’est ainsi que les États se vident de l’intérieur : pas par une révolution, par une démission intérieure.

Alors non : rien, à cette heure, ne prouve que les « fuites » de l’été aient été une livraison volontaire à des entreprises privées. Tenir cette hypothèse comme un fait, c’est offrir aux communicants le seul argument qui leur reste — « vous voyez, ce sont des complotistes ». Ce qui est prouvé suffit, et c’est plus grave dans un autre genre. Quand la négligence est systémique, jamais sanctionnée, et qu’elle coïncide avec le basculement forcé des données vers des opérateurs privés, la distinction entre incompétence et abandon cesse d’avoir de l’importance pour la victime. Le fichier est dehors. Le phishing arrivera. L’artisan paiera l’abonnement. L’État demandera la prochaine liasse.

Un État qui n’est pas capable de protéger ce qu’il arrache n’a pas la légitimité d’en arracher davantage.

Trois exigences. Datées. Sans elles, la prochaine obligation numérique n’est plus une réforme : c’est un abus.
La preuve avant la contrainte.
Publication, avant le 31 octobre 2026, des résultats des tests d’intrusion des plateformes agréées et de l’audit ANSSI promis sur la DGFiP. Toute plateforme qui ne prouve pas son niveau est suspendue. Aucune sanction aux entreprises tant que l’État et ses intermédiaires n’ont pas publié la leur.
Un visage, pas un communiqué.
Pour chaque brèche d’un système public, un responsable nommé — ministre de tutelle ou directeur d’administration — et une obligation de réparation forfaitaire aux personnes dont le fichier est sorti. L’excuse n’est pas une politique. L’anonymat non plus.
Le droit de ne pas payer pour une serrure absente.
Rétablissement d’une voie publique gratuite de réception pour les TPE et micro-entreprises, ou prise en charge de l’abonnement de base tant que les exigences cyber n’ont pas été démontrées « en continu », comme Bercy le promet. On ne facture pas au boulanger la modernisation d’un État qui fuit.
 
- voir cadre sur site -

Sans ces trois points, chaque nouvelle liasse demandée creusera le même trou : celui de la confiance. Et ce trou-là, à force, ne se colmate plus.

Ils ont les fichiers.
Ils n’ont pas les serrures.
Et c’est à nous qu’ils parlent de devoir.

- voir cadre sur site -

Retrouvez le décryptage vidéo de cet article :


*

3 -La panique américaine face à l’IA : comment DeepSeek a mis à nu une superpuissance en trompe-l’œil et les mensonges du cartel technologique


09/09/2026 
Lance D. Johnson 


Le lancement du modèle d’intelligence artificielle chinois DeepSeek n’a pas seulement ébranlé Wall Street. Il a révélé une réalité plus profonde et plus inquiétante : les États-Unis, qui se proclamaient depuis longtemps leaders de l’innovation technologique, ont peut-être bâti leur domination sur du bluff et de la censure plutôt que sur une véritable prouesse d’ingénierie.

 Lorsqu’une start-up chinoise a réussi à atteindre des performances d’IA de pointe avec une fraction des ressources informatiques et un simple fichier téléchargeable qui « ne s’exécute pas » — et ne peut donc pas espionner —, la réaction américaine n’a pas été empreinte d’une confiance sereine. Elle s’est traduite par une panique généralisée, des turbulences boursières, une cyberattaque coordonnée contre la plateforme étrangère et une nouvelle salve d’accusations de la part des agences de renseignement américaines, évoquant un vol à l’échelle industrielle. Cet enchaînement révèle un schéma préoccupant : un empire si habitué à une suprématie incontestée qu’il a perdu toute capacité de concurrence stratégique, préférant recourir à des campagnes de dénigrement et à des attaques protectionnistes à peine voilées, calquées sur les méthodes utilisées contre les dissidents politiques, les lanceurs d’alerte et la médecine homéopathique.
Points clés :

Les agences de renseignement américaines ont accusé les développeurs d’IA chinois de procéder à une « distillation » illégale de modèles américains de pointe.
Le ministère chinois des Affaires étrangères et les responsables de l’ambassade ont rejeté ces accusations, les qualifiant de manœuvres de dénigrement à motivation politique.

DeepSeek a réalisé une percée technique avec un matériel minimal, remettant en cause le récit de la supériorité américaine en matière d’IA.
Les preuves suggèrent que la conception de DeepSeek repose sur un simple fichier de base de données nécessitant un logiciel occidental pour fonctionner.
La réaction de panique a inclus un krach boursier et une cyberattaque apparente contre les serveurs de DeepSeek.
Le débat soulève des questions sur la liberté d’expression, la concurrence technologique et l’avenir de l’innovation mondiale.

Le pari de la distillation : une excuse commode pour une occasion manquée
Mardi, le FBI (Federal Bureau of Investigation), la NSA (National Security Agency) et la CISA (Cybersecurity and Infrastructure Security Agency) ont publié un avis conjoint sur la cybersécurité. Ils y accusent des entreprises d’intelligence artificielle basées en Chine — notamment DeepSeek, Alibaba, Moonshot AI, MiniMax, StepFun et Z.AI — de se livrer à des « activités de distillation agressives, malveillantes et ciblées à l’échelle industrielle », visant à extraire des « fonctionnalités et capacités propriétaires restreintes des modèles d’IA américains de pointe ». Les agences affirment que, depuis la fin de l'année 2024, ces entreprises ont extrait des milliards de jetons (tokens) de modèles tels que Claude (Anthropic), GPT (OpenAI), Gemini (Google) et Grok (SpaceXAI), en acheminant les requêtes par divers canaux pour contourner les restrictions géographiques et enfreindre les conditions d'utilisation.

Le moment choisi est révélateur. Cette accusation ne fait pas suite à un échec du renseignement chinois, mais survient juste après que DeepSeek a démontré qu'un modèle léger et efficace pouvait rivaliser avec les systèmes américains très gourmands en ressources. La méthode d'attaque décrite est la « distillation », une technique de recherche légitime et largement répandue consistant à entraîner un modèle plus petit et moins performant à partir des résultats produits par un modèle plus vaste et plus efficace. Si les agences de renseignement y voient une extraction non autorisée, la réalité est que les modèles de pointe sont conçus pour interagir avec les utilisateurs, et que toute interaction génère des données exploitables pour l'entraînement. Les entreprises américaines elles-mêmes ont ouvertement promu leurs API précisément à cette fin.

À Pékin, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, a déclaré lors d'un point de presse régulier que « le développement de l'IA en Chine est le fruit d'une autonomie technologique et d'une puissance de haut niveau », ajoutant que les deux nations devraient « renforcer leur coopération pour promouvoir un développement de l'IA ouvert, inclusif, universellement bénéfique et axé sur le bien commun ». Liu Chang, porte-parole de l'ambassade de Chine à Washington, a qualifié ces accusations d'« attaque délibérée contre le développement et les progrès de la Chine dans le secteur de l'IA », affirmant que l'essor de l'intelligence artificielle en Chine repose sur « le renforcement de l'autonomie du pays ainsi que de ses capacités scientifiques et technologiques ».

La couronne en trompe-l'œil : quand l'empereur est nu

Au-delà des accusations, l'enjeu véritable réside dans la faiblesse systémique que ces dernières visent à dissimuler. Lorsqu'un utilisateur télécharge DeepSeek, il récupère un fichier au format GGUF non protégé, constitué d'un ensemble de poids numériques représentant le langage, sans aucun code exécutable. Pour faire tourner le modèle, il faut recourir à des logiciels supplémentaires développés principalement aux États-Unis ou en Europe occidentale, tels qu'Ollama ou LM Studio. Ce simple fait technique bat en brèche le récit selon lequel la Chine volerait des secrets ou intégrerait des logiciels espions dans le matériel américain. 
Il pointe plutôt vers une explication plus directe : des ingénieurs chinois, bénéficiant d'un taux annuel de diplômés en sciences et technologies supérieur à celui des États-Unis, ont conçu un produit compétitif en s'appuyant sur des techniques accessibles à tous et sur du matériel moins coûteux.

Lors d'une intervention à la Southern Methodist University, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré : « Les Chinois distillent nos modèles, mais ils ne pourront jamais nous devancer. » L'histoire suggère pourtant le contraire. Les États-Unis ont l'habitude de rejeter les innovations étrangères en les qualifiant de supercheries ; ce fut le cas pour la fusion froide — désormais désignée sous le terme de réactions nucléaires à basse énergie — qui fut tournée en dérision par l'establishment scientifique américain. Malgré des centaines de tentatives de reproduction réussies par des laboratoires du monde entier, la recherche a progressé plus activement en Russie et au Japon. De même, la découverte récente de supraconducteurs à température ambiante, connus sous le nom de LK-99, a été qualifiée de supercherie par la revue *Nature*, sous ce que certains critiques appellent la pression d'une « mafia scientifique ». La Corée du Sud, pour sa part, a continué à reproduire l'expérience et à publier ses résultats.

Ce schéma révèle une résistance structurelle au sein des institutions américaines à reconnaître les percées concurrentielles émanant de l'extérieur de l'ordre établi. Lorsqu'une petite équipe de développeurs chinois parvient à réaliser ce qui, selon la Silicon Valley, nécessitait des milliards de dollars et des années de développement de puces, la réaction ne consiste pas à saluer un progrès humain, mais à s'en prendre au messager. La cyberattaque visant DeepSeek, survenue après le krach boursier de lundi, semblait opportunément programmée pour discréditer la plateforme, alors même que des responsables américains désignaient les développeurs chinois comme les agresseurs.

Sources include:

SputnikGlobe.com
APNews.com
TheHackerNews.com


*

4 - La simplification échoue par manque de volonté politique


9 septembre 2026


Lancé en 2013, le « choc de simplification » consistait à supprimer une norme pour une créée. Un rapport, publié dans le cadre du projet européen Supa (Sustaining public administration in modern democracies), fait le point sur cette « compensation réglementaire ». Les résultats sont mauvais : entre 2014 et 2017, le volume de la législation a augmenté de 17,2%, tandis que le volume des règlements augmentait de 8,8%.

C’est sans doute parce qu’il était conscient de cet échec qu’en 2017 le gouvernement a renforcé le dispositif en exigeant que soit supprimées ou simplifiées deux normes pour une nouvelle. On ne peut pas dire que les résultats soient meilleurs : fin 2025, il n’aurait été appliqué qu’à 74 réglementations, conduisant à l’abrogation de 17 et à la simplification de 79 autres. Il faut dire que les transpositions de directives européennes, les règlements mettant en œuvre des décisions parlementaires, et les modifications de règles existantes ne sont pas concernés par le mécanisme. Au total, il ne couvre que 10 à 20 % de la production réglementaire. C’est ainsi qu’entre 2017 et 2021, le stock réglementaire français a augmenté de 13,2 %.

Les auteurs du rapport, Brigitte Pircher et Miranda Thulin de l’université de Södertörn (Suède), tentent d’identifier les raisons de cet échec patent. Trois principales émergent. La première est que simplifier n’est pas facile. Les règles sont souvent interdépendantes et en supprimer une peut avoir des conséquences sur d’autres dispositifs. De ce fait, les administrations ont tendance à supprimer des dispositions qui n’étaient déjà plus appliquées. Le rapport cite notamment la fin de l’interdiction faite aux femmes de porter un pantalon en public.

La deuxième raison est que la simplification nécessite souvent une charge de travail supplémentaire pour les administrations qui, de ce fait, rechignent à entrer dans la démarche. Enfin, la troisième explication de l’échec des mesures est le manque de volonté politique réelle. Tout le monde défend la simplification en principe, mais elle n’est presque jamais considérée comme une priorité. Ainsi les gouvernements affirment vouloir simplifier et, dans le même temps, sollicitent les administrations et le Parlement pour produire de nouvelles règles répondant aux problèmes du moment.

Il faut dire qu’en France règne une véritable « culture de la réglementation ». Pour les politiques, comme pour les fonctionnaires, la norme est la réponse naturelle à tout problème. C’est cet état d’esprit qu’il est nécessaire de changer pour que la simplification administrative ne soit pas qu’un discours.

Les initiatives s’appuyant sur la subsidiarité – à l’instar de celle d’Alain Madelin – pourraient permettre de changer les choses.

https:///la-simplification-echoue-par-manque-de-volonte-politique/

*

5 - Dépenses publiques et salaires des fonctionnaires : Jean-Luc Mélenchon raconte des bobards !


9 septembre 2026


« La dépense française de l’État est dans la moyenne européenne, le salaire des fonctionnaires a reculé de six points dans le PIB et la dépense de l’État de sept points en 20 ans. Donc il faut cesser de dire que l’État jette l’argent par les fenêtres. » Voilà les déclarations de Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, et candidat à l’élection présidentielle de 2027 lors du débat organisé par le MEDEF le 27 août dernier. Autrement dit, un grand mélange de sottises, qui ne fait que renforcer l’amateurisme économique du leader de La France Insoumise.

Première affirmation : la France serait dans la moyenne européenne en matière de dépenses publiques. C’est complètement faux. Selon les chiffres d’Eurostat, en 2025, les dépenses des administrations publiques françaises représentaient 57,2 % du PIB, contre 49,5 % en moyenne dans l’Union européenne à 27 et 49,8 % dans la zone euro. La France dépense donc près de 8 points de PIB de plus que la moyenne européenne. Elle se situe même parmi les pays où la dépense publique est la plus élevée, comme en Finlande (57,5 %). À titre de comparaison, l’Allemagne est à 50,5 %, l’Espagne à 45,3 % et les Pays-Bas à 44,9 %. En 2025, les administrations publiques françaises ont dépensé 1 714 milliards d’euros selon l’INSEE.

On objectera que M. Mélenchon a pris soin de dire « la dépense française de l’État » et non « la dépense publique ». C’est là que réside l’astuce. Prises isolément, les dépenses de l’État ne font effectivement pas de la France une exception : 608 milliards d’euros en 2025, soit 20,6 % du PIB, et 681 milliards, soit 22,7 %, avec les organismes divers d’administration centrale. Mais si ce chiffre paraît raisonnable, c’est pour une raison purement mécanique : en France, l’État ne porte qu’une fraction de la dépense. L’État et ses organismes n’en représentent que 36 %, contre 45 % pour la sécurité sociale et 19 % pour les collectivités locales. Isoler l’État revient donc à retirer du calcul près des deux tiers de la dépense, puis à s’étonner que le reste soit dans la moyenne. C’est soutenir qu’un ménage vit sobrement en ne comptant que ses dépenses de chauffage. Le contribuable, lui, paie l’ensemble.

Il est vrai que la part de l’État dans la dépense publique a diminué. Mais elle a diminué parce que la sécurité sociale et les collectivités ont progressé plus vite que lui, les dépenses locales ayant augmenté de 3,1 points de PIB depuis 1978, pour environ la moitié du fait de transferts de compétences venus de l’État lui-même. Autrement dit, l’État n’a pas dépensé moins : il a déplacé la dépense. En faire une preuve de sobriété budgétaire relève de la prestidigitation, pas de la statistique.

Deuxième affirmation : le « salaire des fonctionnaires » aurait reculé de six points de PIB. Là encore, le chiffre ne résiste pas à la comparaison avec les comptes nationaux et ce qu’indique le RESF. L’indicateur statistique le plus proche est celui des rémunérations des salariés des administrations publiques, qui inclut des salaires mais aussi les cotisations patronales publiques. En 2005, ces rémunérations représentaient environ 13,5 % du PIB. En 2025, elles atteignent 370 milliards d’euros soit environ 12,7 %. La baisse est donc de l’ordre de 0,8 point de PIB, et non de six points. Sur longue période, c’est même l’inverse : hors cotisations de l’État employeur, la masse salariale publique pesait 10,2 % du PIB en 1975 et 10,6 % en 2025.

Troisième affirmation : les dépenses de l’État auraient diminué de sept points de PIB en vingt ans. Là-aussi, c’est une affirmation complètement fausse ! Les dépenses publiques françaises dans leur ensemble représentaient 54,3 % du PIB en 2005, contre 57,3 % en 2025. Sur vingt ans, elles ont donc au contraire augmenté d’environ trois points de PIB, et non diminué de sept. Certes, la période comprend le choc de la crise sanitaire et les années 2020-2022, mais même en prenant 2019 comme point de comparaison, les dépenses publiques atteignaient déjà 55,3 % du PIB, soit un niveau supérieur d’un point de pourcentage par rapport à 2005. En 2005, les dépenses de l’État s’élevaient à environ 388 milliards d’euros. En 2025, elles atteignent 607,7 milliards d’euros, selon les comptes nationaux de l’Insee. Leur progression en valeur est considérable.

Il suffit d’ailleurs de convertir ces prétendues baisses en euros pour en mesurer l’invraisemblance : un point de PIB représente aujourd’hui près de 30 milliards d’euros. Six points de masse salariale en moins, ce serait 180 milliards économisés sur les rémunérations publiques, soit près de la moitié de leur montant. Sept points de dépenses de l’État en moins, ce serait 210 milliards, le tiers du budget de l’État évaporé sans que personne s’en aperçoive.

Ce qui est le plus inquiétant, c’est que Jean-Luc Mélenchon peut dire n’importe quoi. Dans ses meetings et sur les plateaux télé. Et personne ne le reprend.

https:///depenses-publiques-et-salaires-des-fonctionnaires-jean-luc-melenchon-raconte-des-bobards/

*

6 - La généralisation de la facturation électronique : une atteinte à la liberté contractuelle


9 septembre 2026


La réforme française de la facturation électronique, entrée en vigueur le 1er septembre 2026 pour la réception et progressivement pour l’émission selon la taille des entreprises, suscite des critiques quant à son impact sur la liberté contractuelle et les principes libéraux régissant les échanges économiques.

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA en France doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée par l’État. L’obligation d’émission s’applique depuis cette même date aux grandes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire (ETI), tandis que les PME, TPE et micro-entreprises devront s’y conformer à partir du 1er septembre 2027.

Contexte de la réforme

Le dispositif impose le recours systématique à une Plateforme Agréée (PA) pour l’émission, la transmission et la réception des factures électroniques dans des formats structurés (Factur-X, UBL 2.1, UN/CEFACT CII). La DGFiP a publié une liste de 101 premières plateformes agréées, incluant des éditeurs de logiciels de gestion, des opérateurs de dématérialisation spécialisés et des fintechs.

L’intrusion obligatoire d’un tiers dans une relation bilatérale
La liberté contractuelle, principe fondamental du droit des contrats, repose traditionnellement sur la capacité de deux parties (physiques ou morales) à contracter librement de façon bilatérale, sans ingérence extérieure. La réforme de la facturation électronique bouleverse cet équilibre en imposant l’interposition systématique d’un intermédiaire tiers.

Désormais, toute facture B2B émise en France doit transiter par une plateforme agréée, transformant une relation commerciale privée en un échange tripartite sous le contrôle indirect de l’État et d’opérateurs tiers. Cette obligation s’applique sans distinction de taille d’entreprise : la micro-entreprise en franchise de TVA est soumise aux mêmes contraintes que le grand groupe.

Les critiques soulignent que cette intermédiation obligatoire constitue une ingérence disproportionnée dans l’autonomie des parties, qui ne peuvent plus choisir librement le canal de transmission de leurs documents commerciaux. L’article 289 bis du Code général des impôts, dans sa version en vigueur, formule cette obligation sans ambiguïté : l’émission, la transmission et la réception des factures électroniques « s’effectuent en recourant à une plateforme agréée ».

L’imposition de contrats d’adhésion non négociables
Pour pouvoir continuer à facturer et exercer leur activité, les entreprises sont contraintes d’adhérer aux conditions générales fixées par les plateformes agréées. Cette situation soulève des questions sur la liberté de négociation et le consentement des parties.

Les plateformes agréées exercent sous réserve d’une immatriculation officielle auprès de l’administration, nécessitant un dossier technique complet incluant notamment une politique de protection des données conforme au RGPD, une certification ISO/IEC 27001, et un engagement à l’hébergement dans l’Union européenne. Ces exigences, bien que justifiées par des impératifs de sécurité et de conformité, se traduisent par des conditions d’adhésion standardisées que les entreprises ne peuvent pas négocier.

Des professionnels s’interrogent également sur les garanties offertes en matière de protection des données, de cybersécurité et de confidentialité, dès lors que des informations comptables et commerciales sensibles seront confiées à des intermédiaires privés. Cette dépendance technique et contractuelle envers des opérateurs tiers, dont les conditions tarifaires et contractuelles échappent à la négociation individuelle, est perçue par certains comme une forme d’usurpation de consentement.

L’interdiction des supports et modes de validation traditionnels
L’obligation d’emprunter des formats numériques structurés rend de facto illégale la facturation sur support papier ou la signature manuscrite directe pour les transactions B2B concernées. Les cocontractants perdent ainsi la liberté de choisir le support et le canal de transmission de leurs documents commerciaux, même lorsque les deux parties seraient d’accord pour privilégier des méthodes traditionnelles.

Cette uniformisation imposée s’inscrit dans une logique de modernisation administrative et de lutte contre la fraude fiscale, mais elle prive les entreprises de la possibilité d’adapter leurs pratiques facturières à leurs besoins spécifiques ou à leurs contraintes techniques. La réforme ne prévoit pas d’exceptions pour les situations où les parties souhaiteraient recourir à des supports alternatifs, même de manière marginale ou exceptionnelle.

La subordination de la capacité commerciale à l’approbation administrative et technique
La validité et la circulation des factures dépendent désormais du respect de circuits imposés et de la transmission de données à l’administration fiscale. Si une entreprise se voit refuser l’accès aux plateformes agréées ou subit un blocage technique, sa capacité même à contracter et à se faire payer est neutralisée.

Cette dépendance crée une vulnérabilité opérationnelle significative : un dysfonctionnement de la plateforme, un rejet technique ou une suspension administrative peut paralyser l’activité commerciale d’une entreprise, indépendamment de la volonté de ses cocontractants. Cette situation transforme la capacité à facturer en un droit conditionné par le respect de procédures administratives et techniques échappant partiellement au contrôle des parties.

La réforme a d’ailleurs été critiquée à gauche comme à droite, certains y voyant une charge supplémentaire pour les plus petites structures, malgré sa présentation officielle comme une simplification administrative. Des questions écrites ont été déposées par des députés, soulignant les interrogations des professionnels sur les garanties offertes en matière de protection des données et de confidentialité.

Une réforme qui divise
La facturation électronique obligatoire marque une étape dans la transformation digitale des entreprises françaises et facilite la modernisation administrative, mais elle soulève des interrogations techniques, juridiques et organisationnelles auxquelles il est opportun de se préparer. Plus de dix millions d’assujettis à la TVA basculent dans ce nouveau régime à partir de septembre 2026, avec des obligations différenciées selon la taille de l’entreprise et la nature des opérations.

Les critiques formulées à l’encontre de cette réforme touchent à des principes fondamentaux du droit commercial et de la liberté d’entreprendre. Elles interrogent l’équilibre entre les impératifs de lutte contre la fraude fiscale, de modernisation administrative et de protection des libertés économiques individuelles. Le débat reste ouvert sur la proportionnalité de ces mesures et sur leurs conséquences à long terme pour l’autonomie des entreprises dans leurs relations commerciales. En tant qu’expert en finance d’entreprise on ne peut rester que dubitatif sur l’intrusion de l’Etat dans la vie économique.

https://la-generalisation-de-la-facturation-electronique-une-atteinte-a-la-liberte-contractuelle/

*

7 -Incapable de tenir ses comptes, l’État veut faire les poches des épargnants


8 septembre 2026


Le budget 2027 n’est pas encore prêt que, déjà, les « pistes » fuitent. La dernière en date, lancée lundi 7 septembre par le ministre de l’Économie Roland Lescure sur RTL : taxer l’épargne salariale au-delà de 3 000 euros par an. Matignon a aussitôt démenti tout arbitrage, Sébastien Lecornu s’agaçant sur X de « fuites » qui ne sont « ni des annonces ni des ballons d’essai ». Reste que l’idée est sur la table, après le gel des retraites et le rabotage de l’abattement des retraités. La méthode n’est pas nouvelle : on invente de nouvelles taxes.  Dans ce domaine au moins, la France bat des records d’innovation et de productivité !

Ce ne serait pas la première razzia. Fin 2025, la « flat tax » sur les revenus du capital est passée de 30 % à 31,4 % via la CSG, avec une surtaxe portant certains prélèvements à près de 22 %. On avait même voté, avant de l’abandonner, un « impôt sur la fortune improductive » visant les fonds en euros. À chaque budget, l’épargne est la variable d’ajustement.

Or, taxer l’épargne, c’est frapper une deuxième, souvent une troisième fois, un argent déjà imposé. L’épargne n’est pas un privilège : c’est du revenu qu’on a choisi de ne pas consommer, prélevé une première fois à la source, puis de nouveau sur ses fruits, et bientôt sur son stock. On punit très exactement la vertu que l’on prétend encourager : la prévoyance.

L’épargne salariale est, de surcroît, la pire des cibles. C’est l’outil qui associe le salarié à son entreprise, qui permet à un employé modeste de se constituer un capital, et qui alimente l’investissement productif dont la France manque cruellement. La taxer, c’est décourager d’un même geste l’épargne des modestes et le financement des entreprises.

Car le problème n’a jamais été un déficit d’impôts — la France détient le record mondial des prélèvements — mais un excès de dépenses. La France taxe d’ailleurs déjà le patrimoine à hauteur de 3,67 % de son PIB, contre 1,89 % en moyenne dans l’OCDE — près du double. Taxer l’épargne pour combler le trou, c’est soigner le symptôme en aggravant le mal : moins d’investissement, moins de croissance, et cette fuite des capitaux que les chiffres confirment déjà — 800 millionnaires ont quitté le pays en 2025.

À force de rétroactivité et de taxes nouvelles chaque semaine, l’État envoie un message clair à ceux qui mettent de l’argent de côté : ne le faites pas, ou faites-le ailleurs. Le vrai luxe, en France, n’est plus de dépenser : c’est d’épargner sans se faire rattraper. Un État incapable de tenir ses propres comptes ferait mieux de balayer devant sa porte.

https:///incapable-de-tenir-ses-comptes-letat-veut-faire-les-poches-des-epargnants/

*

8 - Les petits cons des écoles sont aujourd'hui devenus des grands cons de professeurs ! et... quand on forme des futurs ministres avec un attardé mental assis derrière son bureau... on voit le résultat !
Le Peuple est des dizaines de millions de fois plus intelligent que le gouvernement, mais ce dernier n'ira jamais demandé la solution de la réponse du résultat au Peuple !

*

9 - La quasi-totalité des Américains en proie à un syndrome de Stockholm nationaliste


Par Gary D. Barnett
GaryDBarnett.com
8 septembre 2026


« La religion d’État de l’Amérique est le "patriotisme", un phénomène qui a convaincu une grande partie de la population que la "trahison" est moralement pire que le meurtre ou le viol. »
~ William Blum

L’un des clichés jingoïstes et dénués de sens auxquels je suis constamment confronté est : « J’aime mon pays. » Ce verbiage est, pour l’essentiel, une absurdité totale qui n’est que rarement définie. Lorsque la plupart des gens utilisent cette expression, aiment-ils le peuple, le territoire, la culture ou le gouvernement ? D’après les milliers de fois où j’ai entendu cette phrase, j’en déduis qu’elle signifie « j’aime mon pays, qu’il ait raison ou tort », ce qui relève du nationalisme pur. J’affirme cela parce que c’est ce que je vois et entends de mes propres yeux et oreilles. C’est pourquoi beaucoup brandissent des drapeaux maculés de sang pour glorifier une guerre d’agression. C’est pourquoi la plupart se tiennent tête nue, la main sur le cœur, durant l’hymne « national » ; c’est pourquoi la plupart jurent une allégeance indéfectible à l’État ; et c’est pourquoi presque tous vouent un culte perpétuel à l’armée ainsi qu’à ceux qui prétendent faussement « servir » le peuple.

Ils disent rarement, voire jamais, qu’ils aiment l’ensemble de la population, car ce n’est pas le cas. Ils disent rarement, voire jamais, qu’ils aiment les paysages ou la culture. Ce cliché est presque exclusivement utilisé pour afficher un faux « patriotisme » envers l’État-nation, signifiant ainsi leur adhésion aux actes commis en leur nom par ceux qui contrôlent cet État. Cela inclut la fiscalité, le vol, la destruction économique, l’inflation, la réglementation, la répression brutale à grande échelle et le bellicisme agressif. En d’autres termes, comme je l’ai déjà mentionné, ils aiment l’État, qu’il ait raison ou tort. Cette attitude relève d’une véritable vénération de la nation et du gouvernement, ce qui est aux antipodes d’un « patriotisme » sincère. À ce stade, l’hypocrisie a pris le dessus.

C’est l’exemple type de ce que l’on appelle le « syndrome de Stockholm », où le « citoyen » (la victime) noue un lien psychologique avec son geôlier, son contrôleur et son maître — en l’occurrence, le gouvernement. Pour voir cette attitude pleinement à l'œuvre, il suffit de regarder ou d'assister à n'importe quel grand événement sportif. Alors qu'un immense drapeau couvrant tout le terrain est déployé, que des avions de chasse survolent le stade et que des soldats sont présents sur la pelouse, chacun reçoit l'ordre de se lever, de se découvrir, de poser la main sur le cœur et de s'incliner collectivement devant l'État. Quatre-vingt mille personnes se lèvent à l'unisson — ne pas se plier à ce troupeau docile et suivre le mouvement peut s'avérer risqué, comme je l'ai constaté à maintes reprises — pour obéir à l'ordre reçu, tout en adoptant une attitude de prière envers une « divinité ». Cette divinité qu'ils vénèrent n'est autre que les États-Unis, dits « unis ».

Il s'agit là d'un endoctrinement de propagande ; c'est ce qu'on nous enseigne, pour ainsi dire, de la naissance à la mort, du berceau à la tombe et de génération en génération, à commencer par le système scolaire public obligatoire géré par l'État. Ce lavage de cerveau est soutenu par les élus locaux, l'État, le gouvernement fédéral et des médias complices. Ce culte de la règle, profondément ancré en chacun, occupe une place prépondérante dans nos vies et explique pourquoi cette population est si facile à abrutir et à contrôler. Comme l'a si bien formulé Jean Baudrillard : « Nous avons affaire à un véritable syndrome de Stockholm à l'échelle des masses — où l'otage devient le complice de son ravisseur — ainsi qu'à une révolution du concept de servitude volontaire et des relations maître-esclave. Lorsque la société tout entière se fait complice de ceux qui l'ont prise en otage, mais aussi lorsque les individus se scindent intérieurement en otage et en ravisseur. » En d'autres termes, vous êtes presque tous des esclaves consentants ; le « pays » que vous prétendez aimer est votre seigneur et maître. Comme le disait Johann Wolfgang von Goethe : « Nul n'est plus désespérément asservi que celui qui croit faussement être libre. » C'est le moment opportun pour aborder ce sujet, alors que des drapeaux maculés de sang flottent tout autour de moi et que ceux qui « se rallient au drapeau » manifestent leur solidarité envers leur État-« dieu » en ce week-end de fête du Travail. Cette journée est censée célébrer les travailleurs, mais dans ce pays, aujourd'hui, chaque fête inventée est transformée en une journée d'adoration de l'État et des bellicistes militaires. On ne manque jamais une occasion d'idolâtrer l'État, mais souvenez-vous toujours que la mafia est plus honnête que n'importe quel gouvernement ; peut-être votre idolâtrie « patriotique » est-elle donc mal placée.

À l'heure actuelle, cet empire odieux qu'on appelle l'Amérique fait la guerre aux quatre coins du monde, mutilant et tuant avec agressivité, le tout en votre nom, avec le fruit de votre labeur, vos richesses et le sang de vos enfants. Il soutient des génocides et détruit les ressources vitales dont vous avez le plus besoin : nourriture, eau et énergie. Vos économies s'amenuisent et la monnaie fiduciaire, sans valeur réelle, est continuellement dépréciée ; la dette se chiffre en centaines de milliers de milliards de dollars et ne cesse de grimper, tandis que vous attendez l'effondrement imminent. Le « grand club » dont vous ne faites pas partie ne se soucie pas de vous, il se fiche éperdument de votre sort ; son seul objectif est de vous contrôler ou de vous éliminer.

Ce pays est en train de se disloquer, et ce processus est intentionnel, planifié et relève du complot. L'objectif — la véritable vue d'ensemble — est d'instaurer un système de gouvernance technocratique ; un système mondialiste mis en place pour s'approprier toutes choses, puis pour établir des zones d'autorité régionales exerçant un pouvoir universel et une domination totale. Pour y parvenir, il faut une numérisation intégrale, un fichage biométrique, une société sans espèces reposant sur des monnaies numériques, ainsi que des environnements de type concentrationnaire où le contrôle devient plus aisé à exercer. Le projet de dépopulation constitue également un volet majeur de ce plan, annoncé depuis des décennies, et les signes manifestes de cette malveillance sont déjà visibles.

Ce phénomène ne se limite pas à notre pays ; il touche le monde entier, simultanément, dans la quasi-totalité des nations. Il s'agit d'un phénomène planétaire. Une telle situation serait impossible sans le contrôle d'une caste dirigeante criminelle — composée de maîtres et de leurs pions ou partenaires issus de la politique, des médias et de l'armée — comme on a pu le constater lors de la fraude monumentale de la fausse pandémie de « Covid », durant laquelle presque tous les pays du monde ont agi de manière identique et simultanée. En somme, tout cela relève d'une entreprise structurée et planifiée de longue date, qui est aujourd'hui en phase de concrétisation.

L'issue de ce complot visant à une prise de pouvoir totale dépend de vous — de chacun d'entre vous en tant qu'individu, et non en tant que masse soumise à un État érigé en « dieu ». S'attacher profondément à son lieu de naissance, à sa culture et à son cadre de vie est naturel ; en revanche, vouer un culte à l'État-nation et à ses gouvernants révèle une folie bien plus profonde, fondée sur l'asservissement plutôt que sur la liberté. À ce stade, les Américains sont des serfs captifs, dépendants d'un système en faillite reposant sur une gouvernance immorale et condamnable.

L'Amérique traverse actuellement les heures les plus sombres de son existence ; cette situation a pu s'installer en raison de la faiblesse et de l'indifférence du peuple américain, et en l'absence de toute résistance légitime. Une opposition individuelle massive est indispensable si l'on aspire à préserver la raison et la liberté. Sans une prise de conscience du fait que la classe dirigeante et le gouvernement de ce pays sont gangrénés par le mal et ne méritent aucun respect, sans comprendre que ce faux « patriotisme » ne mène pas vers l'avenir mais vers l'enfer, nous courons tous vers un asservissement inéluctable ou, pire encore, vers l'anéantissement. Ce « pays » (ou tout autre) ne doit être ni vénéré ni érigé en idole ; il est fait pour y vivre, pour en profiter et pour être protégé contre tous ceux qui prétendraient y exercer leur domination. Les gouvernements — tous les gouvernements — agissent invariablement en geôliers, en contrôleurs et en maîtres ; ils ne méritent jamais d'être associés à l'« amour de la patrie », mais doivent au contraire être traités avec mépris. Le syndrome de Stockholm traduit une instabilité mentale totale, et l'« étatisme » constitue l'incarnation même de ce trouble mental humain, où la captivité est davantage recherchée que la liberté.

« Le nationalisme est une forme d'intolérance instrumentalisée, conçue pour susciter un syndrome de Stockholm chez le bétail. »
Stefan Molyneux

Reprinted with permission from GaryDBarnett.com.


*

10 -La première preuve évidente est la république. Une république est une dictature comme les monarchies ou les empires. Le Peuple doit FERMER SA GUEULE !! Trouvez autour de vous quelqu'un qui demandera la Démocratie ! Ils vous diront tous "On est en Démocratie ! On a même un parti démocrate !!" HAHAHAHA ! Un parti démocrate anti Démocratie ! C'est çà la dictature. 'Vous êtes liiiiibres ! Allez d'un mur à l'autre !'

Ils ne savent pas ce qu'est la Démocratie !

Il n'existe QU'UN SEUL pays au monde en Démocratie !! La Suisse.
En Suisse les suissesses et les suisses proposent elles-mêmes et eux-mêmes LEURS lois et votent elles-mêmes et eux-mêmes LEURS lois !
La cheffe d’État ou le chef d’État ne demeure à ce poste qu'un an. Du 1er Janvier au 31 Décembre.

*

10 articles complets publiés ci-dessus

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Deepfakes, fausses plateformes de trading... IA, la fabrique à arnaques

  https://www.youtube.com/watch?v=SpVkhVU_tiM * 2 - Piratages des sites officiels du gouvernement : ils veulent nos factures. Ils n’arrivent...