lundi 1 juin 2026

Le piège des crédits carbone : une nouvelle menace pour les communautés agricoles en Asie

 Par Grain

Mondialisation.ca, 

29 mai 2026


Les terres agricoles asiatiques deviennent une cible majeure pour les projets carbone. La région produit déjà plus de la moitié des crédits carbone mondiaux. D’ici 2030, les pays asiatiques devraient générer près de 10 milliards de dollars des États-Unis de crédits carbone par an.

Des milliers d’agriculteurs et agricultrices asiatiques, confrontés en première ligne à la crise climatique, sont invités à rejoindre ces projets, ce qui se traduit souvent par la perte du contrôle de leurs terres et une modification durable de leurs pratiques agricoles pour des décennies. Ces projets carbone peuvent prendre diverses formes. Certains entraînent l’expulsion d’agriculteurs et agricultrices de leurs terres pour faire place à des plantations d’arbres. D’autres concluent des contrats avec des petites exploitations pour qu’elles cultivent selon certaines pratiques, plantent des arbres ou modifient leurs modes de pâturage.

Les gouvernements, les responsables des sociétés de crédits carbone et les ONG de conservation affirment aux communautés agricoles qu’en participant à ces projets, elles contribueront à résoudre la crise climatique tout en gagnant de l’argent. La vérité est bien différente – et les agriculteurs et agricultrices doivent être conscients qu’il existe des risques et des dangers sérieux à s’engager dans ces dispositifs.

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Les projets de crédits carbone ciblent les communautés agricoles asiatiques avec de fausses promesses de revenus et de bénéfices climatiques, tout en les dépossédant de leurs terres et en contrôlant leurs pratiques agricoles.

L’agriculture peut constituer une source importante d’émissions de gaz carbonique, notamment lorsque des pesticides et des engrais chimiques sont utilisés ou lorsque des forêts sont rasées pour libérer des terres. Mais l’agriculture peut également retirer du carbone de l’atmosphère et le stocker dans les sols. L’agriculture à petite échelle fondée sur l’agroécologie est, par exemple, un moyen à la fois de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de séquestrer une partie du carbone présent dans l’atmosphère. C’est pourquoi les organisations paysannes affirment que les agriculteurs et agricultrices peuvent contribuer à refroidir la planète.

Mais si ce travail accompli par les communautés agricoles pour réduire les émissions et stocker du carbone dans les sols ne servait pas à refroidir la planète, mais au contraire à justifier que les entreprises les plus polluantes du monde échappent à l’obligation de réduire leurs propres émissions ?

Partout dans le monde, les grandes entreprises se précipitent pour s’emparer de terres agricoles pour des projets qui permettent, selon elles, de réduire les émissions ou de stocker du carbone dans les sols et les arbres. Elles affirment que ce carbone peut être mesuré et vendu à d’autres entreprises sous forme de crédits. Une entreprise qui achète un « crédit carbone » peut alors prétendre réduire ses émissions de gaz à effet de serre, même si ce n’est pas le cas. Au lieu de réduire sa consommation de combustibles fossiles, une entreprise peut simplement acheter des crédits issus de projets carbone.

Comme nous le montrons dans ce document, ces projets peuvent prendre différentes formes. Certains entraînent l’expulsion d’agriculteurs et agricultrices de leurs terres pour faire place à des plantations d’arbres. D’autres concluent des contrats avec des petites exploitations pour qu’elles cultivent selon certaines pratiques, plantent des arbres ou modifient leurs modes de pâturage.

Les crédits carbone sont extrêmement controversés et de nombreux experts estiment qu’il s’agit simplement d’une escroquerie utilisée par les entreprises pour éviter de réduire leurs propres émissions. Au fil des ans, de nombreux scandales ont révélé que des développeurs de projets carbone avaient exagéré les quantités de carbone prétendument stockées ou les émissions qu’ils affirmaient avoir évitées. Dans d’autres cas, des communautés ont été lésées ou n’ont pas reçu les paiements promis issus de la vente de crédits carbone. Pourtant, malgré ces scandales et ces problèmes majeurs, la demande mondiale de crédits carbone est en plein essor.

Les terres agricoles asiatiques sont une cible majeure pour les projets carbone. La région produit déjà plus de la moitié des crédits carbone mondiaux. L’Asie de l’Est représente la moitié des crédits générés dans la région, tandis que l’Asie du Sud en représente 31 % et l’Asie du Sud-Est 12 %. D’ici 2030, la région devrait générer près de 10 milliards de dollars des États-Unis de crédits carbone par an1


Les gouvernements asiatiques sont en train d’accélérer la mise en place de marchés communs de crédits carbone, ainsi que des mécanismes de coopération internationale. Cela permettra à des pays comme Singapour et le Japon de déclarer des réductions d’émissions nationales en autorisant leurs entreprises à acheter des crédits carbone issus de projets menés à l’étranger. Aujourd’hui, des milliers d’agriculteurs et agricultrices asiatiques, en première ligne de la crise climatique, sont invité·es à rejoindre ces projets, ce qui se traduit souvent par la perte du contrôle de leurs terres et la modification de leurs pratiques agricoles pour plusieurs décennies.

https://www.mondialisation.ca/le-piege-des-credits-carbone-une-nouvelle-menace-pour-les-communautes-agricoles-en-asie/5707649?doing_wp_cron=1780154298.9154899120330810546875


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2 - Le 'crédit carbone' est une nouvelle escroquerie lancée à l'encontre des scientifiques. Le gaz carbonique (présent dans l'air à seulement 0,041 %) se recycle continuellement depuis des milliards d'années. Il est absorbé par le phytoplancton présent à la surface des eaux (qui couvre 78 % de notre planète) et le transforme en nano particules de carbone (charbon). C'est le plus lourd de tous les gaz et se dissout dans les fleuves & rivières, les lacs, les flaques d'eau, pluies, brouillards, etc.

Mais, cette science absolue est ignorée par les dictatures avides de rayer l'agriculture de la surface du monde afin de voir enfin la famine dominer et la population disparaître !


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3 -  NYT: "Pourquoi les scientifiques ont retiré le scénario climatique désastreux utilisé pendant plus d'une décennie

Alors que le 'réchauffement climatique' est toujours une menace, la décision de reculer par rapport à une perspective du pire soulève des questions sur la question de savoir si certains risques ont été surestimés.


Meryl Nass

27 mai 2026


https://www.nytimes.com/2026/05/26/climate/emissions-worst-case-scenario-rcp.html

L’histoire est simplement que les médias rapportent le pire scénario des scientifiques du climat depuis dix ans, et quelqu’un a finalement décidé qu’ils devraient peut-être nous le dire et se retirer, surtout depuis les dix dernières années, ne correspondent pas au modèle.

Modèles ! Prévision ! Quand apprendrons-nous que ce sont tous des GIGO, et ils semblent tous avoir un résultat préconçu, que le modèle est créé pour produire.

CEPENDANT, les mondialistes ne l'admettent que parce qu'ils doivent avoir un autre conte de fées dans leur manche, alors surveillez-le. Un lecteur a intelligemment noté que ce sont les centres de données énergivores qui ont nécessité ce tournant dans la «science» climatique. Appréciez cette explication !!!

Pendant ce temps, les mots géo-ingénierie, ensemencement de nuages et gestion du rayonnement solaire ne se trouvent pas dans cet article.

    ... une équipe internationale de chercheurs a publié une révision majeure des scénarios d’émissions utilisés pour étudier le réchauffement climatique.

    Lorsque les scientifiques tentent de modéliser la température chaude que la Terre pourrait obtenir ce siècle, ils examinent généralement une gamme de possibilités pour la quantité de pollution du réchauffement planétaire que les humains pourraient pomper dans l'atmosphère. Ces scénarios sont mis à jour tous les sept ans environ.

    Dans cette dernière mise à jour, les chercheurs ont abandonné un scénario désastreux – et souvent critiqué – à hautes émissions connu sous le nom de RCP8.5 qui a été cité en bonne place dans des milliers d’études sur le climat au cours de la dernière décennie. Les auteurs ont déclaré que le scénario était désormais «implausible» compte tenu des tendances énergétiques récentes.

    Cela a provoqué des arguments en ligne parmi les scientifiques. Pendant des années, les critiques du scénario des émissions élevées avaient fait valoir qu'il était toujours irréaliste, en partie parce qu'il envisageait que les pays brûleraient du charbon à des taux absurdement élevés. Ils ont fait valoir que toute étude ou tout reportage sur lequel se fondait ce scénario exagérait les risques du changement climatique. Pourquoi, ont demandé ces critiques maintenant, la correction de cours a-t-elle pris autant de temps ?

    D’autres chercheurs, cependant, ont noté que les scientifiques ne peuvent toujours pas exclure le réchauffement extrême, même si les chances pourraient être faibles, et qu’il existe de bonnes raisons scientifiques pour étudier des scénarios à haute émission.

    Le week-end dernier, le président Trump a pesé, suggérant que la révision a montré que le réchauffement climatique n’était pas une menace et que « le Comité du climat du TOP des Nations Unies vient d’admettre que ses propres projections (RCP8.5) étaient FAUSSES ! MAL ! MAL ! »

    La majorité des climatologues disent toujours que le réchauffement climatique est un problème grave, et que des scénarios encore plus plausibles et d’émissions moyennes peuvent comporter de graves dangers. Mais le nouveau document a soulevé des questions sur la question de savoir si certains des risques du changement climatique ont été mal communiqués ou surestimés au cours des années passées et sur la meilleure façon de penser à ces risques à l'avenir.

Les origines d'un scénario désastreux

    Combien plus chaud le monde dépendra de deux grands facteurs: combien de gaz à effet de serre les humains émettront en brûlant des combustibles fossiles et en abattant les forêts, et comment le climat de la Terre réagira physiquement.

    Prédire les émissions au cours du prochain siècle est extrêmement difficile, car cela dépend de la croissance économique future et des changements technologiques. Ainsi, les scientifiques essaient d'envisager un large éventail de possibilités.

    Au début des années 2010, les climatologues ont créé une suite de voies standardisées à faibles, moyennes et hautes émissions. L'objectif, ont-ils dit, était de saisir tous les résultats plausibles, même improbables. Le plus élevé, RCP8.5, envisageait des émissions annuelles de dioxyde de carbone qui triplaient à peu près ce siècle.

- voir graph sur site -

    Comparaisons entre quatre scénarios du GIEC (IPCC) pour les émissions de gaz à effet de serre Crédit... Centre scientifique de l'Alaska

    Tous les scénarios, autrefois introduits dans des modèles informatiques complexes du climat de la Terre, projettent un réchauffement futur important, entraînant une augmentation des vagues de chaleur, une élévation du niveau de la mer, des feux de forêt, des sécheresses et d’autres changements. Pourtant, le RCP8.5, le scénario à fortes émissions, conduit de loin aux résultats les plus désastreux.

    Il envisage la température moyenne de la Terre augmentant quelque part autour de 4,4 degrés Celsius, soit 8 degrés Fahrenheit, d'ici 2100, par rapport aux niveaux préindustriels. En revanche, sous RCP4.5, un scénario intermédiaire, les modèles suggèrent que la Terre réchaufferait environ 2,7 degrés Celsius. C’est une grande différence, car chaque degré apporte des effets beaucoup plus graves.

    Certaines études ont montré que sous RCP8.5, de grandes étendues de la planète pourraient régulièrement connaître des jours plus chauds que ce que le corps humain peut tolérer. Les risques de «points de basculement» catastrophiques tels que les moussons de forêt tropicale généralisées ou la désintégration des calottes glaciaires polaires, sont également beaucoup plus grands.

    Mais il y a longtemps eu confusion sur ce que RCP8.5 représentait et comment il devrait être utilisé.

    La voie à haute émission n’était pas censée être une prédiction, mais plutôt un « pire cas », a déclaré Detlef van Vuuren, climatologue à l’Université d’Utrecht et figure de proue du développement de scénarios. « C’est simplement explorer ce qui se passe si nous nous retrouvons avec des émissions beaucoup plus élevées que ce à quoi nous nous attendons. »

Maintenant tu me le dis ?! Vraiment ?

    De nombreux scientifiques trouvent utile de sonder de telles hypothèses. Les modèles climatiques ont souvent du mal à capturer la dynamique comme si les calottes glaciaires pouvaient s’effondrer avec un réchauffement modéré, même si c’est une question extraordinairement importante pour le monde réel. Ainsi, les scientifiques utiliseront souvent un scénario à haute émission dans les modèles pour établir une limite supérieure pour, par exemple, la quantité de niveaux de la mer qui pourrait augmenter.

    "Beaucoup de recherches sur le climat consiste à comprendre comment le système climatique de la Terre se comporte dans certaines conditions plutôt qu'à une déclaration sur ce qui est le plus susceptible de se produire à l'avenir", a déclaré Robert Kopp, climatologue à l'Université Rutgers. « Ils sont tous les deux importants, mais ce sont deux questions différentes. »

C'est drôle comme ces mises en garde ne nous sont jamais arrivées aux oreilles.

    Cette distinction a cependant souvent été perdue.

    De nombreuses études scientifiques ont fait référence à tort à RCP8.5 comme un scénario «business-as-usual», suggérant que c’était la voie vers laquelle l’humanité se dirige actuellement. Les articles de presse sur la recherche sur le climat ont souvent mis l’accent sur les résultats basés sur le RCP8.5 comme une image de ce à quoi le monde peut s’attendre à moins que les pays ne réduisent leurs émissions, ce qui n’est pas juste non plus.

    Une étude dans Science, par exemple, a examiné comment la hausse des températures pourrait causer des rendements agricoles plus bas ou des décès par chaleur aux États-Unis, ce qui nuisait à l’économie. Bien que cette étude ait exploré de nombreux scénarios nuisibles, les dommages estimés les plus élevés basés sur le RCP8.5 étaient une grande attention et ont attiré plus d'attention, y compris dans le New York Times. (Beaucoup d'autres histoires climatiques ont été plus prudentes, soulignant comment des scénarios plus plausibles à émissions moyennes pourraient affecter, par exemple, la chaleur extrême ou les inondations.)

    Certains scientifiques ont rapidement commencé à s'interroger sur ce qu'ils considéraient comme un accent disproportionné sur le scénario des émissions élevées.

    En 2017, une étude de Justin Ritchie et Hadi Dowlatabadi a souligné que le RCP8.5 envisageait une expansion quintuple de l’utilisation mondiale du charbon, y compris alimenter les voitures avec des liquides à base de charbon, ce qui, selon eux, était «exceptionnellement improbable».

    Un autre article publié dans Nature en 2020 a fait valoir que les tendances récentes de l’énergie mondiale, y compris la baisse du coût des énergies renouvelables, rendaient la voie à émissions élevées «de plus en plus invraisemblable» et que les voies à émissions moyennes semblaient beaucoup plus probables. Les auteurs ont averti que le RCP8.5 ne devrait pas être cité comme «business as usual».

    Au-Delà De La Catastrophe: Une Nouvelle Réalité Climatique Entre En Vue

    Pourtant, de nombreux décideurs et chercheurs ont continué à mettre l'accent sur le scénario des émissions élevées pendant des années par la suite, a déclaré Roger Pileke, Jr., chercheur principal à l'American Enterprise Institute et un critique de premier plan de l'utilisation de RCP8.5. Les banques centrales l’ont utilisé pour vérifier si les institutions financières sont préparées aux effets du changement climatique. Les gouvernements l'utilisent souvent pour la planification de l'adaptation, et les compagnies d'assurance l'utilisent pour fixer les taux.

    « Nous savons depuis une décennie que ce scénario est invraisemblable et que la communauté est partie sur une mauvaise piste très tôt lorsque ce scénario a été créé », a déclaré le Dr. Pielke a dit.

    Si les 15 dernières années de messagerie climatique avaient été basées sur un scénario plus réaliste à la place, a-t-il ajouté, « cela ne ferait pas disparaître le changement climatique, mais cela ferait certainement paraître le changement climatique beaucoup moins apocalyptique, cela ressemblerait plus à un risque important avec de graves conséquences. »

    Beaucoup à droite politique, y compris les responsables de l’administration Trump, ont cité l’utilisation abusive du RCP8.5 comme une raison de rejeter la science climatique comme trop alarmiste. Matthew Burgess, économiste environnemental à l'Université du Wyoming, a déclaré que les scientifiques, à leur tour, étaient souvent trop défensifs sur la question, qui alimentait la polarisation.

    Certains scientifiques disent maintenant que le scénario a souvent été mal communiqué.

    "RCP8.5 n'a jamais été censé être un scénario d'affaires comme d'habitude, mais ce point s'est souvent perdu car il a été utilisé par de plus en plus de gens", a déclaré Joeri Rogelj, climatologue à l'Imperial College de Londres.

Un passage à de nouveaux scénarios

    Les nouveaux scénarios d’émissions, publiés le mois dernier, sont une tentative de créer de meilleurs intrants pour la prochaine génération de modèles climatiques.

Est-ce que cela signifie que la génération actuelle sera retirée ? Pourquoi ne pas arrêter complètement de modéliser le climat et admettre qu’il est trop imprévisible pour le modéliser ?

    Les auteurs ont déclaré avoir rejeté le scénario RCP8.5 parce qu’il était «devenu invraisemblable» grâce aux mesures prises par les pays pour lutter contre le changement climatique. (Certains experts contestent cette justification, affirmant que le RCP8.5 n’a jamais été plausible.) Bien que les auteurs proposent de nouveaux scénarios à émissions élevées qui pourraient conduire à des niveaux de réchauffement estimés de la même manière plus tard au 22ème siècle, ils ont ajouté un avertissement selon lequel ce ne sont pas des voies d’affaires comme d’habitude.

    Les chercheurs ont également rejeté certains scénarios à très faibles émissions parce qu’il est peu probable que les pays réduisent leur utilisation de combustibles fossiles aussi profondément que de nombreux dirigeants mondiaux l’avaient exhorté. En effet, les scénarios deviennent moins pessimistes mais aussi moins optimistes.

    En outre, les chercheurs ont inclus une perspective de moyenne émission qui est explicitement destinée à refléter les politiques gouvernementales actuelles. Ce scénario conduit à environ 2,5 à 3 degrés Celsius du réchauffement climatique d'ici 2100, par rapport aux niveaux préindustriels.

    C’est inférieur aux prévisions de température de l’ancien scénario RCP8.5. Mais les experts avertissent que même des niveaux modérés de réchauffement peuvent présenter des dangers importants. Depuis plus d’une décennie, les dirigeants mondiaux s’engagent à continuer à se réchauffer « bien en dessous » de 2 degrés Celsius pour éviter ce qu’ils jugeaient inacceptables. (La planète a déjà réchauffé environ 1,3 degré depuis la période préindustrielle.)

    « C’est une bonne nouvelle que nous puissions abandonner le scénario des émissions les plus élevées », a déclaré le Dr. Rogelj. « Mais l’autre côté est que nous constatons également que les risques de baisse des niveaux de réchauffement sont souvent pires que nous ne le pensions. »

N’est-ce pas un autre type d’admission que les modèles ne valent rien ?

    Par exemple, à 2 degrés Celsius de réchauffement, le monde pourrait perdre la plupart de ses récifs coralliens, et 410 millions de personnes supplémentaires dans les zones urbaines pourraient faire face à la pénurie d'eau en raison d'une grave sécheresse, selon une récente évaluation climatique de l'ONU. À 3 degrés, les dégâts d'inondation mondiaux pourraient avoir trois fois augmenté sans adaptation, tandis que plus d'un quart des espèces végétales et animales connues sur terre pourraient être confrontées à un risque élevé d'extinction.

    Il y a aussi beaucoup d'incertitude autour de la quantité exacte que la Terre va chauffer à partir d'un niveau donné de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Cela signifie que le monde pourrait encore devenir encore plus chaud que le projet de modèles, même si les hypothèses particulières sur la combustion du charbon dans RCP8.5 ne se produisent pas.

    « Il y a comment tous les différents retours dans le système climatique, comme les nuages, la neige, la couverture de glace et la vapeur d’eau dans l’atmosphère, répondent au réchauffement », a déclaré le Dr. Hausfather, climatologue à Berkeley Earth. « Si vous rassemblez tous ceux-ci, vous obtenez vraiment un assez large éventail de résultats possibles ce siècle, même dans un scénario d’émissions moyennes. »

    Malgré les nouveaux scénarios, il n’est pas possible pour les scientifiques de revenir rapidement en arrière et de refaire des études plus anciennes, ont déclaré les experts, puisque les modèles climatiques informatiques complexes qui simulent l’atmosphère et les océans de la Terre prennent des mois à fonctionner.

Donne-moi une pause. Aucune question ne prend des «mois» pour fonctionner sur les ordinateurs d'aujourd'hui. Font-ils référence à combien de temps il faut aux climatologues pour continuer à rejiggerer le modèle jusqu'à ce qu'ils obtiennent le résultat qu'ils recherchent?

    Mais les chercheurs disent qu'il serait imprudent de rejeter toutes les études passées qui ont examiné RCP8.5. De nombreux risques climatiques évoluent linéairement avec la température, de sorte que la recherche peut encore fournir un aperçu d'un monde à faibles émissions. Certains travaux récents suggèrent également que même les scénarios d'émissions moyennes peuvent entraîner des impacts extrêmes, tels que de graves sécheresses dans les régions productrices de denrées alimentaires, qui n'étaient auparavant considérées que pour se produire dans des scénarios à forte émission.

    "Si vous travaillez sur l'adaptation locale et essayez de déterminer à quel point construire un mur de mer, vous voulez certainement considérer ce qui peut arriver le pire", a déclaré Madison Condon, professeur agrégé de droit à l'Université de Boston qui travaille sur l'adaptation au climat.

        https://merylnass.substack.com/p/nyt-why-scientists-retired-the-dire?utm_source=post-email-title&publication_id=746368&post_id=199515162&utm_campaign=email-post-title&isFreemail=true&r=435mp7&triedRedirect=true&utm_medium=email


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4 -En ce temps là ni gaz carbonique, ni escrologistes, pourtant des sauterelles et 45° à Paris, c‘était en 1719 et il y eut 700 000 morts


 le 30 Mai 2026 

 par pgibertie

 

Dans des sociétés de subsistance comme celles de nos pays jusqu?à la fin du xviiie siècle, les réchauffements et/ou les refroidissements, les excès ou déficits pluviométriques ont des effets directs sur les récoltes (en particulier le froment), les vendanges, l?état du bétail, la présence (ou non) de la dysenterie. De surcroît, les tendances lourdes ? du XIIe au XVIIIe siècle s?observe ainsi un « petit âge glaciaire », donc de refroidissement ? connaissent elles-mêmes des cycles et des variantes de plus faible amplitude. La taille changeante de certains glaciers au cours des âges comme les informations données par les anneaux des arbres ou les témoignages humains nous montrent bien que le climat ne fonctionne pas comme une horloge : telle année à hiver rigoureux connaît un été caniculaire, telle autre subit une pluviosité catastrophique des mois durant et en toutes saisons ; plusieurs mois de gel ne donnent pas forcément des moissons calamiteuses, il arrive qu?un été sec et brûlant ? on en a repéré plusieurs dizaines depuis le XIIIe siècle ? fasse moins de dégâts qu?une humidité prolongée.

Reliés à l?histoire générale avec ses soubresauts divers (géopolitiques, politiques, guerriers) et ses évolutions techniques, les événements climatiques apparaissent comme le « donné de base » par excellence de l?Histoire, comme la trame même de l?étoffe sur laquelle l?humanité inscrit sa destinée, certes autonome.

Plus encore qu’aujourd’hui, les Français ne parlaient que de cela : le climat était le sujet principal de conversation. Les marchés, par exemple, étaient suspendus aux nouvelles. On trouve aussi des théories, assez tôt, non pas sur les prévisions, impossibles, mais sur les tendances. Les fontes de glaciers ou les séries étaient interprétées : Mme de Sévigné évoque le fait que «le procédé du soleil et des saisons a changé» pour expliquer une série d’étés caniculaires successifs. Les curés jouaient aussi un rôle spécifique, ils étaient les baromètres de l’époque, prédisant plus ou moins le climat à venir.

L’été 1719 est aussi marqué par une invasion de sauterelles d’Afrique du Nord jusqu’au Languedoc qui ravagent les cultures. La Seine atteint un niveau bas historique : un tout petit peu plus de 26m au-dessus du niveau de la mer.

Voici des extraits précis tirés de sources historiques et chroniques sur les étés 1718-1719. Ces textes proviennent principalement de compilations du XIXe siècle basées sur des observations météorologiques (La Hire, Cassini) et des registres contemporains.Observations météorologiques à Paris (thermomètre de Philippe de La Hire)

« Les deux années de 1718 et 1719 eurent l’une et l’autre des chaleurs sèches, violentes, longues et soutenues. À Paris, le 7 août 1718, le thermomètre de Lahire, malgré son exposition défavorable, indiqua néanmoins vers trois heures de l’après-midi 35° ou 36° : il s’éleva aux mêmes chiffres le 11, le 21 et le 23. »

« Un hiver très doux succéda à ces chaleurs. La plupart des arbres se couvrirent de fleurs dès le mois de février et de mars 1719. Les fortes chaleurs reparurent avec le mois de juin. Plus intenses que celles de l’année précédente, elles durèrent aussi beaucoup plus longtemps. À Paris, le thermomètre de Lahire indiqua au maximum une température de 37° ; en outre, la table de Cassini attribue à cet été quarante-deux jours d’une température de 31° ; enfin, les chaleurs ont persévéré trois mois et demi, depuis le mois de juin jusqu’à la moitié du mois de septembre. »

(D’après « Des changements dans le climat de la France », 1845, compilé sur les observations de l’Observatoire et Cassini.)L’extrême abaissement des eaux de la Seine au pont de la Tournelle en 1719 servit de zéro pour l’échelle des crues/basses eaux du fleuve.Témoignage du Père Feuillée (Marseille, via Maraldi)

« Le père Feuillée, cité par Maraldi, écrivait en même temps de Marseille que des chaleurs insolites y avaient fait refleurir les arbres au mois d’octobre, et qu’ils s’étaient plus tard chargés de nouveaux fruits. […] Le père Feuillée ajoute qu’il a cueilli, le 18 décembre, des cerises et des pommes complètement mûres. »

Extrait d’un registre paroissial de la Sarthe (1719)

    « La sécheresse a été si grande et de si longue durée pendant l’année 1719 qu’il y a longtemps qu’on n’en a vû une pareille dans l’Europe ; elle a produit la stérilité des fruits de la terre dans plusieurs provinces et états de l’Europe : les chaleurs extraordinaires ont causé aussi de fréquentes maladies entr’autres des flux de sang, ou dissenteryes, des fièvres pourprensives, petites véroles, apoplexies, qui ont fait mourrir une infinité de gens tant dans les villes que la campagne. »

Autres témoignages contemporains rapportés

    Invasion de sauterelles en 1719 : Des nuées venues d’Afrique du Nord atteignent le Languedoc et ravagent les cultures jusqu’en Normandie (mentionné par plusieurs chroniqueurs et repris par Emmanuel Le Roy Ladurie). Cela contribua au sentiment d’un « climat saharien » en Île-de-France.

    Fermeture des théâtres à Paris par ordre de police en raison des températures excessives (1718).

    Arbres fruitiers qui fleurissent une seconde fois dans les jardins arrosés de la banlieue parisienne.

Contexte démographique (Emmanuel Le Roy Ladurie)

L’historien cite environ 700 000 morts sur les deux années (dont ~450 000 pour 1719 seule), principalement dus à la dysenterie (« flux de sang ») liée à l’eau contaminée par la sécheresse, avec une mortalité très forte chez les nourrissons et jeunes enfants.Ces extraits proviennent de compilations fiables du XIXe siècle s’appuyant sur les journaux météorologiques de l’Académie des Sciences et registres paroissiaux. Les sources primaires (journaux de La Hire, correspondances, registres) sont conservées à l’Observatoire de Paris ou aux Archives nationales/départementales.

    Mais la pluie est l’ennemi numéro 1, davantage que la chaleur : l’été pourri est plus redouté que l’été trop chaud. En revanche, la mortalité grimpe lors des étés trop chauds à cause de la dysenterie. Le niveau des fleuves et des cours d’eau baisse, l’eau puisée pour vivre et boire est plus vaseuse, infectée, polluée, et la mortalité est spectaculaire. 500 000 morts lors de l’été 1636 ou de l’été 1705, 700 000 lors des étés caniculaires de 1718-1719, avec même l’apparition de nuées de sauterelles et une forme de climat saharien sur l’Ile-de-France. Ces morts, ce sont surtout les bébés et les petits de l’année. Il y a, régulièrement, des générations décimées en France par la chaleur. Actuellement, les principales victimes, dans une proportion moindre, ce sont les vieux. L’autre conjoncture catastrophique était ce que l’on peut appeler le «modèle profiterole», c’est-à-dire une accumulation rapprochée de catastrophes climatiques. C’est le cas du contexte prérévolutionnaire : en 1787-1789 se succèdent de fortes pluies à l’automne, la grêle au printemps 1788 et un été suivant caniculaire. Ce fut explosif : échaudage, disette, cherté du grain. C’est à partir de ce moment que la chaleur a mis les gens dans la rue, et n’a plus été acceptée comme une simple fatalité.

    Exposition défavorable : L’instrument était dans une tour ouverte, ce qui pouvait sous-estimer les pics de chaleur.

    Comparaisons ultérieures : Delisle (1749) et d’autres ont comparé cet instrument avec des thermomètres Réaumur. Ces comparaisons ont servi à recalibrer les archives pour le Grand Hiver 1709 par exemple.

    Philippe de La Hire meurt en avril 1718 ; son fils continue les observations peu de temps.

Ce thermomètre fait partie des tout premiers réseaux d’observations systématiques en Europe. Il n’était pas parfait (échelle arbitraire, alcool moins précis que le mercure plus tard), mais il a fourni des données précieuses sur la variabilité climatique du Petit Âge Glaciaire.

45 °C n’est pas une absurdité pour 1719 — c’est une estimation raisonnable issue de la conversion La Hire → Réaumur → Celsius, surtout pour des conditions non standard (plein soleil, urban heat island naissant). Les températures réelles à l’ombre étaient très probablement dans les hautes 30 °C à bas 40 °C, avec des pointes supérieures. C’était bel et bien une catastrophe climatique exceptionnelle pour l’époque.

Oui, voici les calculs de conversion détaillés pour le thermomètre de La Hire et l’estimation des ~45 °C en 1719.1. L’échelle du thermomètre de La Hire

    Zéro de référence : Température des caves profondes de l’Observatoire de Paris (température stable et fraîche, autour de 10-12 °C modernes selon les estimations).

    Le thermomètre utilisait de l’esprit-de-vin coloré (alcool) dans un tube très long (1,3 m).

    Les lectures se faisaient en « degrés » ou « parties » à partir de ce zéro cave.

    → Les valeurs élevées (35-37°) correspondent donc à un fort échauffement par rapport à cette base fraîche.

Avancé

Les observations directes (1718-1719) :

    Maximum relevé : 37° (1719)

    Plusieurs jours à 35-36° (1718 et 1719)

2. Conversion vers l’échelle RéaumurLes compilateurs du XIXe siècle (notamment liés à Cassini et aux travaux de l’Observatoire) ont recalibré les anciennes observations de La Hire en les alignant sur l’échelle Réaumur (définie en 1730-1731 : 0 °R = glace fondante, 80 °R = eau bouillante).Formule de conversion Réaumur → Celsius (exacte) :

°C = °R × 1,25

(ou °C = °R × 5/4)Calculs clés :

    36 °Réaumur = 36 × 1,25 = 45 °C exactement

    37 °Réaumur = 37 × 1,25 = 46,25 °C

    35 °Réaumur = 35 × 1,25 = 43,75 °C

C’est ainsi que naît la valeur populaire de 45 °C pour l’été 1719 : elle correspond à la conversion de ~36° sur l’échelle recalibrée.3. Incertitudes et réalisme

    L’instrument n’était pas étalonné en points fixes universels (glace/ébullition) à l’époque de La Hire → les conversions reposent sur des comparaisons postérieures (Delisle en 1749, Réaumur en 1732/1754).

    Exposition : Tour ouverte mais à l’ombre → les lectures sous-estiment probablement les vrais maxima à l’ombre en plein air.

    Températures réelles estimées aujourd’hui :

        À l’ombre (standard moderne) : probablement 38-42 °C en moyenne des pics, avec des pointes locales ou en plein soleil facilement supérieures à 45 °C (surfaces sombres, absence d’arbres, urban heat).

        La sécheresse extrême et les vents chauds (sentiment « saharien ») amplifiaient fortement la sensation de chaleur.

45 °C n’est donc pas une mesure directe, mais une estimation raisonnable et historiquement acceptée via la conversion La Hire → Réaumur → Celsius. Elle reste cohérente avec les témoignages de catastrophe (rivières à sec, dysenterie massive, théâtres fermés, etc.).

4. Comparaison rapide avec les canicules modernes (Paris)

Année Pic officiel (à l’ombre) Contexte

1719 ~38-45 °C (estimé) 42 jours >31 °C, 3,5 mois chauds

2003 39,5 °C (Paris) 15 jours extrêmes

2022 ~40-42 °C (pics) Vagues de chaleur successives

1719 était plus long et plus sec que 2003, même si les instruments ne permettent pas une comparaison degré par degré parfaite.

https://pgibertie.com/2026/05/30/en-ce-temps-la-ni-co2-ni-escrologistes-pourtant-des-sauterelles-et-45-a-paris-c-etait-en-1719-et-il-y-eut-700-000-morts/


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5 - Polytechnique dit non à Microsoft : quand le logiciel libre fait trembler les universités françaises


Le Collectif citoyen et Xavier Azalbert, France-Soir

 le 01 juin 2026 - 02:11


C’est un coup de théâtre qui secoue l’enseignement supérieur et la tech française. Après des mois d’une guerre de tranchées juridique et politique, la direction de l’École Polytechnique a officiellement suspendu son projet de migration vers Microsoft 365. Attaquée par le Conseil National du Logiciel Libre (CNLL), la prestigieuse école de Palaiseau a dû reculer. Une victoire symbolique et concrète pour les défenseurs de la souveraineté numérique, qui redoutaient de voir les données sensibles de la recherche française livrées aux lois extraterritoriales américaines.

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L’affaire, relayée avec force par des comptes comme @SouveraineTech, ne s’arrête pas à Palaiseau. Elle révèle une lame de fond : plusieurs établissements et collectivités commencent à dire stop à la dépendance aux GAFAM. Quelques mois plus tôt, la Ville de Lyon annonçait déjà un virage radical, remplaçant progressivement Office 365 par des solutions souveraines comme OnlyOffice, Nextcloud et Watcha. Son directeur des systèmes d’information, Jean-Marie Séguret, l’affirmait sans détour : « Notre solution coûte trois fois moins cher que l’abonnement Office 365. » Un chiffre qui fait réfléchir dans un contexte de budgets publics contraints.

Pourquoi un tel séisme autour d’un simple outil bureautique ? Parce qu’il cristallise des enjeux bien plus profonds : la protection des données de la recherche, la conformité au droit français et européen, la maîtrise des coûts publics et, surtout, la capacité de la France à garder la main sur ses outils numériques stratégiques.

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En voulant basculer son écosystème vers Microsoft, Polytechnique s’est heurtée à un mur juridique. Le projet contrevenait explicitement à l’article L123-4-1 du Code de l’éducation, qui impose la priorité au logiciel libre dans l’enseignement supérieur. Il exposait également les données à risque via le Cloud Act américain, tout en ignorant les circulaires ministérielles sur la protection des Zones à Régime Restrictif (ZRR). Face à la menace d’un recours en justice et à une mobilisation interne des chercheurs et personnels, la direction a préféré suspendre l’opération avant qu’elle ne devienne un scandale national.

Ce recul n’est pas une simple anecdote. Il intervient au moment même où l’Autriche, via sa DSB (l’équivalent de la CNIL), déclare Microsoft 365 Education incompatible avec le RGPD en raison du pistage illégal des étudiants. En France, la pression monte également dans de nombreuses universités où des enseignants se voient parfois incités, voire sommés, de délaisser les outils libres au profit d’un écosystème unique et verrouillé.

Polytechnique n’a pas seulement freiné un projet technique. Elle a ouvert une brèche. Une brèche dans laquelle s’engouffrent déjà d’autres établissements et collectivités, prouvant qu’une autre voie est possible : plus souveraine, souvent moins chère, et juridiquement conforme.

Dans cet article, nous décryptons les ressorts de cette décision historique, les arguments pour et contre le basculement vers le logiciel libre, les obstacles réels de la migration, et les implications profondes pour l’enseignement supérieur français et, au-delà, pour la stratégie numérique de l’État.

Les enjeux : pourquoi ce combat dépasse largement Polytechnique

Derrière la suspension du projet Microsoft 365 à l’École Polytechnique se cache bien plus qu’un simple bras de fer entre une grande école et un éditeur américain. Ce recul révèle les failles structurelles d’une dépendance numérique qui touche aujourd’hui l’ensemble de l’enseignement supérieur et de la recherche française, et qui met en jeu plusieurs piliers stratégiques de la Nation.

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Souveraineté et sécurité des données : le premier risque, et le plus évident, est celui de l’exposition des données sensibles aux lois extraterritoriales américaines. En migrant vers Microsoft 365, Polytechnique aurait placé les travaux de recherche de ses laboratoires, les données de ses étudiants et personnels, ainsi que celles liées aux Zones à Régime Restrictif (ZRR), sur des serveurs potentiellement accessibles par les autorités américaines via le Cloud Act et le FISA.

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Même avec des clauses contractuelles, ces mécanismes permettent un accès sans notification préalable ni consentement de la partie européenne. Dans un contexte géopolitique tendu, où la recherche française (aéronautique, énergie, IA, défense) constitue un atout stratégique, cette dépendance n’est plus acceptable. La décision autrichienne de la DSB, qui a jugé Microsoft 365 Education incompatible avec le RGPD en raison du pistage systématique des étudiants, vient renforcer ce diagnostic.

Obligation légale et conformité : la migration projetée entrait également en contradiction directe avec le droit français. L’article L123-4-1 du Code de l’éducation impose explicitement la priorité au logiciel libre dans l’enseignement supérieur. La loi pour une République numérique de 2016 et plusieurs circulaires ministérielles (notamment sur les ZRR) renforcent cette exigence. Le CNLL a donc pu arguer, avec succès, que le projet constituait non seulement un risque sécuritaire, mais aussi une illégalité flagrante. Ce rappel du cadre légal n’est pas anecdotique : il montre que les administrations ne peuvent plus ignorer ces obligations sous prétexte de « facilité » ou de pression commerciale.

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Enjeux économiques et budgétaires : le coût représente un autre levier puissant. Les abonnements Microsoft 365 pèsent lourdement sur les budgets publics déjà sous tension. À titre d’exemple, la Ville de Lyon a démontré que sa solution souveraine (OnlyOffice, Nextcloud, Watcha, etc., hébergée en interne via le SITIV) coûte trois fois moins cher que l’équivalent Office 365, tout en finançant la migration et la formation grâce aux économies réalisées. Dans un secteur où les crédits recherche et les moyens des universités stagnent, continuer à verser des centaines de millions d’euros par an à un éditeur étranger constitue un choix politique discutable. Ces fonds pourraient être réinvestis dans des emplois locaux, de la R&D ou des infrastructures souveraines.

Sobriété numérique et impact environnemental : L’aspect écologique n’est plus marginal. Les solutions cloud de Microsoft encouragent souvent le renouvellement fréquent du matériel et consomment des ressources énergétiques importantes via leurs data centers. À l’inverse, des approches locales et open source, associées à du matériel reconditionné (conforme à la loi AGEC), permettent de réduire l’empreinte carbone. Lyon a fait de cette sobriété numérique un axe stratégique assumé aux côtés de la souveraineté.

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Liberté académique et pluralisme technologique : enfin, il y a un enjeu de fond plus subtil : la liberté académique. Plusieurs témoignages rapportés par le CNLL font état de pressions pour abandonner les outils libres au profit d’un écosystème unique et verrouillé. Cela va à l’encontre de l’esprit même de l’université : curiosité, ouverture, capacité à choisir et à modifier ses outils. Un monopole technologique finit par formater les pratiques, limiter l’innovation pédagogique et créer une dépendance culturelle difficile à renverser.

En résumé, l’affaire Polytechnique n’est pas une querelle de geeks ou un combat idéologique anti-Microsoft. C’est un révélateur des contradictions d’un modèle de dépendance qui fragilise la souveraineté française, alourdit les finances publiques, expose nos données et contredit nos propres lois.

La décision de suspendre le projet montre qu’un autre chemin est possible - et déjà emprunté par des collectivités comme Lyon. Reste à savoir si cette brèche va s’élargir en une véritable lame de fond.

La vague de rébellion : de Polytechnique à Lyon (et au-delà)

La décision de l’École Polytechnique n’est pas un fait isolé. Elle agit comme un catalyseur, révélant et amplifiant un mouvement plus large qui touche déjà plusieurs établissements d’enseignement supérieur et des collectivités territoriales. Ce qui était perçu comme une résistance marginale devient une lame de fond.

L’exemple concret et réussi de Lyon : la Ville de Lyon offre le cas d’école le plus abouti et le plus instructif. Dès 2020, avec l’arrivée d’une nouvelle majorité écologiste, la municipalité a fait de la souveraineté numérique et de la sobriété numérique deux axes stratégiques indissociables.

Sous la houlette de Jean-Marie Séguret, directeur des systèmes d’information et de la transformation numérique, Lyon a lancé le projet Territoire Numérique Ouvert. Les briques principales :

OnlyOffice en remplacement progressif d’Office 365 (migration à raison de 300-350 postes par mois depuis octobre 2024, objectif 80 % du parc d’ici mars 2026).

Jalios pour l’intranet (solution souveraine, non libre mais locale).

Watcha pour remplacer Teams (chat, visioconférence, espaces collaboratifs).

Nextcloud pour le partage de fichiers et la coédition.

Zimbra en projet pour la messagerie (après mars 2026).

Infrastructure majoritairement sous Linux et PostgreSQL.

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Le résultat chiffré est sans appel : « Notre solution coûte trois fois moins cher que l’abonnement Office 365 », selon Jean-Marie Séguret. Ces économies financent la migration, la formation et la réingénierie des processus. La mutualisation via le SITIV (syndicat intercommunal regroupant Lyon, la Métropole et une dizaine de villes voisines) permet de servir 30 000 utilisateurs avec une infrastructure locale, plus sobre et plus maîtrisée.

Lyon a également poussé l’aspect écologique : priorité au matériel reconditionné (conforme à la loi AGEC) et réduction de l’empreinte carbone en limitant la dépendance à des data centers énergivores.

Une contagion dans l’enseignement supérieur et les collectivités : Polytechnique a rendu le sujet visible et légitime. Depuis l’annonce de la suspension en octobre 2025, plusieurs signaux montrent que le mouvement s’accélère :

Des établissements moins médiatisés de l’enseignement supérieur et de la recherche font face à des pressions internes similaires et commencent à contacter le CNLL pour étudier des alternatives.

En Île-de-France, la Région a également claqué la porte à Microsoft pour ses 550 000 élèves, optant pour des solutions 100 % françaises et open source.

Le CNLL propose désormais un accompagnement structuré via un groupe de travail dédié aux établissements qui souhaitent respecter la loi (article L123-4-1 du Code de l’éducation) tout en restant conformes au RGPD.

x dit non

Cette dynamique n’est pas uniquement française. La décision quasi simultanée de la DSB autrichienne (déclarant Microsoft 365 Education incompatible avec le RGPD en raison du pistage des étudiants) renforce la légitimité du mouvement européen.

Chronologie simplifiée de la vague

2020-2024 : Lyon prépare et lance sa migration progressive.

2025 : Polytechnique tente le passage en force → mobilisation du CNLL, question parlementaire, fronde interne → suspension du projet.

Octobre 2025 : Annonce publique du recul de l’X.

2025-2026 : Lyon atteint 80 % de migration bureautique ; d’autres universités et collectivités observent et préparent leurs propres schémas directeurs.

Ce n’est plus une succession d’initiatives isolées, mais l’émergence d’un réseau de retours d’expérience, de mutualisations et de compétences souveraines qui se consolident.

La brèche ouverte par Polytechnique montre surtout une chose : le passage au libre n’est plus une utopie militante, mais une option opérationnelle, économiquement viable et juridiquement obligatoire. Reste à savoir si cette vague restera cantonnée à quelques pionniers ou si elle emportera une part significative de l’enseignement supérieur et du service public français.

Le pour et le contre : un débat honnête

Le débat autour du logiciel libre dans l’enseignement supérieur n’est ni manichéen ni idéologique. Il oppose des arguments concrets, économiques, techniques et humains. Voici un état des lieux équilibré, sans angélisme ni diabolisation.

Les arguments en faveur du logiciel libre et des solutions souveraines

Économies budgétaires massives: l’exemple de Lyon est le plus parlant : une solution complète (bureautique, collaboration, messagerie, stockage) coûte environ trois fois moins cher qu’Office 365 pour un volume équivalent d’utilisateurs. Ces économies ne sont pas théoriques : elles financent la migration elle-même, la formation des équipes et le recrutement de compétences locales. Sur le long terme, les universités et collectivités échappent à la spirale des augmentations annuelles de licences et des « feature paywalls ».

Souveraineté et sécurité juridique: les données restent sous juridiction française et européenne. Finies les expositions au Cloud Act, au FISA ou aux clauses contractuelles ambigües. Conformité automatique au RGPD, respect de l’article L123-4-1 du Code de l’éducation et des exigences ZRR. C’est non seulement plus sûr, mais surtout légalement obligatoire.

Transparence, interopérabilité et adaptabilité: le code ouvert permet d’auditer, de corriger et d’adapter les outils aux besoins spécifiques (recherche, pédagogie, handicaps). Les formats ouverts (ODF) favorisent l’interopérabilité réelle, contrairement aux formats Microsoft qui restent parfois propriétaires dans leur implémentation. Les établissements peuvent contribuer au développement ou mutualiser des extensions sans dépendre d’un seul éditeur.

Effet d’entraînement économique: chaque euro dépensé chez OnlyOffice, Nextcloud, BlueMind, Jalios ou Linagora reste en France ou en Europe et finance des emplois qualifiés (développeurs, formateurs, hébergeurs souverains). C’est un levier concret pour la stratégie France 2030 et la réindustrialisation numérique.

Sobriété et valeurs: moins de dépendance aux data centers géants, priorité au reconditionné, réduction de l’empreinte carbone. Alignement avec les valeurs de l’université : ouverture, partage du savoir, indépendance intellectuelle.

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Les vrais obstacles et arguments en faveur du statu quo Microsoft

Complexité et coût initial de la migration: passer de plusieurs dizaines de milliers de comptes Microsoft à un écosystème hybride ou 100 % souverain demande du temps, des compétences et un investissement humain important. La conversion des fichiers historiques, la compatibilité avec certains logiciels métiers (simulations, logiciels de labo, bases de données propriétaires) et l’intégration avec les systèmes d’information existants constituent des freins réels.

Habitudes et résistance au changement: beaucoup d’enseignants, chercheurs et administratifs ont passé des années sur Word, Excel, PowerPoint et Teams. La courbe d’apprentissage d’OnlyOffice ou LibreOffice, même si elle s’est fortement réduite, reste un sujet sensible. La peur de « perdre en productivité » pendant la transition est souvent exprimée.

Fonctionnalités manquantes ou moins abouties: Microsoft propose un écosystème très intégré, ultra fluide sur mobile, avec une IA (Copilot) très avancée et un support technique réactif. Certaines solutions souveraines rattrapent leur retard, mais ne sont pas toujours au même niveau de « prêt à l’emploi » ou de polish, particulièrement en visioconférence ou en gestion avancée de grands groupes.

Besoin de formation et d’accompagnement: une migration réussie suppose un plan de formation ambitieux et un support de proximité pendant plusieurs mois. Toutes les universités n’ont pas la même maturité numérique ni les mêmes ressources internes pour porter ce changement.

Risque perçu de fragmentation: certains craignent que chaque établissement parte dans une direction différente, compliquant les échanges inter-universitaires ou les collaborations internationales.

Un arbitrage nuancé - le choix n’est pas entre « parfait » et « catastrophique ». Microsoft reste un outil puissant et largement répandu dans le monde académique international. Mais la dépendance totale n’est plus tenable légalement, financièrement et stratégiquement.

La bonne nouvelle, c’est que la transition n’est plus expérimentale : Lyon, d’autres collectivités et désormais Polytechnique montrent qu’une migration progressive, bien accompagnée et par étapes, permet de minimiser les douleurs tout en capturant très rapidement les gains (économiques et souverains).

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Le vrai débat aujourd’hui n’est plus « faut-il changer ? » mais plutôt : à quel rythme, avec quelle méthode et avec quel niveau d’ambition ?

Les implications à court, moyen et long terme

La suspension du projet Microsoft 365 à Polytechnique et la dynamique enclenchée par Lyon ne sont pas seulement des victoires locales. Elles pourraient marquer un tournant dans la stratégie numérique du service public français. Voici les principales implications, analysées sur différents horizons temporels.

À court terme (2026-2027) - la phase de transition et de consolidation se présente de la manière suivante :

Pour les universités et grandes écoles : Polytechnique va devoir proposer une alternative crédible et rapide. Cela signifie probablement un maintien ou un renforcement de solutions hybrides (LibreOffice + OnlyOffice + Nextcloud) tout en modernisant son infrastructure. D’autres établissements observent attentivement : ceux qui étaient en phase de réflexion accélèrent leurs études d’opportunité. Le CNLL et les éditeurs souverains vont voir leurs carnets de commandes se remplir.

Pour Microsoft c’est la perte symbolique et commerciale en France. L’entreprise va probablement intensifier ses actions de lobbying, ses offres « éducation » à prix cassés et ses partenariats avec des influenceurs académiques. On peut s’attendre à une communication plus agressive sur la « compatibilité RGPD » et les déploiements « souverains » (comme Microsoft Sovereign Cloud en Europe).

Pour les utilisateurs un véritable période de friction s’annonce. Les personnels et étudiants de Polytechnique vont vivre quelques mois d’adaptation. La clé du succès résidera dans la qualité de l’accompagnement et de la formation.

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À moyen terme (2027-2030) : l’effet d’entraînement

Pour l’écosystème souverain français : boom attendu pour les éditeurs et intégrateurs locaux (OnlyOffice, Nextcloud, BlueMind, Linagora, Jalios, etc.). La mutualisation entre établissements (comme le SITIV à Lyon) va s’étendre, permettant de mutualiser coûts et compétences. Création d’emplois qualifiés en France : développeurs, formateurs, experts en migration, administrateurs systèmes libres.

Pour la recherche et l’enseignement supérieur : meilleure protection des données sensibles (ZRR, projets de défense, IA, santé). Les chercheurs gagnent en liberté : ils peuvent plus facilement contribuer à des projets open source, auditer les outils et innover pédagogiquement. Les universités retrouvent une marge budgétaire pour réinvestir dans les missions premières (recherche, attractivité des enseignants).

Pour les collectivités territoriales : Lyon devient un modèle reproductible. De nombreuses villes, départements et régions vont lancer leurs propres schémas directeurs de souveraineté numérique, souvent en s’appuyant sur les retours d’expérience déjà documentés.

À long terme (2030 et au-delà), vers un nouveau paradigme ? Deux scénarios principaux se dessinent.

Commençons par le scénario optimiste (le plus probable si la dynamique se maintient) avec une France qui généralise le logiciel libre et les solutions souveraines dans le service public éducatif et administratif. Économies cumulées de plusieurs centaines de millions d’euros par an. Un écosystème numérique national robuste, innovant et exportateur. Alignement avec les objectifs européens de souveraineté technologique (Gaia-X, Digital Markets Act). Les étudiants français grandissent avec des outils ouverts, ce qui renforce la culture numérique du pays.

Le scénario pessimiste se présentera si le mouvement reste minoritaire. Les inerties administratives, le manque de compétences internes et les pressions commerciales limitent le changement à quelques établissements pionniers. La majorité continue de dépendre de Microsoft, avec des « îlots souverains » qui coexistent difficilement, générant complexité et coûts cachés.

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Implications pour les étudiants et chercheurs : au-delà des institutions, ce sont les humains qui sont concernés. Les étudiants bénéficient de données mieux protégées, d’outils plus transparents et potentiellement d’une formation plus riche (apprentissage des formats ouverts, contribution à des projets libres). Les chercheurs retrouvent une véritable indépendance intellectuelle face aux outils qu’ils utilisent quotidiennement.

Cependant, une transition mal accompagnée pourrait créer une fracture temporaire de productivité, particulièrement pour les doctorants et jeunes chercheurs sous pression.

Enjeux politiques et stratégiques : cette affaire met l’État face à ses responsabilités. Va-t-il renforcer les obligations légales (contrôles de conformité plus stricts) ? Va-t-il financer massivement la montée en compétences des DSI universitaires ? Va-t-il encourager les mutualisations inter-établissements comme à Lyon ?

Polytechnique n’a pas seulement dit non à Microsoft. Elle a remis sur la table la question fondamentale : à qui appartiennent nos outils numériques stratégiques ?

Un tournant historique ?

Polytechnique n’a pas dit non à Microsoft. Elle a dit oui à sa souveraineté.

Cette affaire, qui aurait pu rester une querelle technique entre une grande école et un géant américain, s’est transformée en symbole. Symbole d’un réveil français face à une dépendance numérique devenue insoutenable. Symbole aussi d’une maturité nouvelle : le logiciel libre et les solutions souveraines ne sont plus des options militantes réservées aux puristes, mais des choix rationnels, économiquement viables et juridiquement obligatoires.

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement le choix d’une suite bureautique. Il s’agit de décider si la France souhaite conserver la maîtrise de ses données de recherche, de ses budgets publics et de ses outils pédagogiques, ou si elle accepte de les confier durablement à des intérêts étrangers. Lyon l’a démontré avec brio : on peut faire mieux, moins cher et plus propre. Polytechnique vient de confirmer que même les institutions les plus prestigieuses ne sont plus intouchables face à cette exigence.

Bien sûr, le chemin reste semé d’embûches. Les migrations demandent du courage, de la méthode et des investissements humains. Les résistances culturelles existent. Les solutions souveraines doivent encore progresser en ergonomie et en intégration. 

Mais le tabou est tombé : c’est possible.

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À l’heure où l’Europe durcit sa réglementation (Digital Markets Act, RGPD, AI Act) et où la géopolitique numérique se tend, la France a l’opportunité de prendre une position pionnière. En généralisant la priorité au logiciel libre dans l’enseignement supérieur et le service public, elle peut :

Réaliser des économies substantielles réinvestissables dans la recherche et l’innovation ;

Protéger réellement ses données stratégiques ;

Soutenir un écosystème numérique national créateur d’emplois qualifiés ;

Former une nouvelle génération d’étudiants et de chercheurs à des outils ouverts et transparents.

Le pluralisme technologique n’est pas une guerre contre Microsoft. C’est la garantie de la liberté académique, de la concurrence saine et de l’innovation durable. Un monopole, même bienveillant, reste un monopole.

L’histoire retiendra peut-être Polytechnique comme le moment où l’enseignement supérieur français a commencé à reprendre le contrôle de son destin numérique. Reste maintenant à transformer cette brèche en lame de fond. Les décideurs publics, présidents d’université et DSI ont désormais des preuves concrètes entre les mains. À eux de choisir : continuer à payer pour une dépendance confortable, ou investir dans une souveraineté rentable et responsable.

L’avenir numérique de la France ne se jouera pas à Redmond, mais à Palaiseau, à Lyon, et dans toutes les universités qui oseront suivre.

Retrouvez le résumé vidéo de cet article : 

https://www.francesoir.fr/politique-france-societe-science-tech/polytechnique-dit-non-microsoft-quand-le-logiciel-libre-fait


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6 - De nos jours l'Internet est de plus en plus ciblé par les dictatures. L'an dernier c'était mon blog 'LE VERT BAVOIR' huemaurice5 qui a été effacé ! PCHITT ! Censure de plus de 15 ans de publications scientifiques et économique avec presque 3 500 000 visites PAR JOUR ! Mon blog 'LE VERT BAVOIR' huemaurice5 était LA référence internationale, l'encyclopédie, l'historique. C'était 60 ou 120 ou parfois 180 articles publiés PAR JOUR ! (la censure était quotidienne).

Sans explications Google (Blogger) l'a supprimé de la toile !

J'ai recommencé. LE VERT BAVOIR huemaurice1. J'ai repris mes internautes, je les en remercie.

C'est LA guerre entre Windows (compliqué, virus, etc) et Linux (simple, facile, intelligent. L'antivirus intégré ! 1 mise à jour par an en 1 mn !)

Mais il n'y a pas que moi ! C'est inimaginable le nombre de sites fermés ou astreint au panneau d'entrée 'Accepter les cookies' !! C'est-à-dire accepter les virus, les espions sur votre ordinateur et le contrôle par des hackers  !

Chez moi, je n'accepte pas les cookies ou les sites comme :


 "www.globalresearch.ca

Vérification de sécurité en cours

Ce site utilise un service de sécurité pour se protéger contre les bots malveillants. Cette page s’affiche pendant que le site vérifie que vous n’êtes pas un bot."


Mais de cocher la case ne suffit pas ! Le site scientifique est interdit ! Impossible d'y aller !


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7 -   Le vote comme piège : faut-il encore nourrir le système qui nous trahit ?


Xavier Azalbert, France-Soir

 le 31 mai 2026 - 13:45


Hier, nous avons disséqué les racines philosophiques et historiques d’une représentation qui a dégénéré en légitimation passive. Aujourd’hui, allons plus loin : décortiquons le mécanisme invisible du piège électoral, ce dispositif psychologique, médiatique et structurel qui transforme chaque scrutin en acte d’auto-alimentation d’un système déconnecté. Comment le vote, loin d’être un outil d’émancipation, est devenu le carburant qui alimente un système qui trahit quotidiennement ceux qu’il prétend servir. Le cœur du mécanisme : le vote comme piège à cons, pour reprendre l’expression brutale et visionnaire de Coluche.

Le comique populaire avait vu juste bien avant que le phénomène ne devienne systémique : « Les élections, c’est le piège à cons. » Il ne s’agissait pas d’une simple boutade anti-politique, mais d’une intuition profonde sur la psychologie collective. On vous fait croire que votre bulletin est une arme de souveraineté, alors qu’il n’est souvent qu’une pièce glissée dans une machine qui a déjà décidé de sa trajectoire.

En d’autres mots, le vote n’est plus un choix libre entre des visions concurrentes. Il est devenu un rituel d’illusion d’optique. On vous présente des figures « opposées » qui, une fois au pouvoir, défendent les mêmes piliers intouchables : soumission aux traités européens non renégociés, dépendance aux marchés financiers, gestion technocratique des flux migratoires, et une communication permanente qui maquille l’échec en « complexité ». Ce n’est plus une élection : c’est un piège à consentement.

Le piège psychologique et narratif

Le système ne fonctionne plus par la force, mais par l’illusion du choix. On vous présente des candidats « antagonistes » qui débattent furieusement sur des détails (niveau de taxation marginal, quotas migratoires à + ou - 5 %, couleur de la prochaine réforme) tout en laissant intacts les vrais verrous : les traités européens non renégociables, la dépendance aux marchés obligataires, la gouvernance par normes et agences indépendantes, et une immigration de masse qui redessine le pays sans que le peuple n’ait jamais été consulté par référendum contraignant.

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C’est la fenêtre d’Overton verrouillée à double tour. Les débats autorisés se limitent à des ajustements mineurs (un peu plus ou un peu moins d’impôts, un peu plus ou un peu moins de régulation), tandis que les questions existentielles sur la souveraineté réelle, le contrôle des frontières, la réindustrialisation massive, la maitrise culturelle, ou la refonte profonde de l’Etat restent hors champs. 

Cette fenêtre est en outre verrouillée par un troisième tour, celui de la validation des candidats par le Conseil constitutionnel (500 votes et acceptation du dossier), dont nous reparlerons dans un prochain édito.

Et, là intervient le rôle central des infrastructures narratives : les grands médias dominants, largement subventionnés ou alignés, transforment toute remise en cause du cadre en « extrémisme » ou « populisme ». Ils créent un cercle vicieux : on vote pour des « modérés » par peur du chaos, puis on s’étonne que rien ne change. Le système se nourrit de cette peur fabriquée.

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En conséquence, les partis dits d’alternance ne sont plus des opposants. Ils sont devenus des gestionnaires de continuité des intérêts structurels : fonds d’investissement, lobbies sectoriels, organismes supranationaux. Ils n’ont pas besoin de « corrompre » directement ; ils alignent les carrières, les financements et les portes tournantes. Un élu qui sort du cadre voit son avenir professionnel menacé. Un parti qui ose une vraie rupture se heurte à des campagnes de déstabilisation coordonnées.

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Alors, une fois au pouvoir, ils reconduisent les mêmes politiques, parfois avec un discours un peu plus musclé les premiers mois, avant de s’aligner sur les contraintes « réalistes ». La réelle question n’est plus « qui va gagner ? », mais « à qui sera le tour de gérer le déclin en douceur ? ». Le seul véritable opposant – celui qui veut changer le cadre lui-même – est systématiquement exclu du jeu ou diabolisé.

Le « Parti du Rejet » : conscience collective du piège

Le sondage MIS Group réalisé pour France Soir et BonSens.org en mai 2026 l’exprime avec une clarté glaçante : 23 % des Français constituent désormais ce « Parti du Rejet », une masse qui refuse en bloc l’offre politique traditionnelle. Ce n’est pas une abstention résignée. C’est une déclaration de non-reconnaissance. Ces citoyens perçoivent que le jeu est truqué en amont, que les cartes sont biseautées avant même que le scrutin ne commence. Ils refusent de légitimer un menu où tous les plats ont le même goût.

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78 % estiment que le gouvernement n’agit pas dans l’intérêt de la population. Ce divorce massif n’est plus une crise de confiance : c’est la prise de conscience que le piège à cons fonctionne à plein régime.

Le coût réel : dépossession et impuissance apprise

Ce qui n’a pas été dit hier, c’est le prix psychologique et civilisationnel de ce piège électoral. Chaque participation non exigeante, chaque bulletin glissé sans contrepartie réelle, renforce insidieusement le sentiment d’impuissance apprise — ce concept bien connu des psychologues depuis les travaux de Martin Seligman. On apprend collectivement aux citoyens qu’ils sont incapables de changer les choses en profondeur. On transforme un peuple souverain en une masse de spectateurs-consommateurs qui, tous les cinq ans, viennent applaudir ou siffler le spectacle avant de rentrer chez eux, résignés.

C’est une dépossession progressive : dépossession de la maîtrise de nos frontières, de notre monnaie, de notre modèle social, de notre identité culturelle. Et, le vote, loin d’être un remède, devient le rituel qui valide cette dépossession.

C’est la métaphore terrifiante de la grenouille bouillie à petit feu. Si vous jetez une grenouille dans de l’eau bouillante, elle saute immédiatement pour survivre. Mais, si vous la placez dans une casserole d’eau froide que vous chauffez progressivement, elle s’habitue à la température montante, s’anesthésie et finit par mourir sans même tenter de s’échapper. Ainsi va notre dépossession progressive. Elle ne vient pas d’un coup d’État brutal, mais d’une succession de renoncements indolores, validés à chaque scrutin.

Cette dépossession est multiple et insidieuse :

Dépossession de nos frontières : on nous a fait accepter, élection après élection, que contrôler les flux migratoires relevait du « populisme », tandis que les arrivées continues redessinent la démographie et la cohésion sociale sans que le peuple ne soit jamais réellement consulté par référendum contraignant.

Dépossession de notre monnaie et de notre souveraineté économique : le passage à l’euro, les traités européens successifs, la dépendance aux marchés obligataires et à la BCE ont retiré aux Français la maîtrise de leur outil monétaire. Chaque gouvernement promet la « reprise en main », puis s’incline devant les « contraintes extérieures ».

Dépossession de notre modèle social : les promesses de préservation de nos acquis se heurtent à une réalité de dette exponentielle, de normes bruxelloises et de restrictions budgétaires imposées de l’extérieur. Le consentement électoral permet de faire avaler, à petites doses, ce que la raison collective aurait refusé en bloc.

Dépossession de notre identité culturelle : l’effacement progressif des repères historiques, la dilution de la langue, la remise en cause des symboles nationaux et la fragmentation communautariste s’opèrent sous couvert de « modernité » et de « diversité », sans que le vote ne permette jamais d’inverser la tendance.

Le vote, loin d’être un remède, devient alors le rituel qui valide cette dépossession. Il offre l’illusion de la maîtrise tout en consolidant la perte de degrés de liberté. Comme l’écrivait Alexis de Tocqueville dans De la démocratie en Amérique, nous risquions d’aboutir à un « despotisme doux » : « un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d’assurer [les citoyens] de leur jouissance et de veiller sur leur sort », et qui les réduit peu à peu à « un troupeau d’animaux timides et industrieux ».On retrouve cette même intuition chez George Orwell dans 1984 : le contrôle totalitaire le plus efficace n’est pas celui qui interdit, mais celui qui fait aimer la chaîne. Ou chez Aldous Huxley dans Le Meilleur des mondes, où les citoyens, drogués au soma, célèbrent leur propre servitude en croyant exercer leur liberté.

C’est exactement ce mécanisme que nous vivons : on nous laisse le droit de voter, comme on donne un hochet à un enfant pour qu’il se taise pendant que les adultes décident. Et, à force de hochet, nous perdons jusqu’à la mémoire de ce que signifiait réellement la souveraineté et l’autonomie.

Comment sortir du piège à cons ?

La réponse n’est ni dans l’abstention totale (qui laisse le champ libre aux mêmes), ni dans le vote naïf et répétitif.

Elle passe par une double stratégie qui se compose de conditions nécessaires et suffisantes :

Un vote conditionnel et ciblé : uniquement pour faire avancer des lignes rouges non négociables (référendum d’initiative citoyenne contraignant, audits indépendants, sortie de certains traités, etc.).

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Une construction parallèle massive : réseaux d’information libres, initiatives locales de résilience économique et culturelle, formation citoyenne, pression constante hors des urnes.

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Coluche avait raison : les élections sont un piège à cons… tant qu’on les aborde comme des citoyens-consommateurs passifs. Ceux qui attendent encore le « grand soir » ou le « sauveur » se trompent de siècle. Le XXIe siècle sera celui des peuples qui reprennent le pouvoir par en bas, en refusant de déléguer leur vigilance.

Le vote est un piège tant qu’il reste le seul outil. Il devient une arme quand il s’accompagne d’une reconquête quotidienne de la souveraineté. La France ne manque ni d’intelligence ni de courage. Elle manque de coordination et de lucidité collective face au mécanisme qui la neutralise.

À nous de décider : continuons-nous à introduire notre bulletin dans la machine, ou commençons-nous à démonter les engrenages un par un ?

Le système nous trahit parce que nous lui avons laissé le monopole de notre consentement.

À nous de décider si nous continuons à nourrir la machine ou si nous commençons enfin à la démonter.

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Retrouvez le résumé vidéo de cet article : 

https://www.francesoir.fr/opinions-editos/le-vote-comme-piege-faut-il-encore-nourrir-le-systeme-qui-nous-trahit


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8 -  Droite, extrême-droite, gauche, extrême gauche et extrême centre sont LE MÊME PARTI ! AUCUN de ces partis ne défend le Peuple ! AUCUN ! AUCUN ne propose la Démocratie (comme en Suisse) pour remplacer les dictatures monarchiques, républicaines ou impériales ! Même aux États-Unis existe un parti démocrate... anti Démocratie !!

En Démocratie c'est le Peuple qui propose SES lois et vote SES lois. En dictatures c'est: "Peuple, tu fermes ta gueule !" En Suisse le ou la cheffe d’État est élue pour 1 an (1er Janvier/31 Décembre).


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9 -   Idéologie climatique et viande rouge : l’élevage serait-il en partie responsable du changement climatique ?

  

Hélène Banoun (PhD) pour France-Soir

 le 31 mai 2026 - 13:00


L'idéologie climatique (oh pardon ! la « Science » climatique consensuelle) nous assure que les bovins émettent des gaz à effet de serre par leur digestion (rots) et représentent donc une menace pour la planète.

Le fait que la directrice de France Inter, Adèle Van Reeth, ait déclaré le 21 avril 2024 « ne pas donner la parole à des personnes qui contesteraient le fait même du réchauffement climatique » doit nous alerter sur cette censure qui nous rappelle la chape de plomb qui empêche toute critique de la politique sanitaire de s'exprimer sur les médias mainstream. La directrice de Radio France avouait en effet dans ce même extrait censurer les « climatosceptiques » et « antivax »[1]!

Pour une critique du rôle réel du gaz carbonique et autres gaz à effets de serre anthropiques, il faut lire, entre autres,  « Le changement climatique n'est plus ce qu'il était » de la climatologue Judith Curry et suivre le site des Climato-réalistes[2].

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Pour le groupe d’experts de l’UE sur le changement climatique[3], l'élevage est directement responsable de 50 % des émissions agricoles et génère des gaz à effet de serre : le méthane et le protoxyde d’azote (N2O) émis par la fermentation dans le système digestif des ruminants et par le fumier. Leur rapport de mars 2026 recommande une baisse de la consommation de produits d'origine animale comprise entre 15 % et 50 % par rapport aux niveaux actuels, accompagnée d'une diminution proportionnelle de la production.

Ils notent que 39 % du budget de la PAC favorisent la production agricole et sont nuisibles au climat. Mais, ils reconnaissent que la suppression des paiements pour la production animale pourrait pénaliser les systèmes de pâturage extensif et entraîner une perte de prairies avec des répercussions négatives sur la biodiversité et les risques d’incendie de forêt.

Ils accusent l’élevage de participer à la perte de la biodiversité, à l’acidification des sols, à la pollution atmosphérique et la pollution de l’eau sans toutefois préciser que ces dégradations sont le fait des élevages industriels. Ils reconnaissent quand même que les élevages extensifs préservent au contraire la biodiversité, la santé des sols, la séquestration du carbone et réduisent le risque d’incendies de forêt.

Selon ce rapport, 70 à 75 % des aliments protéiques pour animaux sont actuellement importés, et 82 % de ceux-ci proviennent d'Argentine, du Brésil et des États-Unis. Par ailleurs, ils oublient de préciser que l’élevage traditionnel n’a pas besoin de produits importés : seul l’élevage industriel consomme ces aliments importés.

Le rapport recommande de sélectionner des animaux plus productifs, plus fertiles et en meilleure santé pour réduire l'émission de gaz à effet de serre. Notons ici la contradiction entre productivité et résistance aux maladies : on sait que les races rustiques moins productives sont beaucoup plus résistantes. De plus, on peut citer l’exemple des canards basques résistants à la grippe aviaire[4] mais moins fertiles et les buffles méditerranéens résistants à la dermatose nodulaire contagieuse[5] mais certainement incapables de produire 50 litres de lait par jour !

Les experts recommandent de supprimer progressivement les aides pour l’élevage tout en soutenant l’extensification du secteur de l’élevage.

Les experts félicitent les Pays-Bas qui ont décidé de réduire leur cheptel d’un tiers en 13 ans. Pour eux, l’Irlande et le Danemark sont également sur la bonne voie avec des textes et des mesures d’incitation à la réduction des cheptels.

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En France, la Cour des comptes avait déjà noté en 2022[6] que l’élevage bovin était l’activité agricole la plus subventionnée, la France étant le premier producteur de viande bovine en Europe en 2020. Pour elle, seules les subventions publiques permettent d’équilibrer les exploitations. Cependant ces subventions profitent surtout aux acteurs en amont et en aval de la filière : on comprend bien par là que les subventions aux éleveurs sont en fait des aides déguisées aux fournisseurs de ces éleveurs (engrais, alimentation du bétail, fuel pour les engins agricoles, etc…) et aux négociants, aux abattoirs et à l’industrie agroalimentaire. Ces aides aux éleveurs permettent de maintenir des prix élevés de vente des intrants aux éleveurs. Inversement, les acteurs en aval (négociants, abattoirs, industrie agroalimentaire et distribution) peuvent ainsi exiger des éleveurs des prix souvent en dessous du prix de revient de leurs produits.

La Cour des comptes rappelait aussi les différents rapports qui recommandent une réduction de l’élevage bovin, de la consommation de viande et de lait dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.

Elle recommandait en 2022 de réduire le cheptel bovin en cohérence avec les objectifs climatiques de l’accord international Global Methane Pledge.

Au niveau global, le plan EAT de 2019[7] recommande également la réduction de la consommation de viande et du cheptel bovin. Ce rapport de 2019 est la traduction grand public d’une étude scientifique parue dans The Lancet[8] la même année. EAT est le nom d’une fondation norvégienne créée en 2016 destinée à transformer les systèmes alimentaires pour les rendre « plus durables, sains et équitables ». EAT est un jeu de mots qui ne signifie rien mais évoque l’alimentation. Le Wellcome Trust est intervenu dans la création de cette fondation.

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EAT recommande de limiter la consommation de viande rouge à environ 14 g par jour en se fondant sur deux piliers scientifiques principaux.

Selon EAT, sur le plan de la santé humaine, une consommation élevée de viande rouge, et particulièrement de viande transformée, est associée à une augmentation du risque de maladies chroniques majeures : cancer colorectal, maladies cardiovasculaires, diabète de type 2 et mortalité toutes causes confondues.

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Une étude plus récente[9] montre justement qu’il n’y a pas de preuve de la nocivité de la viande rouge brute concernant ces risques dans la limite d’une consommation de 200 g par jour.

La viande transformée est nettement plus risquée que la viande rouge brute car les procédés industriels (ajout de nitrites/nitrates, sel élevé, fumage, fermentation) génèrent ou ajoutent des composés cancérigènes (N-nitrosamines, hydrocarbures aromatiques polycycliques, amines hétérocycliques) et favorisent l’inflammation et l’oxydation, alors que la viande rouge brute expose surtout au fer héminique et à des composés formés uniquement lors de la cuisson. Le risque provient donc certainement des aliments transformés par l’industrie agro-alimentaire mais comme toujours on préfère cibler les paysans et la petite agriculture familiale où le capital financier ne peut pas s’investir !

Sur le plan environnemental et climatique, la réduction drastique de la viande rouge s’explique selon EAT par son empreinte écologique particulièrement élevée. La production de viande bovine et ovine serait l’une des activités agricoles qui contribuent le plus aux émissions de gaz à effet de serre (notamment via le méthane entérique), à l’occupation des sols, à la déforestation et à la perte de biodiversité. Selon le rapport, seule une forte diminution de ces productions permettrait de nourrir une population mondiale projetée à près de 10 milliards d’habitants d’ici 2050 en protégeant le climat.

Le rôle des gaz à effet de serre étant contesté par des scientifiques indépendants, ces recommandations reposent sur des fondements scientifiques hautement discutables !

Tiques, bioéthique et allergie à la viande rouge

Le gouvernement américain a réagi en janvier 2026 à cette critique hygiéniste de la consommation de viande rouge. Le ministère américain de la Santé (HHS) et le ministère de l’Agriculture (USDA) ont publié les nouvelles Dietary Guidelines for Americans 2025–2030. Elles marquent un tournant important avec un retour à une pyramide alimentaire inversée. La base large en haut met en avant les protéines (dont la viande rouge), les produits laitiers entiers et les graisses saines. Les céréales complètes sont reléguées en bas. 

inversion

Les autorités US s’appuient sur l’importance des protéines et les recommandations scientifiques (1,2–1,6 g de protéines par kg de poids corporel par jour) et  des études montrant que les protéines favorisent la satiété, la préservation de la masse musculaire (surtout chez les personnes âgées), le métabolisme et la santé globale. La viande, les œufs et les produits animaux sont des sources très denses en fer héminique, B12, zinc, créatine, choline, etc., mieux absorbés que leurs équivalents végétaux. Elles recommandent également la réduction forte des sucres ajoutés, des aliments ultratransformés et céréales raffinées, accusés d’être responsables de l’obésité, du diabète de type 2 et de l’inflammation chronique. Le sujet reste donc ouvert et toujours très politisé, à tel point que deux chercheurs en bioéthique, Parker Crutchfield et Blake Hereth, ont publié un article provocateur intitulé Beneficial Bloodsucking[10] :

Partant de l’hypothèse que consommer de la viande (surtout rouge) est moralement répréhensible en raison de la souffrance animale, ils défendent que promouvoir activement la diffusion du syndrome d’allergie à la viande rouge (y compris via des tiques potentiellement modifiées) pourrait constituer un « bio-améliorateur moral » obligatoire. Selon eux, contraindre biologiquement les populations à éviter la viande améliorerait le comportement moral collectif sans nécessiter de changement volontaire.

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Le syndrome alpha-gal (AGS) est une allergie alimentaire retardée, parfois sévère, qui empêche la consommation de viande de mammifères (bœuf, porc, agneau, etc.) ainsi que de certains produits dérivés comme la gélatine. Les symptômes apparaissent généralement 2 à 6 heures après l’ingestion et peuvent aller d’urticaire et troubles digestifs jusqu’à des réactions anaphylactiques potentiellement graves. Contrairement aux allergies classiques, elle est déclenchée par un sucre spécifique : le galactose-α-1,3-galactose (alpha-gal), absent chez l’humain mais présent sur les cellules des mammifères. L’AGS est principalement provoqué, chez certaines personnes, par la morsure de tiques. Lors de la piqûre, la tique injecte dans la peau une quantité d’alpha-gal présente dans sa salive. Chez des individus sensibles, cela provoque une réponse immunitaire : la production d’anticorps IgE dirigés contre cette molécule. Toute exposition ultérieure à de l’alpha-gal alimentaire déclenche alors la réaction allergique.

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Ce mécanisme est bien documenté et naturel. L’augmentation des cas observée ces dernières années, notamment aux États-Unis, coïncide avec l’expansion géographique de certaines espèces de tiques, favorisée officiellement par le réchauffement climatique et l’accroissement des populations de cerfs.

La principale responsable aux États-Unis est la tique étoilée (Amblyomma americanum), également appelée lone star tick en raison de la tache blanche sur le dos de la femelle. Cette espèce est particulièrement agressive, généraliste (elle pique humains, cerfs, chiens, etc.) et capable de transmettre l’alpha-gal de manière efficace. Contrairement à d’autres tiques, elle est active du printemps à l’automne et s’adapte relativement bien à des environnements variés. Son expansion vers le nord et l’ouest des États-Unis explique en grande partie la progression de l’AGS.

La tique étoilée fait l’objet de nombreuses études dans des laboratoires universitaires et publics américains, notamment à l’University of Texas Medical Branch (Galveston), à l’University of Massachusetts (Laboratoire de Zoologie Médicale), à Old Dominion University, Oklahoma State University et sous coordination du CDC.

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Ces recherches visent à mieux comprendre l’écologie de l’espèce, son expansion, le mécanisme précis de transmission de l’alpha-gal, les pathogènes qu’elle véhicule (Ehrlichia, virus Heartland, etc.) et à développer des stratégies de prévention et de contrôle.

La plupart des travaux sur des tiques non infectées ou sur le seul mécanisme alpha-gal se déroulent en niveau BSL-2 (il existe 4 niveaux de biosécurité, le plus faible étant le BSL-1 ou P1). Lorsque les tiques sont infectées par des pathogènes, le niveau passe à BSL-3. Aucun incident documenté de fuite de tiques étoilées de laboratoire n’a été rapporté. Cependant, le confinement n’est jamais absolu à 100 %. Des erreurs humaines ou techniques restent théoriquement possibles, même si les protocoles sont stricts (insectariums scellés, pression négative, destruction systématique des spécimens).

Un élément inquiétant est la capacité de reproduction extrêmement rapide de ces tiques : une femelle peut pondre jusqu’à 10 000 œufs. En conditions contrôlées, une colonie peut donc théoriquement passer de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers d’individus en peu de générations. Cette réalité biologique rend toute manipulation en laboratoire potentiellement sensible, même sans intention malveillante.

Contrairement à ce que pourrait suggérer une lecture rapide de certains textes spéculatifs, il n’est pas nécessaire de modifier génétiquement ces tiques pour propager l’AGS. Les populations sauvages de tiques étoilées le font déjà naturellement et efficacement. L’ingénierie génétique n’interviendrait que dans un scénario hypothétique visant à optimiser, accélérer ou étendre la transmission — un scénario qui relève pour l’instant de la pure spéculation.

Pourquoi donc insister sur la modification génétique des tiques dans cet article de Bioethics (sans jeu de mots !)? On peut se demander si les auteurs sont conscients du caractère provocateur de leur article : ils promeuvent le délire technocratique en prétendant qu’il pourrait moralement améliorer les populations humaines. De plus d’un point véritablement éthique, imposer une allergie chronique via un vecteur biologique sans consentement constitue une atteinte grave à l’intégrité corporelle et à l’autonomie.

Kris Newby est l’auteur du livre très documenté qui a révélé que les tiques avaient été manipulées par l’Armée Américaine pour être porteuses de la bactérie Borrelia responsable de la maladie de Lyme. Il a retrouvé un « détail » important[11]. L’armée américaine a lâché des centaines de milliers de tiques « lone star » radioactives à la fin des années 1960 sur la voie migratoire des oiseaux sauvages. Il s’agissait de suivre la diffusion de ces tiques grâce au marquage radioactif. Ces tiques étaient connues pour héberger des microorganismes pathogènes pour l’homme et le laboratoire de Fort Detrick avait un programme d’étude sur ces armes biologiques éventuelles. À l'époque, on ne connaissait probablement pas le danger spécifique de l’AGS porté par ces arthropodes. En l'espace de trois ans, 152 000 tiques « Lone Star » équipées de radio-isotopes ont été relâchées sur deux sites de l’État de Virginie. Peu après la fin des expériences, la première tique étoilée (lone star) a été observée à Montauk, sur Long Island. De 1971 à 1976, 124 cas de fièvre pourprée des montagnes Rocheuses ont été recensés sur Long Island. À l'échelle nationale, le nombre de cas de fièvre pourprée a explosé, atteignant des niveaux records de 1969 à 1976. Des personnes en sont mortes. Trois agents pathogènes inhabituels transmis par les tiques sont soudainement apparus dans la « région de Lyme » à la fin des années 60.

Ces tiques ont-elles commencé alors à répandre le syndrome AGS ? Ou seulement plus tard puisque l’explosion des cas commence seulement en 2014 ? L'irradiation des tiques a-t-elle entraîné des mutations les rendant capables de transmettre l’AGS ? D’autres lâchers de tiques non documentés ont-ils eu lieu par la suite ?

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On retrouve aussi la fondation Bill Gates dans ces travaux controversés, puisqu’elle finance actuellement la société Flyttr (anciennement Oxitec), qui collabore avec le Roslin Institute d’Édimbourg sur une autre espèce de tique, Rhipicephalus microplus (présente en Asie, en Amérique du Sud et en Afrique tropicales). Cette tique transmet des maladies au bétail et entraîne d’importantes pertes économiques. Il s’agit d’une espèce différente, mais elle pourrait elle aussi transmettre l’AGS. Ces manipulations auraient toutefois eu lieu en Afrique, et non en Amérique du Nord.

Pour finir d’exciter les tendances complotistes de certains, il faut ajouter que des chercheurs de l’université de Caroline du Nord (la même que celle de Ralph Baric, le papa du SARS-CoV-2) mettent au point de la viande synthétique compatible avec l’allergie AGS[12] : la boucle est bouclée !

Retrouvez la vidéo résumé de l'article : 

https://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/ideologie-climatique-et-viande-rouge-l-elevage-serait-il-en-partie-responsable-du


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10 - Notre atmosphère se compose de 78 % d'azote, 21 % d'oxygène, 0,041 % de gaz carbonique et de 0,0000015 % de méthane (soit une molécule tout les 150 km !). Gaz carbonique et méthane sont appelés 'gaz à effet de serre' !!! par tout les politiciens anti scientifiques.

TOUS les humains, animaux et insectes pètent. Du moustique à l'éléphant.

Nous respirons 0, 041 % de gaz carbonique mais, comme il se détruit à 30,9 °C notre organisme qui est à 37°C ne peut donc en rejeter. Idem pour les pots d'échappements et cheminées d'usines qui ont des températures bien supérieures !


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