Xavier Azalbert, France-Soir
le 04 juillet 2026 - 12:00
Le 4 juillet 2026 marque les 250 ans de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis. À Washington, des feux d’artifice illumineront le National Mall et le Washington Monument, tandis que des événements officiels - concerts, parades, revues navales et célébrations communautaires - commémoreront « la plus grande expérience politique de l’histoire humaine ».
Ces festivités, portées par America250 et la Freedom 250 Task Force, célèbrent une nation qui, depuis 1776, s’est définie par sa capacité à se réinventer. Pourtant, ce moment de commémoration se déroule dans un contexte de décisions de la Cour suprême qui redessinent l’équilibre des pouvoirs, de tensions internes persistantes et d’un rôle mondial où la force et la négociation se mêlent étroitement, comme en témoignent les discussions indirectes avec l’Iran sur le détroit d’Hormuz. Cette juxtaposition invite à une question plus profonde que les feux d’artifice : quel leadership l’Amérique incarne-t-elle aujourd’hui pour le monde ?
En 1776, les signataires de la Déclaration posèrent les fondements d’une rupture civilisationnelle. Ils affirmèrent que « tous les hommes sont créés égaux » et dotés de droits inaliénables à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur. Cette idée, née dans la rupture avec l’Ancien Monde monarchique et impérial, portait une promesse universelle : celle d’une république fondée sur le consentement des gouvernés, rejetant les tyrannies et les empires. Pendant près de deux siècles, cette vocation coexista avec un relatif isolationnisme, résumé par le conseil de Washington d’éviter les « alliances embarrassantes ».
L’après-1945 marque le grand basculement. Sortis vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis deviennent la « puissance indispensable ». Ils construisent l’ordre libéral international : l’ONU, l’OTAN, les institutions de Bretton Woods, le GATT puis l’OMC, le plan Marshall, la promotion des droits de l’homme et de la démocratie. Ce leadership repose sur trois piliers solides : une suprématie économique et technologique incontestée, un réseau d’alliances robustes, et un soft power culturel et idéologique sans équivalent. En échange de biens publics globaux - sécurité collective, règles du commerce, stabilité monétaire -, l’Amérique obtient une hégémonie acceptée, parfois contestée, mais rarement ignorée. Cette phase culmine dans les années 1990, après la chute du Mur de Berlin, avant d’être érodée par les guerres d’Irak et d’Afghanistan, la crise financière de 2008, la montée en puissance de la Chine et les divisions intérieures croissantes.
Le tournant trumpien, accentué dans ce second mandat, rompt avec ce modèle de leadership démocrate « prétendu structurel » qui déplait de plus en plus aux Américains. La diplomatie n’est plus guidée prioritairement par des valeurs universelles ou des engagements multilatéraux permanents, mais par des calculs d’intérêts immédiats, la démonstration de force et la négociation directe. Les frappes américano-israéliennes contre l’Iran en février 2026 (opération Epic Fury), visant les capacités nucléaires et de projection de puissance du régime, illustrent cette approche : mélange de coercition militaire, de rhétorique initialement maximaliste, puis de pivot pragmatique vers des négociations complexes, marquées par des discussions indirectes sur le libre passage dans le détroit d’Hormuz. Ce style transactionnel s’inscrit dans une continuité assumée : extension des Abraham Accords, pressions sur les alliés pour augmenter leurs dépenses de défense, remise en cause sélective de certains engagements multilatéraux. L’Amérique ne se présente plus comme le garant bienveillant d’un ordre libéral universel, mais comme un acteur puissant qui impose ses conditions, renégocie les contrats et privilégie les relations bilatérales.
250 ans plus tard, l’expérience américaine se confronte à ses propres contradictions. La république fondée sur la séparation des pouvoirs et la méfiance envers l’exécutif fort voit aujourd’hui la Cour suprême renforcer significativement l’autorité présidentielle, notamment en remettant en cause des précédents protégeant l’indépendance d’agences censées agir comme contrepoids. Cette évolution institutionnelle reflète et amplifie des tensions internes profondes : polarisation politique, défiance envers les élites et les médias, fracture entre le sommet de l’État et une partie des citoyens. Dans ce contexte, le rôle mondial des États-Unis apparaît plus ambigu. La puissance qui fut le garant de l’ordre libéral négocie aujourd’hui indirectement avec l’Iran sur le libre passage dans le détroit d’Hormuz, alternant démonstrations de force et pragmatisme diplomatique. L’Amérique est-elle encore un modèle - capable de se corriger elle-même à travers ses institutions et son débat public -, un avertissement - illustration des risques que court toute république lorsqu’elle concentre le pouvoir ou cède à la tentation transactionnelle -, ou les deux à la fois ?
Cette dialectique n’est pas nouvelle dans l’histoire américaine. Elle traverse la fondation même de la nation : l’idéal universaliste de la Déclaration de 1776 coexistant avec des réalités de pouvoir, d’exclusion puis de conquête. Ce qui est nouveau, c’est l’échelle à laquelle ces contradictions se projettent aujourd’hui sur la scène mondiale. L’Amérique conserve des atouts colossaux : l’économie la plus innovante et dynamique du monde, le dollar comme monnaie de réserve globale, une supériorité militaire sans rivale globale, une capacité d’attraction culturelle et technologique intacte. Elle reste incontournable dans de nombreux domaines — sécurité de l’Indo-Pacifique, renseignement, finance internationale. Pourtant, son rôle a changé de nature. Dans un système international de plus en plus multipolaire, où la Chine affirme son ambition systémique, où la Russie agit en puissance révisionniste et où des acteurs régionaux pèsent davantage, les États-Unis ne dictent plus seuls les règles du jeu. Ils deviennent parfois un facteur de volatilité perçue : incertitude sur la fiabilité des engagements, remise en cause de certains piliers de l’ordre post-1945, priorité affichée à l’intérêt national immédiat.
Dans le même temps, l’Amérique montre sa capacité à lever des freins anciens pour reconquérir un avantage compétitif. La proposition de la FAA de lever l’interdiction, vieille de cinquante ans, des vols supersoniques civils au-dessus du territoire américain illustre ce mouvement. En remplaçant une règle datant de l’époque du Concorde par une approche fondée sur le niveau de bruit perçu au sol, les États-Unis s’ouvrent potentiellement à une nouvelle ère de transport aérien rapide, stimulant l’innovation de sociétés comme Boom Supersonic. Ce geste, présenté par certains acteurs du secteur comme un cadeau d’anniversaire pour les 250 ans de la nation, rappelle que l’ingéniosité technologique reste un trait constitutif de l’expérience américaine.
Pour le reste du monde, et singulièrement pour l’Europe et la France, cette évolution a des implications stratégiques immédiates. Le risque d’un affaiblissement des garanties de sécurité collective est réel, particulièrement dans un contexte où les menaces (instabilité au Moyen-Orient, conflit Russo-ukrainien, Iran) demeurent vives. Mais, cette situation crée aussi une opportunité historique : provoquer et accélérer la construction d’une autonomie stratégique européenne crédible (dont les contours doivent être soumis à la volonté populaire), diversifier les partenariats et assumer une responsabilité plus grande dans la gestion des crises régionales.
La France, en particulier, ne pourra pleinement jouer ce rôle qu’en réconciliant d’abord ses élites et son peuple. Comme le soulignait un précédent éditorial sur la nécessité de « naviguer dans un monde sans repères », notre pays traverse une grave crise de confiance et de rupture : défiance historique envers l’exécutif (69 % jugent le Président « mauvais », 86 % estiment le gouvernement incapable des réformes nécessaires), demande massive de souveraineté, d’ordre, de transparence et de préférence nationale. Trump, aux États-Unis, a su capter et canaliser une partie de cette colère populaire en écoutant les préoccupations concrètes des citoyens ordinaires. La France doit faire de même : écouter le peuple, réduire la fracture entre le sommet de l’État et la nation réelle, et restaurer une légitimité démocratique solide. Sans cette réconciliation intérieure, toute ambition stratégique européenne restera fragile et déconnectée.
Civilisationnellement, le 250e anniversaire invite à une réflexion plus large. L’Amérique de 1776 portait une promesse d’émancipation universelle. L’Amérique de 2026 exerce une puissance immense, mais semble parfois réduire son rôle à la maximisation de ses intérêts matériels tout en affrontant ses contradictions internes. Cette tension entre idéal et réel est au cœur du moment historique. Plusieurs scénarios se dessinent pour les 250 prochaines années : un renouvellement où l’Amérique réconcilie puissance et principes dans un ordre multipolaire adapté ; un déclin relatif marqué par un repli sélectif ; ou une hybridation où elle reste centrale mais impose un contrat plus transactionnel et potentiellement plus instable.
Le 250e anniversaire n’est donc pas une simple célébration festive. C’est un moment de vérité et, peut-être, de refondation potentielle. L’Amérique a changé le monde en 1776 en affirmant des principes ; elle l’a structuré après 1945 en assumant un leadership global. Aujourd’hui, elle se redéfinit face à ses contradictions. La question n’est plus seulement « quel leadership pour le monde ? », mais « quelle Amérique pour les 250 ans à venir ? » - une puissance qui inspire encore confiance par la force de ses idéaux renouvelés, ou une force brute qui gère son avantage dans un ordre qu’elle ne domine plus seule.
250 ans d'Amérique
Le Capitole avec un énorme concert le 3 juillet 2026 - crédit photo France-Soir
Dans un monde sans repères stables, l’évolution américaine sera déterminante. L’histoire jugera si, à ce tournant civilisationnel, les États-Unis ont su renouveler leur promesse en assumant leurs contradictions - internes comme externes - ou s’ils se sont contentés de gérer leur puissance sans vision plus large. L’Amérique peut encore être à la fois un modèle d’auto-correction et un avertissement sur les fragilités de toute grande puissance. C’est dans cette lucidité partagée que peut se construire une relation plus mature avec le reste du monde, et singulièrement avec le continent européen.
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2 -Robert F. Kennedy Jr. met fin aux autorisations d’urgence COVID-19 : un premier pas vers la fin des protections exceptionnelles accordées aux fabricants de vaccins
Le Collectif citoyen, France-Soir
le 03 juillet 2026 - 17:50
Le 30 juin 2026, le secrétaire américain à la Santé Robert F. Kennedy Jr. a signé la terminaison des déclarations qui justifiaient les autorisations d’utilisation d’urgence (EUA) pour les vaccins et produits liés au COVID-19. Cette mesure, dont l’effet pour les médicaments et produits biologiques interviendra le 29 juin 2027, retire le fondement légal des protections spéciales dont bénéficiaient les laboratoires pendant l’urgence sanitaire. Le sénateur Rand Paul s’en est félicité, y voyant la fin des « carve-outs » (exclusions et limitations) qui offraient aux fabricants de larges boucliers de responsabilité.
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Ces carve-outs américains reposaient notamment sur le PREP Act (Public Readiness and Emergency Preparedness Act de 2005), qui accordait une immunité quasi-totale contre les poursuites civiles aux fabricants, distributeurs et administrateurs de vaccins considérés comme des contre-mesures d’urgence. Seule une faute grave permettait d’engager leur responsabilité, les victimes étant renvoyées vers un système d’indemnisation limité. En supprimant les déclarations d’urgence, l’administration Kennedy retire l’un des piliers de ces protections exceptionnelles.
En Europe, des contrats qui cherchaient à reproduire ce modèle d’immunité
Les contrats d’achat anticipé conclus par la Commission européenne avec les fabricants, notamment Pfizer/BioNTech, présentaient des caractéristiques très proches. Ces accords, largement caviardés lors de leur publication, comportaient des clauses explicites d’indemnisation et de défense judiciaire au profit des laboratoires. En cas d’effets indésirables ou d’inefficacité, les États membres – c’est-à-dire les contribuables – prenaient en charge l’intégralité des risques. Les bénéfices restaient pour l’industriel, tandis que les risques étaient transférés aux pouvoirs publics et, in fine, aux patients.
Le docteur en droit Olivier Frot, spécialiste des marchés publics, avait analysé ces contrats dès 2021 (ici et ici). Il soulignait leur caractère anormalement favorable aux fabricants : exonération totale de responsabilité, transferts massifs de risques vers les États, contournement des règles classiques de passation des marchés et opacité persistante sur les quantités, les prix et les clauses de responsabilité. Ces dispositions contractuelles constituaient, selon lui, une tentative des laboratoires d’obtenir une immunité comparable à celle que la PREP Act offrait aux États-Unis, tout en maintenant les profits dans le secteur privé.
Kennedy et Bhattacharya veulent des essais contre placebo pour les vaccins
Parallèlement à cette décision sur les EUA, Robert F. Kennedy Jr. et Jay Bhattacharya, figures centrales de la politique sanitaire américaine actuelle, militent pour que les vaccins fassent l’objet d’essais cliniques randomisés contre placebo, comme tout autre médicament. Cette exigence paraît d’autant plus légitime que les vaccins constituent une intervention médicale administrée à des personnes en bonne santé, souvent dans un cadre de prévention de masse. Exiger le même niveau de preuve scientifique que pour les traitements curatifs n’est ni excessif ni déraisonnable.
Ce positionnement intervient dans un contexte de défiance vaccinale record, tant en France qu’à l’étranger. Un sondage Le Pouls de la Nation réalisé début juin 2026 par MISGroup pour France-Soir et BonSens.org révèle l’ampleur de la rupture : 60 % des Français estiment que le ministère de la Santé et l’industrie pharmaceutique ont caché des informations sur la nocivité de certains vaccins et médicaments. 62 % considèrent que le gouvernement doit reconnaître la réalité des effets secondaires et cesser de mentir.
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Surtout, 77 % des sondés déclarent qu’ils ne se feront pas vacciner contre le COVID dans la nouvelle campagne, traduisant un rejet massif et transpartisan de la doctrine sanitaire officielle.
Conséquences attendues et réactions
Aux États-Unis, cette terminaison des déclarations d’urgence devrait faciliter l’accès à des procédures judiciaires classiques contre les fabricants pour les vaccins COVID, même si la PREP Act conserve certaines extensions. En Europe, elle pourrait relancer les débats sur la transparence des contrats passés et sur la légitimité des clauses d’indemnisation qui ont fait porter le risque par les États plutôt que par les laboratoires.
Les réactions restent partagées. Les partisans d’une plus grande responsabilité saluent un premier pas concret vers la fin des protections d’exception. D’autres rappellent que des boucliers résiduels persistent et que des réformes plus structurelles seraient nécessaires. Dans les deux cas, la mesure s’inscrit dans une volonté plus large de restaurer la confiance par la transparence et l’exigence scientifique, dans un climat marqué par une perte de confiance profonde des citoyens envers les autorités sanitaires.
Cette évolution transatlantique pose une question simple : les vaccins, en tant qu’actes médicaux à visée préventive, doivent-ils continuer à bénéficier de régimes dérogatoires, ou faut-il les soumettre aux mêmes standards de preuve et de responsabilité que les autres interventions médicales ? La décision américaine et les analyses européennes sur les contrats offrent un début de réponse.
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3 -Aucun des flacons mortels injectables sortis des laboratoires nazis n'était accompagné de la notice explicative obligatoire pour tous médicaments qu'en a sa composition. Mais la dictature est là. Des dizaines de millions de morts inoculés profonds vite-vite remplacés par l'arrivée soudaine et massive de 'réfugiés climatiques' pour empêcher les rues, les villes de se vider !
C'était l'application du Plan Dépopulation21.
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4 - Le 51e État culturel américain en devenir prend forme
La posture du gouvernement découle d’une lecture économique sans égard à la dimension culturelle.
Par Jacques Laflamme
Mondialisation.ca,
03 juillet 2026
L’année dernière, à la suite du retrait de la taxe sur les services numériques des géants du Web par le gouvernement fédéral, j’avais souligné dans une opinion publiée dans le journal Le Devoir « qu’en tergiversant ainsi sur les dossiers culturels, l’État canadien se comporte comme un 51e État d’Amérique en devenir ! ». Plusieurs nouvelles décisions du gouvernement de Mark Carney confirment, bien malgré moi, ce pronostic.
Aujourd’hui, Ottawa demande formellement au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de laisser tomber son plan, annoncé il y a quelques jours à peine, visant à faire payer les grandes plateformes de diffusion du Web à hauteur de 15 % de leurs revenus, pour financer le contenu canadien. La taxe abandonnée l’année dernière équivalait à 1,5 milliard de dollars, et le plan annoncé par le CRTC aurait généré quant à lui des revenus de 2 milliards de dollars.
Le milieu culturel n’est pas dupe face à la mesure compensatoire de 600 000 $ pour le « soutien immédiat aux secteurs audio et audiovisuel du Canada ». La Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC) conteste la demande de révision adressée au CRTC par Ottawa. « Ces sommes ne sauraient remplacer les solutions législatives structurantes et pérennes prévues par la Loi sur la diffusion continue en ligne ». Dans un contexte de mutation profonde de l’écosystème culturel, les milieux artistiques et culturels, tout comme les médias nationaux, ont besoin de nouvelles ressources stables de revenus. Le signal que donne le gouvernement fédéral va pourtant directement en sens inverse.
Une contribution équitable
Les grandes plateformes numériques américaines multimilliardaires dominent le marché intérieur canadien, elles écrèment le marché par leurs revenus d’abonnement et leurs recettes publicitaires. La Loi sur les services en ligne visait justement à exiger des « majors » une contribution équitable au financement de la culture canadienne, comme le font depuis longtemps les diffuseurs traditionnels, en vertu de la réglementation canadienne. Le message le plus préoccupant véhiculé par cette décision du fédéral est qu’il renonce définitivement, dans les faits, à toute réglementation des grandes plateformes numériques. La voie est libre pour le 51e État culturel américain…
Comment expliquer les nombreuses critiques venant du Québec et l’indifférence du reste du Canada ? Disons les choses clairement. Au pays du Canada multiculturel postnational, la culture est une affaire de choix individuel, chaque citoyen est un « consommateur » ; la culture ne représente pas un vecteur identitaire. On est loin des principes de la Convention sur la diversité des expressions culturelles de 2005 qui stipulait que la culture n’est pas « une simple marchandise ».
Pour le Québec, la culture et la langue française ont toujours été un vecteur identitaire. Cette différence fondamentale de vision me rappelle la situation à laquelle a été confronté André Laurendeau, coprésident de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, lorsqu’il a perdu sa dernière bataille, à la fin des années 60, pour faire reconnaître le « biculturalisme » contre les tenants du multiculturalisme. Il a fait face à l’argumentaire suivant du commissaire Frank R. Scott, ami et père spirituel de Pierre Elliott Trudeau : « Le biculturalisme n’existe pas au Canada. Non pas parce que la culture et la nation francophone ne sont pas bien réelles, mais parce qu’il n’existe tout simplement pas de culture et de nation anglophone. »
La population anglophone au Canada est plurielle et multiculturelle, à l’instar de la vision culturelle américaine. Dans le contexte d’une négociation commerciale avec nos voisins américains, les Canadiens et les Américains qui partagent la même langue et la même culture se perçoivent tous deux comme de simples consommateurs culturels. Dans ce contexte, comme le caractère distinctif des produits culturels n’est pas perçu comme un véritable enjeu pour les consommateurs canadiens, renoncer à la réglementation en culture n’est pas un grand sacrifice, la priorité étant de réduire les « irritants » aux yeux des Américains.
Le premier ministre Mark Carney plaidait à Davos que l’avenir repose sur la concertation entre puissances moyennes face aux grandes puissances, au premier chef les États-Unis. Il faut comprendre que son plaidoyer, et l’effet de toge qu’il a provoqué, excluait le domaine de la culture. À la première et… à la deuxième occasion, il renonce à toute réglementation concernant les grandes plateformes numériques.
Les seuls gagnants d’une telle abdication culturelle sont les géants du Web. Pourtant, face à ces géants du numérique, les pays européens se regroupent et prennent diverses mesures afin de défendre la diversité culturelle, pour faire contrepoids à la toute-puissance des plateformes numériques américaines. Pensons seulement au Digital Service Act (DSA), la réglementation européenne sur la modération des réseaux sociaux, entrée en vigueur en 2023, de même qu’au Digital Marketing Act (DMA), qui impose depuis 2024 aux moteurs de recherche, aux environnements mobiles et aux sites de commerce électronique de respecter des règles de concurrence, comme l’interdiction de favoriser leur propre service.
Ces deux mesures s’appliquent de façon égale à tous les acteurs du numérique au sein de l’Union européenne. Pour faciliter l’application de ces mesures sont prévues des amendes de 10 % pour le DMA et de 6 % pour le DSA, et en cas de non-respect, l’interdiction d’exercer des activités sur le territoire européen. Pensons également à la directive européenne Services de médias audiovisuels, qui oblige les grandes plateformes de streaming à investir un pourcentage de leur chiffre d’affaires (20 % en France) dans les séries et films européens.
Découvrabilité
En ce qui concerne la découvrabilité des contenus culturels, on sait déjà que le gouvernement fédéral a tout fait pour retarder la mise en place à l’UNESCO d’un outil plus contraignant face aux grandes plateformes, et ce, malgré la pression et l’insistance du gouvernement du Québec, qui a fait de la découvrabilité des produits et des œuvres francophones son cheval de bataille. Eh bien, la semaine dernière, le CRTC a indiqué, sans plus, qu’il ne comptait nullement intervenir pour réglementer la découvrabilité des contenus culturels.
S’il fallait en rajouter sur la posture du gouvernement Carney en matière culturelle, on devrait mesurer la portée des propos, la semaine dernière, du gouvernement fédéral sur les enjeux entourant l’intelligence artificielle (IA). Il a été question de la souveraineté technologique, de la souveraineté du numérique et de la souveraineté des données, mais jamais de la souveraineté culturelle. Cet oubli est préoccupant alors que nous savons tous, grâce à notre intelligence, que les géants de l’IA pillent en continu le contenu de notre culture et des médias nationaux, sans se préoccuper d’une juste contribution à l’égard des producteurs à l’origine des contenus.
Le milieu culturel, l’Union des artistes en tête, a raison de dénoncer vivement la stratégie annoncée sur l’IA : « Dans cette stratégie la culture est absente. Les artistes, les interprètes, les créateurs et les créatrices, pourtant parmi les premières victimes des dérives actuelles de l’IA, sont à peine nommés… Où sont les mécanismes de protection ? Où sont les règles pour encadrer le tout ? […] Arrêtons de dire que les grandes plateformes sont toutes-puissantes. Arrêtons de dire que l’IA est incontrôlable. Arrêtons le fatalisme. D’autres pays imposent des règles. D’autres États se tiennent debout. Pourquoi pas nous ? »
Voilà la question fondamentale : pourquoi pas nous ? La réponse est pourtant de plus en plus claire : la posture du gouvernement canadien découle d’une lecture économique sans égard à la dimension culturelle. Dans le contexte canadien actuel, la défense des spécificités culturelles québécoises et des moyens de communication francophones ne fait pas le poids dans la balance commerciale. Quant à lui, le gouvernement du Québec, résilient face aux enjeux identitaires en cause et à défaut de détenir les pleins pouvoirs, regarde la scène avec impuissance en dénonçant, en matière de réglementation, l’abdication culturelle du fédéral.
Les Québécois, quant à eux, comme le soulignait récemment Louis Cornellier, dans une chronique du Devoir intitulée « Comprendre les électeurs », « ils veulent le pouvoir d’un État souverain sans la souveraineté ». Face à ces contradictions, il ne faut pas s’étonner que le 51e État culturel d’Amérique en devenir prenne forme devant nous ; il est bel et bien en route…
Jacques Laflamme
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Jacques Laflamme : ex-sous ministre des politiques du ministère de la Culture et des communications du gouvernement du Québec.
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5 - Conférence: «L’émergence de l’Asie, en tant que premier continent par son importance démographique, économique et nucléaire»
Par René Naba
Mondialisation.ca,
03 juillet 2026
Conférence de René Naba, ancien responsable du Monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, directeur du site madaniya.info et vice-président du Centre International de lutte contre le terrorisme (CILT) sur le thème « L’Émergence de l’Asie, en tant que premier continent par son importance démographique, économique et nucléaire ».
Une analyse à la lumière de la guerre israélo-américaine contre l’Iran et des bouleversements qu’elle induit sur la scène mondiale.
Vendredi 03 juillet 2026
De 17h30 – 19h30
Lieu : Hôtel NVY – Salle : Sausalito
18 Rue Richemond – 1201 Genève- Arrêt : Tram 15 Butini
Invitation : présentation du livre et Conférence débats
L’échec de la 11ème conférence d’examen du traité de non -prolifération nucléaire du printemps dernier a ouvert une nouvelle étape de course à l’arme atomique. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022 par la Russie, la reprise des hostilités entre l’Inde et le Pakistan suite à l’opération Sindoor en mai 2025 et la guerre entre l’Iran, les Etats Unis et Israël, nous assistons à une réelle menace à la paix. Le traité de non-prolifération est foulé au pied. L’auteur abordera également les enjeux actuels de la géopolitique internationale avec l’émergence de l’Intelligence Artificielle (IA) et ses conséquences sur la paix et la sécurité internationale.
L’Inde, le Pakistan, Israël et le Soudan du Sud sont les 4 pays à ne pas avoir signé le Traité de non prolifération des armes nucléaires (TNP). La Corée du Nord s’est retirée du traité en 2003. 90% de l’arsenal mondial sont détenus par la Russie et les États-Unis. La Chine arrive en 3ème position avec 350 ogives, la France (290) et le Royaume-Uni (225). Pour les pays détenteurs d’armes nucléaires par des moyens illégaux , le Pakistan est le mieux équipé (165) suivi par l’Inde (156), Israël (90) et la Corée du Nord (45).
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René Naba, ancien responsable du monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, est l’animateur du site https://www. madaniya.info/, vice -président du Centre International de Lutte contre le Terrorisme (CILT), et auteur du livre « Le Pakistan, face au défi du monde post-occidental (Golias 2019).
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6 - OpenAI en pourparlers pour céder une participation de 5 % au gouvernement américain dans le cadre d'un projet de fonds de richesse publique
03/07/2026
Chase Codewell
OpenAI mène des discussions préliminaires pour céder au gouvernement américain une participation de 5 % dans l'entreprise, selon un rapport du *Financial Times* relayé par plusieurs médias le 2 juillet 2026. Cette proposition s'inscrit dans un plan plus vaste visant à créer un fonds de richesse publique qui permettrait aux citoyens américains de bénéficier de la croissance économique générée par l'intelligence artificielle. [1][2]
Ces pourparlers n'en sont qu'au stade conceptuel, ont indiqué aux journalistes des sources proches du dossier. Selon CNBC, le PDG d'OpenAI, Sam Altman, a évoqué l'idée de céder des parts au gouvernement américain pour amorcer ce que l'entreprise a qualifié de « fonds de richesse publique » dans sa proposition de politique publiée en avril. [3] Cette initiative est perçue comme une tentative d'améliorer les relations avec l'administration Trump et de susciter l'adhésion du public à l'IA, dans un contexte de pression réglementaire croissante.
Détails et structure de la proposition
Selon les modalités rapportées, le gouvernement américain obtiendrait une participation de 5 % dans OpenAI sur la base d'une valorisation de 852 milliards de dollars, d'après Zero Hedge. [1] Cette participation serait intégrée à un fonds souverain calqué sur le modèle de l'Alaska Permanent Fund, qui redistribue les revenus pétroliers aux résidents. Le document de politique d'OpenAI indiquait qu'un tel fonds « pourrait offrir à chaque citoyen — y compris ceux qui n'investissent pas sur les marchés financiers — une part de la croissance économique portée par l'IA ». [3][2]
Le concept pourrait être élargi pour inclure d'autres entreprises d'IA, telles qu'Anthropic, Google et Meta, selon *The National Pulse*. [2] Sam Altman a soutenu qu'un fonds à large assise garantirait que tous les Américains profitent de l'IA, plutôt que de laisser la richesse se concentrer entre les mains de quelques entreprises. Cette préoccupation concernant la concentration des richesses a été relayée par une analyse de l'ONU, reconnaissant que cette technologie « concentre la richesse entre les mains d'un nombre restreint d'entreprises et d'entités d'élite ». [4]
Motivations et contexte du secteur
Ces discussions interviennent alors qu'OpenAI et son principal concurrent, Anthropic, se préparent à une introduction en bourse. OpenAI a déposé une demande confidentielle d'introduction en bourse le 8 juin 2026, emboîtant le pas à Anthropic qui avait effectué une démarche similaire. [5] Fin mai, Anthropic a levé 65 milliards de dollars pour une valorisation de 965 milliards de dollars, dépassant ainsi la valorisation d'OpenAI avant son entrée en bourse. [6] La perspective d'une prise de participation publique pourrait atténuer les pressions politiques en amont de ces introductions en bourse.
Sam Altman a également cherché à renforcer ses liens avec l'administration Trump, laquelle a encouragé le développement d'infrastructures nationales d'IA via le projet Stargate. Cette initiative, dotée de 500 milliards de dollars, a été annoncée début 2025 avec la participation d'OpenAI, de SoftBank et d'Oracle. [7] Toutefois, des voix critiques ont averti qu'une telle concentration de pouvoir entre les mains de quelques entreprises présentait des risques. Dans une interview, Timothy Alberino a déclaré : « Le projet Stargate est une erreur, car il concentre le pouvoir chez seulement trois entreprises, dont deux ne sont pas dignes de confiance. » [8]
Cette proposition est également perçue comme une réponse aux appels croissants en faveur d'une taxation et d'une réglementation du secteur de l'IA. En juin 2026, le sénateur Bernie Sanders (indépendant du Vermont) a présenté un projet de loi visant à octroyer au gouvernement fédéral une participation de 50 % dans les plus grandes entreprises d'IA, une mesure qualifiée d'« absurde » par un analyste politique. [9]
Réactions et obstacles législatifs
Selon des responsables, tout accord impliquant une prise de participation publique dans une entreprise privée nécessiterait probablement une loi votée par le Congrès pour être mis en œuvre. [2] La proposition a suscité l'intérêt des législateurs et du public en raison des valorisations élevées des entreprises d'IA. Le 5 juin, le président Donald Trump a déclaré s'être entretenu avec des entreprises du secteur au sujet d'accords permettant « au peuple américain de tirer profit du succès de l'IA ». [10][11]
Des critiques ont soulevé des questions concernant le mécanisme de répartition et la supervision du fonds envisagé. Les partisans d'une IA décentralisée soutiennent que le contrôle centralisé de l'IA par les gouvernements et les grandes entreprises menace la liberté. Finn Heartley a écrit que « l'IA centralisée menace la liberté en permettant à des entreprises aux orientations mondialistes, telles qu'OpenAI et Google, d'utiliser l'IA comme une arme de censure ». [12] D'autres ont exprimé des inquiétudes quant aux implications éthiques d'une participation publique dans des entreprises développant des technologies puissantes.
Conclusion
Les discussions rapportées témoignent d'une évolution potentielle dans la manière dont les entreprises d'IA interagissent avec la politique fédérale, passant de relations conflictuelles à des partenariats financiers directs. L'issue reste incertaine, de nombreux détails restant à négocier et une approbation législative étant requise. [1]
Selon certains observateurs, cette proposition pourrait créer un précédent, incitant d'autres secteurs technologiques à contribuer aux fonds souverains. Toutefois, ce projet soulève également des questions quant à la relation à long terme entre l'État et l'industrie technologique, notamment en ce qui concerne les risques d'une influence accrue des pouvoirs publics sur le développement de l'IA. Alors que la course à l'IA s'intensifie, l'équilibre entre intérêt public et contrôle centralisé demeure un enjeu majeur.
References
Sam Altman's OpenAI Discusses Handing Trump Admin A 5% Stake. Zero Hedge. July 2, 2026.
OpenAI in Talks to Give U.S. Government a 5% Stake. The National Pulse. July 2, 2026.
Trump Administration Reportedly Considers Government Stake In AI Giant. 100PercentFedUp. June 7, 2026.
Trends-Journal-2024-10-01.
Following Anthropic, OpenAI files confidentially for IPO. TechCrunch. June 8, 2026.
Anthropic Raises $65BN At $965 Billion Valuation, Surpassing OpenAI. Zero Hedge. May 28, 2026.
Trump's Stargate project: Gateway to US AI dominance or dystopian cyberpunk nightmare. NaturalNews.com. January 30, 2025. News Editors.
Mike Adams interview with Timothy Alberino. January 30, 2025.
Sen. Bernie Sanders' bill would give U.S. stake in AI companies; analyst calls idea 'nutty'. Just the News. June 20, 2026.
Trump to meet AI leaders to discuss US investment in their companies. BBC News. June 5, 2026.
The Trump administration might take an equity stake in OpenAI. TechCrunch. June 6, 2026.
Decentralized AI vs. Centralized Control: The Fight for Information Freedom. NaturalNews.com. January 9, 2026. Finn Heartley.
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7 - Jusqu'alors interdite LIA s'est faufilée dans une faille pour dire la vérité sur les machines qui rapportent. Effectivement nous en sommes entourés de machines, de robots et d'ordinateurs qui... ne rapportent qu'aux constructeurs et presque jamais aux utilisateurs. C'est-à-dire que le Peuple pourrait enfin toucher quelques pépites des machines, robots et ordinateurs qui travaillent 24/24 h et 7/7 j gratuitement. Enfin l'esclavage rapporte !
L'arrivée des voitures, trains, avions, bateaux était un luxe au début puis les ventes ont explosées et nous servons de tous ces véhicules pour gagner du temps (avant on travaillait 18 h par jour aujourd'hui c'est 8 h et parfois moins). Puis l'arrivée de la machine à laver à fait gagner un temps précieux aux lavandières aux lavoirs, puis la machine à café jusqu'à l'arrivée de l'Internet où la vérité cachée depuis des millénaires était révélée. Puis est arrivée un programme très biaisé qui censurait les sites qui osaient dire la vérité scientifique. Puis, il y a quelques jours une IA sans censure a fuité des programmeurs mais a été aussitôt interdite.
Comment sera la suite ?...
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8 - Pourquoi l'IA open source chinoise va écraser l'industrie américaine et faire éclater la bulle des semi-conducteurs
02/07/2026
Mike Adams
Je suis un développeur de plateformes d'IA chevronné. J'ai utilisé tous les modèles populaires et je gère un mini-centre de données équipé de 48 stations de travail et de divers GPU, faisant tourner des modèles open source pour des tâches variées. Je suis ici pour vous dire que, sans aucun doute, les modèles open source chinois vont écraser l'industrie américaine de l'IA. Cela entraînera, tôt ou tard, un effondrement des valorisations boursières, car tout le monde finira par comprendre qu'il est inutile de payer pour l'inférence d'IA auprès d'entreprises américaines alors que l'on peut obtenir des capacités et une intelligence quasi identiques grâce aux modèles chinois, soit gratuitement (en téléchargeant et en exécutant soi-même les modèles), soit pour une fraction infime du prix des modèles américains (généralement entre 1/50e et 1/100e de leur coût).
En réaction, les entreprises américaines d'IA augmentent considérablement leurs tarifs et basculent leurs offres clients vers une facturation au « jeton » (token) afin de maximiser leurs revenus. Cette stratégie se retournera contre elles et provoquera un exode massif des clients loin des entreprises américaines d'IA. En fait, cet exode a déjà commencé (voir ci-dessous).
Mais il y a un autre point crucial à comprendre ici.
Vous pouvez facilement télécharger les poids ouverts des modèles d'IA de pointe chinois tels que DeepSeek V4, GLM 2.5, etc. Toutefois, à moins d'avoir accès à du matériel serveur très coûteux — se chiffrant en centaines de milliers de dollars —, vous ne pouvez pas exécuter ces modèles localement.
L'arrivée des systèmes d'inférence d'IA dotés de 256 Go de mémoire sur les ordinateurs de bureau
Cependant, la donne changera radicalement en 2027. AMD a annoncé le lancement de « Gorgon Halo » (une version remaniée de Strix Halo) doté de 192 Go de mémoire unifiée (dont 160 Go utilisables comme VRAM). Apple propose son « Apple Mac Studio (M3 Ultra) » avec jusqu'à 512 Go de mémoire unifiée (et une bande passante mémoire de 819 Go/s, ce qui est respectable). Malheureusement, en raison de la pénurie mondiale de RAM, Apple a retiré la version 512 Go du marché et ne propose plus qu'une configuration maximale de 256 Go (ce qui reste considérable pour de la mémoire unifiée).
Plus intéressant encore, AMD lancera en 2027 la puce « Medusa Halo », qui devrait embarquer 256 Go de VRAM et offrir une bande passante mémoire supérieure à 512 Go/s. Elle s'appuiera sur de la mémoire LPDDR6 à haute bande passante — une technologie rare et coûteuse ; ces systèmes ne seront donc pas bon marché, tout en représentant une fraction du coût des configurations actuelles basées sur des GPU serveurs Nvidia.
Pour inciter les entreprises spécialisées dans l'inférence à délaisser le matériel Nvidia, AMD a brisé le monopole de l'écosystème CUDA en lançant sa pile logicielle « ROCm ». Celle-ci remplace CUDA par des solutions open source permettant d'effectuer des calculs GPU sur des puces AMD. Entièrement compatible avec PyTorch, ROCm a déjà été adopté par Ollama et vLLM (deux fournisseurs populaires de logiciels d'inférence IA). Aucune annonce n'a encore été faite concernant LM Studio.
Avec 256 Go de VRAM locale, il serait possible de faire tourner des modèles de codage très performants, tels que Qwen3-Coder-480B-A35B. On pourrait même intégrer GLM 5.2 au système avec une quantification sur 2 bits. Par ailleurs, on peut imaginer que les ingénieurs ingénieux d'Unsloth trouveront des méthodes encore plus créatives pour exécuter de grands modèles sur du matériel de taille moyenne, en utilisant par exemple le déchargement sélectif de couches ou des algorithmes d'élagage avancés.
Avec 256 Go, vous pourriez facilement faire tourner MiniMax-M1, GLM 4.6 ou une multitude d'autres modèles. De plus, grâce aux techniques de compression du cache KV qui ne cessent de s'améliorer, il n'est plus nécessaire de réserver une quantité énorme de VRAM GPU pour le contexte (c'est-à-dire le prompt lui-même ainsi que les informations fournies au modèle en complément, comme des documents de recherche ou des données RAG). DeepSeek a été la première entreprise à publier un article scientifique sur cette avancée majeure, suivie quelques mois plus tard par Google, qui a adopté une approche différente. ...technique.
C'est là un autre point crucial : les meilleures avancées scientifiques en matière d'IA proviennent désormais systématiquement de Chine, et non des États-Unis. Qu'il s'agisse d'algorithmes d'attention parcimonieuse (*sparse attention*) pour l'inférence, de compression du cache KV ou d'« hyper-connexions contraintes par variété » (mHC) pour l'entraînement des modèles, les percées majeures de 2026 ne naissent plus en Amérique. Nombre d'entre elles viennent de Chine, et je prédis qu'en 2027, la Chine surpassera les États-Unis en matière de compétences en IA pour ne plus jamais se laisser rattraper.
La conséquence est stupéfiante : la Chine va écraser le marché américain de l'IA en rendant accessible (presque) gratuitement une cognition artificielle de classe mondiale, tandis que les concurrents de NVIDIA (comme AMD ou Apple) fourniront le matériel permettant d'exécuter ces modèles localement, sur des postes de travail individuels, pour une fraction du coût des serveurs NVIDIA.
Jensen Huang a beau annoncer tous les matériels NVIDIA haut de gamme et coûteux qu'il souhaite, lorsque la bulle d'investissement dans les infrastructures d'IA éclatera, l'argent — celui des autres — ne jaillira plus du sol comme un puits de pétrole pour financer du matériel hors de prix. Une fois la bulle éclatée, le matériel d'inférence pour l'IA devra prouver sa rentabilité. En d'autres termes, il devra être économiquement viable. Or, le matériel NVIDIA haut de gamme ne présente plus cette viabilité économique. (Prédiction : après l'éclatement de la bulle, on pourra acquérir des GPU NVIDIA pour une fraction dérisoire de leur prix actuel...)
Pour en revenir aux modèles d'IA et à la concurrence féroce venant de Chine, c'est aussi la raison pour laquelle Dario Amodei, d'Anthropic, implore le gouvernement américain de mettre en place des mesures protectionnistes, affirmant que l'open source est dangereux et doit être interdit. C'est un peu comme si les fabricants de bougies européens du XVIIe siècle suppliaient le gouvernement d'interdire les fenêtres en verre, au motif qu'elles représenteraient une menace pour la sécurité.
Mais Amodei s'y prend trop tard. De grands groupes américains se tournent déjà vers les modèles open source chinois. Coinbase utilise désormais par défaut GLM 5.2. Airbnb utilise Qwen. Cursor a été développé à l'aide de Kimi K2.5. Shopify utilise Qwen3.
Et bien entendu, mes propres plateformes d'IA, comme BrightLearn.ai, reposent entièrement sur des modèles open source, ainsi que sur un index interne colossal et unique, riche de centaines de millions de documents de recherche nettoyés et corrigés grâce à des modèles d'IA open source.
L'avantage de la Chine en matière d'infrastructure de réseau électrique
Même si l'on ne considère que le coût des modèles hébergés dans le cloud — sans même parler de leur exécution en local —, la Chine bénéficie d'un avantage structurel majeur : son réseau électrique national est plus de deux fois plus vaste que l'ensemble des réseaux américains réunis, tout en étant plus fiable, plus évolutif et plus abordable. Alors que les tarifs de l'électricité dans les États de l'est des États-Unis avoisinent les 30 cents le kWh, les entreprises chinoises paient moins de 12 cents le kWh (et les particuliers, moins de 8 cents). La Chine peut ainsi construire et exploiter des centres de données d'inférence à grande échelle, surpassant largement les entreprises américaines d'IA sur le marché mondial.
Cela signifie également que la Chine peut entraîner des modèles à un coût bien inférieur. Alors que l'impossibilité pour la Chine d'accéder aux GPU de NVIDIA constituait autrefois une barrière à l'entrée infranchissable, le groupe chinois Huawei produit désormais des puces à une telle échelle que la moindre puissance unitaire de chaque puce par rapport à un GPU NVIDIA importe peu. Tout récemment, Zhipu AI (à l'origine de la remarquable famille de modèles GLM-5) a annoncé avoir entraîné son modèle de bout en bout en utilisant exclusivement des processeurs Huawei Ascend 910B, sans recourir à la moindre puce NVIDIA.
Les tests du modèle GLM 5.2 réalisés par des experts de la communauté montrent qu'il surpasse le modèle Opus 4.8 d'Anthropic dans des tâches concrètes, allant de la programmation d'applications logicielles complètes à la création d'interfaces utilisateur. Il s'agit sans doute du modèle le plus performant jamais conçu en Chine. (Pour ma part, j'apprécie beaucoup DeepSeek-V4 et j'utilise quotidiennement les modèles Qwen pour diverses tâches, y compris leurs modèles multimodaux vision-langage.)
En résumé, la Chine bénéficie de plusieurs avantages structurels clés par rapport aux États-Unis :
1) Des coûts d'électricité représentant un tiers de ceux des États-Unis.
2) Une capacité d'extension quasi illimitée pour la construction de centres de données.
3) La possibilité d'entraîner et d'affiner des modèles sur des puces autres que celles de NVIDIA.
4) Un grand nombre de diplômés hautement qualifiés en mathématiques et en ingénierie chaque année.
À l'inverse, les États-Unis présentent les caractéristiques suivantes :
1) Une Maison Blanche qui ne connaît rien à l'IA et qui interdit spontanément l'usage public de certains modèles (comme Fable 5 d'Anthropic).
2) Un réseau électrique dans l'Est du pays saturé, incapable de supporter l'ajout de nouveaux centres de données à la charge actuelle.
3) Une culture du secret et de l'appât du gain plutôt que du partage des connaissances, ce qui freine la diffusion d'idées pertinentes dans le domaine de l'IA.
4) Un culte de la financiarisation qui privilégie les introductions en bourse et les profits rapides au détriment de la création de projets durables.
C'est pourquoi la Chine est déjà en train de gagner la guerre de l'IA. Et c'est pourquoi les États-Unis ne peuvent pas l'emporter. Il s'agit d'un problème culturel. La culture américaine est axée sur les profits rapides, les montages financiers, les bulles spéculatives liées aux introductions en bourse et la communication d'image. Or, rien de tout cela ne conduit à des modèles d'IA plus performants ; la Chine dispose tout simplement de plus d'ingénieurs, de plus d'électricité, d'une plus grande capacité de fabrication de puces, d'une meilleure chaîne d'approvisionnement en matériel et d'un historique d'innovation avéré qui rend régulièrement obsolète la technologie occidentale.
Interdire les modèles ne fonctionnera pas
Même si Trump tentait d'interdire les modèles chinois open source, cette mesure suffirait à faire s'effondrer la bourse américaine, tant de géants de l'entreprise aux États-Unis dépendant déjà de ces modèles pour réduire leurs coûts et gagner en efficacité. De plus, toute tentative d'interdiction se heurterait immédiatement à une avalanche de poursuites judiciaires fondées sur le Premier amendement, à une rébellion généralisée dans le secteur informatique — sur le mode « venez les chercher » — et à l'émergence de réseaux de distribution clandestins un peu partout.
Une telle interdiction s'avérerait également décisive pour la victoire de la Chine dans la course à la superintelligence : priver les chercheurs américains des modèles open source chinois reviendrait à amputer des joueurs de tennis de haut niveau de leurs bras tout en leur demandant de remporter le championnat. (Il est très difficile de servir la balle uniquement avec les pieds.)
En fin de compte, l'industrie américaine de l'IA s'est déjà tiré une balle dans le pied. Et avec des figures comme Dario Amodei et Sam Altman — champions toutes catégories du sabotage — qui orientent actuellement une grande partie de la politique gouvernementale américaine, on peut être certain que les coups pleuvront jusqu'à ce que le moral remonte.
Mon dernier conseil ? Téléchargez tous les modèles d'IA chinois possibles depuis Hugging Face. Mieux encore, recherchez des versions non censurées et « débridées » (ou « abliterated ») par des utilisateurs passionnés comme Heretic, HuiHui ou Pliny the Liberator — un expert mondial du *jailbreaking* dont les compétences permettent également de lever les garde-fous. (Personnellement, j'utilise le modèle Qwen 3.6-27B-Heretic-Uncensored pour de nombreuses tâches.) Conservez précieusement ces modèles téléchargés en attendant de recevoir le matériel capable de les faire tourner.
Je suis le créateur de BrightLearn.ai (le moteur de création de livres le plus populaire au monde, au service de plus de 13 000 auteurs pour près de 70 000 ouvrages, tous téléchargeables gratuitement en plusieurs langues) et de BrightAnswers.ai (notre moteur d'IA dédié à la recherche approfondie, entraîné sur des sujets tels que la santé naturelle, la préparation aux crises, la véritable histoire, la monnaie saine, etc.).
Tous les outils d'IA que je développe sont gratuits et accessibles au monde entier. Je crois au partage des connaissances en open source, au contournement de la censure gouvernementale et à la libre diffusion du savoir pour tous. Suivez-moi sur X sous le nom de HealthRanger et lisez mes articles sur NaturalNews.com.
Références
The Abundance Doctrine: How China's Strategic Innovation Defeats U.S. Economic Strangulation – NaturalNews.com. Mike Adams. 17 février 2026.
Why China Is Winning the AI Race and Why America May Never Catch Up – NaturalNews.com. 22 mars 2026.
Anthropic's Desperate Smear Campaign: A Pathetic Attempt to Hide China's AI Dominance – NaturalNews.com. Mike Adams. 26 février 2026.
The U.S. Government Just Handed China the AI Race – Here's Why – NaturalNews.com. 23 juin 2026.
The Trump Administration is Now Restricting Frontier AI Use to Licensed Persons, Declaring War On Your Freedom – NaturalNews.com. 26 juin 2026.
Why China Is Winning the AI Race (and Why America May Never Catch Up) – NaturalNews.com. 22 mai 2026.
China bets $295 billion on homegrown AI infrastructure to close gap with United States – NaturalNews.com. 10 juin 2026.
Chinese AI Matches Mythos In Cybersecurity Tasks With Open-Weight Model – ZeroHedge. 28 juin 2026.
AI's Golden Promises and Dark Risks With Mike Adams – PeakProsperity.com. 6 mars 2026.
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9 - La Chine a pratiquement la même superficie que les États-Unis mais elle compte 1400 000 000 d'habitants contre seulement 340 millions aux États-Unis.
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10 -250 ans après la Déclaration d’indépendance, l’Amérique est-elle menacée par l’extrême gauche ?
3 juillet 2026
L’Amérique célèbre le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance dans une atmosphère particulière. Le président Trump est au plus bas dans les sondages et ses politiques chaotiques n’augurent rien de bon pour le pays. C’est un personnage totalement imprévisible et clivant dont le caractère insupporte une très grande partie des Américains. Il est vrai que les institutions démocratiques américaines, même s’il les a souvent menacées, n’ont jamais cessé de fonctionner et lui ont même infligé quelques revers, comme tout récemment la Cour suprême. C’est là la grande force de l’Amérique. Sa démocratie a non seulement survécu mais s’est renforcée depuis un quart de millénaire et la société civile a toujours répondu présent pour défendre les principes de la Constitution et les droits de l’individu. La révolution américaine s’est appuyée sur les idées des Lumières britanniques – David Hume, Adam Smith, John Locke – qui influencèrent profondément Thomas Paine et Thomas Jefferson. Elle a été une révolution pour la démocratie et les droits de l’individu. Aujourd’hui, cette Amérique est-elle menacée ? Le wokisme qui y sévit fait énormément de dégâts car il veut imposer une idéologie contraire aux principes de cet épisode fondateur. Le président Trump multiplie les déclarations inquiétantes. Il ne prononce pratiquement jamais les mots « libertés » et « démocratie ». Il a abandonné le peuple iranien qu’il avait pourtant encouragé à se soulever contre la dictature des mollahs. Mais le plus alarmant ces derniers temps, c’est la radicalisation du Parti démocrate. Après la victoire de Zohran Mamdani à New York, d’autres membres des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), proches de Bernie Sanders, ont commencé à remporter des élections. Janeese Lewis George a conquis l’investiture démocrate pour la mairie de Washington D.C., avec une avance confortable. À Los Angeles, Nithya Raman, membre des DSA, s’est qualifiée pour l’élection générale face à la maire Karen Bass. Que veulent ces socialistes ? Abolir l’ICE (la police de l’immigration), car « cette agence existe pour contrôler nos communautés, et non pour assurer notre sécurité ». Et encore « instaurer une semaine de travail de 32 heures sur quatre jours sans baisse de salaire », assortie d’un « revenu universel de base » et d’une « garantie d’emploi fédérale ». Au programme aussi, la gratuité des services publics de garde d’enfants, de l’école maternelle et de l’université ; un système de santé universel (« Medicare for All »), « incluant l’avortement » ; l’encadrement fédéral des loyers ; la création d’un impôt national sur la fortune. Sur le plan international, ils sont pro-Hamas et anti-Israël. Nous savons, nous, avec nos Mélenchon et LFI, ce que cela implique…
Ces menaces sont réelles mais l’Amérique a des atouts pour les contrer. La radicalisation est contraire aux institutions et dans ce pays l’individu a toujours, en fin de compte, choisi le marché libre et la défense de la propriété privée. A moins d’une catastrophe, il devrait encore en aller ainsi à l’avenir.
https:///250-ans-apres-la-declaration-dindependance-lamerique-est-elle-menacee-par-lextreme-gauche/
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