mercredi 29 juillet 2026

Quelles seront les conséquences de la menace européenne de voler le pétrole russe

 

Par Alexandre Lemoine

Mondialisation.ca, 
28 juillet 2026


« Ce qui se passe relève tout à fait de la définition de la piraterie. Derrière des documents factices se cachent des agissements ouvertement frauduleux. » C’est en ces termes que les experts qualifient le mécanisme de confiscation du pétrole russe introduit dans le 21e paquet de sanctions antirusses de l’UE. Mais ce mécanisme peut-il réellement fonctionner?

L’Union européenne a approuvé un nouveau mécanisme permettant de vendre le pétrole russe confisqué sans reverser le produit de la vente à ses propriétaires légitimes. Comme le rapporte la publication The European Conservative, la procédure correspondante est prévue par le 21e paquet de sanctions adopté par l’UE.

Il est à noter que l’UE a également autorisé le stockage de telles cargaisons sur le territoire des États membres et même leur placement sous le régime douanier des zones franches. Reuters souligne qu’ainsi l’Europe pourrait accéder à des capitaux considérables.

La Belgique, par exemple, a arraisonné en mars un navire d’une capacité de 330.000 barils, dont la vente aurait pu rapporter à Bruxelles environ 26 millions de dollars. Le navire intercepté par la France, en provenance de Mourmansk, transportait quant à lui 600.000 barils, soit l’équivalent de 48 millions de dollars.

Cet épisode s’inscrit dans le prolongement des mesures européennes visant à lutter contre la « flotte fantôme » de la Russie. Par ce terme, qui n’a aucun équivalent dans la pratique juridique mondiale, les États occidentaux désignent les navires prétendument utilisés par Moscou pour contourner les sanctions imposées. Des restrictions à l’encontre des navires soupçonnés par Bruxelles sont en vigueur depuis 2022.

Auparavant, ces sanctions revêtaient un caractère principalement ciblé, c’est-à-dire qu’elles visaient les navires figurant sur la liste de la « flotte fantôme ». Mais à partir de 2025, l’UE est passée à des actions plus dures: interceptions et saisies de pétroliers.

La situation a atteint son paroxysme en juin, lorsque les forces navales de l’Union européenne, dans le cadre de l’opération Irini, ont obtenu le droit de procéder à des inspections de navires. La chef de la diplomatie européenne a justifié ces mesures par le fait que les restrictions contribueraient à limiter la « capacité de la Russie à financer le conflit ».

La Russie, cependant, répond de manière proportionnée aux actions inamicales de l’UE. Ainsi, la marine russe a commencé à escorter les navires russes afin de protéger les cargaisons stratégiques. À cette fin sont mobilisés non seulement des bâtiments de surface, mais aussi des sous-marins et l’aviation navale.

La décision de l’Europe de créer un mécanisme de vente du pétrole confisqué paraît étrange. En effet, à l’heure actuelle, même la saisie du pétrole sur les navires arrêtés n’est pas effectuée, car les pays de l’UE ne parviennent pas à le trouver. Autrement dit, les navires sont arrêtés, maintenus au port pendant une semaine, puis relâchés.

Le prétexte formel de l’arraisonnement, du moins pour l’instant, n’est pas le transport de matières premières russes, mais le soupçon d’utilisation illégale de pavillon.

D’où l’incompréhension quant au fondement sur lequel Bruxelles entend vendre ce pétrole. Pour mettre en œuvre un tel procédé, il faut créer une condition justifiant le fait même de la saisie.

Selon toute vraisemblance, les Européens tentent d’élaborer un mécanisme permettant de déclarer la cargaison elle-même illégale. Mais même dans ce cas, selon les normes en vigueur, le produit de la vente devrait être restitué au propriétaire. Autrement dit, il n’existe même pas de mesures formellement légales pour concrétiser l’idée de l’UE.

La seule issue serait un refus pur et simple de respecter les normes internationales. C’est ainsi, par exemple, qu’ont déjà agi les États-Unis avec les pétroliers iraniens et vénézuéliens. Les navires étaient remorqués vers les côtes américaines, la cargaison vendue aux enchères, après quoi le produit était reversé au budget des États-Unis. Et sur le papier, le tout était formalisé comme une importation de ce même pétrole que Washington avait pourtant interdit d’acheter.

Mais il existe une différence majeure entre les États-Unis et l’UE: les États-Unis n’ont pas ratifié la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, ce qui explique qu’ils ne se soucient guère des normes de la réglementation internationale. Bruxelles ne dispose pas d’une telle latitude.

Pour l’heure, ce qui se passe relève tout à fait de la définition de la piraterie. On le couvre simplement de justifications juridiques qui, à y regarder de plus près, apparaissent comme des arguties.

La propriété du pétrole au moment de la saisie constitue une question à part: appartient-il à la Russie ou à l’acheteur? Tout dépend ici de la façon dont le contrat est libellé: le propriétaire peut être aussi bien le consommateur qu’un intermédiaire. C’est précisément pourquoi de telles opérations risquent de valoir à Bruxelles une série de réclamations de la part de pays tiers. La grande question est de savoir si l’Europe est prête à mener des actions d’une telle envergure.

Pour l’instant, même l’arraisonnement de navires revêt un caractère plutôt ponctuel. À ce jour, les actions de l’UE n’ont pas de réel impact sur les exportations de pétrole russe. Mais si l’UE décidait de systématiser cette pratique, la situation pourrait être interprétée comme relevant du blocus maritime, dont la mise en place, selon les principes fondamentaux du droit maritime, constitue un acte de déclenchement de guerre. Il s’agirait alors d’une escalade au plus haut niveau initiée par l’Occident.

L’Europe n’est pas encore prête à aller jusque-là. C’est pourquoi Bruxelles devra contenir son envie de s’enrichir grâce au pétrole russe.

Alexandre Lemoine


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2 - Carburant : le nerf de la guerre que la France n’a jamais vraiment quitté


Le Collectif citoyen e France-Soir
le 28 juillet 2026 - 08:24


Analyse des hausses depuis 70 ans, fiscalité française et risque d’un nouveau mouvement social.

Les crises géopolitiques ont scandé l’histoire des cours du pétrole. L’embargo de l’OPEP en 1973-1974, la révolution iranienne et la guerre Iran-Irak de 1979-1980, l’invasion du Koweït en 1990, les tensions récurrentes au Moyen-Orient ou encore les répercussions de la guerre en Ukraine et des événements de 2026 ont provoqué des interruptions d’approvisionnement ou des anticipations de pénurie qui ont fait flamber les prix. Ces épisodes restent marquants. Pourtant, une lecture purement géopolitique occulte l’essentiel. Les hausses durables, les plateaux élevés et même une part significative des pics s’expliquent par des mécanismes économiques, technologiques et monétaires plus profonds. C’est à ces déterminants structurels qu’il convient de s’intéresser pour comprendre véritablement l’évolution des prix sur trois quarts de siècle.

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L’évolution factuelle des cours du brut depuis 1950

Pendant plus de vingt ans après 1950, les prix nominaux du pétrole brut (référence WTI ou équivalents historiques) sont restés remarquablement stables, oscillant entre 2 et 3,5 dollars le baril. Les données consolidées de l’Energy Information Administration et des séries WTI montrent une rupture nette à partir de 1973-1974, puis un pic nominal annuel moyen autour de 38 dollars en 1980.

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S’ensuivent un effondrement en 1986 (autour de 15 dollars), une relative stabilité dans les années 1990, une montée progressive dans les années 2000 culminant à près de 99 dollars en moyenne annuelle en 2008 (avec un pic quotidien proche de 147 dollars), un nouveau plateau élevé entre 2011 et 2014, une chute liée à la production de schiste en 2015-2016, un effondrement de demande en 2020, puis un rebond post-pandémique. En 2025, la moyenne annuelle WTI s’est établie autour de 65 dollars.

En dollars constants (approximation en base 2025), les niveaux des années 1950-1960 apparaissent nettement plus élevés qu’en termes nominaux. Le pic de 1980 demeure très significatif, tandis que celui de 2008 s’impose souvent comme l’un des plus hauts de la période récente. La moyenne réelle de long terme se situe autour de 60 dollars.

(Les ajustements d’inflation sont approximatifs à partir d’indices CPI historiques ; les valeurs exactes varient légèrement selon la base et la série de référence, mais les ordres de grandeur et les tendances sont robustes.)

Les déterminants structurels des hausses

La demande mondiale a constitué le moteur principal des hausses durables. La forte croissance des économies émergentes, en particulier la Chine et l’Inde dans les années 2000, a tiré la consommation mondiale à un moment où la capacité de réserve était faible. Les analyses économétriques confirment que les chocs de demande globale expliquent une part majeure des hausses persistantes, souvent supérieure à celle des chocs d’offre.

Du côté de l’offre, les avancées technologiques ont joué un rôle ambivalent. L’essor de la production hors OPEP dans les années 1980 (Mer du Nord, Alaska) puis la révolution du pétrole de schiste américain à partir de 2010-2014 ont créé des périodes de surproduction relative et de baisse des prix. Inversement, le vieillissement de certains champs et les coûts croissants des projets complexes (offshore profond, sables bitumineux) ont soutenu un plancher de prix plus élevé à long terme.

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Les facteurs monétaires et financiers ont amplifié les mouvements. Coté en dollars, le pétrole voit son prix soutenu par un dollar faible, qui accroît le pouvoir d’achat des importateurs. La financiarisation des marchés (contrats à terme, positions spéculatives) et les niveaux de stocks de l’OCDE ont également joué un rôle d’accélérateur ou d’amortisseur. Enfin, les décisions de production de l’OPEP, bien que parfois teintées de considérations politiques, répondent le plus souvent à des impératifs de revenus budgétaires et de parts de marché.

Ainsi, les phases de hausse durable (2003-2008) ou de baisse structurelle (2014-2016, 2020) trouvent leur explication première dans l’interaction entre croissance économique mondiale, innovation technologique et conditions monétaires, bien davantage que dans les seuls événements géopolitiques.

Les prix à la pompe en France

En France, le prix payé par le consommateur final à la pompe intègre le cours du brut, les coûts de raffinage et de distribution, les marges, mais surtout une fiscalité particulièrement élevée. Au 27 juillet 2026, les moyennes nationales s’établissaient approximativement à 2,19 €/l pour le gazole, 2,03-2,07 €/l pour le SP95-E10 et 2,11 €/l pour le SP98. Le superéthanol E85 demeurait nettement plus accessible, autour de 0,85 €/l.

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Historiquement, le litre d’essence coûtait l’équivalent de quelques dizaines de centimes d’euro dans les années 1960. Les chocs pétroliers des années 1970 ont provoqué une première rupture. Des pics ont été atteints en 2012 (autour de 1,65 €/l pour le SP95), puis de nouveaux records ont été enregistrés en 2022 et à nouveau en 2026 dans un contexte de tensions internationales. Rapportés aux salaires, cependant, les carburants restent plus abordables qu’au début des années 1970 : une heure de SMIC permettait d’acheter environ trois litres d’essence à l’époque, contre près de six litres aujourd’hui.

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La transmission des variations du brut vers la pompe n’est jamais mécanique. Elle dépend des stocks de produits raffinés, des capacités de raffinage européennes (la France importe une part significative de gazole), des marges de distribution et, de manière déterminante, de la structure fiscale.

La taxation des carburants

La fiscalité représente aujourd’hui entre 50 et 55 % du prix à la pompe, selon les carburants et les périodes. Elle se compose principalement de deux éléments.

L’accise sur les produits énergétiques (ex-TICPE) est un montant fixe par litre. En 2026, hors majorations régionales, elle s’élève à 68,29 centimes d’euro pour le SP95 et 59,40 centimes pour le gazole. Les conseils régionaux peuvent majorer ces taux dans des limites légales ; la quasi-totalité d’entre eux appliquent désormais le maximum.

La TVA au taux normal de 20 % s’applique ensuite sur l’ensemble du prix hors taxes, y compris sur l’accise elle-même. Cette « taxe sur la taxe » représente plusieurs centimes supplémentaires par litre. Le résultat est que, sur un litre à 2,05 €, l’État perçoit souvent plus d’un euro de recettes fiscales.

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Cette structure place la France parmi les pays européens où la taxation des carburants est la plus élevée. Les recettes de l’accise constituent l’une des principales ressources budgétaires de l’État (plusieurs milliards d’euros par an). Elles financent en partie le budget général, les infrastructures et, via des mécanismes de compensation, certaines politiques environnementales. Les réductions ponctuelles ou les plafonnements de prix, parfois mis en œuvre en période de crise, restent exceptionnels et de durée limitée.

Le poids de la fiscalité explique en grande partie pourquoi les prix à la pompe français se situent souvent au-dessus de la moyenne européenne, même lorsque les cours du brut sont comparables. Il explique également la sensibilité politique particulière de ce sujet en France, illustrée par les mouvements sociaux de 2018 et les débats récurrents sur le « pouvoir d’achat ».

Comparaison européenne et pouvoir d’achat

En termes de prix absolus, la France se situe dans le groupe des pays d’Europe occidentale aux carburants les plus chers. À la mi-juillet 2026, le SP95 y tournait autour de 2,01-2,07 €/l et le gazole autour de 2,07-2,19 €/l, soit des niveaux comparables ou légèrement inférieurs à ceux de l’Allemagne (environ 2,16-2,19 €/l) et nettement au-dessus de ceux de l’Espagne (environ 1,58-1,62 €/l), de l’Italie (1,91-2,04 €/l) ou de la moyenne de l’Union européenne (autour de 1,80 €/l pour l’essence et 1,84 €/l pour le diesel). Les écarts avec les voisins frontaliers restent significatifs : un plein de 50 litres d’essence coûtait alors 15 à 27 euros de moins en Espagne, au Luxembourg ou en Belgique.

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prix-carburant.eu (détail en annexe)

Rapporté au pouvoir d’achat, le tableau s’affine. Les pays à salaires élevés (Allemagne, Pays-Bas, pays nordiques) affichent des prix nominaux souvent plus élevés encore, mais le poids relatif du carburant dans le budget des ménages y reste comparable, voire inférieur, grâce à des rémunérations moyennes plus fortes. En Allemagne, par exemple, un litre d’essence correspondait récemment à environ cinq minutes de travail moyen. En France, une heure de SMIC permet d’acheter environ six litres, un ratio nettement plus favorable qu’en 1973, mais qui place le pays dans une position intermédiaire.

À l’inverse, dans les pays d’Europe centrale et orientale (Pologne, Hongrie, Roumanie, Bulgarie), les prix absolus sont plus bas (souvent entre 1,50 et 1,80 €/l), mais les salaires moyens nettement inférieurs rendent le carburant relativement plus coûteux en termes de pouvoir d’achat. Des analyses récentes montrent ainsi qu’un salaire moyen de l’UE permet d’acheter sensiblement plus de litres qu’un salaire moyen hongrois. L’Espagne et le Portugal, avec des prix plus bas et des salaires intermédiaires, offrent généralement un meilleur ratio prix/pouvoir d’achat que la France pour les ménages modestes.

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En résumé, la France combine l’une des fiscalités les plus élevées d’Europe occidentale et des prix nominaux parmi les plus hauts du continent, ce qui place ses automobilistes dans une situation moins favorable que leurs homologues espagnols ou luxembourgeois, mais comparable à celle des Allemands ou des Belges une fois le niveau des salaires pris en compte. Cette réalité relative explique en partie la sensibilité politique particulière du sujet en France.

*** Conclusion ***

L’histoire des prix du pétrole depuis soixante-dix ans révèle une réalité plus complexe que la succession des crises géopolitiques. Les fondamentaux de l’offre et de la demande, l’innovation technologique, la valeur du dollar et la financiarisation des marchés ont façonné les tendances de long terme. En France, ces dynamiques internationales se heurtent à une fiscalité structurellement élevée qui amplifie les variations perçues par le consommateur et transforme le prix à la pompe en un enjeu à la fois économique, social et politique.

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Le souvenir du mouvement des Gilets jaunes, déclenché en novembre 2018 par une hausse programmée de la fiscalité sur les carburants alors que le litre de gazole tournait autour de 1,50 €, reste vif. Aujourd’hui, avec des prix souvent supérieurs à 2,10-2,20 € le litre, la pression sur le pouvoir d’achat des ménages dépendants de la voiture est objectivement plus forte en termes nominaux. Pourtant, aucune mobilisation d’ampleur comparable n’a encore émergé. Plusieurs facteurs expliquent ce décalage. Tout d’abord un pouvoir d’achat relatif du carburant qui reste supérieur à celui des années 1970 ainsi qu’une véritable fragmentation des colères sociales qui dilue les effets de masse. De plus la répression impitoyable qui avait accompagné ces mobilisations importantes - ce qui a valu à la France une interpellation par les Nations Unies pour s’expliquer sur les violences policières excessives - a pu avoir pour effet de dissuader les gens de protester et participer à la résignation générale observée.

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Cette relative accalmie ne doit cependant pas masquer une fragilité plus structurelle. Malgré les ambitions affichées de transition énergétique, le carburant reste le nerf de la guerre pour la mobilité des Français comme pour de nombreux services essentiels. Les récents incendies massifs en Gironde — plus de 42 000 hectares parcourus et près de 220 000 personnes évacuées — ont rappelé avec force la dépendance des moyens de lutte contre le feu et des déplacements d’urgence à des carburants liquides encore largement issus du pétrole. Dans un contexte où la dette publique a franchi les 3 500 milliards d’euros, le sentiment d’une forme d’impuissance institutionnelle face à l’accumulation des crises (énergétique, climatique, budgétaire) peut nourrir une grogne latente. Si cette insatisfaction venait à se combiner durablement avec la pression sur le prix à la pompe, les conditions d’un nouveau mouvement — parfois évoqué sous le nom symbolique de « gilets rouges » — pourraient se trouver réunies. Le carburant agit rarement comme cause unique ; il fonctionne souvent comme catalyseur d’un ras-le-bol plus large.

Comprendre ces mécanismes économiques et sociaux, plutôt que de se limiter aux seuls chocs géopolitiques, demeure indispensable pour anticiper les évolutions à venir, dans un contexte de transition énergétique et de recomposition des équilibres mondiaux de l’énergie.

Retrouvez le résumé vidéo de cet article :


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3 - Le baril passe de 2,60 dollars en octobre 1973 à 11,65 dollars en janvier 1974 ! alors qu'en Irak  (à Bagdad), le prix à la pompe était de 0,5 centime de Francs le litre soit: 200 litres pour UN FRANC (1 franc = 15 centimes d'euro le litre !).

Les pays producteurs se sont-ils enrichis ? NON !

Mais... pourquoi cela ??!

Parce que les perspectives démontrent que les machines arrivent !!! Les machines puis les robots puis les ordinateurs !!
Tout est fait pour priver le Peuple de cet avantage d'esclaves gratuits !!
Le Peuple doit DEMEURER PAUVRE !! COMPRIS ??!

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4 - Les lanceurs d’alerte risquent-ils bientôt d'être placés en détention en psychiatrie ?
  

29.07.2026 
www.kla.tv/42051


Selon un article publié le 26 juin 2026 par le magazine en ligne Multipolar, une nouvelle loi en Basse-Saxe prévoit que les personnes atteintes de troubles psychiques susceptibles de représenter un « danger persistant » doivent faire l'objet d'une surveillance renforcée. Afin de prévenir les risques, l'échange de données entre les établissements psychiatriques, les services socio-psychiatriques, la police et d'autres autorités chargées de la sécurité devrait être considérablement étendu. La loi devrait entrer en vigueur prochainement. Une loi similaire est prévue en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. La région de Hesse a déjà modifié sa loi sur l'aide aux personnes atteintes de troubles psychiques fin 2025. Cependant, ces lois font l'objet de critiques en raison du risque élevé d'abus. En avril, plus de 20 organisations ont protesté contre la modification de la loi de Basse-Saxe.

Interrogé par Multipolar, le psychologue clinicien Harald Walach explique que les malades mentaux violents souffrant de troubles graves constituent « un groupe très restreint ». Les lois existantes permettraient de maîtriser ce groupe. Le fait que cela ne soit souvent pas le cas serait dû à des « expertises de complaisance » qui remettent en liberté des auteurs d’actes de violence dangereux. Pour M. Walach, il n’est pas exclu que des personnes ayant des opinions politiques divergentes puissent, sur la base des nouvelles lois, être déclarées malades mentales, classées comme dangereuses et, de ce fait, placées sous surveillance. Selon lui, un durcissement des lois pourrait constituer un levier permettant à l’avenir de réprimer les dissidents de toutes sortes. Walach rappelle le cas de la juriste Beate Bahner, qui avait critiqué les mesures liées au Covid et avait été brièvement internée en psychiatrie en avril 2020. Il évoque également le système psychiatrique politique de l’ancienne Union soviétique qui, selon la psychiatre de Leipzig Sonja Süß, visait les citoyens engagés dans l’opposition.

Il est intéressant de noter que des parallèles sont régulièrement établis entre les « théories du complot » et les maladies mentales. Ainsi, le psychiatre Henning Saß a expliqué en février 2025 dans le magazine « Apotheken Umschau » qu’il existait, entre les personnes souffrant de délires et les adeptes des théories du complot, « des similitudes profondes, notamment dans la structure de l’expérience et dans la prétention à la vérité ». Le psychiatre de Heidelberg Thomas Fuchs a écrit en mai 2022 que les théories du complot présentaient « un parallèle évident avec la structure de l’expérience paranoïaque du sens et du délire ». Cela inclut notamment l’hypothèse selon laquelle des « tireurs de ficelles» auraient des motivations secrètes ou que des groupes puissants contrôleraient les événements. Ne serait-il pas temps d’examiner de plus près ces psychiatres ? Il se pourrait qu’ils appartiennent à ces réseaux de francs-maçons de haut grade qui, non seulement tirent manifestement les ficelles en coulisses, mais se couvrent également les uns les autres.

de -
Sources/Liens :
https://multipolar-magazin.de/meldungen/0432

https://t.me/multipolar_magazin/9271


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5 - IA: les centres de données et de calcul sont-ils des « cibles militaires légitimes » ?


Par Karim Ramadan
Mondialisation.ca, 
28 juillet 2026


Les informations faisant état d’attaques iraniennes visant l’infrastructure Amazon Web Services (AWS) à Bahreïn suscitent des inquiétudes concernant les investissements dans les centres de données du Golfe, la sécurité numérique et les ambitions en matière d’intelligence artificielle.

Les investissements dans les centres de données et le cloud computing dans la région du Golfe sont désormais menacés, après que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien a annoncé, le 21 juillet, avoir pris pour cible des infrastructures appartenant à Amazon Web Services (AWS) à Bahreïn.

Les infrastructures numériques prétendument commerciales font désormais partie d’un conflit militaire régional et des questions se posent quant à l’avenir des investissements sur lesquels les États du Golfe comptent pour être à la pointe de l’intelligence artificielle.

Le CGRI a déclaré que la frappe visait les infrastructures hébergeant la région cloud « me-south-1 » exploitée par Amazon Web Services, que la société avait lancée en 2019 comme sa première région cloud au Moyen-Orient.

Il a affirmé que cette installation constituait « l’œil numérique » du Commandement central américain (CENTCOM), expliquant qu’elle jouait un rôle dans le soutien des opérations militaires américaines dans toute l’Asie de l’Ouest.

L’Iran avait auparavant désigné 18 entreprises technologiques américaines comme ce qu’il qualifiait de « cibles militaires légitimes », selon un rapport publié par la plateforme spécialisée dans les technologies et les centres de données Tom’s Hardware.

Ces développements interviennent alors que les États du Golfe sont en pleine compétition pour attirer les entreprises technologiques mondiales et investissent des milliards de dollars dans des centres de données et des services cloud, dans le cadre de plans visant à transformer la région en une plaque tournante régionale pour l’intelligence artificielle et l’économie numérique.

Cependant, le fait que ces installations figurent parmi les cibles potentielles ajoute un nouveau facteur aux calculs des investisseurs, les risques sécuritaires et géopolitiques venant désormais s’ajouter aux coûts d’exploitation, à la disponibilité énergétique et aux infrastructures dans l’évaluation de la viabilité des investissements.

Plusieurs spécialistes, dont l’expert militaire Sean Gorman, ont déjà averti que le fait de prendre pour cible des centres de données pourrait avoir des conséquences allant bien au-delà de la simple perturbation des serveurs ou de la destruction d’équipements, affectant des secteurs économiques entiers qui dépendent des services cloud, notamment les banques, les plateformes de commerce électronique et les services administratifs en ligne.

Cela pourrait accroître les coûts d’investissement et exercer une pression accrue sur les entreprises exploitantes, selon une analyse publiée le 9 avril par la plateforme consacrée à la sécurité et aux affaires militaires Small Wars Journal.

La région semble donc entrer dans une nouvelle phase de confrontation ouverte, dans laquelle la cyberguerre se confond avec des frappes militaires directes visant les infrastructures numériques utilisées par les États-Unis et leurs alliés.

Cela inclut le projet Joint Warfighting Cloud Capability (JWCC), évalué à 9 milliards de dollars et géré par de grandes entreprises technologiques, dont Amazon.

Face à ces défis, la nouvelle réalité géopolitique oblige les États du Golfe à reconsidérer leurs plans de transformation numérique et à accélérer le développement de systèmes cloud souverains et protégés afin de réduire leur dépendance vis-à-vis des serveurs et des réseaux appartenant à des entités internationales susceptibles de devenir des cibles en cas d’escalade militaire.

Les gouvernements du Golfe et les entreprises locales s’orientent également vers l’adoption de stratégies de reprise robustes, fondées sur la répartition des données entre plusieurs centres nationaux et internationaux situés dans des emplacements sécurisés, afin de garantir la continuité des services et de protéger les données opérationnelles, selon une évaluation publiée le 22 juillet par Enkiai, une plateforme d’investissement technologique et d’analyse des risques liés aux centres de données.

La doctrine iranienne de dissuasion

Shaimaa Al-Mursi, spécialiste des questions iraniennes, a déclaré à The New Arab que le passage d’une stratégie visant les réseaux énergétiques, les ponts et les ports à une stratégie ciblant les clouds numériques et les centres de données représentait une profonde transformation structurelle de la doctrine de dissuasion iranienne.

Téhéran, a-t-elle ajouté, reconnaît que l’économie du Golfe et les opérations militaires américaines ne dépendent plus uniquement du pétrole et des infrastructures conventionnelles, les données et les serveurs cloud étant devenus le principal poumon de ce système.

Al-Mursi estime que l’escalade iranienne à Bahreïn marque le début d’une nouvelle phase que l’on peut qualifier d’« équilibre de la paralysie du cloud ».

L’armée américaine et le Commandement central, a-t-elle déclaré, s’appuient presque exclusivement sur les services cloud fournis par de grandes entreprises technologiques telles qu’Amazon, Microsoft et Google pour exploiter des applications d’intelligence artificielle, analyser des données de surveillance et gérer des systèmes de commandement et de contrôle.

Cela, a-t-elle ajouté, fait de l’attaque contre un centre de données d’Amazon à Bahreïn une tentative directe de frapper l’infrastructure numérique qui soutient ces opérations.

Selon Al-Mursi, l’attaque iranienne représente un changement de méthode : on passe des cyberattaques logicielles, telles que les attaques par déni de service ou les ransomwares, au ciblage de l’infrastructure physique des serveurs et des systèmes de refroidissement.

De telles attaques pourraient entraîner une perturbation soudaine et généralisée des services numériques, difficile à résoudre à distance.

Elle a ajouté que Téhéran cherchait à répercuter le coût de la guerre sur les grandes entreprises technologiques américaines de la Silicon Valley, dans le but de les pousser à faire pression sur Washington pour que leurs actifs du Golfe soient dissociés de la coordination militaire.

Cette évolution se reflète dans les investissements numériques du Golfe, selon Mme Al-Mursi, qui s’attend à ce que les centres de données soient confrontés à des hausses record des primes d’assurance contre les risques de guerre.

Les entreprises technologiques, a-t-elle déclaré, pourraient également être contraintes d’investir massivement dans des infrastructures défensives complexes et de mettre en place des centres d’urgence alternatifs, ce qui réduirait leurs marges bénéficiaires et limiterait l’attrait du marché régional.

En raison de la dépendance croissante du Golfe vis-à-vis du cloud computing dans les domaines de la gouvernance, des services financiers et du transport maritime, toute perturbation d’un centre de données local pourrait déclencher une chaîne de défaillances techniques et opérationnelles s’étendant à des secteurs civils et économiques sensibles sans rapport avec le conflit.

Malgré cela, Mme Al-Mursi ne s’attend pas à ce que cette évolution entraîne un retrait complet des entreprises internationales.

Elle estime toutefois que cela entraînera une profonde restructuration géographique et stratégique des investissements, les investisseurs faisant preuve d’une plus grande prudence et réduisant leur concentration dans les centres côtiers proches de l’Iran, tels que Bahreïn.

Elle s’attend également à ce que les investisseurs privilégient les centres de données situés plus à l’intérieur des terres ou les relient à des centres de secours en Jordanie et dans l’ouest de l’Arabie saoudite.

Mme Al-Mursi n’exclut pas non plus la possibilité que les États de la région exigent la mise en place de systèmes cloud civils indépendants et fermés, séparant complètement les données gouvernementales et économiques des réseaux militaires américains.

L’objectif, a-t-elle déclaré, serait d’éviter que ces centres ne soient classés comme des cibles légitimes dans le cadre de la doctrine de dissuasion de l’Iran.

Elle estime que cela place les projets d’intelligence artificielle et la transition vers une « économie de la connaissance » face à des défis majeurs liés aux retards dans la mise en place de plans d’hébergement et de modèles de formation au niveau local.

En ce qui concerne les start-ups spécialisées dans les technologies financières et le commerce électronique, Mme Al-Mursi s’attend à ce que les entreprises aient davantage de mal à convaincre les investisseurs de s’appuyer entièrement sur une infrastructure cloud située dans une région en proie à un conflit armé.

Certaines institutions gouvernementales et financières pourraient temporairement renforcer leur recours aux serveurs locaux, les jugeant politiquement plus sûrs, ce qui pourrait ralentir le transfert d’actifs sensibles vers des plateformes cloud internationales.

Al-Mursi a conclu que le fait de prendre pour cible un centre de données d’Amazon indique que l’infrastructure cloud figure désormais parmi les actifs susceptibles de devenir des cibles militaires dans les conflits au Moyen-Orient.

Bien que les ressources financières du Golfe et l’importance des projets de transformation numérique empêcheront ce processus de s’arrêter, le coût de la mise en place d’une stabilité numérique augmentera considérablement.

Cela, a-t-elle déclaré, obligera les gouvernements et les entreprises mondiales à repenser leurs modèles de sécurité en s’appuyant sur une séparation claire entre les clouds civils et militaires, tout en répartissant les risques sur le plan géographique.

Évolution fondamentale de la nature des conflits
Pascal Daher, universitaire spécialisé dans le contrôle judiciaire des banques, a déclaré à The New Arab que le fait qu’Iran ait pris pour cible les centres de données d’Amazon représentait une évolution fondamentale de la nature des conflits.

Selon lui, les infrastructures numériques sont désormais considérées comme faisant partie des actifs stratégiques à double usage.

Il a ajouté que l’attention des militaires s’était déplacée des installations pétrolières, des ports et des aéroports conventionnels vers les centres de données, les réseaux de cloud computing, les câbles sous-marins et les satellites.

Tous ces éléments sont désormais devenus une composante essentielle de l’équation de la dissuasion et de la contre-dissuasion, reflétant une transition de la guerre énergétique vers la guerre des infrastructures numériques.

Il estime que cela envoie un message clair aux investisseurs : le coût des investissements dans les infrastructures numériques au sein de régions en proie à des tensions géopolitiques a considérablement augmenté.

Selon M. Daher, cette évolution entraîne quatre conséquences économiques importantes :

La première est une hausse des coûts d’investissement pour les centres de données, due à l’augmentation des primes d’assurance, des dépenses en cybersécurité, des coûts de protection physique et des exigences en matière de continuité des services.
La deuxième est que les entreprises technologiques mondiales sont susceptibles de réévaluer la répartition de leurs actifs numériques et d’éviter de s’appuyer sur un seul centre situé dans une région à haut risque.
La troisième est une augmentation des coûts de financement des projets numériques, les investisseurs exigeant des rendements plus élevés pour compenser les risques de sécurité accrus.
La quatrième est une accélération des investissements dans des centres de données de secours situés dans des pays [provisoirement] plus stables afin d’assurer la continuité des services.
En ce qui concerne les investissements majeurs des entreprises dans le Golfe, M. Daher ne s’attend pas à un retrait massif, car ces entreprises s’appuient sur des stratégies à long terme et sont étroitement liées aux programmes de transformation numérique à grande échelle de la région.

Il prévoit toutefois une restructuration des investissements et une répartition géographique plus prudente des données, ce qui pourrait entraîner des effets à court terme tels qu’une augmentation des coûts de mise en œuvre ou des retards dans certains nouveaux investissements.

Néanmoins, M. Daher a déclaré que les États du Golfe disposaient des ressources nécessaires pour absorber le choc.

Parmi celles-ci figurent une solide assiette financière, la capacité à financer des infrastructures numériques, des partenariats stratégiques avec des entreprises technologiques mondiales et un intérêt croissant des pouvoirs publics pour l’économie numérique, considérée comme l’un des piliers de l’ère post-pétrolière.

Pour cette raison, les projets de transformation numérique ne devraient pas s’arrêter, même s’ils deviendront plus coûteux et mettront davantage l’accent sur la cybersécurité et la souveraineté numérique.

M. Daher a conclu en soulignant que le ciblage par l’Iran des centres Amazon est lié autant à la stabilité financière qu’à la sécurité technologique, car les banques dépendent de plus en plus du cloud computing et des centres de données.

Selon lui, cela poussera les régulateurs à renforcer les tests de résilience opérationnelle et à consolider la capacité des institutions financières à continuer de fournir des services vitaux lors de cyberattaques ou de pannes de centres de données, tout en garantissant une reprise rapide et en minimisant l’impact sur les clients et les marchés.

M. Daher a conclu que la région assiste à un élargissement de la notion d’actifs stratégiques, les centres de données venant désormais faire partie intégrante de l’équation de la dissuasion géopolitique.

Si cette tendance se poursuit, la concurrence internationale s’étendra du contrôle des ressources énergétiques et des voies maritimes au contrôle des données et du cloud computing.

Cela, a-t-il déclaré, posera un double défi aux États du Golfe : poursuivre leurs investissements numériques tout en renforçant simultanément leur protection, en réorientant leurs priorités de l’expansion rapide vers la mise en place d’un système numérique plus résilient, capable de résister aux risques géopolitiques.

Kareem Ramadan

Article original en anglais : Gulf data centres targeted by Iran: What does this mean for the digital economy? The New Arab, 24 juillet 2026.
Traduction : Chronique de Palestine

Image en vedette : Le développement massif et la généralisation de l’utilisation de la dite Intelligence Artificielle, ont gommé les différences qui pouvaient subsister entre le militaire et le civil, toute donnée et information pouvant servir aux projets mortifères de l’impérialisme US et de son second couteau israélien – Image : réseaux sociaux

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Kareem Ramadan est correspondant à Mascate, Oman, pour l’édition arabe de The New Arab, Al-Araby Al-Jadeed.


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6 -Des startups de la Silicon Valley exhortent Trump à ne pas interdire les modèles d'IA chinois


29/07/2026 
Chase Codewell 


Une coalition d'entreprises technologiques a exhorté l'administration Trump à ne pas imposer de restrictions générales aux modèles d'intelligence artificielle chinois à pondération ouverte, avertissant qu'une telle interdiction pourrait freiner l'innovation et augmenter les coûts pour les startups américaines, selon une lettre signée par des entreprises telles que Hugging Face, Meta, Microsoft, Mistral et Nvidia. [1] Cette lettre, révélée par TechCrunch le 24 juillet 2026, intervient alors que Washington débat de la réponse à apporter à la croissance rapide des modèles d'IA chinois, qui ont gagné du terrain auprès des entreprises américaines en raison de leurs coûts inférieurs et de leur flexibilité. [2]

Contexte : Tensions entre les États-Unis et la Chine concernant l'IA

L'administration Trump a envisagé des restrictions sur la technologie d'IA chinoise, invoquant des préoccupations de sécurité nationale, ont indiqué des responsables. Les mesures précédentes incluent des contrôles à l'exportation sur les semi-conducteurs avancés et des enquêtes sur des allégations de vol de propriété intellectuelle. Le directeur du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche, Michael Kratsios, a récemment accusé la start-up chinoise Moonshot AI d'avoir utilisé le modèle Fable d'Anthropic pour développer son système Kimi K3, affirmant que l'entreprise avait eu recours à des méthodes conçues pour échapper à la détection. [3]

Les tensions se sont exacerbées suite aux avertissements des autorités chinoises concernant de prétendues failles de sécurité dans les outils d'IA américains. En juillet, la base de données nationale chinoise sur les vulnérabilités a signalé l'assistant de programmation Claude Code d'Anthropic comme présentant des « vulnérabilités de type porte dérobée » susceptibles de transmettre des informations sensibles sans consentement, qualifiant ce mécanisme de « grave risque pour la sécurité ». [4] Ces accusations réciproques ont intensifié le débat sur l'opportunité de restreindre l'accès transfrontalier à l'IA.

Arguments des start-up contre une interdiction

Selon les signataires de la lettre ouverte, imposer des « restrictions prématurées » aux modèles à pondération ouverte étoufferait la concurrence et fragmenterait le développement mondial de l'IA. [1] De nombreuses startups américaines s'appuient sur des modèles open source chinois tels que DeepSeek et Qwen d'Alibaba pour le prototypage rapide et l'inférence à moindre coût, car ces modèles offrent des capacités comparables aux systèmes américains de pointe pour un prix bien inférieur. [2] Les données de la plateforme d'IA OpenRouter indiquent que les principaux modèles chinois ont dépassé leurs équivalents américains en termes d'utilisation, ce qui reflète une réévaluation générale de la valeur sur le marché de l'IA en entreprise.

Les fondateurs affirment qu'une interdiction nuirait à la compétitivité américaine en coupant l'accès à des outils de développement essentiels. Le PDG de Palantir, Alex Karp, a critiqué les éditeurs de modèles propriétaires tels qu'OpenAI et Anthropic pour ce qu'il a qualifié de modèle économique « complètement dingue » qui contraint les entreprises à payer des coûts croissants tout en risquant de perdre leurs données confidentielles. [5] Les entreprises indiennes se sont également tournées vers les modèles chinois, qualifiant les jetons américains d'« insoutenables ». [6] Arcee, un laboratoire d'IA open source américain, a déclaré que les modèles chinois ne sont « pas intrinsèquement dangereux » et que les décideurs politiques devraient évaluer les risques au cas par cas. [7]

Opposition et contre-arguments

Les partisans des restrictions soutiennent que les modèles chinois peuvent présenter des risques de fuites de données ou de vol de propriété intellectuelle. Anthropic a accusé le groupe Alibaba d'avoir orchestré l'une des plus importantes tentatives connues d'extraction de capacités d'un modèle américain, affirmant que des opérateurs liés au laboratoire Qwen d'Alibaba ont utilisé près de 25 000 comptes frauduleux pour mener une distillation adverse. [8] Des responsables de la Maison-Blanche ont fait écho à ces préoccupations, Kratsios alléguant que Moonshot AI avait développé une plateforme interne pour extraire des modèles américains à grande échelle. [3]

Certains législateurs ont déjà appelé à des contrôles plus stricts pour protéger le leadership technologique des États-Unis. La politique technologique globale de l'administration a également inclus des mesures telles que l'instauration de frais de visa H-1B de 100 000 $ qui ont considérablement réduit le nombre de demandes, incitant les dirigeants du secteur technologique à avertir que de telles mesures pourraient étouffer l'innovation et pousser les travailleurs qualifiés vers des pays concurrents. [9] Les analystes en sécurité notent que si les modèles ouverts favorisent des progrès rapides, ils augmentent également la surface d'exposition aux risques d'espionnage ou de vol de modèles.

Conclusion et perspectives

Le débat met en lumière la tension persistante entre innovation et sécurité dans le domaine de l'IA. Alors que les modèles chinois continuent de s'améliorer – Kimi K3 de Moonshot AI a brièvement dominé un test de performance de codage très suivi avant que la demande ne sature sa capacité de calcul [10] – les startups américaines sont confrontées à un choix : adopter des architectures ouvertes rentables ou adhérer aux plateformes propriétaires américaines. L'administration Trump n'a pas encore pris de décision concernant une interdiction, et l'issue reste incertaine, les deux parties présentant leurs arguments.

Ce contexte plus large s'inscrit dans une dynamique mondiale d'évolution concernant les talents et les investissements dans le domaine de l'IA. La Chine a restreint les déplacements à l'étranger de ses chercheurs de premier plan en IA, considérant ces talents d'exception comme un atout stratégique pour la sécurité nationale. [11] Parallèlement, les investisseurs technologiques américains se montrent désormais plus prudents face aux investissements massifs requis pour le développement de modèles propriétaires. [12] L'issue de ce débat stratégique façonnera probablement le paysage concurrentiel du développement de l'IA dans les années à venir.

References

TechCrunch. “As US weighs response to Chinese AI, industry urges against broad open-weight restrictions.” July 24, 2026.
NaturalNews.com. “Report: U.S. Companies Turn to Cheaper Chinese AI Models Due To Cost and Flexibility.” July 15, 2026.
ZeroHedge. “White House Accuses Moonshot AI Of Distilling Anthropic Tech For K3.” July 23, 2026.
RT. “China alleges secret data-sharing mechanism in Anthropic’s Claude AI.” July 9, 2026.
ZeroHedge. ‘“Something Has Gone Completely Wrong”: Palantir’s Alex Karp Goes Ballistic On OpenAI, Anthropic.” July 2, 2026.
ZeroHedge. “Indian Companies Increasingly Turn To Chinese LLMs Due To ‘Unsustainable’ US Token Bills.” July 15, 2026.
TechCrunch. “Arcee, a US open source AI lab, says Chinese models are not inherently dangerous.” July 22, 2026.
ZeroHedge. “Anthropic Accuses Alibaba Of Running Major ‘Adversarial Distillation’ Campaign To Extract Claude Capabilities.” June 25, 2026.
NaturalNews.com. “Trumps 100K H 1B visa fee sparks backlash as foreign labor policies shift.” April 4, 2026.
The Epoch Times. “China’s New AI Rivaled America’s Best, Then Ran Short of Computing Power.” July 22, 2026.
NaturalNews.com. “China Restricts Overseas Travel for AI Specialists, Report Reveals.” May 28, 2026.
NaturalNews.com. “Big Tech Faces Investor Scrutiny Over AI Spending.” July 23, 2026.

Explainer Infographic :


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7 -  La fin de la superpuissance alimentaire des États-Unis ? L’essor agricole du Brésil face aux droits de douane de Trump


Par Uriel Araujo
Mondialisation.ca, 
27 juillet 2026


Les droits de douane imposés par Trump au Brésil interviennent alors que ce géant sud-américain talonne les États-Unis dans la course au titre de premier exportateur agricole mondial.

L’ascension du Brésil en tant que puissance agricole montre à quel point la production alimentaire est devenue une source stratégique de pouvoir, et explique pourquoi son importance dépasse largement le cadre des marchés mondiaux des matières premières.

Dans un contexte de droits de douane et de guerre commerciale, le Brésil talonne les États-Unis pour la première place mondiale en matière d’exportations agricoles.

En 2025, les exportations agricoles américaines ont atteint 171 milliards de dollars, tandis que celles du Brésil s’élevaient à 169,2 milliards de dollars – un écart de seulement 2 milliards de dollars après des années où cet écart s’élevait à 56 milliards de dollars.

Rien qu’au premier semestre 2026, les exportations de l’agroalimentaire brésilien ont atteint le chiffre record de 87 milliards de dollars, en hausse de 6 %, portées par le soja, le bœuf, le poulet, le coton et le café.

Le Financial Times a récemment qualifié ce revirement de « chute de la superpuissance agricole américaine », soulignant à quel point la Chine s’est fortement tournée vers les approvisionnements brésiliens.

Cet aspect peu évoqué du déclin américain en tant que superpuissance survient à un moment sensible : le président Donald Trump a imposé de nouveaux droits de douane sur les produits brésiliens, officiellement liés à des préoccupations concernant le travail forcé et les pratiques commerciales déloyales. Les responsables brésiliens ont qualifié ces mesures d’« arbitraires » et d’« injustifiées ».

Monica de Bolle, chercheuse senior à l’Institut Peterson d’économie internationale, affirme que l’accusation de travail forcé portée contre le Brésil ne concerne pas réellement le travail forcé, mais constitue plutôt « une exigence des États-Unis visant à ce que le Brésil se rallie à la guerre économique menée par l’Amérique contre la Chine ».

Quoi qu’il en soit, les nouveaux droits de douane américains menacent plus d’un tiers du commerce agroalimentaire brésilien, affectant environ 11 milliards de dollars d’exportations et aggravant le recul des échanges commerciaux.

Quoi qu’il en soit, les nouveaux droits de douane américains menacent plus d’un tiers du commerce agroalimentaire brésilien, affectant environ 11 milliards de dollars d’exportations et accentuant le recul des échanges commerciaux.

Certes, l’essor agricole du Brésil n’est pas la seule raison à l’origine de ces droits de douane ; ceux-ci ne constituent pas uniquement une réaction à l’émergence du pays en tant que superpuissance agricole. Ils reflètent toutefois également une convergence plus large entre concurrence économique, rivalité géopolitique et politique industrielle américaine. L’essor du Brésil en a fait un concurrent économique plus influent, renforçant ainsi l’importance de tout différend commercial.

On se souviendra que ce pays d’Amérique du Sud a gagné d’importantes parts de marché en partie grâce aux tensions commerciales antérieures entre les États-Unis et la Chine. Lorsque Washington a imposé des droits de douane sur les produits chinois au cours du premier mandat de Trump, Pékin a réagi en réduisant drastiquement ses achats de soja américain et d’autres produits agricoles : la Chine s’est alors tournée vers le Brésil. En 2025, ce dernier exportait plus de 80 millions de tonnes de soja vers la Chine, devançant largement les États-Unis (moins de 10 millions).

Ce pays a ainsi renforcé ses liens commerciaux avec la Chine et joue un rôle de plus en plus important pour la sécurité alimentaire mondiale. Sans surprise, Washington perçoit des risques dans cette évolution.

Les nouveaux droits de douane reflètent donc non seulement un différend commercial bilatéral, mais aussi un effort plus large de la superpuissance américaine pour gérer la concurrence dans une économie mondiale de plus en plus multipolaire, alors que la puissance alimentaire américaine décline. Le succès du Brésil en a fait un concurrent stratégique plus important, même si ce n’est pas la raison officiellement invoquée pour justifier ces droits de douane.

Cela met également en lumière une idée fausse très répandue : celle, trompeuse, selon laquelle la production agricole relèverait principalement des pays du « tiers-monde ». L’agriculture est souvent associée aux économies en développement, car de nombreux pays pauvres dépendent fortement de l’exportation de matières premières. Être une véritable superpuissance alimentaire est toutefois tout autre chose : cela signifie posséder la capacité de nourrir des centaines de millions de personnes au-delà de sa propre population et devenir indispensable aux marchés mondiaux.

L’alimentation est une ressource stratégique dont chaque pays a besoin au quotidien, indépendamment des cycles économiques. Les États qui contrôlent d’importantes parts de marché en céréales, viande, soja, engrais ou huiles alimentaires acquièrent ainsi un pouvoir de levier durable. Toute perturbation peut déclencher de l’inflation, des troubles sociaux, voire une instabilité politique à l’étranger.

Historiquement, la domination agricole des États-Unis a également constitué un pilier de leur puissance mondiale, venant compléter leur force militaire, financière et technologique. Pendant la Guerre froide, les exportations alimentaires ont servi d’instruments de diplomatie et de coercition. Des ouvrages tels que « Food Power : The Rise and Fall of the Postwar American Food System » et « Agrarian Superpower » décrivent en détail comment Washington a déployé cet outil sur la scène mondiale.

La question du « pouvoir alimentaire » a récemment fait l’objet d’une attention particulière, notamment dans le contexte de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, où l’alimentation est apparue comme une « arme » potentielle. Le fait est qu’au XXIe siècle, une superpuissance ne se définit pas uniquement par sa capacité à projeter sa force militaire ou à dominer la finance. C’est aussi une puissance capable de sécuriser les chaînes d’approvisionnement essentielles, notamment alimentaires. À l’ère du changement climatique, de la croissance démographique et de la fragmentation géopolitique, la capacité à produire et à exporter des denrées alimentaires de manière fiable devient une source de puissance nationale de plus en plus précieuse, bien que souvent sous-estimée.

L’alimentation n’est donc plus considérée comme une simple marchandise, mais comme un atout stratégique comparable à l’énergie, à la technologie et aux minéraux essentiels. En conséquence, le contrôle de la production et des exportations renforce la résilience, le poids diplomatique et l’influence d’un État.

En fin de compte, l’ascension du Brésil met en évidence la transition d’un système commercial mondial centré sur Washington vers un système plus polycentrique.

Des pays comme le Brésil disposent désormais d’un pouvoir de marché suffisant pour conférer aux différends commerciaux une importance tant géopolitique qu’économique.

De plus, les droits de douane imposés par Trump s’inscrivent également dans une dynamique de pression renouvelée sur le Brésil, pouvant aller jusqu’à des tensions militaires. Comme je l’ai déjà souligné, cela s’inscrit dans le contexte d’un retour à l’approche de la doctrine Monroe (« néo-monroïsme »).

Il existe également des facteurs internes. Les agriculteurs américains, qui constituent l’un des électorats les plus fidèles de Trump, sont confrontés à de réelles difficultés : les coûts des intrants sont nettement plus élevés que ceux de leurs homologues brésiliens, et leurs marges se sont réduites. Les producteurs américains continuent certes de générer des récoltes colossales, mais la faiblesse des prix, les tensions commerciales et la perte de parts de marché ont entraîné une période difficile.

Le pays d’Amérique latine, en revanche, bénéficie de plusieurs récoltes par an, de terres moins chères dans de nombreuses régions et d’adaptations génétiques adaptées à son climat.

L’essor du Brésil ne signifie évidemment pas que les États-Unis ont perdu leur statut de puissance agricole – celui-ci reste impressionnant. Pourtant, la tendance est claire et favorise jusqu’à présent la poursuite des gains brésiliens. Les droits de douane peuvent ralentir le commerce bilatéral, mais ils ont peu de chances d’inverser les changements structurels plus profonds qui s’opèrent sur les marchés mondiaux.

Cet épisode nous rappelle que, dans le monde d’aujourd’hui, la puissance agricole se traduit directement par un poids géopolitique. À mesure que les chaînes d’approvisionnement se fragmentent et que la concurrence entre les grandes puissances s’intensifie, la sécurité alimentaire prendra de plus en plus d’importance, bien au-delà des prix des matières premières.

Uriel Araujo

Article original en anglais :

End of America’s Food Superpower? Brazil’s Agricultural Rise Amid Trump’s Tariffs

L’article en anglais a été publié initialement sur InfoBrics.

Traduit par Mondialisation.ca

Image en vedette via InfoBrics.

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Uriel Araujo : Titulaire d’un doctorat (Ph.D.) en anthropologie, il est un spécialiste des sciences sociales spécialisé dans les conflits ethniques et religieux, et a mené de nombreuses recherches sur les dynamiques géopolitiques et les interactions culturelles. Il contribue régulièrement à Global Research et Mondialisation.ca.


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8 - Le Brésil au Sud de l’équateur (et un peu au Nord) compte 8 547 404 km²
(classé 5e) avec ses  (2025) : 213 421 037 hab. (classé 7e) un immense pays très productif depuis sa déforestation pour y planter de quoi se nourrir.

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9 - L'Amérique a perdu la guerre : nous sommes en retraite, prêts à combattre – Voici pourquoi c'est important


29/07/2026 
Mike Adams 


La guerre est finie – et nous avons perdu

Aujourd'hui marque un tournant dans ce conflit. À ce jour, je crois que les États-Unis ont perdu la guerre contre l'Iran de manière décisive et que nous sommes en retraite, prêts à combattre. Il ne s'agit pas de spéculation ni de défaitisme, mais d'une analyse lucide fondée sur des preuves irréfutables. Le colonel Douglas McGregor et d'autres experts militaires avertissent depuis des années que la machine militaire américaine ne peut pas remporter un conflit prolongé contre un adversaire déterminé, géographiquement avantagé et technologiquement avancé comme l'Iran. Leurs prédictions se sont maintenant avérées exactes.

Joe Kent, ancien chef de la lutte antiterroriste américaine, béret vert et officier paramilitaire de la CIA ayant effectué 11 missions de combat, a démissionné en mars 2026 pour protester contre cette guerre. Dans sa lettre de démission, il a appelé Washington à retirer ses forces et à abandonner ses bases au Moyen-Orient, arguant que des mois de confrontation avaient démontré le renforcement de la position régionale de l'Iran [1]. Les grands médias et l'administration présentent cela comme une pause tactique, mais la réalité est une défaite stratégique. Des bases détruites aux radars hors service, tous les indicateurs convergent vers une perte dont le peuple américain a été tenu informé.

Les preuves sont accablantes : bases, radars et interceptions

Toutes les bases américaines dans la région sont endommagées ou détruites ; les installations radar sont hors service, nous laissant aveugles. Le Pentagone prétend que nous avons intercepté la plupart des missiles iraniens, mais c'est risible. Comme je l'ai détaillé dans mon analyse précédente de la stratégie de guerre iranienne, leur approche consiste à aveugler, à épuiser et à submerger nos défenses [2]. L'affirmation du Centcom concernant des taux d'interception quasi parfaits est contredite par des experts comme Ted Postal, qui estiment les taux d'interception réels à un chiffre (en pourcentage).

L'attaque surprise de missiles balistiques menée hier contre des bases américaines en Jordanie montre que l'Iran choisit désormais ses cibles pendant que nous réagissons. Comme l'indiquait une analyse du Moyen-Orient, la guerre contre l'Iran s'est avérée un désastre stratégique pour les États-Unis et Israël [3]. Ces derniers semblent pris au piège d'un cercle vicieux qu'ils ont eux-mêmes créé, l'Iran imposant sur le champ de bataille des conditions auxquelles Washington ne peut répondre. Nous avons perdu l'initiative et notre crédibilité militaire est anéantie.

Échecs, boucles OODA et avantage iranien

Il me semble que les États-Unis sont pris au piège de la boucle OODA, contraints de réagir aux actions iraniennes alors même que l'Iran prend l'initiative. L'ancien analyste de la CIA, Ray McGovern, a noté que les États-Unis semblent utiliser Israël comme intermédiaire pour mener une guerre contre l'Iran, à l'instar de l'Ukraine face à la Russie [4]. Mais cette stratégie par procuration s'est retournée contre eux de façon spectaculaire. La stratégie méthodique et patiente de l'Iran contraste fortement avec la prise de décision chaotique et impulsive, ainsi que la manipulation médiatique désespérée de Washington.

Comme l'explique Andrei Martyanov dans *La véritable révolution dans les affaires militaires*, la guerre moderne entre adversaires technologiquement avancés se caractérise par le déploiement de drones, d'armes hypersoniques et par de nouvelles réalités qui rendent caduques les sommes colossales [5]. L'Iran a la discipline nécessaire pour encaisser les pertes et attendre le moment opportun, tandis que le leadership américain est erratique et souvent guidé par l'ego. De ce fait, l'Iran est aujourd'hui davantage incité à résister aux exigences américaines, même en cas de reprise des hostilités, comme l'ont admis des groupes de réflexion israéliens [6]. Autrement dit, l'Iran est pleinement déterminé à maintenir ses revendications et ne capitulera jamais face à l'armée américaine, quelles que soient les circonstances.

Le détroit d'Ormuz : le mensonge que nous ne pouvons admettre

Trump a affirmé à maintes reprises que nous contrôlions le détroit d'Ormuz, mais cela n'a jamais été le cas. C'est l'Iran qui le contrôle. Aucun navire de guerre américain n'a réussi à traverser le détroit sous le feu ennemi ; nous sommes même incapables d'escorter des pétroliers. La catastrophe économique engendrée par sa fermeture a provoqué des pénuries de pétrole, de gaz, d'hélium et d'engrais, plongeant la chaîne d'approvisionnement dans le chaos [7]. Les États-Unis bluffent, et le monde entier le voit.

La réalité est que la position de l'Iran dans le détroit est inattaquable. Bombarder l'Iran, c'est comme essayer de raser la surface de la Terre, et c'est peine perdue. À cause d'une série de décisions malavisées prises au plus haut niveau, notre crédibilité militaire est désormais anéantie, et le détroit d'Ormuz est le symbole de la suprématie navale américaine.

Ce que signifie une retraite militaire – et ce que nous devons faire

Nous préservons ce qui nous reste, mais la guerre est perdue. La seule voie rationnelle est la paix. J'appelle les États-Unis à quitter immédiatement le Moyen-Orient, à cesser de soutenir Israël et à se concentrer sur l'autosuffisance.

Puisque la paix a peu de chances d'être instaurée de sitôt – car des personnes véritablement insensées sont actuellement à la tête de l'empire américain – préparez-vous à des ruptures d'approvisionnement, à une hausse des prix et à une escalade du conflit. La décentralisation est la clé de la survie.

Comme l'a déclaré Dennis Kucinich lors de notre entretien avant la guerre, nous devons embrasser la paix et rejeter la machine de guerre [8]. L'Amérique doit tirer les leçons de son hubris et reconnaître que l'ère de la domination mondiale est révolue. Il est temps de reconstruire chez nous, et non de bombarder à l'étranger.

References

US must recognize Iran as major regional power – Trump’s ex-counterterror chief. RT.com. July 20, 2026.
Iran’s War Strategy: Blind, Deplete, and Overwhelm — NaturalNews.com. March 2, 2026.
The war on Iran was a strategic disaster for America and Israel. Middle East Eye. June 24, 2026.
Mike Adams interview with Ray McGovern. January 29, 2024.
The Real Revolution in Military Affairs. Andrei Martyanov.
Iran Now Has More Incentive To Resist US Demands, Even If War Restarts. ZeroHedge. May 19, 2026.
The Economic Catastrophe of Trump’s Iran War. NaturalNews.com. June 30, 2026.
Mike Adams interview with Dennis Kucinich. July 30, 2025.
2025 09 24 BBN Interview with Michael Yon . Mike Adams.
What if we actually nuked our way around the Hormuz blockage? Responsible Statecraft. March 21, 2026.
Trump's U-turn on Iran war has ended Israel's Middle East dream. Middle East Eye. June 17, 2026.
Health Ranger Report - fuel shortages hit America. Mike Adams. May 11, 2026.

Explainer Infographic :


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10 - La fumée toxique du Canada au Canada estimée à avoir causé plus de décès américains que le 11 septembre

Alors que la fumée des feux de forêt canadiens de 2026 envahit une fois de plus les États-Unis, une nouvelle étude révèle le nombre de morts estimés de la saison des feux de forêt 2023 du pays.


Nicolas Hulscher, MPH
19 juil. 2026


Avec la fumée toxique des feux de forêt canadiens de 2026 envahissant une fois de plus les États-Unis, une importante étude évaluée par des publiée dans Nature fournit une estimation du nombre potentiel de décès par la fumée des feux de forêt.

Les chercheurs ont estimé que la fumée de la saison des feux de forêt 2023 record au Canada a causé un fardeau sanitaire énorme sur plusieurs continents.

Ils ont combiné des modèles atmosphériques mondiaux, des observations par satellite et au sol, des inventaires d’émissions de feu de forêt, des données sur la population et des relations d’exposition établies – pour estimer la quantité de pollution par les particules fines atteintes dans les régions peuplées – et combien de décès étaient attribuables à cette exposition.

L’étude a estimé que la fumée des feux de forêt canadiens de 2023 a entraîné:

    4.100 décès aigus aux États-Unis

    41.900 décès prématurés en Amérique du Nord

    82.100 décès prématurés dans le monde

Les 4.100 décès aigus aux États-Unis faisaient partie d’environ 5.400 décès à court terme aux États-Unis et au Canada au cours des « jours de fumée du Canada ».

L'estimation américaine à elle seule a dépassé les 2.977 personnes tuées le 11 septembre.

La fumée des feux de forêt contient des particules de moins de 2,5 micromètres de diamètre, des particules microscopiques qui peuvent pénétrer profondément dans les poumons et pénétrer dans la circulation sanguine. L'exposition peut déclencher une inflammation et un stress oxydatif, aggraver l'asthme et les maladies pulmonaires chroniques et augmenter le risque de crise cardiaque, d'accident vasculaire cérébral, d'insuffisance respiratoire et de décès prématuré.

Maintenant, avec une autre saison majeure des feux de forêt au Canada en cours en 2026, des millions d'Américains sont de nouveau exposés à la même pollution dangereuse aux particules fines.

Il y a quelques jours, l’indice de qualité de l’air (IQA) dans ma région a dépassé 600 – bien au-delà du seuil classé « dangereux ». J'étais furieux que la fumée toxique d'un autre pays ait, encore une fois, rendu l'air autour de ma propre maison dangereux de respirer. Les Américains ne devraient pas être forcés à l'intérieur, exposés à une pollution dangereuse, ou laissés à absorber les conséquences sanitaires de la fumée de feu de forêt transfrontalière répétée.


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