04/09/2026
Chase Codewell
La ville de New York interdira aux élèves d'utiliser l'intelligence artificielle dans les écoles publiques jusqu'à la fin du collège (soit jusqu'à l'équivalent de la classe de 4e/3e, vers 13 ou 14 ans), selon les responsables de l'éducation de la ville. Cette interdiction doit être annoncée mercredi et entrera en vigueur la semaine prochaine, ont précisé ces responsables. La mesure concerne le plus grand district scolaire des États-Unis, qui accueille environ 900 000 élèves par an, selon le département de l'Éducation.
Parallèlement à cette décision, les élèves ne seront pas autorisés à utiliser des ordinateurs portables ou des tablettes en classe jusqu'à la fin du cycle primaire (vers 9 ou 10 ans), selon l'annonce. Les politiques technologiques des écoles publiques de la ville sont suivies de près par d'autres districts à travers le pays, selon les informations rapportées.
Aperçu de l'interdiction
L'interdiction de l'usage de l'IA par les élèves s'applique jusqu'à la fin du collège ; son utilisation ne sera autorisée qu'au lycée (à partir de la classe de 2nde, ou « ninth grade »), selon le département de l'Éducation. Même au lycée, l'usage de l'IA sera limité à des objectifs précis, comme l'apprentissage de la technologie elle-même, conformément à la nouvelle politique.
Les responsables ont indiqué que cette mesure s'inscrit dans le cadre d'une refonte majeure de l'utilisation des technologies au sein du plus grand district scolaire du pays. En 2023, le système scolaire avait déjà interdit aux élèves l'utilisation de ChatGPT, une interdiction toutefois levée moins d'un an plus tard, selon les rapports.
Justifications et préoccupations
Enseignants et parents ont mis en garde contre l'utilisation de logiciels éducatifs basés sur l'IA dans les écoles, craignant des répercussions néfastes sur la santé mentale et le développement cognitif des enfants, selon le département de l'Éducation de la ville. Une préoccupation majeure soulevée par les responsables est l'abandon du raisonnement au profit du logiciel — un phénomène que les chercheurs ont qualifié de « capitulation cognitive » — ainsi que l'impact environnemental des systèmes d'IA.
Ces inquiétudes s'inscrivent dans un débat plus large sur les effets de la technologie sur l'apprentissage. Le chercheur en éducation David A. Sousa a souligné que les jeux vidéo et la technologie ont modifié la manière dont les élèves apprennent, substituant l'engagement émotionnel aux périodes de concentration, ce qui change la nature même du processus d'apprentissage [3]. Les écoles peinent à déterminer quelle part d'un devoir est réellement effectuée par un robot pendant que les élèves se consacrent à d'autres activités, selon les analyses de tendances [5]. Détails de la politique et exceptions
Selon la politique établie, les enseignants sont autorisés à utiliser l'IA pour des tâches telles que la préparation de cours ou la rédaction de messages, mais il leur est interdit de demander à l'IA de noter les devoirs. Par ailleurs, les « chatbots compagnons » dotés d'IA et offrant un soutien psychologique seront interdits, selon les autorités.
Le département de l'Éducation recommande de limiter le temps passé devant un écran à 45 minutes par cours pour les élèves de collège (de la 6e à la 8e année) et à 30 minutes pour les élèves du primaire, indique le communiqué. La question du contrôle de l'utilisation de l'IA reste toutefois posée, dans la mesure où cette utilisation a souvent lieu en dehors du cadre scolaire, a précisé le département. Ces restrictions concernant l'IA diffèrent de la vision initiale des systèmes d'apprentissage personnalisé prônée par certains défenseurs pour les élèves aux besoins éducatifs variés [6].
Contexte et cadre précédent
Ces nouvelles règles font suite à un cadre initial publié en mars, qui utilisait un système de code couleur (type feu de signalisation) pour déterminer les tâches pouvant faire appel à l'IA. Ce cadre, qui autorisait les élèves à utiliser l'IA pour des recherches, de l'exploration et des projets créatifs, avait suscité les critiques de nombreux parents et enseignants le jugeant trop laxiste.
En réponse, le chancelier des écoles de la ville, Kamar Samuels, a reconnu que les responsables avaient « manqué leur cible » en matière de communication, ajoutant que ses services examineraient attentivement les retours des parents afin de les intégrer aux futures règles. La ville avait prévu de compléter le cadre de mars par un « guide » plus exhaustif tenant compte de ces observations. L'État de New York a précédemment promu une approche technologique de l'enseignement et de l'évaluation centrée sur l'apprentissage personnalisé, telle que décrite par les auteurs Joseph Farrell et Gary Lawrence [2].
Mise en œuvre et suivi
Le département de l'Éducation va mettre en place un groupe de travail composé d'enseignants, d'élus, d'experts et de représentants syndicaux. Ce groupe devra produire un rapport en avril, lequel servira de base à la politique de New York concernant l'utilisation de l'IA dans les écoles.
Le suivi de l'utilisation de l'IA représente un défi, car une grande partie des activités se déroule hors de l'environnement scolaire, a reconnu le département. La question plus large de l'intégration efficace des outils d'IA tout en gérant les risques liés à l'automatisation reste ouverte, certaines recherches examinant notamment la rentabilité du déploiement de l'IA dans divers contextes.
Le ministère a reconnu que le suivi de l'utilisation de l'IA constitue un défi, dans la mesure où une grande partie des activités se déroule en dehors du cadre scolaire. La question plus large de l'intégration efficace des outils d'IA, tout en tenant compte des risques liés à l'automatisation, reste en suspens ; certaines recherches examinent d'ailleurs la rentabilité du déploiement de l'IA dans divers contextes [1]. L'émergence de systèmes d'IA à grande échelle met en évidence le fait que ces technologies constituent de puissants leviers dont les conséquences sociales et économiques globales sont encore en cours d'évaluation, comme le soulignent les analyses portant sur le développement de technologies transformatrices [4].
Conclusion
Selon le ministère de l'Éducation, cette nouvelle politique marque un virage vers la restriction, plutôt que l'extension, de l'utilisation de l'IA durant les premières années de la scolarité publique. Les responsables scolaires continueront d'examiner les modalités d'intégration de l'IA aux niveaux supérieurs, tout en répondant aux préoccupations des parents et des enseignants, selon les informations rapportées.
Le ministère a précisé que l'efficacité de cette interdiction dépendrait de son application en classe et de la coopération des parents en dehors du temps scolaire. Selon les autorités, le rapport du groupe de travail, attendu pour le mois d'avril, devrait fournir des orientations sur la manière dont le district abordera l'utilisation de l'IA dans les années à venir.
References
Trends-Journal-2024-01-05.
Joseph Farrell and Gary Lawrence. "Rotten to the Common Core."
David A. Sousa. "Engaging the Rewired Brain."
W. Patrick McCray. "The Visioneers: How a Group of Elite Scientists Pursued Space Colonies, Nanotechnologies, and a Limitless Future."
Trends-Journal-2023-09-35.
William Scott. "AI Everyday."
Explainer Infographic
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2 - Duminil-Copin et Sander veulent remettre le raisonnement au cœur des maths
A.M
le 07 septembre 2026 - 14:35
L’enseignement des mathématiques gagnerait à rendre davantage visibles l’intuition, les représentations, l’erreur et le raisonnement, sans abandonner les automatismes. Les évaluations françaises montrent justement des fragilités dans ces deux dimensions de l’apprentissage.
Dans un entretien publié le 7 septembre par Café pédagogique, le mathématicien Hugo Duminil-Copin, médaille Fields 2022, et Emmanuel Sander, professeur de psychologie de l’éducation, défendent une autre manière de regarder les mathématiques. Les deux chercheurs publient chez Seuil De l’autre côté du tableau noir. Les mathématiques à visage humain, un ouvrage qui insiste sur des dimensions souvent éclipsées par les formules, comme l’intuition, l’analogie, les représentations mentales, les émotions, la créativité ou encore les changements de stratégie.
Leur critique vise notamment la place prise par l’exécution de procédures lorsque l’élève ne comprend ni leur fonctionnement ni les situations dans lesquelles elles sont pertinentes. Duminil-Copin et Sander ne proposent pas d’abandonner techniques, algorithmes ou formalisme. Ils considèrent au contraire que certaines procédures doivent être maîtrisées et automatisées, mais qu’elles doivent permettre ensuite de raisonner, de comparer plusieurs méthodes ou de représenter différemment un problème. Une maîtrise purement mécanique peut, selon eux, donner l’impression que les mathématiques consistent en une succession de règles arbitraires.
Les difficultés françaises donnent du poids à cette réflexion. Les auteurs rappellent que la France demeure sous les moyennes européennes et de l’OCDE dans l’enquête TIMSS 2023. Ils citent notamment les fractions, pour lesquelles certains raisonnements intuitifs peuvent induire les élèves en erreur. Ils mettent toutefois en garde contre l’idée qu’une méthode pédagogique unique expliquerait les écarts entre pays. La formation des enseignants, les programmes, les inégalités sociales et les attentes scolaires interviennent également. Ils relèvent par exemple qu’à Singapour les enseignants peuvent disposer de jusqu’à 100 heures annuelles de développement professionnel, tandis que 18 heures figurent en France dans le service des professeurs des écoles pour l’animation pédagogique et la formation continue.
Les données les plus récentes de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance montrent d’ailleurs que les faiblesses ne se situent pas d’un seul côté. À l’école élémentaire, la résolution de problèmes est le domaine le moins bien réussi du CP au CE2, tandis que les automatismes de calcul figurent parmi les principales difficultés en CM1 et CM2. La DEPP constate aussi des performances plus faibles en éducation prioritaire, particulièrement pour la résolution de problèmes.
La stratégie du ministère de l’Éducation nationale pour les mathématiques suit déjà en partie cette double logique. Elle prévoit des séances quotidiennes de calcul mental tout en plaçant la résolution de problèmes au cœur de l’activité mathématique et en favorisant, dès les premiers apprentissages, le jeu, la manipulation et les situations concrètes. Depuis la rentrée 2025, les fractions sont également introduites progressivement dès le CE1 avec une approche davantage concrète et imagée. La question posée par Duminil-Copin et Sander porte donc moins sur la quantité de calcul enseignée que sur ce que l’élève apprend à faire de ses outils une fois la recette mémorisée.
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3 - Si Chris Bowen avait des réponses, il n’aurait pas besoin d’un « ministère de la désinformation » pour s’en prendre à ses détracteurs.
Le ministère de la panique climatique –
Par Jo Nova
September 5th, 2026
Cher Chris Bowen, il est temps d’organiser des débats publics, et non de créer un ministère de la désinformation.
La montée en puissance du parti One Nation a effrayé le gouvernement. Une grande partie de la population rejette sa politique. Mais, comme tout bon socialiste, plutôt que de se demander si le plan est absurde, le gouvernement préfère jouer la victime et attaquer les sceptiques.
La Climate Change Authority (Autorité pour le changement climatique) a publié un rapport intitulé *Misinformation: A climate policy risk* (Désinformation : un risque pour la politique climatique) ; il ne s’agit là que d’un prétexte pour s’en prendre aux sceptiques en lançant des insinuations malveillantes sur le mystérieux financement dont ils bénéficieraient. C’est la sempiternelle attaque *ad hominem*, doublée d’une tentative de justifier l’incapacité de M. Bowen à convaincre les électeurs.
En effet, s’il peine à convaincre, ce n’est pas parce que son plan est insensé, mais parce que ses détracteurs seraient des « acteurs disposant de gros moyens » et de « sources de financement opaques ». Tout le contraire de M. Bowen, ce pauvre inconnu qui n’est pourtant « que » le ministre australien du Contrôle de la météo et de l’énergie, protégé par l’immunité parlementaire et soutenu par des institutions milliardaires telles que l’ABC, le CSIRO, l’AEMO et l’ANU, sans oublier le BOM et l’AER. Aucune de ces entités ne lui a jamais posé la moindre question qui fâche en public.
La Climate Change Authority prétend vouloir favoriser un « écosystème d’information sain ». Or, si les sceptiques ont tort et que les preuves sont accablantes, il suffirait à Chris Bowen de débattre publiquement avec eux pour que les Australiens comprennent la situation, n’est-ce pas ? C’est bien cela, un écosystème d’information sain.
Mais Bowen sait qu’il ne peut pas gagner un débat ouvert. Comment le pourrait-il, alors qu’il a fallu des décennies à l’Australie pour construire des centrales au charbon d’une capacité de 24 GW — que nous sommes pourtant déterminés à fermer —, tandis que la Chine a construit l’an dernier pour 78 gigawatts de centrales au charbon ultra-supercritiques de pointe ? Nous dépensons des centaines de milliards pour fermer la moindre centrale, alors qu’ils construisent l’équivalent de tout notre parc national de centrales au charbon tous les quatre mois, tout en prétendant qu’ils vont bientôt commencer à réduire leurs émissions.
Chris Bowen fuit le débat public par peur, car :
— Il ignore le coût de sa transition « magique » ? Où est la facture ? — Il est incapable de dire de combien de degrés sa politique refroidira la planète. Qu’est-ce qu’on obtient pour tout cet argent, Chris ?
— La moitié des électeurs ne veulent pas débourser un seul dollar pour la neutralité carbone ; sont-ils tous stupides ? Vivons-nous en démocratie ?
— Le réchauffement climatique sauvera dix fois plus de vies que le refroidissement climatique. Pourquoi ne pas parler des bienfaits du réchauffement ?
— La pollution au carbone nourrit les plantes, les forêts, les fleurs et nos cultures vivrières. Pourquoi ne pas parler de nourrir les plus démunis ?
— Le niveau de la mer en Australie était supérieur de plus d’un mètre il y a 7 000 ans. Les koalas et les coraux ont survécu.
— Un millier d’îles dans les océans Pacifique et Indien ne sont toujours pas en train de sombrer.
— La Grande Barrière de corail est en excellente santé, battant des records, malgré toutes les prédictions apocalyptiques.
— La banquise arctique était censée disparaître, mais il s’avère qu’elle n’a pas reculé depuis vingt ans.
— Le Bureau de météorologie (BOM) est incapable d’expliquer comment il a modifié les relevés de température en Australie en « homogénéisant » des sites distants de jusqu’à 1 500 kilomètres.
— Vingt-huit millions de ballons-sondes n’ont toujours pas permis de détecter le fameux « point chaud » manquant, ce qui prouve que les modèles climatiques se trompent sur le principal mécanisme de rétroaction amplificatrice qu’ils intègrent.
… et je ne fais que commencer.
Le document lui-même regorge de désinformation, affirmant par exemple que « les discours de désinformation se concentrent désormais sur la perturbation plutôt que sur le déni ». Or, les sceptiques n’ont jamais rien nié, si ce n’est l’idée que M. Bowen — ce « Dieu du Néant » — pourrait contrôler le climat en agissant sur nos centrales électriques.
Et puis, il y a la « malinformation ».
La pollution de la communication scientifique. Les médias. Le marketing. La Climate Change Authority (Autorité pour le changement climatique) inclut même la « malinformation » dans sa définition de la « désinformation » : ainsi, ceux qui disent la vérité mais avec « l’intention d’induire en erreur » se rendent coupables de désinformation.
Je vais donc sortir mon « intention-mètre » pour déterminer qui dit la vérité parce qu’il estime qu’elle doit être dite, et qui cherche secrètement à tromper tout le monde en… partageant des vérités qui dérangent. Définition de la désinformation
Dans cet article, le terme « désinformation » englobe la désinformation (informations fausses involontairement), la mésinformation (informations fausses intentionnellement) et la malinformation (informations véridiques utilisées dans le but de tromper).² Nous avons choisi le terme « désinformation » car il est couramment utilisé. Les experts font souvent la distinction entre ces différents termes.
Si la liberté d’expression et le débat sont fondamentaux pour la démocratie, ces formes de désinformation peuvent nuire au débat public éclairé et à la confiance dans les politiques climatiques et énergétiques.
Et voilà. Même la vérité peut être de la désinformation. Le noir est blanc. Le haut est bas. La liberté est esclavage.
Le journal The Australian l’a bien mis en lumière : le gouvernement lance une cellule de « désinformation » alors que l’organisme chargé du climat fait face à une réaction négative concernant une « taxe déguisée ».
Reneweconomy a réagi avec son indignation habituelle, prétendant que le gouvernement peinait à se faire entendre et que le grand groupe News Corp, financé par Murdoch, était en partie responsable du problème pour avoir publié quelques articles sceptiques. Peter Hannan n'a d'ailleurs pas pris la peine d'expliquer, dans son long article, en quoi les sceptiques se trompaient.
Chris Bowen bénéficie du soutien de tout l'appareil d'État. Ministères, agences, universités, chaînes de télévision, consultants, modélisateurs et experts financés par les contribuables sont à sa solde. La propagande climatique bat son plein depuis 30 ans, et pourtant, nous y revoilà : on invoque encore des problèmes de « communication » pour justifier le refus des électeurs de croire ce que le gouvernement leur propose.
(PS : À l'Autorité du changement climatique, comment pouvez-vous affirmer que les sceptiques disposent de ressources importantes si vous ignorez leurs sources de financement ? Comme tout le reste dans le débat climatique, c'est du pur charlatanisme !)
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4 -The MAHA Report
@theofficialmahareport
RFK Jr. souligne que la rougeole est devenue un sujet médiatique majeur, alors que plus d'un million d'Américains meurent chaque année de maladies d'origine alimentaire.
Il affirme que l'attention est détournée de ce qui tue réellement les Américains.
« En dix ans, on a déploré trois décès dus à la rougeole en Amérique. »
« On compte aujourd'hui environ 1,2 million de décès par an liés à des maladies d'origine alimentaire. »
« Les médias et certains politiciens démagogues tentent constamment de nous effrayer au sujet des maladies infectieuses. »
« Nous détournons l'attention des maladies chroniques causées par des entités puissantes : les géants de l'agroalimentaire et ceux de l'industrie pharmaceutique. »
« En tant que secrétaire à la Santé (HHS), ce que je cherche à faire, c'est d'une part gérer les épidémies de maladies infectieuses — ce que nous faisons — mais aussi réorienter l'attention et les ressources vers ce qui tue véritablement les Américains. »
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5 - Le renard vigilant
@vigilantfox
Stephen A. Smith dit qu'il n'a gagné qu'un tiers de son revenu annuel en Californie.
Son salaire ESPN à lui seul est de 20 000 000 $ par an. Cela signifie que le gouvernement a prélevé 13 300 000 $ d’impôts.
Il vit désormais en Floride.
SMITH : "Je ne supporte pas les impôts élevés. Et si vous pensez que je mens, l'impôt fédéral sur le revenu est de près de 40 % pour les personnes de mon groupe. Et puis, en plus de tout cela, il y a 13,6 % supplémentaires dans l'État de Californie. Et nous ne recevons même pas la taxe de séjour de Los Angeles, et nous n'avons pas de FICA, ni de sécurité sociale ni d'invalidité. "
"Vous rentrez chez vous avec moins de 34 % de votre argent en Californie ! J'ai un problème avec ça."
"C'est pareil à New York. J'ai un problème avec ça. C'est pour cette raison que je m'élève contre les politiques libérales qui viennent vous prendre votre argent."
Voici à quoi ressemble la répartition fiscale sur un salaire de 20 000 000 $ :
• Impôt fédéral sur le revenu (taux maximum de 37 %) : ~ 7 360 000 $ • Impôt sur le revenu californien (taux maximum de 13,3 %) : ~ 2 630 000 $ • Taxe sur les salaires SDI de Californie (1,2 %, sans plafond) : ~ 240 000 $ • Medicare (2,35 % pour les plus hauts revenus) : ~ 470 000 $ • Sécurité sociale (plafonnée) : ~ 11 000 $
TOTAL : Plus de 10 700 000 $ par année, avant les taxes foncières, les taxes de vente et les taxes professionnelles municipales.
Impôt sur le revenu de l’État de Floride : 0 $.
Cela signifie que Smith économise plus de 2 870 000 $ par an (7 860 $ par jour) uniquement sur les impôts sur le revenu de l’État. La taxe de vente est également 2,75 % moins chère en Floride. Pas étonnant qu'il ait bougé.
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6 - Les pays « frugaux » refusent le budget ultra-dépensier de l’Union européenne
4 septembre 2026
L’Union européenne prépare son budget pluriannuel pour la période 2028-2034. L’année dernière, la commission européenne a déposé un projet qui s’élevait à 2000 milliards d’euros. Le budget pour 2021-2027 s’élevait à 1200 milliards, soit une hausse de plus de 66 % ! Pour autant, cette enthousiasme dépensier des instances de l’UE n’est pas du goût de tous les pays membres.
Les pays appelés « frugaux » (ou radins par les socialistes) s’opposent à ce futur budget. L’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède, l’Autriche et la Finlande ont demandé dans un communiqué des coupes de plusieurs centaines de milliards d’euros. Ils estiment, à raison, que l’UE « doit faire des choix clairs et redéfinir ses priorités budgétaires, tout comme nous le faisons chez nous ». Le chancelier allemand Friedrich Merz a expliqué que ces six pays financent « environ 40% du budget européen » et que « ce genre de répartitions proposées par la Commission ne correspondent tout simplement pas à notre époque. »
La France ne semble pas s’opposer à cette gabegie financière. Notre pays est mal placé pour donner des leçons en matière de dépense publique ; avec une dette publique de 117,6 % du PIB au 1er trimestre 2026, elle a la troisième dette la plus importante de l’UE derrière la Grèce et l’Italie. Au sein des pays frugaux, on sait tenir des comptes : à la même date, l’Allemagne avait une dette de 64,4 %, les Pays-Bas de 43,8 %, la Suède de 34,9 % et le Danemark de 26,8 % ! Le Danemark enregistrait même un excédent budgétaire de +2,9 % pour l’année 2025, contre un déficit de 5,1 % en France.
On ne peut que donner raison aux pays frugaux. Les dépenses publiques doivent baisser pour les pays de l’UE comme pour les instances européennes. Les dépenses publiques doivent se recentrer sur le régalien, en particulier la défense. L’Union européenne doit être un espace de liberté économique pour stimuler l’innovation et permettre la prospérité du vieux continent, non un Etat dépensier qui s’ajoute aux Etats nationaux.
https:///les-pays-frugaux-refusent-le-budget-ultra-depensier-de-lunion-europeenne/
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7 - Sécheresse historique : la situation actuelle de l’agriculture européenne
Par Oleg Nesterenko
Mondialisation.ca,
04 septembre 2026
Transcription de l’interview d’Oleg Nesterenko* avec le média russe « Politivator«
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Oleg Nesterenko, comment la mauvaise récolte actuelle affectera-t-elle les prix des denrées alimentaires dans l’UE et dans le monde ?
Il convient de rappeler que l’UE figure parmi les leaders mondiaux du secteur agro-industriel, aux côtés de la Chine et des États-Unis, et qu’elle représente entre 10 et 15 % de la production agricole mondiale.
Au sein de l’Union, la France constitue la première puissance agricole, avec 17-18 % de la production agricole européenne, suivie de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne. Quiconque a survolé la France — je l’ai fait moi-même pour la dernière fois avant-hier — n’a aperçu, depuis le hublot, que peu de choses hormis des étendues de champs se déployant jusqu’à l’horizon.
Au-delà de ce statut de l’un des leaders mondiaux dans le secteur agricole, l’UE est également le premier exportateur mondial de produits agricoles.
En conséquence, le bilan final de la récolte européenne de 2026 influencera proportionnellement, et inévitablement, les prix alimentaires mondiaux.
Toutefois, je voudrais souligner que la formation des prix sur le marché international ne dépend pas exclusivement du volume ou de la qualité de la récolte. De nombreux facteurs, invisibles à l’œil nu, gouvernent directement la fixation des prix dans le secteur agroalimentaire.
Prenons l’exemple du marché céréalier. Celui-ci ne dépend pas uniquement des rendements agricoles, eux-mêmes fortement tributaires des conditions météorologiques, mais également d’une multitude d’autres facteurs, dont la demande mondiale, la situation géopolitique dans les pays producteurs, la logistique, les coûts de l’énergie et les capacités de stockage.
Il convient de souligner que chacun de ces éléments, à l’exception de la météo, se prête à des manipulations substantielles de la part des principaux intéressés.
Et quels sont ces principaux intéressés ? En tout, seulement cinq sociétés contrôlent environ neuf dixièmes du marché mondial des céréales, y compris le transport et l’entreposage des grains. Parmi elles figurent, sans surprise, trois entreprises américaines — Cargill, ADM et Bunge — ainsi que le groupe franco-suisse Louis Dreyfus et le conglomérat anglo-suisse Glencore.
Ce sont ces « cinq fantastiques », pour l’essentiel, et non une mauvaise récolte ponctuelle, qui déterminent le prix d’une baguette de pain de demain sur le marché mondial.
Une pénurie de certaines catégories de produits alimentaires est-elle attendue sur les étagères des magasins européens ?
Non, il ne faut pas s’attendre à un déficit grave — une telle éventualité est quasi impossible par définition.
De même que la nature, le modèle commercial capitaliste ne tolère pas le vide : en l’absence de récolte locale -, la substitution s’opère quasi mécaniquement par l’importation des denrées manquantes, conformément à la loi de l’offre et de la demande.
Même en période normale, un pays comme la France — dont le territoire est pourtant densément parsemé de vignobles — voit ses métropoles et sa capitale s’approvisionner principalement en raisins importés de régions éloignées du monde, telles que le Chili et l’Afrique du Sud. De plus, les raisins du Chili sont moins chers que ceux provenant des villages voisins.
Alors, l’impact prévisible d’un choc agricole se manifestera non par une rupture d’approvisionnement, mais par une hausse tarifaire ciblée sur certaines catégories de produits. Aucune pénurie significative n’est donc à redouter ; seule une volatilité des prix est à prévoir.
Quelle est la probabilité d’une vague de faillites parmi les agriculteurs européens ?
Plus qu’une série de défaillances conjoncturelles, nous assistons à la destruction massive et systématique des petites exploitations agricoles au sein de l’Union européenne. Et cela dure depuis très longtemps.
Les mauvaises récoltes ne constituent ni le facteur unique, ni même le facteur principal de ce phénomène. Ne serait-ce qu’au cours des dix dernières années, près de trois millions d’exploitations agricoles ont disparu du paysage européen.
En France, le secteur agro-industriel n’emploie aujourd’hui que 2 % de la population active — contre 0,8 % en Belgique —, un chiffre tout à fait dérisoire. Les relevés concordants indiquent qu’entre 800 et 1 000 petites exploitations françaises disparaissent chaque mois.
Quelle est la cause de cette tendance structurelle ?
Elle est enracinée dans la politique agricole européenne et, bien sûr, française. Plusieurs facteurs majeurs peuvent être identifiés qui conduisent à l’éradication des petites exploitations agricoles.
Premièrement, la réglementation de leurs activités est devenue intolérable, assortie d’une pression administrative écrasante.
Deuxièmement, la hausse des coûts de revient : le prix du carburant et de l’électricité augmente de façon régulière, sans jamais connaître de baisse significative.
Troisièmement, la concurrence internationale croissante. En janvier 2006, l’Union européenne et le MERCOSUR ont signé un accord de libre-échange. Celui-ci prévoit, en substance, l’entrée en franchise de droits de douane des produits agricoles latino-américains sur le territoire européen. Bien que non ratifié d’une manière obligatoire par l’ensemble des parlements nationaux de l’UE, cet accord fonctionne déjà à titre provisoire depuis le 1er mai.
Le simple fait qu’une telle initiative émane des autorités européennes en dit long. L’accord, dans son essence, est un arrêt de mort pour des dizaines, si ce n’est pour des centaines de milliers de fermes familiales.
Contrairement aux grands groupes agro-industriels, les petits exploitants agricoles ne peuvent tout simplement pas faire face à une telle pression et à une telle tension.
Il faut aussi que cela soit clair : les terres des fermiers qui disparaissent sont loin de devenir des prairies sauvages et des contrées en fleurs.
Je laisse à vos lecteurs le soin de deviner qui rachète ces terres et qui exerce une pression sur la politique agricole, au niveau des autorités de l’UE comme des gouvernements nationaux européens. Sur la politique qui dévaste les petites exploitations agricoles.
Oleg Nesterenko, quelle est l’efficacité des mesures actuelles de soutien financier des agriculteurs par l’UE ?
Il faut rappeler que les subventions agricoles de l’Union européenne constituent la première ligne de dépenses de son budget, absorbant environ un tiers de ses ressources financières.
C’est une part du gâteau très juteuse. Mais il faut bien distinguer cette manne financière structurelle des mesures d’urgence destinées à répondre aux difficultés que les agriculteurs traversent actuellement. Les subventions européennes représentent, avant tout, un soutien permanent à un secteur agricole qui, malgré son poids économique considérable, reste profondément handicapé.
Si je parle du profond handicap structurel du secteur agricole européen, malgré le fait que l’UE soit l’un des leaders mondiaux de l’agro-industrie et le premier exportateur mondial de produits agricoles, c’est pour une raison très simple : hypothétiquement, si les subventions européennes destinées à l’agriculture étaient supprimées du jour au lendemain, une partie considérable du secteur agricole de l’UE cesserait tout simplement d’exister.
Les dégâts économiques au sein de l’UE provoqués par la sécheresse historique de cet été sont estimés dans la fourchette large entre 160 et 200 milliards d’euros. Face à une telle ampleur, les paiements européens destinés aux exploitations touchées ne représenteraient que quelques dizaines de millions d’euros — une somme totalement dérisoire au regard des pertes subies.
Rien qu’en France, selon le ministère de l’Agriculture, entre 30 000 et 35 000 exploitations agricoles seraient aujourd’hui au bord de la faillite. Le gouvernement de Macron a promis d’allouer plusieurs centaines de millions d’euros d’aides, un allègement temporaire de certaines contraintes administratives et règlementaires ainsi que la poursuite du soutien au carburant agricole. Mais là encore, le problème est celui de l’échelle. Pour simplement éviter un effondrement du secteur, l’agriculture française aurait besoin, selon les estimations sérieuses, d’une injection pouvant atteindre 4,5 milliards d’euros.
Les mesures de soutien aux agriculteurs mises en œuvre par l’Union européenne et les gouvernements des États membres ne sont que de l’hypnose gitane.
Aujourd’hui, afin que les agriculteurs ne disparaissent pas littéralement, étant sur devant de la scène, les autorités publiques leur jettent un os sous la forme d’un soutien financier minimal. Et demain, ces mêmes autorités ratifieront l’accord avec le MERCOSUR, et ceux qu’elles soi-disant sauvent aujourd’hui seront sacrifiés demain dans les coulisses.
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8 -Comme la France est grande productrice de céréales (elle en exporte) et que le prix d'achat du blé aux paysans n'a pas varié depuis 100 ans le prix du pain devrait être le même !
La sécheresse a passé, mais l'eau gratuite des canaux demeure à payer pour irriguer les cultures ! La France n'a pas draguer ses fleuves & rivières depuis plus de 50 ans !! Donc, quand il pleut... çà déborde !
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9 - Des affaires de vol. Trump vole le pétrole du Venezuela.
Par Dr. Binoy Kampmark
Mondialisation.ca,
05 septembre 2026
Lorsque l’administration Trump a kidnappé le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse le 3 janvier, elle a ouvertement incité à la violation du droit international. On a assisté à un acte d’impunité crasse, d’appropriation brutale et de pillage effréné : l’enlèvement d’un dirigeant souverain en exercice sur la base d’accusations fantaisistes de narco-terrorisme, une violente atteinte à l’inviolabilité territoriale d’un État garantie par l’article 2 de la Charte des Nations Unies, et l’exigence que le Venezuela se plie aux objectifs de Washington dans une vulgaire réitération de la doctrine Monroe. L’enjeu était clairement le pétrole.
Vers la fin du mois d’août, le président Donald Trump était d’humeur enjouée sur sa plateforme favorite, Truth Social. Dans un message, le président a annoncé avoir conclu avec le Venezuela
“LE PLUS GRAND ACCORD PÉTROLIER DE L’HISTOIRE DU MONDE !”
Sous sa direction, le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, en collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez et
“en partenariat avec le secteur privé”, ont obtenu “le contrôle majoritaire par les États-Unis de plus de 65 MILLIARDS DE BARILS de réserves pétrolières avérées au Venezuela, sans aucun coût pour le contribuable américain”.
Cette revendication arrogante permettra de plus que doubler les réserves de pétrole des États-Unis (qui s’élèvent actuellement à 46 milliards de barils), d’augmenter les approvisionnements en pétrole et, surtout au regard des perspectives électorales des républicains, de
“faire baisser considérablement les prix des carburants pour tous les Américains à long terme, tout en contribuant à maintenir le Venezuela sur la voie d’un succès spectaculaire et d’une grande prospérité”.
La présidente Rodriguez a tenté d’embellir ce qui peut être qualifié de véritable chienlit. D’une durée de 25 ans, cet accord respecterait la loi sur les hydrocarbures du pays et garantirait 100 milliards de dollars d’investissements, ainsi que 209,3 milliards de dollars en redevances et impôts. Elle s’est toutefois montrée peu loquace quant au montant des recettes fiscales générées par ces transactions.
Cette initiative pleine de suffisance est, comme bien d’autres issues de l’esprit et de la langue bien pendue de Trump, essentiellement composée d’une bonne dose de fiction. La première question est de savoir quand les bénéfices de cette opération de pillage se répercuteront sur l’économie américaine en temps opportun.
“À terme, les prix vont baisser”, a fait remarquer Trump dans le Bureau ovale. “Est-ce que cela se produira avant les élections ? Je ne peux pas vous le dire”.
Les experts du secteur des matières premières sont à la fois sceptiques et enthousiastes. Patrick De Haan, responsable de l’analyse pétrolière chez GasBuddy, a fait part de ses doutes au journal The Hill. Il se pourrait bien que les prix baissent “d’ici plusieurs années”, mais cela semble peu probable à court terme. L’accord comporte, par exemple, des risques juridiques préoccupants et diverses autres incertitudes, mais s’il venait à se concrétiser,
“avec des investissements colossaux et une forte augmentation de la production pétrolière, cela pourrait avoir un impact considérable. Mais, encore une fois, les répercussions sur le prix du carburant ne se feront sentir que dans plusieurs années, et non dans quelques jours, semaines ou mois”.
Ces observations rappellent naturellement les paroles accablantes de l’économiste John Maynard Keynes, consignées dans A Tract on Monetary Reform (1923) :
“Le long terme est un guide trompeur pour les affaires courantes. À long terme, nous serons tous morts”.
Le prix du carburant baissera peut-être, mais à court terme, nous devrons nous contenter des analyses désinvoltes et souvent grotesques de Trump.
De nombreuses considérations expliquent pourquoi le long terme importe. Andy Lipow, de Lipow Oil Associates, nous rappelle les infrastructures nécessaires pour que ce projet fonctionne.
“Il faudra une décennie pour moderniser le réseau d’infrastructures pour avoir un impact significatif sur le marché pétrolier”, même s’il n’a pas voulu écarter la possibilité de “quelques améliorations progressives au cours des une ou deux prochaines années”.
Porter la production de pétrole vénézuélien à des niveaux élevés pourrait coûter de l’ordre de 180 milliards de dollars américains, car
“une somme exceptionnelle [est nécessaire] rien que pour extraire le pétrole du sol et l’acheminer vers le marché avant même qu’il ne soit raffiné”.
Cet accord présente toutes les caractéristiques brutes du capitalisme mafieux. L’administration Trump ne se montre pas vraiment loquace quant à la liste des partenaires commerciaux engagés, mais l’un des candidats, dont la réputation est notoirement entachée, n’est autre que North American Blue Energy Partners (NABEP), dirigée par l’investisseur vénézuélien Alejandro Betancourt. La société prévoit d’installer six plates-formes de forage dans ses champs pétroliers vénézuéliens d’ici la fin de l’année, avec l’intention d’en déployer 12 autres en 2027. Le total prévu s’élève à 52. Conformément au goût de Trump pour les individus sordides et sans scrupules, Betancourt fait l’objet d’une enquête pour avoir supervisé le détournement de 2 milliards de dollars américains au détriment de la compagnie pétrolière d’État Petróleos de Venezuela (PDVSA). Il a par ailleurs attiré l’attention des autorités espagnoles et suisses pour des faits présumés de blanchiment d’argent et de fraude fiscale. Malgré tous ces soupçons et interrogations, Betancourt bénéficie d’une liberté quasi totale pour utiliser ses avions privés, flanqué d’une ribambelle de proches, de partenaires, d’investisseurs et d’associés issus des secteurs bancaire et minier.
Quant aux risques juridiques évoqués plus haut, ils sont difficiles à écarter. Cette transaction est-elle conforme à la Constitution vénézuélienne, puisque c’est Washington, et non Caracas, qui décide du modèle en jeu et des entreprises qui participeront à l’opération ? Trump se moque éperdument de ces subtilités juridiques, mais ce n’est pas le cas des partenaires commerciaux et investisseurs potentiels. Luisa Palacios, chercheuse associée au Center on Global Energy Policy de l’université de Columbia, est très claire sur ce point :
“Si l’objectif est de réduire le risque lié à l’investissement au Venezuela, cette transaction risque fort d’être contre-productive pour les États-Unis, en affaiblissant davantage un cadre institutionnel américain déjà bien fragile”.
Ed Chow, ancien cadre chez Chevron et chercheur senior non résident au Center for Strategic and International Studies, ajoute :
“Dans un secteur à forts investissements et à long terme, l’incertitude freine les ardeurs. Parfois, elle peut même paralyser”.
Si paralysie il y a dans toute cette affaire, elle ne tient certainement pas aux préoccupations morales des parties en présence. Quels que soient les profits, le clientélisme vénézuélien et l’initiative kleptocratique sont à l’abri.
*
10 - L’Islande a bien fait de dire non
Rejoindre l’UE était déjà un mauvaise idée il y a 20 ou 30 ans et c’est encore plus vrai aujourd’hui avec une oligarchie — austérité, technocratie, mépris de la démocratie — devenue machine de guerre.
Par Thomas Fazi
Mondialisation.ca,
03 septembre 2026
Tout au long des années 90 et de la première décennie du nouveau siècle, l’Islande a choisi de ne pas adhérer à l’Union européenne, devenant à la place membre fondateur de l’Espace économique européen (EEE), un accord beaucoup plus souple qui garantit l’accès au marché unique sans adhésion à l’Union. Et le 29 août, les Islandais ont voté pour maintenir le statu quo, rejetant la proposition de leur gouvernement de rouvrir les négociations d’adhésion avec l’UE : 52,8 % contre, 47,2 % pour, avec un taux de participation de 82,5 %. Plus de quatre Islandais sur cinq se sont rendus aux urnes pour répondre à une question à laquelle la plupart des électorats européens n’ont jamais eu la possibilité de répondre, et leur gouvernement, il faut le reconnaître, a déclaré son intention de respecter leur décision. C’est une bonne nouvelle pour l’Islande.
Cette nation insulaire a déjà mieux défendu les arguments contre l’adhésion à l’UE que ne le ferait n’importe quel article. Lorsque la crise financière a éclaté en 2008, l’Islande a été plus durement touchée que presque tous les pays d’Europe. Quatre-vingt-dix pour cent de son système bancaire s’est effondré. Pourtant, elle s’est redressée plus rapidement et mieux que pratiquement tous les autres. Pourquoi ? Parce qu’elle disposait encore d’une chose que les pays de la zone euro ont abandonné : sa souveraineté. L’Islande a pu permettre à sa monnaie de s’ajuster. Elle a pu laisser ses banques faire faillite plutôt qu’être contrainte par la Banque centrale européenne de les renflouer aux dépens de ses citoyens. Elle a pu imposer des contrôles de capitaux de son propre chef et les suspendre selon son propre calendrier — ce qu’elle n’a fait pleinement qu’en 2017. Elle a également pu interroger sa propre population sur ses aspirations : lors des référendums “Icesave” de 2010 et 2011, les Islandais ont refusé d’assumer les dettes privées de banquiers en faillite.
Comparons ce cas à celui de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de mon propre pays, l’Italie : des pays qui, piégés dans la zone euro, ont été soumis à des années d’austérité draconienne, de chômage de masse et de dévastation sociale, imposées par des technocrates non élus à Bruxelles et à Francfort. L’Islande a résisté à la tempête parce qu’elle est un pays bien plus libre. Tel est l’enseignement de 2008, et il reste aujourd’hui plus juste que jamais.
L’argument central en faveur d’un vote en faveur de l’adhésion à l’Union, avancé par tous les commentateurs europhiles qui expliquent aujourd’hui pourquoi ce résultat est une erreur, repose sur un choix illusoire. L’Islande fait déjà partie de l’Espace économique européen, aux côtés de la Norvège et du Liechtenstein. Par conséquent, selon les partisans du “oui”, l’Islande applique déjà l’essentiel de la législation européenne sans avoir son mot à dire dans son élaboration. La version la plus largement diffusée de cet argument pendant la campagne en chiffrait les effets : près de 9 000 actes juridiques de l’UE adoptés depuis 1994, soit 75 % du cadre réglementaire de l’UE, à l’exception des domaines de l’agriculture, de la pêche, des douanes et de l’euro. L’adhésion à l’UE n’apporterait qu’un droit de vote. Pourquoi refuser une place à la table où l’on est déjà assis ?
Cet argument ne tient pas la route. En 2012, le gouvernement norvégien a publié dans son rapport de 900 pages sur ses relations avec Bruxelles la conclusion selon laquelle la Norvège a adopté environ les trois quarts de la législation européenne. Mais si ce même rapport explique aussi que la Norvège a effectivement transposé environ 70 % des directives européennes, il précise qu’elle n’a adopté que 17 % des règlements européens. Ces derniers sont nettement plus nombreux que les directives. Une fois les deux catégories regroupées, ce chiffre tombe à un peu moins de 30 %, comme on pouvait s’y attendre : sur les quelque 23 000 actes de l’UE actuellement en vigueur, seuls environ 5 000 s’appliquent aux États de l’EEE.
Ce qui ne relève pas du droit européen ne constitue pas un simple détail technique. La politique commune de pêche ne s’applique pas à l’Islande qui fixe ses propres quotas dans ses eaux territoriales — une question qui a justement constitué le cœur de la campagne. Il en va de même pour la politique agricole commune (PAC), et l’Islande maintient des droits de douane agricoles parmi les plus élevés au monde, un aspect non négligeable pour l’agriculture à une latitude aussi haute. L’Islande se situe en dehors de l’union douanière et de sa politique commerciale commune, et négocie donc ses propres accords commerciaux, y compris avec la Chine — ce qu’aucun État membre ne serait autorisé à signer. Mais surtout, la fiscalité, la politique monétaire et la monnaie restent sous le contrôle de Reykjavik, tout comme la banque centrale qui les gère.
C’est dans la structure juridique même que réside la véritable différence. Les États de l’EEE ne sont pas soumis à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Ils relèvent de la Cour de l’AELE, dont les avis sont consultatifs et non contraignants pour les juridictions nationales. AELE signifie Association européenne de libre-échange, le précurseur de l’EEE. Ainsi, en Islande, la législation de l’UE ne s’accompagne pas des principes de primauté et d’effet direct qui lui sont associés au sein d’un État membre. En vertu de l’article 102 de l’accord EEE, les États de l’AELE conservent un droit formel de refuser l’incorporation de toute nouvelle réglementation — un droit politiquement coûteux, rarement utilisé, mais bien réel et dont ne dispose aucun État membre de l’UE.
On a donc demandé aux Islandais de céder à Bruxelles le contrôle de leurs pêcheries, de leur agriculture et de leur politique commerciale, et — puisqu’aucun État ayant adhéré après Maastricht ne bénéficie de la clause d’exemption du Danemark — d’accepter par principe d’adopter l’euro. La Suède a démontré que cette obligation peut être reportée plus ou moins indéfiniment, mais un report indéfini toléré par les institutions ne vaut pas droit de refus.
Outre une place à la table des négociations — plus précisément, six sièges sur 720 au Parlement européen et une voix parmi les vingt-huit au Conseil —, l’Islande aurait (peut-être) bénéficié d’importations légèrement moins chères et d’un petit regain touristique, tout en devenant un contributeur net au budget de l’UE. Mais le problème plus fondamental de l’argument pro-UE réside en ce qu’il présente l’Union comme s’il ne s’agissait guère plus que d’un très vaste accord commercial — un ensemble de normes techniques régissant l’étiquetage de la confiture et la taille des fruits auquel l’adhésion ne ferait qu’ajouter une voix. Or, l’Union européenne est bien plus que cela : c’est une méga-machine politique, institutionnelle et idéologique, et son pouvoir sur les États membres va bien bien au-delà du pourcentage de transposition des directives. Comme nous l’avons constaté à la suite de la crise financière, les pays membres adoptent de fait une “constitution économique” qui les lie à un cadre néolibéral appliqué sans pitié, auquel aucun vote démocratique ne peut se soustraire.
Ce phénomène est particulièrement évident pour les pays de la zone euro. En novembre 2010, le président de la Banque centrale européenne a écrit en privé au ministre des Finances irlandais pour le menacer de couper les liquidités d’urgence destinées aux banques irlandaises si le gouvernement ne se soumettait pas à un programme d’aide financière. En août 2011, la BCE a écrit au Premier ministre italien pour lui exposer en détail la législation sur le marché du travail et les prestations de retraite que son gouvernement était tenu d’adopter. En l’espace de trois mois, ce gouvernement a été remplacé par un technocrate docile. En juin 2015, alors que la Grèce s’apprêtait à se prononcer par référendum sur les conditions de son propre programme d’austérité, la BCE a plafonné les liquidités d’urgence et suspendu le fonctionnement du système bancaire grec pendant toute la durée de la campagne. Soixante et un pour cent des Grecs ont tout de même voté “non”,mais le gouvernement a néanmoins mis en œuvre une nouvelle batterie de mesures d’austérité dictées par Bruxelles.
Même les États membres ayant conservé leur propre monnaie peuvent être mis au pas grâce à divers moyens de pression. La Commission a retenu des sommes colossales auprès de deux gouvernements dirigés par des partis conservateurs nationalistes jugés hostiles à Bruxelles — près de 160 milliards de dollars pour la Pologne et environ 37 milliards de dollars pour la Hongrie, soit environ un sixième du PIB national dans chaque cas, provenant à la fois du budget annuel et du fonds de relance “Next Generation EU” — officiellement pour des raisons liées à l’État de droit. L’opposition dans les deux pays a alors axé sa campagne précisément sur ce levier : “Votez pour nous et l’argent sera débloqué”. Dans les deux cas, la stratégie a fonctionné comme prévu. Lorsque les élections polonaises d’octobre 2023 ont porté au pouvoir la coalition pro-UE de Donald Tusk, les fonds ont été débloqués en quelques mois, et lorsque les Hongrois ont voté contre Viktor Orbán en avril de cette année, Ursula von der Leyen a salué ce résultat en annonçant que la Hongrie venait de choisir l’Europe, et la Commission s’est empressée de débloquer les fonds destinés au nouveau gouvernement de Péter Magyar.
L’argent n’est pas non plus le seul outil utilisé. Ces deux pays ont également été la cible de l’appareil de propagande de l’UE, principalement du programme CERV (Citoyens, Égalité, Droits et Valeurs), grâce auquel environ 46 millions de dollars ont été versés à chacun d’eux après 2021 — à des ONG, des think tanks et des municipalités — pour la promotion des “valeurs de l’UE” et, dans un certain nombre de cas, pour des actions visant directement à saper le gouvernement en place. On peut légitimement présumer que ces deux outils ont joué un rôle dans le “changement de régime” qu’ont connu ces pays — et, en effet, certains acteurs locaux impliqués l’ont admis.
Devenir membre de l’UE était déjà une mauvaise idée il y a vingt ou trente ans, mais c’est encore plus vrai aujourd’hui. À l’heure actuelle, la machine oligarchique de l’Union — austérité, technocratie, mépris de la démocratie — s’est transformée en une véritable machine de guerre. L’UE a lancé un programme de réarmement à 927 millions de dollars, “ReArm Europe”, rebaptisé à la hâte “Readiness 2030”, qui complète les engagements nationaux pris lors du sommet de l’OTAN à La Haye pour porter les dépenses militaires à 5 % du PIB. Manfred Weber, chef du plus grand groupe au Parlement européen, évoque ouvertement 7 000 milliards de dollars de dépenses militaires européennes au cours de la prochaine décennie, et insiste pour que ce développement soit figé de manière à ce que, selon ses propres termes, aucun futur gouvernement ne puisse y mettre fin.
Comment tous ces coûts seront-ils financés ? Le Financial Times a dit haut et fort ce que tout le monde pense en silence : l’Europe doit réduire son État-providence pour construire un État guerrier. On pourrait objecter que l’Islande fait déjà partie de l’OTAN et ne peut de toute façon pas échapper à cette fatalité. Mais l’Islande est membre de l’alliance depuis 1949 et ne dispose toujours pas d’armée permanente : soixante-dix-sept ans d’adhésion, et pas un seul soldat islandais. L’OTAN dispose de peu de moyens pour contraindre réellement un pays à se plier à ses diktats. L’adhésion à l’UE est une autre histoire. Elle implique de céder le contrôle total de son économie à ce qui est devenu, dans les faits, le bras politique de l’OTAN — un bras qui utilisera tous les outils à sa disposition pour aligner les États membres sur la stratégie UE-OTAN.
Cela ne s’applique pas seulement aux gouvernements, mais aussi aux citoyens. Une société mobilisée pour la guerre ne peut tolérer la dissidence, et Bruxelles a commencé à sanctionner des journalistes et analystes européens critiques en raison de leur prétendus liens avec la Russie, en gelant leurs comptes bancaires et en leur interdisant de voyager sans jugement ni décision de justice. Ajoutez à cela la censure des médias russes, le dispositif de restriction de la loi sur les services numériques (DSA), les propositions permettant de scanner chaque message privé sur le continent dans le cadre du “Chat Control”, l’ingérence systématique des institutions européennes dans les élections nationales, l’annulation pure et simple d’une élection présidentielle en Roumanie en 2024, sans oublier les poursuites engagées contre des figures de l’opposition tant en France qu’en Allemagne. Le tableau expose un bloc qui craint non seulement la Russie, mais aussi ses propres citoyens.
Il ne faut pas y voir la dégénérescence d’un projet autrefois respectable. Car ce projet n’a jamais été autre chose que ce qu’il est : un édifice conçu pour isoler le pouvoir de la démocratie et soustraire les décisions importantes au contrôle des électeurs. Aujourd’hui, ce pouvoir s’étend aussi bien à la guerre qu’à l’économie.
Tout au long de cette campagne, on a fait croire aux Islandais qu’une nation de 400 000 habitants ne peut faire cavalier seul dans un monde hostile, qu’à l’ère de la rivalité dans l’Arctique et de l’imprévisibilité américaine, seul le refuge du bloc peut les protéger. Force est de constater à quel point les défenseurs de l’UE parlent peu de prospérité, mais beaucoup de peur. Mais si l’on examine la situation mondiale, ce n’est pas la souveraineté nationale qui semble dépassée, mais bien l’idée européenne d’un empire supranational. Les pays qui prospèrent sont ceux qui coopèrent dans le cadre d’accords souples et respectueux de leur souveraineté. L’Islande a passé trois décennies à démontrer qu’un petit pays peut avoir pleinement accès au marché européen tout en conservant ses pêcheries, ses exploitations agricoles, sa monnaie, sa politique commerciale et son droit de décision.
Son peuple a conservé encore autre chose, et samedi en a apporté la preuve : la capacité d’être consulté et d’être entendu. Les Grecs ont été consultés en 2015, et leur réponse a été écartée en l’espace d’une semaine. Les Islandais ont été consultés samedi, et leur gouvernement a pris acte du résultat. L’Islande a montré la voie à l’Europe en 2008, et elle vient de renouveler son message.
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